15 juin 2012
Son plus beau voyage
Maman nous a quitté en cette fin d'après midi ce vendredi 15 juin.
Elle était apaisée et je suis sur qu'elle plane déja au dessus de ces iles préférées.
Nous avons prévu pour ses amis une veillée dimanche à ARUE (min chui) de 19h à 21h.
Elle sera inhumée au cimetière de l'URANIE lundi 18 dans l'après midi.
Frédéric et Nadège
17 mai 2012
Archéologie chez les Taïpi
Taïpi c’est le nom du livre que Herman Melville (1819-1891) (auteur de Moby Dick) écrivit lors de son séjour dans une tribu cannibale à Nuku Hiva en 1842.
Ce beau livre d’archéologie marquisienne, de Pierre Ottino Garanger, publié en 2006 par les éditions du Vent des Iles, aborde de façon originale l'aventure récente d'une poignée d'hommes et de femmes désireux que leur pays, cette vallée d'Hatiheu à Nuku Hiva (Marquises) ainsi que d'autres comme Hapatoni, Puamau... vivent, belles, accueillantes et bien plus : qu'elles leur survivent.
Sur tout un territoire dont s'éteignaient petit à petit l'histoire, les noms, l'âme et le sens, il fallut repousser "la brousse", faire entrer la lumière et doucement, suivre l'étonnant maillage de murs et de plates-formes de pierres, parfois mégalithiques.
Couvertes de mousses, de fougères, de racines, de branches et de troncs, ces structures avaient ponctué et accompagné leurs cheminements quotidiens. Là, sous le coupe-coupe et à travers des milliers de relevés, elles se dévoilaient, redevenaient le cœur d'un hameau, une gigantesque place de fête, puis une autre, les rochers ornés livraient leurs formes, leurs regards, leurs personnages. Ainsi, de ce passé enfoui, sombre et prestigieux tout à la fois, surgissait l'âme d'un peuple dans ce qu'elle pouvait avoir de plus abouti. II fallut dégager sans heurter, découvrir puis comprendre ce que fut autrefois le cadre de vie des Anciens, leurs lieux de réjouissance et de mort, la façon dont ils occupèrent l'espace et le mirent en valeur.
Photos, croquis et plans illustrent ces moments, ce travail à plusieurs mains, et aussi le bonheur que fut cette expérience inoubliable et l'amitié qui en naquit, la fierté et la réussite qui en surgit et qu'il fallait partager, comme un savoir, un témoignage pour les générations qui suivent, un héritage bien plus vaste que l'apparence, les moyens et la volonté de chacun. C'est aussi un instantané : l'image d'un patrimoine qui dépasse largement l'horizon des crêtes Taïpi.
Un livre passionant qui m'a expliqué l'archéologie et permis de revoir tous ces sites que j'ai visités.
15 mai 2012
Panne générale d'EDT et...... d'ascenseur.
Après le black-out du 7 mars, une deuxième panne d’électricité, a privé de jus, les habitants du grand Papeete, soit 30.000 abonnés, le tiers des abonnés de toute la Polynésie pendant une heure, lundi 13 mai à 9 h 30. Un gros câble qui transporte 90.000 volts s’et mis en court jus !
Papeete a connu encore plus de bouchons que d’habitude, étant donné l’absence de feux tricolores.
Embouteillages que je n’ai pas vus, pour la simple raison, que je suis restée coincée 45 minutes dans l’ascenseur de ma résidence. J’étais arrivée au parking souterrain, au niveau moins 1. Il a manqué 30 secondes pour que la porte ne s’ouvre !!
J’ai actionné la sonnette et une femme m’a dit d’attendre, que le technicien allait venir en scooter et serait là dans 10 minutes !!
10 minutes qui se sont un peu prolongées et qui en ont duré 40. Les minutes les plus longues de ma vie.
La température ambiante augmentait avec le stress. Je n’avais pas ma bouteille d’eau habituelle ! l’horreur pour une claustro comme moi.
Enfin j’entends un bruit de clés et les portes s’ouvrent. Je vois le visage d’un jeune tahitien casqué. De lui ou de moi, je me demande encore qui était le plus zombie ! Il a dévalé l’escalier et n’a pas pris le temps d’ôter son casque avant de me libérer. Je ne peux pas l’embrasser en raison de son casque, aussi je lui baise les mains. Il dit en riant : Toi au moins tu es gentille, il y en a qui ne me remercient même pas.
Je lui referais un baiser, pour tous ces malautrus. Mes jambes tremblent. Je suis trempée de sueur. Je remonte les étages et vais me redoucher longuement. Les pompiers se sont déplacer et me demandent si j’ai besoin d’une aide médicale. Ca va aller .
Ce mardi, les quotidiens font une demi page sur la panne, mais bizarrement personne n’évoque mon blocage ! Dites messieurs de l’EDT, le courant de Tahiti est le plus cher du monde, alors de grâce changez les câbles fatigués. Mauruuru roa.
Je savais déjà que la vie est un trésor merveilleux, mais ce lundi 13 mai 2012, j’en ai eu une confirmation, une ènieme certitude.
Depuis, je n’arrive plus à me départir de ma haine pour tout ce qui ressemble à un ascenseur. Je me suis remise à adorer les escaliers.!
J’aurais tout vu, tout connu à Tahiti ! Mais cette expérience là, je m’en serais bien passée ! Merci EDT.
13 mai 2012
Le fort de Cook à la pointe Vénus
Sur le site de la pointe Te Fauroa, plus communément pointe Vénus,
James Cook avait fait construire un fort en 1769. La réplique en toile de ce fort a été inaugurée ce jeudi 10 mai à la Pointe Vénus, et sera le lieu incontournable afin d’assister à l’événement astronomique du 5 juin : le passage de Vénus devant le soleil.
Le fort de Cook accueillera les manifestations liées à cet événement astronomique majeur.
Une opération d’envergure imaginée en partenariat avec le comité Vénus Tahiti 2012, (Pascal Erhel Hatuuku, est le président), le service du tourisme et la commune de Mahina.
La reconstruction et l’aménagement des lieux, confiées à l’artiste Grégorio Grand Midi, accompagné de quelques jeunes du quartier de Hitimahana, sont fidèles aux plans laissés par l’ancien navigateur, capitaine de l’Endeavour de l’amirauté anglaise.
D’après l’histoire, ces installations devaient permettre la protection de l’astronome Charles Green et de ses instruments, afin d’étudier entre autres le passage de la planète Vénus devant le soleil, il y a 243 ans.
Cet événement stellaire ne se reproduira pas avant 2117 et 2125.
Sur ce lieu symbolique chargé d’histoire, le 5 juin, durant 6 heures, les amateurs pourront observer l’alignement parfait de la terre avec Vénus et le Soleil, mais aussi participer à des activités et profiter de l’arrivée des 7 grandes pirogues doubles de Tavaru 2012. Des visites culturelles et pédagogiques sont prévues sur place pour toutes les écoles de Tahiti.
Un symposium international d’astrophysique intitulé Compstar réunira à l’hôtel Radisson du 4 au 8 juin, plus de 180 chercheurs, dont 4 prix Nobel en physique et astrophysique, venus des 4 coins du monde : Europe, Japon, Amériques...
L’exposition d’astronomie organisée par la Société d’Astronomie de Tahiti (SAT) à la mairie de Papeete du 22 mai au 3 juin, permettra la rencontre entre amateurs et professionnels.
Les habitants des archipels voisins ne sont pas oubliés. Ils pourront suivre les manifestations en live sur Internet et seront informés au travers de conférences itinérantes.
La Polynésie a donc rendez-vous avec l’histoire du calendrier des astres grâce à la mobilisation des 4 principales associations polynésiennes liées autour de l’astronomie : Proscience, la SAT (Société Astronomique de Tahiti), CIEL (Cercle d’investigation d’Ethno astronomie Locale), Haururu et Faafaite.
12 mai 2012
Jeunesse à Bora Bora
Mareva me raconte par e-mail ses jeunes années en Polynésie (Bora Bora et Papeete).
Ce sont des témoignages forts et pleins d’émotions qui me font mesurer combien la Polynésie a changé ces 40 dernières années.
Voici son récit sans retouche. :
J'ai retrouvé un vieux cahier dans lequel j'avais gribouillé quelques notes. Il m'a aidé à retisser cette période de ma vie.
... " Je te parle d'un temps que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaitre". Ce n'est pas leur faute: ils n'étaient pas nés. Même pas à l'état d'étincelle lubrique dans le regard de leurs parents!
En 1960, j'ai 5 ans. Je découvre la vie mais pas encore le monde qui l'entoure.
En 1972, j'ai 18 ans. Je suis sur le point de quitter mon archipel : études en France à Montpellier.
A cet instant, je ne me doute pas que je pars pour très (trop) longtemps, que je ne reviendrai qu'épisodiquement.
Depuis ma naissance, j'oscille entre 2 mondes, 2 horizons, 2 imaginaires, 2 cultures. Je n'ai jamais réussi à trancher. Encore aujourd'hui je n'y parviens pas. Peut-être la faute de mon ascendant astrologique: mi-balance, mi-gémeaux.
1965-1969. : Les années bonheur à Bora Bora
Si je devais résumer ma vie à cette époque-là, ce serait en quelques mots: simplicité, douceur, sérénité et prés de la nature. A des années-lumière du décorum pour touristes. Une ère d'aventures pour une jeunesse avide de découvertes.
Une ère de sécurité aussi. Personne ne ferme sa porte à clé. Seuls des paréos "défendent" l'entrée du fare familial. Je ne me souviens pas avoir vu mes parents fermer quelque chose. Ils tirent juste le paréo.
Autour des fare: aucun panneau tapu, aucune barrière, mais des haies fleuries soigneusement entretenues.
Mes frères, ma sœur et moi, faisons du stop pour nous rendre dans les localités voisines: aucun danger, mais il nous arrive souvent de voyager avec les cochons, les poules, les taros et autres légumes. Que du bonheur! la LIBERTE ! Enfin ... Presque. Nous pensons être livrés à nous-mêmes, mais en réalité, mama veille de loin, toujours prête à intervenir si besoin est, et avec moi, c'est" souvent.
Malgré, cette surveillance, je réussis parfois à m'éclipser pour rejoindre ma bande de garnements. Direction: un petit cirque sous-marin, entre la pointe Fitiiu et le motu Tofari : le Bal des mantas.
C'est là que, attirées par des conditions de courant favorisant une abondance de plancton dont elles se nourrissent, des dizaines de fafapiti viennent chaque jour prendre leur petit déjeuner aquatique. Ce sont mes copines et je plonge au milieu d'elles. Elles me connaissent et viennent m'entourer de leurs grandes ailes en me faisant admirer leur ventre immaculé pour que je le caresse.
Je jardine aussi: un petit carré dans le jardin familial. Chacun de nous a le sien et la concurrence est féroce. Comme je n’'ai pas la main verte, mes résultats ne sont pas à la hauteur de mes efforts. Qu'à cela ne tienne, je chaparde sans complexe dans les cultures de mes frangins. Je pille sans vergogne monettes, hihiscus et autres tiare. S'en suivent de nombreux pugilats et crêpages de chignons. Comme je crie plus fort que tous les autres, j'ai souvent le dernier mot.
Quelques années plus tard, je provoquerai tout Vaitape, (le village de Bora) en portant une fleur de tiare sur les deux oreilles, un peu vers l'arrière : " Je suis disponible immédiatement ".
Pendant les vacances, j'accompagne mes frères pour TAUTAI TU' IRI; Cette technique de pêche est à la fois un sport, un plaisir, un rituel ancestral et un prétexte à une grande fête populaire et rassemble tous les habitants de l'île, qui mettent à l'eau une impressionnante armada de pirogues. Le lagon résonne alors des clameurs des rameurs, encerclant les bancs de poissons et des cailloux, frappant l'eau. Les poissons affolés, sont alors rabattus vers le rivage où les attend un immense piège tissé en feuilles de cocotiers et dressé par les femmes qui le referment sur des prises parfois exceptionnelles.
Mais là où j'excelle, c'est TAUTAI PATIA.. Debout à l'avant d'une pati marara, armée de mon patia i'a (harpon de pêche), j'attends le moment propice. Je rate rarement ma cible. Je suis la terreur des mahi mahi.
D'autres fois, mais plus rarement, TAUTAI NA ROTO, pêche avec te matau, J'aime moins: ça ne bouge
pas assez.

pas assez.


Le soir; après les devoirs et leçons, nous avons l'autorisation d'écouter RADIO TAHITI sur nos petits transistors. Là encore, chacun le sien. Sensation de liberté et de communication. Mon émission favorite: les légendes de Teauna Rouira dit Tearapo, un conteur moderne des mythes et légendes polynésiennes.
La radio est ma seconde école et me fait découvrir peu à peu le monde, au gré des évènements. Au fil du temps, Radio Tahiti devient mon grand maître à penser; j'adopte les termes qu'elle invente ou qu'elle ressuscite.Ce fut l'un des plus puissants antidotes à la détérioration du ma'ohi.
3 octobre 1965. Création de TELE TAHITI. Le monde rentre chez nous! Oh! pas tout de suite! 2 mois plus tard, pour Noël. Soirées scotchées devant la lucarne. Un peu dommage: avant, nous passions nos soirées entre voisins: discussions, potins et commérages.
Une révolution est en marche, mais on ne le sait pas encore. Les premiers signes sont pourtant déjà là.
La musique prend d'autres sonorités; on ne parle plus de guerre mondiale, mais de celle d'Algérie; la jeunesse bouge beaucoup; le flirt est encore romantique; point de drogue ni de racisme; la mode évolue: nous le savons: maman reçoit des revues françaises, avec un mois de retard! Conséquences: lorsque la couturière locale termine en juin la robe vue sur le magazine de mars, elle est déjà démodée avant même d'avoir été portée !
En Polynésie nous entrons dans le Futur, dans le Nucléaire. Ce sont les années CPE. On ne se doute de rien. Je reviendrai sur ce sujet délicat une autre fois.
En 1965, j'ai 11 ans et je viens de rentrer en 6ème. Ma scolarité se déroule sans trop de difficultés, nonobstant mes nombreuses "colles" pour indiscipline. A ce sujet, j'ai passé une bonne partie de ma vie d'élève au "coin". On appelait cela "aller au piquet ". Crois-moi, j'en ai examiné des murs à cette époque!
L'école est mixte et l'institutrice a en charge toutes les classes du primaire réunies dans une seule salle. Son bureau se trouve sur une estrade pour mieux surveiller les élèves.
Petit bouleversement dans ma vie: l'arrivée des stylos à bille. Ca parait évident aujourd'hui; mais pour les teenagers de 1965, c'est une vraie révolution.
A la maison, mama drive tout son petit monde d'une main ferme dans un gant de velours. A tour de rôle, nous effectuons de petites tâches ménagères:" nettoyer balayer, astiquer.".. Tu sais la chanson "Maldon" de Zouk Machine...
Côté alimentation, il faut manger ce que mama met dans notre assiette, et si ça ne convient pas, eh bien tant pis: il n'y a rien d'autre. Seule concession; le coca cola, nouvellement débarqué des States.
En semaine, extinction des feux à 20 h30 au plus tard, devoirs contrôlés, toilette faite et sans être passé par la case " télé", et sans discussion aucune. Le règlement maternel s'assouplit un peu les veilles du jeudi et du weekend. Mais rien d'extraordinaire: 22h30.
Bref, une époque heureuse malgré "l'épée de Damoclès" nucléaire. Mes parents semblent un peu inquiets, mais je suis trop jeune pour comprendre la gravité de "ce" qui se prépare.
Octobre 1967. J'ai 13 ans et je suis triste: après Jean Luc et Frank, c'est au tour de Yendi de quitter la Polynésie.. Elle part en France, à Montpellier, comme je le ferai 5 ans plus tard. En attendant, je tourne dans la maison comme un lion en cage.
Mai 68. A Paris, les pavés volent... si loin qu'ils atteignent les rivages polynésiens: grèves, manifestations, mécontentement... A la télévision, nous voyons Cohn Bendit clamer qu’il est "interdit d'interdire".
Peu à peu, la contestation gagne du terrain. Après les Îles du Vent, la contestation débarque aux Îles Sous le Vent. Bora est touchée à son tour. Les valeurs ancestrales sont remises en question, l'éducation passe au second plan. il faut "faire l'amour et pas la guerre" (précepte intéressant), faire l'école buissonnière (de plus en plus intéressant), ne plus accepter de contraintes ... Bref, un amalgame d'idées séduisantes (à l'époque), mais ces idées, mises en application n'importe comment, ont fait de notre société ce qu'elle est actuellement.
Bien entendu, je n'échappe pas à ce tsunami révolutionnaire. Subitement, la donne n'est plus la même. Je me crois adulte.
Déjà, une musique venue d'ailleurs par la voix d'Elvis avec son "Loving you", me chatouille agréablement les oreilles. En France, Yendi me parle d'un certain Johnny qui s'efforce de "retenir la nuit", de Cloclo qui nous trouve "toutes belles comme le jour " et d'Adamo, ce coquin, qui veut "mettre ses mains sur mes hanches".
Les filles s'y mettent aussi: Sheila "glorifie la fin de l'école", Sylvie "va voir des films tristes" et Françoise voit "tous les garçons et les filles s'en aller deux par deux".Mon idole c'est France Gall et je ne comprends pas pourquoi papa m'interdit de chanter (faux) "Les sucettes à l'anis". Par la suite, Eureka !. Sacré Gainsbarre !
Epoque "yéyé", celle des premières "boums"... jamais très loin des regards parentaux. Pas d'alcool, ce qui ne nous serait pas venu à l'esprit. Nous nous amusons tellement bien sans ça.
Quel bonheur de danser, serrée (mais pas trop) entre les bras du beau brun du coin. Quel frisson lorsqu'il se décide (enfin!) à me prendre la main (comble de l'érotisme!).
Pour être au top, je copie maladroitement la mode des magazines. L'ère est aux mini-jupes Mary Quant, aux carreaux vichy immortalisés par BB. Une Kelton au poignet complète la mise.
Coiffures à couettes (comme Sheila) ou choucroute (comme Brigitte) plus ou moins agrémentés de nœuds énormes (assortis à ma tenue SVP).
Une goutte de "Shalimar " dérobé à maman, un trait d'eye liner un peu hésitant: je suis prête ... à aller au cinéma à ... Papeete ... une fois par trimestre ... Lors de la grande migration familiale. Dans ces conditions, ma culture cinématographique est assez maigre: " Les Dix Commandements", "Ben Hur" ... L'époque est aux péplums !
Une autre fois je te conterai mes années lycée à Papeete. MAREVA
PS : un grand merci à Pierre pour ses photos noir et blanc, qui pour la plupart sont de Bora Bora en 1967.
9 mai 2012
Le monastère Sainte Claire à Outumaoro (Punaauia)
J’ai découvert l’existence de ce monastère tout à fait par hasard en faisant des recherches sur le Net.
Ce monastère féminin des sœurs clarisses, s'est implanté en 1981 en Polynésie et en août 1993 sur les hauteurs de Punaauia.
Il est dédié à Sainte-Claire, de son vrai nom Claire Favarone Offreduccio, qui appartenait à une famille noble et puissante d'Assise. A 18 ans, attirée par Dieu, elle quitte famille et fortune et se retire dans le silence au monastère Saint Damien, dans la campagne d'Assise. Elle y vivra 42 ans. Très vite d'autres jeunes filles sont entraînées par son exemple.
L’ordre des Clarisses a fêté en 2011 son 8 ème centenaire. Il représente plus de 18.000 clarisses, réparties à travers les 5 continents et en 897 maisons : 617 couvents en Europe (dont 54 en France et 1 en Polynésie).
C’est le seul monastère en activité en Polynésie. Intriguée je me renseigne et téléphone. Rendez vous est pris pour une visite à 14 h 30 mercredi.
Le monastère d’Outumaoro a été prévu pour 15 religieuses. La communauté du monastère est actuellement composée de 13 religieuses : 8 professes à vœux perpétuels, 4 professes à vœux temporaires et une novice. Leurs noms à jour du 15 janvier2012, figurent dans le Net – voir ici- Il y a 1 Fidjienne,1 Vanuatu, 2 canadiennes et des polynésiennes.
Je prends un chemin côté montagne en face de Carrefour Punaauia. Au téléphone, on m’avait dit : vous allez tout droit jusqu’au bout. Au début, ça grimpe dur, puis on revient sur les bords de montagne. La route est interminable et je ne vois jamais la fin. Je double le grand séminaire. Je suis au fond de cette grande vallée et jamais j’aurais immaginé voir autant de fare si loin de la RDO. C’est avec 10 minutes de retard, qu’enfin j’atteins la grille bleue du monastère.
Je sonne à l’accueil. Une petite sœur habillée en robe écrue et voile blanc, m’accueille avec un grand sourire. C’est une des 2 canadiennes arrivées il y a 30 ans pour la fondation. C'est la doyenne. La 2eme canadienne s’appelle sœur Agnès La conversation s’engage immédiatement. Nous passerons plus d’une heure ensemble. Son accent canadien, à peine estompé, est ravissant. Elle répond à toutes mes questions avec précision et simplicité, avec un regard clair et souriant.
Elle m’explique qu’elle aurait du finir sa vie au Canada et que c’est très rare de changer de monastère. Quand on rentre dans un monastère, ou un couvent, c’est pour la vie, on ne le quitte qu’à la mort. Elle est heureuse de vivre dans ce paradis où il ne neige jamais.
Elle m’ouvre la boutique. Les religieuses font de la reliure, des icones sur bois,
des chapelets de graines ou de buis et bien sûr des confitures. Elles ont créé un verger qu'elles entretiennent elles mêmes ainsi que leur jardin d’agrément.
Un tahitien survient et demande à voir sœur Agnès, qui lui m’a mis de côté des graines de fleurs. Ma canadienne va quérir sœur Agnès. Pendant ce temps le tahitien ne tarit pas d’éloges sur la gentillesse des sœurs "elles sont chou".
Je vais visiter une partie du parc. Cet arbre m’a été signalé par le tahitien comme un arbre rare.
Il produit de jolies fleurs jaunes et de très grandes gousses de graines.
Il ressemble un peu à un acacia .Difficile de trouver son nom.
Les racines de celui-ci sont énormes. Juste au dessus des bananiers, une vue sur le pacifique au loin.
Je me rends à la chapelle. En façade, Deanna de Marigny a réalisé une magnifique mosaïque avec du vitrail en mars 1990. Un mois seulement a été nécessaire à l'exécution de cette œuvre.
Elle représente Sainte-Claire, la nativité et une branche d'arbre à pain. La chapelle a 2 nefs perpendiculaires. Ainsi les religieuses ne sont pas visibles du public.
Je regarde les horaires des offices. 6 en semaine ! le premier à 5 h et le dernier à 20 h !
Il fait doux. Nous sommes à plus de 400 mètres.
L’ambiance est calme, sereine. J’ai même entendu des oiseaux chanter.
8 mai 2012
Va'a, la pirogue polynésienne
Ce bel ouvrage, grand format et richement illustré, publié en 2008, présente une approche détaillée de tous les aspects de la pirogue polynésienne.
Ce livre a été réalisé par un collectif de 10 auteurs, en coédition avec le musée de Tahiti et des îles. L’avant-propos a été écrit par Jean-Marc Pambrun.
«Va’a la pirogue polynésienne» dresse un bilan simple et clair, des connaissances issues des recherches les plus récentes sur la pirogue polynésienne, tant d’un point de vue technologique, ethnographique que sociologique.
Après une introduction sur la civilisation de la pirogue, ce livre comporte 5 parties qui rassemblent des textes de divers auteurs : Vestiges et traditions ; Ethnographies de la pirogue, D’archipels en îles; Collections, …. pour se conclure sur l’ère de la course de pirogues .Un tableau présente les principaux termes liés à la pirogue, et une carte de l’Océanie.
Le but de cet ouvrage est de porter à la connaissance d’un large public, ce monde des pirogues, largement méconnu encore aujourd’hui, Il se veut aussi la "première grande contribution polynésienne à la connaissance de l’histoire maritime et un bel hommage à tous ceux – chercheurs, sportifs, navigateurs, tailleurs de pirogues ou pêcheurs… – qui rappellent aux Polynésiens, qu’ils peuvent être fiers d’avoir apporté à l’humanité sa plus grande aventure, la navigation."‘(Extrait présentation de presse)
Plus qu’un engin de navigation et de transport, la pirogue est aussi le véhicule de l’organisation sociale, politique et religieuse et souvent, le terme pour désigner la pirogue (va’a) est aussi celui utilisé pour parler des hommes d’un même groupe, tout comme leur espace territorial (va’a mata’eina’a), et de va’a ’āi’a, que l’on traduit par nation (’āi’a étant pays natal, patrie) ou de va’a hiva, qui désignent ceux qui habitent à l’intérieur des limites d’une île ou d’un district (fare vāna’a).
Il insiste sur l’universalité de ces formes d’embarcations qui ont donné aujourd’hui les catamarans ou multicoques.
Il nous présente également l’utilisation de la pirogue et note que les "connaissances maritimes des anciens Polynésiens étaient essentiellement empiriques, fondées sur l’observation et la mémorisation de la position et du mouvement du ciel, du soleil, de la lune, des étoiles, des vents et des courants, suivant les périodes de l’année. …. , des oiseaux,..... des signes que les Polynésiens savaient interpréter",
J’ai appris énormément de choses sur le va’a avec ce livre, et je regrette de ne pas l’avoir acheté plus vite.
PS : photo n°2 : Shell-va'a : prise pendant la course Tahiti nui va’a 2011. (cf blog au 28 -5- 2011)
Les photos noir et blanc viennent bien sûr, des archives de Papenoo, chez mon ami l'occitan du Lot.
Les photos noir et blanc viennent bien sûr, des archives de Papenoo, chez mon ami l'occitan du Lot.
6 mai 2012
Le Prairial : la frégate de Polynésie.
C’est une frégate de la classe Floréal. 2éme d'une série de 6 frégates de surveillance, commandées en 1989, le Prairial a été construit par les Chantiers de l'Atlantique à Saint Nazaire, selon des normes de construction utilisées pour les navires de commerce. Mise sur cale le 11 septembre 1990, elle est lancée le 16 mars 1991. et est entré en service le 20 mai 1992.
Arrivé à Papeete en juin 1992, le Prairial a la lourde tâche de remplacer les avisos-escorteurs qui se sont succédés sur zone et, tel le regretté Commandant Bory, et qui ont marqué par leur présence l'histoire de la Marine en Polynésie.
Réputée pour être aussi un des ambassadeurs de la culture polynésienne, la "frégate de la Polynésie" a montré qu'elle savait être un instrument précieux pour des missions humanitaires, diplomatiques ou policières.
Le Prairial a pour ville marraine Papara depuis le 11 juin 1993.
Principales caractéristiques : Longueur : 93,50 mètres Largeur maximale : 14 mètres. Déplacement pleine charge : 2950 tonnes à pleine charge.
Le Prairial est équipé de 2 missiles antinavires Exocet MM 38, d'une tourelle de 100 mm, de 2 canons de 20 mm et d'un hélicoptère Alouette III,. (voici la piste)
1 radar de veille 2 radars de navigation.1 détecteur radar. Equipage : 11 officiers, 36 officiers mariniers, 42 QMM (11 hommes pour l'armement de l'hélicoptère).
C’est un navire de surveillance chargé entre autres, de contrôler la zone d'influence des îles françaises de l'océan Pacifique. C’est un navire océanique destiné aux longues patrouilles outre mer.Il peut franchir 10.000 nautiques à 15 nœuds.
Les navires du même type sont : Le Floréal et le Nivôse basés à La Réunion, le Ventôse à Fort-de-France, le Vendémiaire à Nouméa et le Germinal à Brest.
Le dernier patrouilleur de Polynésie :La Tapageuse
Mis sur cale le 13 août 1985 aux chantiers des Constructions Mécaniques de Normandie à Cherbourg, lancé le 16 février 1987, le patrouilleur La Tapageuse a été admis au service actif le 11 février 1988.
Affectée dans un premier temps à Cherbourg au sein de la flottille du Nord, elle est depuis juillet 1989 basée à Papeete.
Principales caractéristiques : Longueur 54,80 mètres Tirant d'eau 2,54 mètres - 480 tonnes à pleine charge Propulsion 2 diesels SEMT Pielstick 16-PA4V-200 VGDS, 2 hélices. Puissance 8 000 chevaux Vitesse 23 nœuds - Armement 1 canon de 40 millimètres AA, 1 canon de 20 millimètres AA F22 mitrailleuses de 7,62 millimètres, rayon d'action 4200 nautiques à 15 nœuds.
Principales caractéristiques : Longueur 54,80 mètres Tirant d'eau 2,54 mètres - 480 tonnes à pleine charge Propulsion 2 diesels SEMT Pielstick 16-PA4V-200 VGDS, 2 hélices. Puissance 8 000 chevaux Vitesse 23 nœuds - Armement 1 canon de 40 millimètres AA, 1 canon de 20 millimètres AA F22 mitrailleuses de 7,62 millimètres, rayon d'action 4200 nautiques à 15 nœuds.
Équipage 30 hommes. 4 officiers 18 officiers mariniers 8 quartiers-maîtres et matelots (aucune femme !)
La Tapageuse est la 10e unité de la série des 10 patrouilleurs de la Marine nationale du type P 400, destinés aux tâches de protection des zones économiques exclusives ou de service public.
Elle assure des missions de protection, patrouille, contrôle d'embargo, action de souveraineté, transport de commandos…… et des missions de service public : secours en mer, police de la navigation et des pêches. Assistance aux zones isolées..Lutte contre les trafics. Lutte antipollution.
C’est un bâtiment fiable et robuste, capable de conserver une vitesse élevée par mer formée et doté d'une forte endurance. Il dispose d'une grande capacité de transport : un poste de 20 passagers et deux soutes de 35 m3. Sa vaste plage arrière permet des hélitreuillages ou des embarquements de matériels en pontée.
La Tapageuse prépare sa grande traversée :14 000 nautiques, 52 jours de mer, 9 escales, pour son dernier retour vers Brest en vue de son désarmement.
L’équipage du dernier P400 de Polynésie s’active pour régler chaque détail technique de l’organisation du retour. Valider les dernières réparations, approvisionner le ravitaillement nécessaire à une longue traversée dans plusieurs zones climatiques, se procurer chaque carte, préparer chaque arrivée dans les ports d’escales, exprimer les demandes de ravitaillement en gazole… toutes ces tâches sont maintenant les nouvelles priorités de l’équipage. Minutés comme du papier à musiques, les transits entre chaque escale, ne pourront en effet souffrir aucune avarie et aucun contretemps.
Elle n'a jamais fait de si long voyage auparavant en 24 ans de service, (sauf pour son arrivée en 1989).
Bon voyage retour à la Tapageuse.
Journées portes ouvertes à la base navale de Papeete
Pour la 4 ème année consécutive, la base navale de Papeete a ouvert ses portes au public polynésien le samedi 5 mai 2012.
10 minutes avant l'ouverture, j'étais devant les grilles de la base navale. Au programme de cette journée: démonstrations dynamiques des fusiliers marins et des marins pompiers, stands de matelotage, de l’action de l’Etat en mer, de la flottille 25F.
Deux navires peuvent être visités : la frégate de surveillance la Tapageuse et le patrouilleur P400 Le Prairial.
La tapageuse quitte définitivement Papeete le 14 mai pour son retour en France. L’intérieur du Prairial ne se visite pas, car il part en mission en Amérque du Sud dans 2 jours et est en pleins préparatifs. Aucun problème pour prendre des photos de tous les sites et navires.
Les deux remorqueurs portuaires côtiers, Manini et Maroa sont à quai.
Le Maroa fera des rotations toute la journée dans la rade pour des balades gratuites. J’ai eu raison de venir tôt car seulement 30 personnes prennent place à chaque rotation. Je vais dans le 2 eme tour.
Avec les marins (tous bretons !) nous parlons bagad de Lann Bihoué. La soirée du 30 mars et la venue du bagad morbihannais, ont fait une publicité exceptionnelle à la Marine nationale.
De nombreux stands présentent les métiers de la Marine et de la gendarmerie.
Le bar est un endroit très joli. Les grillades saucisses, merguez et frites seront prêtes à l’heure prévue à 11 h 30. Ponctualité toute militaire.
Après le départ de La Tapageuse, qui ne sera pas remplacée, il ne restera plus que 5 bâtiments militaires dans la rade. Je ris de voir les gamins essayer les casques de marin-pompiers.
Je m’attarde aux différents stands qui présentent des brochures sur le milieu marin du Pacifique (requins, baleines, rahui….) ;
Il fait beau et chaud. Il est temps d’aller déjeuner. J’ai rendez vous avec Arlette à la Marina. Une belle langouste me donnera de l'appétit. Nous parlons Asie, car Arlette s'envole pour le Vietnam (via Tokyo) demain à 6 h du matin.
L'article suivant sera consacré aux navires la Tapageuse et le Prairial. A suivre.
Inscription à :
Articles (Atom)












