30 mars 2012

Koke, Petite encyclopédie involontaire de Paul Gauguin en Océanie, de Jean-Louis Saquet

Je viens de terminer de découvrir le très beau livre de Jean-Louis Saquet qui a pour objectif affiché de :proposer une mise en scène de l'œuvre océanienne de Gauguin dans son temps". L'auteur connait bien Tahiti — où il vit depuis une trentaine d'années — et les îles de la Polynésie française, et s'il ne prétend pas s'adresser spécifiquement aux spécialistes et historiens de l'art, il fournit une information précieuse et rare pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le monde océanien, qu'il s'agisse du milieu naturel (géographie, flore et faune), ou de la société (emprise du colonialisme français, culture et traditions polynésiennes à Tahiti et Hiva Oa à la fin du XIXe siècle). Plusieurs centaines d'illustrations (reproductions, photographies, documents d'époque) soutiennent le propos de l'auteur ; la confrontation entre les unes et les autres souligne la sensibilité du peintre à la lumière locale, et l'acuité du regard qu'il portait sur la vie quotidienne des populations aux côtés desquelles il a passé les dernières années de sa vie.
Visite guidée d'une Polynésie au tournant des siècles, cette petite encyclopédie propose, en courts articles, une mise en scène de l'œuvre polynésienne de Gauguin dans son temps. Au rythme des longues navigations à la voile, la colonie française sommeille, éparpillée sur des dizaines d'îles. La syphilis fait des ravages et les missionnaires partent en croisade contre l'alcoolisme qui ronge le pays.
Gauguin peint les hommes, les femmes, les arbres, la terre rouge et l'écume des vagues. Des formes mystérieuses encore pour beaucoup, des objets et des fruits, des choses inexpliquées que ce livre raconte. Jusqu'aux derniers chevaux au galop sur le sable et le blanc cimetière qui attend sa venue, chaque détail sorti du fond de ses tableaux représente la vie et la culture d'une Polynésie observée par Gauguin.
Jean Louis Saquet est arrivé à Tahiti en 1970. Il entre comme graphiste chez le tout nouveau et premier éditeur local Les Éditions du Pacifique. Au départ de ce dernier pour l'Asie en 1976, il alterne travaux pub et éditoriaux ponctuels, puis réalise durant 3 ans une collection historique pour la Corse à partir de sa base d'Aix-en-Provence. En 1984 pour C. Gleizal, éditeur, il prend en charge la réalisation artistique et technique de L'Encyclopédie de la Polynésie en 9 volumes, puis du DIP, Dictionnaire illustré de la Polynésie en 4 volumes, un chantier de 3 années. En 1987 il fonde sa propre enseigne Polymages avec un premier titre,Te Fenua, qui, pourtant obsolète depuis longtemps, existe toujours sur le marché sous le label "Avant et après". Avec une dizaine de titres, il est en 1990 contacté par Christian Robert, qui souhaite fonder une structure édition en parallèle de son atelier de prestation Scoop. Après quelques titres et la création de la collection Survol sous la mention Polymages/Scoop, il quitte le nouvel éditeur qui devient alors Au vent des îles. JLS continue seul une discrète production personnelle doublée de nombreuses prestations éditoriales de commande,
Titres parus au Vent des îles : L'Atoll, Dico des îles, mon premier dictionnaire illustré de Tahiti, Manu, les oiseaux de Polynésie, Perles de Tahiti, Te fare, architecture tropicale de Tahiti.

29 mars 2012

Les pousse- pousse chinois de Tahiti

la pollution devient un problème majeur pour Tahiti et notamment à Papeete. Et que dire des embouteillages dés 6 h du matin pour les rentrées à l’école à 7 h ?
le retour au transport en commun devient indispensable, bus, tram et pourquoi pas le bon vieux pousse-pousse chinois ! économique, sans bruit et bon pour le régime sportif !
J’ai découvert ce vrai pousse pousse chez Inès et Pascal à Paea (PKO 19).

Il est en très bon état et Pascal va lui donner un petit coup de neuf. Il l’a eu chez un client chinois qui l’avait dans le fond de son garage qu’il allait faire rénover. Ce cyclo-pousse a une jolie peinture notée Surfica Tahiti avec deux jonques chinoises peintes.


Il a pas loin de 100 ans certainement. N'ayant pas beaucoup de place, il serait disposer à le négocier. Avis aux collectionneurs !
Je ne trouve rien sur le Net sur les pousse-pousse chinois de Tahiti, bizarre ! Peut-être car le pousse-pousse est d'origine japonaise !

27 mars 2012

Une journée à Takapoto

La journée commence très tôt. A 5 h 30, j’accompagne Tutu et Sylvie au parc à poissons de Teavatika. Sylvie, encore en chemise, est contente de sa pêche. Dans cette passe, la maire a fait construire cet abri sur un banc de sable.Personne ne sait quelle est sa fonction. Il dérange les jeux d’ombres et de lumières du parc à poissons et cela désoriente les carangues.
Ces poteaux en béton gâchent le paysage. Un budget à dépenser absolument ou des sacs de ciment à utiliser ? Enfin c’est très moche et très stupide comme idée.
Nous rentrons à la pension pour le petit déjeuner. Ce matin je prends 2 poissons frits, un petit ume et un rouget. Plus frais, ce n’est pas possible !
Sylvie lève les filets de poisson et jette les déchets par la fenêtre dans le lagon, juste à deux pas de la cuisine. Les raimora, ces superbes poissons bleu électrique appelés aussi les poissons pilotes, se précipitent. Les bons gros toutous de la pension, blanc-blanc et bou-boule, me regardent prendre mes photos. Sylvie ne pêche pas devant chez elle, car c’est son aquarium comme elle dit, et elle aime les voir se balader ses poissons quasi domestiqués.
Nous nous arrêtons chez les voisins, Philippe et Cathy, pour leur déposer des nems faits par Sylvie. Un café est le bienvenu. Nous allons rejoindre Tutu à la cocoteraie. Pendant que Sylvie aide son homme à ranger les cocos, je file explorer la belle plage et ramasser de magnifiques coquillages.
Le silence est total. Je me sens aspirée par les éléments, en fusion avec le sable et l’eau.


J’aime ces longues balades silencieuses où je mêle ma respiration à celle du lagon.
C’était mercredi matin. Une dizaine d’heures plus tard, le même lagon sera en furie.
Dimanche nous étions allés de l’autre côté au secteur voir le fameux rocher Takai. La légende dit qu’il contient du mana et qu’il faut le toucher. La mer est haute, alors j’utilise une illusion d’optique pour faire comme si ! Après le déjeuner, Sylvie me dépose à l’école primaire. Je vais travailler avec David sur la semaine du patrimoine. J’ai consacré du temps aux enfants et nous continuons toujours nos échanges mails, car je prépare un article pour la Dépêche de dimanche prochain. Les enfants en connaissent le sujet, et sont dans la confidence.
En fin de journée, nous faisons le gâteau nou nou avec ma recette de Fakahina. Nous avons ramassé les cocos germés ce matin. Sylvie prépare le dîner, aussi je me débrouille toute seule.
Il y a des nono et Sylvie allume un feu devant mon bungalow pour les éloigner. Je brûle les palmes fanées et les bourres de coco pour alimenter mon écran de fumée.
Les pains chauds sortent du four et il reste du bon vin (Lalande Pommerol, grand cru classé, de la réserve de Tutu) pour le goûter ! Hum c’est top. Demain matin j’en donnerais deux à David pour les enfants.
C’était ma dernière journée à Takapoto, celle d’avant la nuit du grand vent.

25 mars 2012

Le nom de Takapoto

Le nom de l’atoll de Takapoto est lié à une légende. Il y a un rocher en mer qui a enfanté Takapoto et Takaroa l’île voisine. Takapoto est l’atoll le plus proche, son nom signifierait "cordon court" (dans le sens de cordon ombilical), par opposition à Takaroa "cordon long".
Plusieurs habitants m’ont confirmé cette version.

Mais en faisant quelques recherches, je tombe sur un document dans le Net, qui dit que Takapoto veut dire "petit menton".
J’interroge David par mail, qui me donne cette réponse: "je suis allé consulter l'avis des personnes ressources de l'atoll. Certains pensent que c'est suite à la création des deux atolls un cordon court et l'autre plus long. Mais d'autres pensent que la définition du menton court tienne aussi la route. TA'A : TAKA : partie de la tête c'est à dire le menton."Donc cela sera au choix ! Takapoto et les bleus de son lagon.

Sêche linge naturel ultra rapide. 10 minutes suffisent.

Le bagad de Lann Bihoué est arrivé à Tahiti

Maité, une Lorientaise qui vit à Tahiti, a envoyé ces photos à Mylène en métropole qui me les a transférées etMaité m'a autorisée à les publier. Un grand Merci à toutes les deux.
Ils sont arrivés samedi matin à 5 h par le vol d'Air France. Quelle émotion de voir le drapeau breton flotter dans l’aéroport de Faa’a !
Le concert, c’est samedi prochain à Pirae. Tous les bretons de Tahiti vont se déplacer.
Kenavo

24 mars 2012

Vestiges de forêt primaire à Takapoto

La forêt primaire a pratiquement disparu des atolls des Tuamotu, lors des grandes plantations de cocoteraies du siècle dernier, sous la directive des missionnaires soucieux de donner travail et revenus à leurs ouailles.
La première fois que j’ai vu une forêt primaire aux Tuamotu c’était à Ahe. Depuis je ressens une immense joie de découvrir quelques vestiges dans d’autres atolls (Fakahina).

En allant au secteur le dimanche matin avec Sylvie, je vois de grands arbres, des pisonias grandis (Puatea en tahitien, Puka en paumotu). Stop immédiat pour aller saluer les géants.
Ici on appelle cet arbre le puka manu car il abrite plein d’oiseaux (manu).

Sylvie constate la fraîcheur sous son ombrage, les fientes d’oiseaux, le sol couvert d’humus, et les fougères, preuves de l’humidité. Elle n'avait jamais remarqué avant.

Je lui explique qu’il faut impérativement protéger ces grands arbres et ne pas les abattre.

Au pied des arbres, de jeunes pousses bien tendres prouvent la bonne santé de ces géants, rescapés d’une autre époque, celle d’avant les cocotiers qui assèchent les sols. Ces jeunes pousses sont dévorées tels des épinards par les habitants ! Non pas ça !
Sous la cocoteraie, quelques pieds d’amidon (pia ma’a) dont les racines servaient autrefois comme gélifiant dans les poe (compotes, confitures). C’est la semaine du patrimoine. Je m’entretiens avec David l’instit et maire délégué, pour faire passer mon message botanique de protection des pisonias de Takapoto.
Certains terrains ont été déboisés et les pisonias se raréfient et vont disparaitre à tout jamais et rapidement, car depuis l’effondrement du marché de la perle, tous les atolls reviennent au coprah et replantent des cocotiers.
Tutu me parle de vols de cocos dans les cocoteraies, c’est dramatique, et la blague pas drole du moment c’est «à Takapoto le coco est cassé avant de toucher le sol, ou alors la nuit, il tombe direct dans la benne de ton voisin qui passait par là".

Il y aurait beaucoup à dire sur l'économie du coco. Sur les 150 F le Kg payés par l'huilerie de Tahiti, 100 F sont des subventions du pays, ce qui fait dire à certains observateurs que le coprah des Tuam est une caisse de chomage déguisée. Je laisse ce soin à d'autres blogs, car je n'ai nulle envie d'égarer ce journal dans ces méandres complexes et inextricables.
Cependant, je milite pour la sauvegarde des pisonias et des forêts primaires des Tuamotu, car j'aime passionnément cette belle nature des îles et des atolls.

Balade au village de Fakatopatere

A 5h 30 le ciel devient rose pour chasser les nuages de la nuit. La visite de Fakatopatere, (plus facile de dire le village), commence par l’édifice le plus haut l’église catholique Saint Louis de Gonzague. (2 lycées jésuites de Paris et de Perpignan portent ce nom) . Quatre religions cohabitent, catholique, protestante, mormon et adventistes. Une nette majorité pour l’église mormone.
En face du bureau de l’OPT, un palais anticyclonique vient d’être construit, et bien que terminé depuis 8 mois, n’est pas encore inauguré, ni occupé. Il doit abriter l’abri anticyclonique et la mairie déléguée (2 secrétaires !) Nous faisons 2 courses chez Nadine, la principale épicerie de Takapoto qui en compte 4. Nous allons déjeuner au snack chez Véronica. Entrecôte frites avec un bon bordeaux, dans un cadre agréable, c’est cool. Sylvie, me conduit chez trois vahine qui travaillent les coquillages. Je fais de jolies emplettes et la mama me montre son atelier et sa dextérité. Très fière, que je m’intéresse à ses créations.
Nous allons voir la prison qui est à deux pas. La prison de Takapoto a été construite en 1879 sous l'occupation anglaise. C'est un petit bâtiment avec des mûrs épais en pierres de corail et de la chaux. La couverture en toles a disparu. Le bâti fait 6,20 m de long sur 4,30 m de large, et il comporte 2 entrées, l'une en façade avant et l'autre à l'ouest.
On y enfermait les voleurs, notamment pendant les périodes de plonge de nacres et les semeurs de troubles, en attendant la prochaine tournée administrative pour le jugement. La prison servait également de salle de dégrisement pour les personnes saoules qui perturbaient l'ordre public.
Les peines étaient des travaux d'intérêt collectif, qui consistaient à participer pendant une semaine ou plus, à l'entretien du village. Les coupables devaient débroussailler, ratisser et reconstruire le bord des routes. Bien que située sur un terrain privé, la mairie souhaiterait restaurer le bâti pour lui redonner une autre fonction (artisanat, expos…)
Derriere la prison existait un puits qui a été bouché qui contenait de superbes anguilles.
Le phare de Takapoto, sur le quai, assez délabré, a été construit en 1920 par la population de l'île sous la direction de Tafakapuia. Il fût inauguré le 11 novembre 1922 par l'administrateur Ferrouce et le maire Paul Taikia Maheahea. Il permettait aux goélettes de commerce de repérer facilement l'atoll dans la nuit.
Il y a un vieux village abandonné de l’autre côté de l’atoll, Opongi, ainsi qu’un très grand puits en pierres dans les maite (anciennes fosses de culture des taros). David, le directeur instit de l’école, voulait m’y conduire mercredi après midi avec quelques élèves. Hélas, nous avons du renoncer, car la piste du secteur est défoncée, et aucun véhicule, même 4x4, ne peut plus franchir les obstacles. La mairie doit procéder aux travaux, mais cela va encore prendre du temps.
Je suis allée voir un site de tombe collective où sont regroupés des européens qui ont été "naufragés" dans les années 1800. Des histoires évoquent en effet quelques actes de naufrageurs à cette époque (idem au pays pagan en Bretagne) . J’aime les atolls des Tuamotu car ils sont tous différents et chacun d’eux, recèle des trésors du patrimoine et des légendes qui se confondent parfois avec la réalité. 4 ou 5 jours, c’est un minimum pour prendre le temps de découvrir. Il faudra que je retourne à Takapoto pour visiter Opongi.
Un lever de soleil mauve à la passe sud. Il est 5h40 . Encore une belle journée aux Tuam'. A suivre

22 mars 2012

Grosse dépression cyclonique à Takapoto

Mercredi soir, 21 mars 2012, mes hôtes de la pension Hereatea, Sylvie et Tutu, ont prévu de la langouste au diner. Les préparations de Sylvie sont succulentes. Les tomates gratinées au four pour accompagner les langoustes, de vrais délices !
Un très bon vin accompagne ce diner fabuleux. Moment de partage, de vrai bonheur parfait et inoubliable dans cette pension des Tuamotu, où je me sens si bien depuis samedi.
Il est 21 h lorsque Sylvie m’accompagne à mon fare avec la moripata (lampe torche). Il fait nuit noire et le ciel est chargé de sombres nuages.
Vers 22 h la pluie commence à tomber avec violence. Elle ne s’arrêtera pas jusqu’au petit matin. Vers Minuit, le bruit du vent me réveille. Ca souffle en tous sens et cela s’accélère sans cesse.
J’entends les salons de jardin en plastique, se balader et venir s’exploser sur le mur de l’entrepôt. Je regarde le spectacle au travers de la baie vitrée et je vois les palmes tournoyer en tout sens et les vagues du lagon augmenter en puissance. Il fait nuit noire et sans lune. Il a fait très chaud les derniers jours et les vents étaient bizarrement à l’Ouest. Sylvie avait senti le cyclone et m’avait fait part de ses craintes.
Je me dis que le cyclone est arrivé du moins une énorme dépression tropicale.
Le vini fonctionne et à 1h30, j’appelle Sylvie, qui ne dort pas avec tout ce vacarme dehors. Elle me dit de ne pas sortir du fare sous aucun prétexte et d’attendre. Soit .
La communication est coupée par une stridente explosion du tonnerre, car l’orage s’en mêle. Le vent, je m’en fiche, mais le tonnerre me fait siffler les oreilles. La foudre et tombée pas très loin.
Les baies vitrées du fare se couvrent de brindilles qui volent au vent. Les palmes tombent et les cocotiers secouent leurs têtes en tout sens. Le vacarme mettra plusieurs heures à s’apaiser.
Ce n’est qu’au petit matin, que la pluie cessera et que l’atoll pourra constater les dégâts.
En plus des mobiliers de jardin explosés en morceaux, l’entrepôt de la pension n’a plus de toit. Les palmes jonchent le terrain, la route.
Vers les 11 heures nous allons chez des voisins. Le fare d’â côté est explosé et aplati, une maison flotte dans le lagon dans la baie voisine.


Il y a eu des dégâts.
Ce fare api (tout neuf) venait d’être terminé.Ce matin, les travailleurs font la gueule à trier les matériaux pour reconstruire ce fare qui devait abriter un jeune couple ce week end et qu'ils venaient de terminer.
Au village, c’est l’inondation, les terrains n’absorbent pas, et c’est le lac artificiel sur le terrain de football. Sylvie me dit que si la piste est pleine d’eau, l’ATR ne va pas se poser. Ah super, je vais rester deux jours de plus à Takapoto. Joie de courte durée car la piste est nickel
A l’aérodrome, les conversations vont bon train sur les toitures envolées.
Sylvie est triste et moi aussi. On était si bien toutes les deux à Hereatea, que je ne n’ai pas vu les jours passer. Je déteste ces départs qui m'arrachent à mes nouvelles amies des îles.


Dire qu'à 5 h 30 du matin, le lagon faisait son laiteux, ni vu, ni connu et m'offre ses bleus ouateux et embrumés, ses sables roses, comme si rien ne s'était passé ! L’avion se pose à Faa’a. Il fait un temps de chien. Laurence me raccompagne à l’appart.
Apres quelques échanges téléphoniques avec ma copine de la Dépeche, je lui transmets mes photos de mon Takapoto’s cyclone. Bingo ! Cela va faire la une de La Dépeche vendredi matin.
Oui j’ai eu peur, mais pas très longtemps et me suis bien rendormie, comme une vraie paumotu. Je me prends à penser que cela serait top pour moi une tombe dans un atoll des Tuamotu. Ce n’était pas un méchant cyclone, mais j’ai quand même assez mal dormi !

Le Kaveu, crabe des cocotiers de Takapoto

Dimanche, Sylvie me demande si j’ai déjà mangé du Kaveu, le crabe des cocotiers. Non, pas eu l’occasion. Elle m’emmène dans la cour et soulève une planche, découvrant ainsi deux bidons bleus en plastique (des futs de noni). Au fond du bidon, un gros crabe bleu dort dans les bourres de coco. Elle me dit: "voilà ton dîner de ce soir, j’en ai deux donc un chacune car Tutu (son mari)préfère du poisson".
Ce dimanche, Sylvie me fait faire le tour de l’île. Nous reparlerons de son "élevage" des kaveu. Elle les ramasse dans la cocoteraie et les nourrit de coco jusqu’à 2 mois maximum pour qu’ils aient une belle panse bien pleine (après ils doivent faire leur mue). Elle leur donne de l’eau de citerne à boire. Le crabe décortique les demi-noix qu’elle lui donne à manger, et défait même la bourre. Les habitants raffolent de ce crabe qui se vend environ 1000 F pièce ici et 5000 F au marché de Papeete. A 17 h elle a préparé une grande marmite d’eau bouillante et y plonge les 2 condamnés.
Un petit aioli à la mode Paumotu relève le plat. Elle me laisse me régaler avec les pinces pendant qu’elle déguste la queue qui en fait, est l’estomac du crabe et ne contient pas de chair blanche, mais de la crème marron jaune. (qui peut être congelée pour faire une mousse de foie gras de crabe ! à tartiner).
Ce crabe est délicieusement parfumé au coco et je comprends mieux le prix de ce mets de choix, augmenté par sa rareté.
Découvrons l’animal : Le crabe de cocotier (Birgus latro) est le plus grand arthropode terrestre. De la famille des Bernard l'ermite, il est connu pour sa capacité à casser des noix de coco grâce à ses fortes pinces, pour en manger le contenu. Ce crabe a un développement complexe associé à de singulières caractéristiques morphologiques. Son odorat est très performant et il a développé diverses stratégies pour préserver l'eau qui est indispensable à sa respiration. L'adulte pèse jusqu'à 4 Kg, sa longueur allant jusqu'à 40 cm à 1 mètre (envergure d'une patte à l'autre). Le mâle est généralement plus grand que la femelle. Le corps du crabe de cocotier se compose d'une partie antérieure (céphalothorax) munie de 10 pattes et d'un abdomen. La paire la plus antérieure est munie de grosses pinces qu'il utilise pour casser les noix de coco ou soulever des objets (jusqu'à 28 kg). Ces crustacés peuvent gravir les arbres jusqu'à une hauteur de 6 m. Les yeux du crabe de cocotier sont rouges et la couleur de son corps varie d'un bleu violet à un rouge orangé suivant son habitat
Les crabes de cocotier sont assez craintifs. Ils sont très sensibles à la présence d'un observateur. En temps normal, ils se déplacent doucement en émettant des claquements, mais, s'ils sont en état d'alerte, ils sont très vifs. Bien qu'ils ne soient pas très combattants, ils se battent parfois entre eux. Ils utilisent alors leurs puissantes pinces et peuvent battre en retraite en cas de supériorité de leur adversaire.
Le crabe de cocotier s'alimente généralement la nuit, par temps gris ou dans des endroits ombragés.Son régime alimentaire se compose de fruits, entre autres les noix de coco, les fruits des pandanus ou encore, en captivité, des papayes ou des bananes. Toutefois, il mange presque n'importe quoi d'origine organique, de la végétation, des œufs de tortues, des cadavres d'animaux en putréfaction (rats, poissons…). Des cas de cannibalisme ont même été observés en cas de manque de nourriture. Les crabes de cocotier vont occasionnellement voler de la nourriture dans les habitations et la transportent dans leur tanière.
Les crabes de cocotier s'accouplent fréquemment et rapidement sur la terre ferme de mai à septembre, et plus particulièrement en juillet et août. Le mâle et la femelle se battent, puis le mâle retourne la femelle sur le dos pour l'accouplement. Peu après, la femelle pond et colle ses œufs dans le bas de son abdomen ; elle les transporte ainsi pendant environ un mois. Les nombre d'œufs varie de 50 000 à 150 000. Au moment de leur éclosion, habituellement en octobre ou en novembre, la femelle lâche les œufs dans la mer à marée haute. Les larves qui se forment, appelées zoés, flottent dans la mer pendant 3 à 4 semaines et constituent la nourriture de multiples prédateurs. Ensuite, elles passent au stade de
glaucothoés, pour une durée également de 3 à 4 semaines, pendant laquelle elles visitent de temps en temps la terre ferme en se protégeant avec des coquilles suffisamment petites. Ils changent de coquille durant leur croissance, mais peuvent aussi utiliser des fragments de noix de coco. Le jeune spécimen muant 3 fois dans sa première année, il change 4 fois de coquille. Dès que les juvéniles sont grands (vers 1 an), leur carapace se durcit. Ils vivent alors entre l'océan et la falaise.
Passé l'âge de 3 ans, ils abandonnent l'océan et perdent la capacité de respirer dans l'eau. Ils atteignent le stade d'adulte et leur maturité sexuelle vers 5 ans[
Pour se protéger du soleil et des prédateurs, les crabes s'aménagent alors des terriers dans des roches calcaires ou encore des noix de coco ou de palmes.. Ils ne muent dès lors plus qu'une fois par an dans une chambre de mue
(trou de 50 cm de profondeur et à 1m de l'entrée du terrier).
L'espérance de vie d'un crabe de cocotier adulte est d'environ 30 ans.
Les crabes de cocotier vivent habituellement dans des tanières ou des fentes rocheuses, mais principalement, ils se creusent leurs propres tanières dans le sable ou un terrain meuble dans les zones forestières et dans les zones sableuses où il y a des cocotiers. Durant le jour, l'animal reste caché dans son abri, soit pour se protéger des prédateurs, soit pour diminuer la perte d'eau due à la chaleur.
Les adultes vivent principalement à l'intérieur des terres (jusqu'à 6 km de la mer environ). Seuls les jeunes spécimens séjournent près des récifs ou des lagons.
Un grand merci à Sylvie de la pension Hereatea de m’avoir permis cette découverte culinaire spéciale paumotu.

19 mars 2012

Le Mareva Nui à Takapoto

Samedi après midi, la goélette Mareva Nui est arrivée à Takapoto, 15 minutes après l’avion. Je l’avais vue du ciel, longer le récif, mais j’avais complètement loupé la photo.
Avant de rentrer à la pension, nous attendons le Mareva Nui.

Il ne peut pas s’approcher du quai , tout le fret est déchargé par barge. Les enfants qui se baignaient dans l’eau fraîche de la darse, sont priés de laisser place nette illico. A son bord il y a 12 passagers. Le Mareva a quitté Papeete il y a 9 jours et sera de retour dans 4 jours, après avoir stoppé dans une vingtaine d’îles. Bon moyen de découvrir les Tuamotu, surtout les îles sans aérodrome, mais à grande vitesse, car en une heure ou deux, pas le temps de rencontrer les habitants ou de découvrir les beautés cachées de l'atoll. Takapoto est desservi régulierement par 3 cargos: le Taporo, le Mareva Nui et le Marie Stella. Sylvie de la pension Hereatea, préfère le Taporo, car il est direct Papeete Takapoto. Elle peut ainsi recevoir des légumes et des fruits frais tous les 15 jours.
Ce samedi, le Mareva apporte notamment des vélos et un beau matelas neuf. Heureux paumotu qui vont etrenner ce beau matelas sous le ciel étoilé de Takapoto !