30 décembre 2011

BONNE ANNEE 2012

2012 contient 2 fois le nombre 2. Alors pour offrir mes voeux à tous et toutes qui lisez ce blog, j'ai choisi deux photos prises le vendredi 30 décembre aux îles Gambier.


Ces 2 clichés sont pris de l'île inhabitée de TARAVAI.


La premiere est une vue sur l'île de Mangareva au centre avec ses 2 monts. (aucun trucage, couleurs naturelles)
La deuxième est une vue de la superbe plage des sables d'or à Taravai , où je me suis baignée 2 fois, lundi et vendredi, dans une eau à plus de 24 degrés.Que le soleil, le bleu des îles polynésiennes, le vert des cocotiers et la blondeur du sable fin, vous apportent Bonheur et Santé pour toute l'année .


IAORANA ITE MATAHITI API

BLOAVEZ MAD

Sylvie Anne

29 décembre 2011

Les pierres, témoins éternels du passé de Mangareva

Dimanche matin, jour de Noël, voici la vue de la baie de Rikitea que je découvre du deck de mon bungalow. Désespérant de me connecter sur le Net un jour, je décide "d'aller au couvent " qui est proche de la pension. Le soleil est ardent et brûle la peau.
Chemin faisant, je fais une pause au mausolée du roi.
La petite chapelle Saint Pierre (1847) y est entièrement consacrée. Le roi Grégorio Maputeoa (1814-1857) fut le dernier roi de Mangareva. Je fais aussi un arrêt au point de vue à 180° du site de la Météo. Perché entre ciel et eau, quel bel endroit pour regarder les nuages, la nuit et prévoir le temps. Iles et îlots font comme un cercle autour de Mangareva.
J’arrive au couvent de Rouru, situé au pied du mont Duff.Edifié du temps du père Laval, par le père Cyprien Liausu, les 75 sœurs du Sacré Cœur présentes, y ont éduqué des centaines de jeunes filles des îles.Il y a eu plus de 150 jeunes femmes hébergées. Quelques murs de bâtiments ont résisté à l’épreuve du temps. La chapelle sainte Agathe (1850), l’infirmerie, le dortoir, les toilettes.
On raconte que le père Laval y enfermait toutes les femmes de l’île, chaque fois qu’un baleinier y faisait escale.
Une grande arche triomphale en pierres de taille, construite sous l’égide du père Soulié, marquait l’entrée privée du couvent. Auprès de l’église, il y a beaucoup d’arbres fruitiers. Ce goyavier est rempli de fruits mûrs qui finissent en tapis sur l’herbe.


Un chemin appelé "chemin des sœurs" est toujours entretenu par la commune. Des restes des anciens jardins l’entourent. Des buissons d’oiseaux du paradis, d’opuhis, et autres fleurs, y poussent à l’ombre des manguiers et des pistachiers, dans un magnifique désordre sauvage, des rhizomes vestiges de 150 ans. Au bout du chemin, une pancarte désigne un gros rocher dans lequel est creusé une cuvette. C’est "la baignoire de la princesse".Les jours suivants, je me fais raconter la légende de ce caillou, mais ce n’est pas une, mais 3 légendes différentes qui s’y rattachent et chacune a ses adeptes ! Je resterais neutre en vous laissant créer votre version personnelle, selon votre imagination.
Je visiterais dans le village de Rikitea, les vestiges du palais royal près de la mer. Les arches attestent de sa présence ainsi que celles des deux tours qui le délimitaient, construites en 1850. La tour ronde servait d’arsenal et de poudrière. Désormais le palais royal héberge la cantine de l’école primaire ! Sur l’île d’Akamaru, juste en face de Mangareva, le roi avait aussi sa résidence "secondaire" dont la façade a été bien préservée. Je fais la connaissance du prêtre père Paul-Gilles, qui repart en métropole la semaine prochaine. Nous échangeons les adresses mails. Je prends quelques photos du presbytère-évêché, qui a reçu le même coup de peinture à la chaux et à l’ocre rouge, que la cathédrale en 2011. L’île d’Aukena a également ses témoins de pierre (séminaire, puits, four, pressoir, silo à chaux….). C’est pour un autre article.
Le patrimoine des Gambier est très important et bien conservé.
Les pierres ont une mémoire éternelle. Quand on sait les regarder, elles deviennent vite très bavardes. Je ne suis pas encore taravana (folle), mais j’aime écouter l’histoire des pierres…….
A suivre.

28 décembre 2011

La cathédrale Saint Michel de Rikitea

La cathédrale des Gambier est dédiée à Saint-Michel, le plus grand des anges et considéré comme le "saint patron" de la France. Elle a été construite au siècle dernier, sous l'égide des missionnaires de Picpus, et de l'évêque de Mangareva. Elle a été édifiée à l'emplacement de l'ancien temple des idoles, ‘are tapere’, que le roi Matua avait permis d'utiliser comme église provisoire dès 1835.
Les pères Laval et Caret, dans leur fièvre bâtisseuse, font édifier une cathédrale sur les hauteurs de Rikitea, la seule de ce coin reculé du Pacifique sud, construite avec une sorte de mortier de corail et de sable. La couverture était réalisée en feuilles de cocotier tressées et en feuilles de pandanus. (elle fut remplacé par des plaques de fibrociment dans les années 1950).
La première pierre fut posée le 17 janvier 1839 et dès avril 1841 la construction est quasiment terminée. Le père Cyprien écrira : “ Nous sommes à la toiture de Mangareva qui sera toujours la cathédrale de l’Océanie. Elle ne nous a coûté aucune dépense si ce n’est le fer et les outils". Le frère Gilbert a fait seul la maçonnerie avec une quinzaine de mangaréviens. Du récif à quatre lieues en mer, il y a eu 304 grands radeaux de pierres et pour ce travail deux ou trois morceaux de fer et des leviers de bois”. C'est par radeaux tirés par une vingtaine d'hommes qu’ont été transportés les blocs des carrières de Tahuna, Tékava et Konaku, situées à plus de 16 kilomètres de Rikitea. La cathédrale fait 53 m de long et 19 m de large. Les 18 colonnes en pierres de corail taillées, supportent une voûte tissée en roseaux recouverte de chaux appuyée sur une charpente en bois de uru (arbre à pain) reliées avec du nape (bourre de cocotier tressée). Les décorations intérieures sont superbes.
L'église bénite le 15 août 1841, n'avait pas alors les 2 tours et le portail, qui l'ornent aujourd'hui. Les 2 clochers furent édifiés dans les années 1847-1848. La cathédrale est fermée en 2005 pour cause d’insécurité, la voûte présentait d’impressionnantes fissures. La charpente en bois de cocotier, mangée par les termites, ne résistait à la surcharge, que par miracle. En 2005, un avis de mise en péril a interdit l'accès au bâtiment dont l'allure était sinistre, ses murs étant entièrement noircis par des champignons incrustés dans le corail (photo ci-dessous). Les célébrations religiuses eurent lieu dans le gymnase.
Les crédits manquaient pour la restaurer. En novembre 2006, lors du Conseil d’orientation pour le suivi des conséquences des essais nucléaires, le maire des Gambier, Monique Richeton, propose sans hésiter, la restauration de la cathédrale Saint-Michel, comme "compensation" pour les Gambier en réparation aux préjudices de 30 ans d’occupation militaire. Cette demande surprend les interlocuteurs de l’Etat, soucieux de la laïcité inséparable des actions de la République. Mais les lois de séparation de l’Eglise et de l’Etat ne s’appliquent pas pleinement en Polynésie, dans les habitudes locales, mais aussi dans la législation. Mais l'utilité de cette rénovation coûteuse (4,5 M euros) financée en grande partie par l'Etat et le Pays, est aussi contestée alors que débute la crise économique.
Commencés en 2009, les travaux de restauration de ce monument historique, considéré comme le plus bel édifice religieux du Pacifique, ont coûté presque un demi milliard de francs. Le coût total du chantier de 486 millions, se répartit ainsi: (en millions de CFP) : Etat : 178 , Pays : 125 Mission catholique : 60 Mécènes 79 Association : 23, Commune : 15.
La restauration a eu lieu sous la baguette de l'architecte des bâtiments historiques de Frnce, Pierre-Antoine Gatier, qui s'était engagé de respecter les principes de construction et les matériaux d’origine. Mais les difficultés furent telles, que des solutions techniques moins locales furent parfois utilisées, telle une bizarre toiture en cuivre.
Outre son intérêt culturel et patrimonial, le chantier fut une belle occasion de promouvoir des formations et de donner des emplois aux jeunes de l’île, mais aussi de remettre au goût du jour la chaux corallienne et de montrer aux jeunes comment créer un four à chaux.
Le 3 décembre 2011, la cathédrale a été réouverte au culte en présence des personnalités religieuses et politiques du Pays et plus de 2000 participants.

Le père Honoré Laval (1807-1880)

Louis-Jacques Honoré Laval est né le 6 janvier 1807, à St Léger des Aubées, en Eure et Loir. Jeune homme, il arrive à Picpus à Paris. Il fait profession dans la Congrégation des Sacrés-Cœurs de Jésus et de Marie (Picpus) le 30 décembre 1825, sous le nom de frère Honoré. Il reste à Picpus où il poursuit ses études de philosophie et de théologie. En 1831, il est ordonné prêtre à Rouen.
En 1833, la Congrégation pour la Propagation de la Foi, élargit le champ missionnaire de la Congrégation des Sacrés-Cœurs en Océanie. Aux Îles Hawaï, où la Congrégation est présente depuis 1827, s'ajoutent les archipels des Gambier, des Marquises, de Tahiti, des Iles Sous le Vent, des Tuamotu, des Iles Cook et de l’Ile de Pâques.
Les Picpuciens se chargent d'implanter l'église catholique en Océanie orientale (les maristes se chargeront de la partie occidentale). Le jeune Honoré Laval reçoit sa nouvelle obédience en novembre 1833. Il quitte la capitale avec ses compagnons de voyage, les Pères François d'Assise Caret, Chrysostome Liausu et le Frère Colomban Murphy. Ils se rendent en diligence jusqu'à Bordeaux, via Tours et Poitiers, où ils embarquent sur le "Sylphide", le 22 Janvier 1834.
Après un bref séjour à Valparaiso (Chili), où ils laissent le Père Liausu, les 3 autres missionnaires reprennent la mer vers l'Archipel des Gambier, à bord de la goélette péruvienne "La Peruviana". Le 7 août 1834, ils arrivent à Akamaru, aux Iles Gambier.


A côté de l'église Notre Dame de la Paix à Akamaru on peut encore voir la maison meublée de Laval, son jardin, son puits, son four à pain (sujet d'un prochain article)


A 26 ans, Honoré Laval est un homme doué. Il a le don d'être un excellent observateur et s'exprime admirablement. Pendant ses 39 années d'activité à la mission des Gambier, de 1834 à 1871, il note tout ce qu'il lui arrive de saisir, de la langue, de la culture et de l'histoire de ce peuple.


La mission de Laval, avec le Père Caret, consiste à évangéliser, à soigner les malades, à éduquer, à composer des cantiques et à écrire une grammaire mangarévienne. Au bout de quelques mois, les mangaréviens détruisent leurs faux-dieux pour mieux manifester leur attachement au Christ.
Les pères ne cessent d'aller d'une île à l'autre. La première église, construite en branchages, est celle de Aukena. Elle est dédiée à Saint Raphaël . Les constructions en dur se réalisent après, notamment grâce au Frère Gilbert Soulié, venu les rejoindre en mai 1835, avec Mgr. Etienne Rouchouze.
En janvier 1836, Honoré Laval écrit une lettre où il parle de la mission:
''Nos insulaires se levaient autrefois vers trois heures du matin; ils mangeaient, se promenaient au frais, jusqu'à onze heures et se remettaient à dormir jusqu'à quatre heures du soir; ils se levaient alors pour dîner et passaient la soirée à courir çà et là, jusqu'à minuit, pourvu que le clair de lune succédât immédiatement au jour. Lorsque cela n'avait pas lieu, ils dormaient de nouveau, après avoir dîné, jusqu'au lever de la lune.
C'était une vie purement animale. Aujourd'hui, ils se lèvent au point du jour, récitent leurs prières, prennent leur popoï, assistent à la messe et à l'instruction, et se mettent au travail. La femme, aidée de ses enfants, fabrique de la tappe pour les habits; le mari fait des plantations, prépare le tioho, va à la pêche, ou bien encore toute la famille se réunit pour sarcler l'herbe qui croit au pied des arbres à pain.
On ne voit plus de nudités parmi eux: tout le monde se couvre avec soin. S'il arrive que quelques uns s'oublient encore -l'habitude étant devenue chez eux une seconde nature,- à peine nous aperçoivent-ils, qu'ils courent à leurs vêtements, comme le soldat court à son arme, à la vue d'un officier. Nos exemples et nos conseils les ont, tout doucement, amenés à l'amour de l'agriculture...Dans un enclos voisin de notre case, nous essayons d'acclimater les plantes les plus utiles de nos pays d'Europe: le lin, la pomme de terre, les choux, les haricots, les pois, les oignons, les radis, les navets, etc…
Je voudrais que tous ceux qui accusent la religion de tyrannie, fussent témoins de ce qui se passe ici. Ils comprendraient peut-être que le christianisme ne fait pas des esclaves et que cette déférence de nos néophytes est l'effet naturel de l'amour filial, par lequel ils répondent à l'amour vraiment paternel que nous ressentons pour eux''.
L'action missionnaire aux Gambier porte ses fruits. Le roi Maputeoa se convertit et est baptisé en août 1836.
Ayant accompli une partie sa tâche, en novembre 1836, Mgr. Etienne Rouchouze décide d'envoyer le Père Honoré Laval à Tahiti pour y fonder une mission, accompagné du Père Caret et d'un frère. Sous l'influence des Anglais, des protestants établis depuis plus de 30 ans à Tahiti, et surtout celle pasteur Pritchard, la Reine Pomare expulse les missionnaires catholiques qui retournent aux Gambier.
Cette expulsion est à l'origine de l'intervention française en Polynésie. En 1838, le roi Louis Philippe envoie, à bord de "La Vénus", le Capitaine Dupetit-Thouars. La Reine demande le protectorat à l'Angleterre. Devant un refus, en septembre 1842, elle accepte alors le protectorat français.
Les Gambier reçoivent de nombreux visiteurs. En 1837, Armand Mauruc, un marin, propose au roi Maputeoa un drapeau: 2 bandes blanches horizontales encadrent une bande bleue. Les étoiles bleues symbolisent les îles des Gambier (Mangareva, Taravai, Aukena et Akamaru) et, l'étoile blanche, représente l'îlot isolé de Temoe. Le bleu représente l'immensité de l'océan, le blanc symbolise la pureté et l'évangélisation.
En 1838, Jules Dumont d’Urville (1790-1842). vient à bord de "l'Astrolabe". Dumont d’Urville loue l'action des pères sur place. Il déplore l'affaire de Tahiti et souhaite en informer les autorités françaises.
Suit une période de consolidation et de maturation dans la mission. En 1841, Mgr. Etienne Rouchouze part pour l'Europe. Le père Cyprien Liausu prend alors la responsabilité de la mission. Mgr. Rouchouze ne reviendra jamais. Car lors de son retour, en 1843, son bateau, le "Marie-Joseph", affrété par la congrégation, sombre en mer avec 7 prêtres, 7 frères convers et 10 religieuses. Cette perte fut cruelle pour la mission en Océanie. Cependant, la Congrégation des Sacrés-Cœurs continuera d'envoyer des missionnaires.
A la demande explicite des autorités indigènes, en 1844, les iles Gambier sont placées sous protectorat français, mais ce protectorat ne fut jamais ratifié par le gouvernement français. La même année, le Père Caret décède.
Honoré Laval doit quitter une deuxième fois ses chers mangaréviens, en avril 1848. L'évêque, Mgr. Jaussen, l'envoie aux Tuamotu,, où il enregistre un réel succès. Il y reste 3 ans. En 1851, Laval revient aux Gambier.
Il poursuit l'œuvre missionnaire entreprise. En juin 1857, le roi Maputeoa meurt. Une période difficile commence.
Les jeunes de l'Archipel partent. Les îles se dépeuplent petit à petit (maladies). Des bateaux de négriers apparaissent à partir de 1862, et la nacre attire les commerçants.
Honoré Laval qui est supérieur de la mission, est à ce titre considéré comme le représentant officiel de la France. Il est le délégué du gouverneur, ce qui ne va pas sans causer quelques problèmes. Pour beaucoup, Laval est vu comme le chef de ce petit royaume. A la fois "Consul" et Missionnaire, censeur et conseiller, maître et juge de paix, presque tout passe par lui. Il est celui qui instaure une "théocratie missionnaire," basée sur le lien affectif. Il est sévère pour ses fidèles, et, règle ses affaires d'une main ferme.
Or, il protège la foi et la morale des mangaréviens contre les maux apportés par l'Occident (alcool, argent…) et contre les manœuvres intéressées des fonctionnaires coloniaux, marchands et autres aventuriers.
Un conflit éclate entre un commerçant français, Jean Pignon, et le tribunal local de Mangareva. M. de la Roncière, gouverneur à Tahiti depuis 1864, souhaite faire rentrer l’amende infligée à la régente Maria-Eutokia Toaputeitou, coupable d’avoir ruiné Jean Pignon en l’expropriant et en démolissant la cabane de dépôt construite par ce dernier sur la propriété d’un mangarévien. Pour cela, le gouverneur installe un Résident aux Gambier, avec une vingtaine de militaires. Le litige devient un prétexte pour renforcer la puissance française dans l'archipel et limiter l'influence de Laval et de la mission. Les missionnaires se trouvent ainsi pratiquement en état de siège. Aussi, Mgr Jaussen propose de payer l'amende infligée à Jean Pignon à condition que les soldats se retirent. Ce qui fut fait. Le calme est rétabli.
Début 1870, le Prince Régent de Mangareva prie le gouvernement français de mettre un terme au protectorat. Cette requête tombait fort mal auprès du gouvernement qui s'occupait justement d'étendre les points stratégiques français dans le Pacifique. A Paris, on soupçonne l'influence de Laval, et le pouvoir demande alors au Commandant de la Motte-Rouge de faire un rapport. Celui tire, en mars 1871, cette conclusion au sujet du Père Honoré Laval: "Après tout ce que j'ai dit du Père Laval, il est bien évident qu'à mes yeux, il est nécessaire de lui faire quitter ce pays, et, le plus tôt sera le mieux. Esprit dominant, caractère emporté, dévoué sincèrement à la religion, qu'il confond un peu avec son Ordre et avec ses propres idées, isolé du monde depuis 35 ans et entraîné par des idées religieuses exagérées, cet homme veut, à tout prix, sauver des âmes et, pour cela, tous les moyens sont bons."
Mgr Jaussen souhaite apaiser les choses. Il décide du départ du Supérieur de la mission…
Le Père Honoré Laval quitte Mangareva le 4 avril 1871. Il arrive à Papeete le 23 avril 1871. Il y termine ses mémoires par ces lignes: ''Monseigneur, pour apaiser cette tempête, m'écrivit, au mois de mars 1871, de me rendre à Tahiti, où je continuerais d'être son Provicaire, tout le temps que j'y resterais. Mais, que je m'y suis dûment ennuyé! Est-ce donc là ma récompense de 36 ans de mission? ". Cependant, Laval allait revoir une dernière fois les Îles Gambier, en juillet 1876, lors d'un jubilé. Sa visite a été l'occasion d'une grande démonstration d'estime et de reconnaissance envers lui.
Les dernières années du Père Laval furent solitaires. Cette solitude s'est accrue par une surdité, qui ne faisait qu'empirer. Le Père Honoré Laval meurt le 1er novembre 1880, et son corps repose au cimetière de la mission catholique de Papeete.

27 décembre 2011

La messe de Noël à Rikitea

La messe de Noël n'était pas à minuit, mais à 19 h (heure Gambier, soit 18 h, heure Papeete). Tout juste le temps d'une douche rapide et de troquer le short pour une robe blanche. Sont présents à la pension, 3 couples de popa'a résidents, dont 2 de l'Education nationale (un à Nuku Hiva). Pour Noël, à la pension, un cochon a été tué et mis au barbecue en entier. Cela sent bon dans le jardin ! Le dimanche matin, j'ai tenté une connexion Net, que j'ai réussie qu'en milieu de journée. J'ai envoyé un article et son encadré, avec quelques photos au rédacteur de la Dépêche, qui les attendait. Ainsi, j'étais fière de constater lundi, que Rikitea, était une des rares îles à avoir transmis des photos de la messe de Noël, si ce n'est la seule.



Voici donc cet article en intégralité :

La cathédrale de Mangareva fête Noël .
On le sait, Le 3 décembre 201, après 6 ans de fermeture pour travaux, la cathédrale Saint Michel de Rikitea a retrouvé son lustre d’antan et a brillé de mille feux. Les personnalités politiques et religieuses étaient là ainsi que plus de 2000 personnes.
Ce samedi soir 24 décembre 2011, il y a moins de monde que le 3 décembre, mais il règne une ambiance très particulière. Les mangaréviens se sont réappropriés leur cathédrale, dont ils sont si fiers. L’empressement et l’impatience, partagés par tous les habitants, flottent dans l’air comme un joyeux chant de Noël. C’est une grande joie et un grand bonheur pour les habitants de suivre la messe de Noël dans leur magnifique cathédrale.
Ce bel édifice resplendit dans la nuit claire.
Toute la population de Mangareva et Akamaru, sa voisine, s’est donné rendez-vous à la cathédrale.
Les femmes ont revêtues leurs plus belles robes blanches et mis d’élégants chapeaux. Les hommes sont tirés à quatre épingles, dans leur chemise blanche immaculée et sans faux pli.
Les fleurs embaument et se mêlent aux odeurs des encens. Quatre guitaristes sont présents et accompagnent les chants entraînants et rapides qui démontrent la grande ferveur qui unit les habitants de l’île. Le père Paul-Gilles, nouvellement arrivé, sert l’office.
Un spectacle merveilleux dans un décor restauré avec soin et talent. Les habitants prient pour remercier tous ceux et celles qui ont permis une telle renaissance de leur cathédrale et célébrer ce premier Noël en ce lieu.
Une impression de grande magnificence, et de bonheur, enveloppe l’île malgré la solitude du quotidien, dans laquelle elle est retombée désormais, si loin de Tahiti. Correspondance Sylvie-Anne.

La messe a duré 2 heures, ce n'est donc que vers 22 heures, que nous avons pu nous restaurer et déguster le cochon grillé. Dans les articles suivants je vous parlerais du Père Honoré Laval et de la cathédrale. Nana.

26 décembre 2011

Arrivée à Totegegie (Gambier)

Le vol a pris 30 minutes de retard au départ de Faa'a (9h30). Après une escale de 45 minutes à Hao, vers 12 h, il reste encore plus de 2 heures de vol pour rejoindre les Gambier. Nous survolons plein d'atolls, le plus souvent inhabités. A mes côtés dans l'avion, une jeune mangarévienne directrice du CED (centre d’éducation et de développement) a son petit ordi et me montre des photos de Rikitea. Nous arrivons enfin sur l’aérodrome de Totegegie. Il y a beaucoup de fret à décharger (la moitié des fauteuils passagers, côté droit, était entièrement occupée par le fret). C’est le dernier avion avant Noël, (le suivant n’est que mardi). Air Tahiti joue les Pères Noël en transportant tous les colis.
Il faudra donc 1 h30 pour enfin avoir les valises qui sont en fond de soute! Morale : ne pas voyager en ATR, sur le dernier vol avant Noël.
Le temps de vous parler de l’atoll de Totegegie, que des milliers de militaires français ont connu il y a plus de 40 ans. C’est un motu au nord-est de l'archipel. Le nom Totegegie se compose de l'association de 2 mots mangaréviens, Tote, qui désigne un ilot de sable sur un récif (motu en tahitien) ; et Gegie (prononcer gniégnié), le nom d'un petit arbuste typique des atolls, qui ressemble à un genévrier sans baies, très répandu et connu sous le nom de miki miki.
Le seul aérodrome de l'archipel, est sur Totegegie. C’est aussi la seule construction sur cette longue bande de sable.
La première piste de 3500 m, fut construite en 1967 par la 115ème Compagnie de marche du Pacifique pour le Centre d’Expérimentations du Pacifique (CEP).
1968 : ce fut l’atterrissage du premier avion, et ce n’est qu’en 1978 que débuta la première liaison aérienne commerciale Papeete-Totegegie.
Les installations militaires furent démantelées en 1998. En 2008, il y a eu un agrandissement et une modernisation de l'aérogare.
40 ans après, c’est difficile d’imaginer quand on débarque à Totegegie, qu’il y eut là un débarcadère pour les navires de la Marine nationale, des bâtiments de casernement pour les diverses unités militaires, des hangars et ateliers divers, une usine de désalinisation, et un abri Pantz.
Au raz du hall de l’aéroport, se trouve une petite darse


qui abrite les bateaux, dont la navette communale qui va conduire tout le monde de Totegegie à Mangareva en 45 minutes de navigation sur le lagon. Les premières îles surgissent du lagon dans leur superbe écrin bleu. Il nous faut vite rejoindre la pension, sur les hauts, pour se préparer pour la messe de Noël dans la cathédrale Saint Michel. Ambiance particulière à Rikitea. C’est le soir de Noël. .................. Nana .....

23 décembre 2011

L'archipel des îles Gambier

L’archipel des îles Gambier est situé à l’extrême sud de l’ensemble des Tuamotu, à 1.643 km de Tahiti, (4 jours de mer de Papeete).
La commune des Gambier est composée de tout l’archipel des îles Gambier, des îles du groupe Actéon, des atolls de Marutea-Sud, Maria-Est et Morane.


L’archipel comprend dans un même lagon, Mangareva, (point culminant :441 m, superficie 15 km2- 8 km de long sur 1,5 km au plus large), et de 4 autres îles hautes : Aukena, Akamaru, Makaroa, Angakauitai. et quelques 18 îlots et motu, entourés d'une barrière de corail de plus de 80 km de circonférence. Il y a aussi un atoll très excentré Temoe, qui est à 45 km à l'Est.
L'unique propriétaire de Kamaka, au Sud est un américain qui y vit depuis plus de 30 ans.

Il y a plus 1 heure de décalage horaire par rapport à Tahiti.
Mangareva (île flottante) est la plus grande et la seule île habitée avec un peu plus de 1000 habitants. Son village principal c’est Rikitea, un lieu dans lequel l’empreinte des premiers missionnaires des années 1850, fut très forte. De nombreux bâtiments peuvent encore être visités (cathédrale, couvent, chapelles….. )
Cette île dont le nom signifie aussi "la montagne où pousse le Reva" (Cerbera odolIam, apocynée à fruits vénéneux), arbore des collines aux reliefs doux, culminant aux monts Duff (441m) et Mokoto (423m).
Histoire : Peuplé autour de l’an 1000 par des Polynésiens, l’archipel est probablement à l’origine d’une migration vers l’île de Rapa nui (l’île de Pâques). Le pirate anglais Edward Davis en 1687, aurait aperçu l'île de Mangareva, mais c'est finalement le 24 mai 1797, que le navigateur James Wilson la découvre et donne à son sommet le nom de son bateau Le Duff.

Les îles ne seront véritablement visitées qu’en 1826 par le capitaine britannique Sir William Beechey qui leur donne le nom d’un amiral anglais Gambier. (ce qui explique que le mot Gambier ne prend jamais de s )
Jules Dumont Durville y passa aussi en 1838 avec sa corvette l'Astrolabe. Le drapeau des Gambier est bleu et blanc.



Voici pour la présentation géographique. Mon projet : suivre la messe de minuit à la cathédrale Saint Michel, la suite du programme c’est surprise totale. Je reste à Mangareva jusqu’au 31 décembre, le temps de visiter en détail tout cet archipel, le seul de Polynésie que je ne connais pas encore. Bien sûr, je note et je clique pour le blog. Pour tous et toutes, j'aurais une pensée mangarévienne pour ce Noël 2011. Le vol aller est sur ATR et dure 5 h avec escale à Hao. Maeva Mangareva. Nana

22 décembre 2011

Poésie de 4 sous pour Noël 2011

Avec le Net, je communique, MSN et Skype, et autres systèmes existent pour se parler et même se voir, malgré les 18.000 kms qui séparent la Bretagne de Tahiti. Alors c'est quoi l'expatriement à Tahiti vraiment ?


En fait, le truc le moins ingérable au début, (et toujours!) c'est notre retard horaire énorme. (11h en ce moment). Je dors pendant votre jour, ou vous dormez pendant le mien ! C'est comme cela ! Pourquoi la terre est ronde? Pourquoi j'ai trop chaud, et les métros trop froid en plein hiver français ? Hémisphère? elle disait Arletty, mais seulement à l'hôtel du Nord !
Je reconnais cependant, que la proximité et les gestes affectueux avec mes 5 petits motua bretons, me manquent beaucoup depuis toutes ces années.

J'ai écrit ce petit texte, après une conversation au delà des océans, avec une amie bretonne, il y a peu. Il suffisait juste de changer la place des mots dans la phrase, pour que cela devienne une petite poésie. Sans aucune prétention, évidemment !


Un grand soleil à Tahiti, belle vahine ?
Certes, et les va’a sont déjà sur le moana.
La vie n’est pas trop monotone dans une
île ?
Tu n‘as pas entendu le son des ukulele ?
Ni respirer cette merveilleuse
vanille ?
Que fais tu pour les fêtes de fin d’année ?
Moi, Je rêve d’aller à Mangareva
Ok dac alors, je t’emmène aux Gambier.
Une grande semaine pour découvrir 4 îles ?

Ok la belle, je t’attendrais ce soir à Faa’a


Elle : Faut que j'aille vite à Tahiti, tant que j'ai une guide comme toi sur place !
Moi: Oui, car le ura, va s'envoler en fin 2012 vers d'autres îles, très très loin du fenua.


A tous ceux et celles qui vont venir en Polynésie, j'offre ces bons de voyages, et je prépare la couronne de tiare pour les accueillir.

Le 9 janvier 2012, pour Odile et Michel, qui viennent sans intention de retour !

BON VOYAGE et BON NOEL.

La photo que j 'ai choisie : La gagne en 2010 de la Shell dans la HVN (Havaiki Nui Vaa)
Ils sont vraiment très forts ! Pour moi VAA est devenu synonyme de VIE.

Merci le Va'a.

20 décembre 2011

Le flambloyant de Faa'a

Ce mardi, j’ai pris quelques minutes pour cliquer sur le flamboyant de Faa'a.Jamais cet arbre n’a aussi bien porté son nom !
Il est vraiment couvert de fleurs et ce n’est pas fini. C’est le 4 eme été austral que je vis à Tahiti et il n’a jamais été aussi fleuri. Il faut dire que les pluies de novembre ont du lui profiter. Ce qui est stupéfiant, c’est la vitesse de croissance de la végétation.

Voici une photo prise à la mi octobre !En deux mois le changement est prodigieux.
Ce flamboyant de la pointe Hotuarea a été planté par M. Aubry, l'ancien tavana (maire) de Faa'a. A cette époque, le tavana avait planté plusieurs autres flamboyants le long de la route, mais la plupart ont été malheureusement abattus.
Le Flamboyant, Delonix regia, est originaire des forêts sèches de Madagascar. C’est un arbre de 10 à 15 m, en forme de parasol, avec de grandes feuilles plumeuses vert clair. Sa floraison rouge lui a donné son nom de Flamboyant en français et de Flame tree en anglais. La pointe de Hotuarea, dît du Flamboyant, est classée depuis 1952, mais l’aviation civile souhaiterait sa disparition, car il est trop près de la piste de l’aéroport. Il résiste !!!!


Je suis fascinée par cet arbre qui évoque chaleur, exotisme et tropiques.

19 décembre 2011

Les arbres fleuris et les ciels rouges

Les grosses chaleurs sont arrivées. Les températures flirtent du côté des 30 °tous les jours. Merci la clim' et les bains lagon ! Tous les arbres explosent de fleurs. Je me suis arrêtée dans la côte qui mène à ma résidence pour "capter" cet arbre, qui ploie sous les fleurs muticolores. Ce soir vers 18 h 45, du côté de Vaitupa à Faaa, c'est l'explosion dans le ciel cette fois. Ce sont les couleurs de Noël, dont Tahiti se pare chaque année et que je vous fais partager.

Joyeux Noël . Ia'oa' oa' oe i teie' oroa noera 2011

18 décembre 2011

Le village de Noël de Toata

Papeete se prépare à fêter Noël. Il y a le salon de Noël à Pirae, mais aussi le village de Noël place Toata jusqu'au 24 décembre. Cette jeune tahitienne a un sourire charmant et je lui achète un porte chéquier en nacre. Un travail très fin et bien fini, made in fenua. Je craque aussi sur une jolie paire de tongs à 2000 CFP. Les petites filles adorent les robes rouges avec du tulle blanc. Les petits Père Noël grimpent au lampadaire. C’est bientôt la fête de tous les enfants et mon 4eme Noël à Tahiti. Mes motua (petits fils) vont me manquer.
Le 24 décembre, je m’envole pour une île à 1600 km de Tahiti pour une semaine. Cette île porte le très joli nom de Mangareva (archipel des Gambier). C'est la saison des fleurs, des fruits et des soleils d'été. Je suis impatiente de découvrir et de vous présenter les Gambier.


Nana