mardi 22 décembre 2009

Pause congés de Noël

Du 16 décembre 2009 au 10 janvier 2010, élèves et enseignants sont en congés d’été en Polynésie.
Je ne suis pas enseignante, mais j’ai droit cependant à 25 jours de congés par an.
Le temps légal de travail est de 39 h par semaine (très souvent beaucoup plus).
A Tahiti on ne connaît pas la RTT, que j’ai traduit par cette formule «Respire Tout Tahiti » .
Mes derniers congés (2 semaines) datent de Mai 2009, plus quelques vendredi parfois, pour des courts séjours dans les îles. (Raiatea, Tikehau, Rurutu)
Pour ce deuxième Noël en Polynésie, je serais absente du Net, donc du blog, du 23 au 30 décembre, pour cause de voyage dans une île très lointaine du grand Pacifique Sud .
Après un long vol de plusieurs heures, je serais arrivée dans l’île la plus mystérieuse de notre planète, celle de mes rêves d’enfant.
Le billet d’avion est là devant moi, et je n’y crois pas encore vraiment.
L’ordi ne sera pas du voyage, juste l’Olympus, le big bloc notes, le stylo et un enregistreur numérique pour vous envoyer des fichiers "sons". (manquera plus que les odeurs !). Pas de caméscope, il est trop lourd !
Repos et fabuleuses découvertes sont les seules consignes pour ces 7 jours.

Dès mon retour le 31, je vais tout vous dire, vous décrire dans le blog. C’est promis ! .
Je tais la destination car c’est une surprise.
Merci à ceux et celles qui sont informés de ma destination de garder le silence sur le blog jusqu’au 31 décembre.
Dans l’attente, je vous invite à consulter les archives du blog (bientôt 300 articles publiés) et à déposer vos commentaires (que je verrais à mon retour).
Voici mon sapin de Noël , celui du lagon de Rurutu (archipel des îles Australes)

Avec les fleurs rouges et blanches du marché de dimanche dernier à Papeete (avec une inscription made by Flo, la secrétaire en chef du blog).

Et ces jolis cadeaux envoyés par Jacques, un nouveau lecteur de Tours, qui a vécu en Polynésie.


Mauruuru.
Joyeux Noël et bonne et heureuse année 2010.
Ia ora na i te matahiti api

lundi 21 décembre 2009

Le soleil se couche aussi à l’est à Tahiti

Ce lundi soir 21 décembre, après le bureau, je me rends chez des amis à Mahina (PK 15 cote Est).
Il est 18 h, la circulation est très fluide.
Au bas du col de Taaha, une lueur orangée très brillante, emplit Pistache.
Coup d’œil sur ma gauche.
Géant ! Un coucher de soleil magnifique est en train de se jouer à l’ouest de Moorea.
Pistache grimpe le col à vive allure.
Un stationnement de fortune entre 2 drumps (bidons) car la route est en travaux et le stationnement est hasardeux, mais la petite se faufile et trouve un espace non dérangeant.
Ouf, j’y suis. Je sors vite l’Olympus et je clique sans modération.

Dans ma stupeur les gros mots d’admiration. que je vous transforme en «géant magnifique, exceptionnel du jamais vu ! «
D’ordinaire je vais à l’ouest, à Punaauia pour les couchers de soleil. Là je roulais vers l’est et pourtant je pouvais admirer ce merveilleux spectacle Technicolor.
Je me doutais que ce soir, il serait top.

Sur les hauteurs les nuages blancs semblent déposer un voile de neige sur Tahiti, et les trous bleus composent une palette bariolée.

Le spectacle se prolonge, aussi Pistache a dépassé le fare des amis et a filé jusqu’au phare de la pointe Vénus.
Là, deuxième tableau de ce concert silencieux. Après quelques minutes de patience, ce fut le moment du rose, comme dans un conte de fées.

Les piroguiers rentraient leurs vaa et une tahitienne rêvait sur la plage de sable noir.

Seul le doux murmure de la vague du lagon semblait faire écho à ce spectacle prodigieux.

J’arrive chez les amis avec 20 minutes de retard.
Avant l’apéro, nous regardons les photos et le cri du cœur sort en écho «Putain que c’est beau ! quelle chance nous avons de voir cela ! »
Le cliché populaire dit que les couchers de soleil vous rendent amoureuse.
Je confirme qu’ils me rendent amoureuse de la vie à Tahiti et m’apportent la paix et un bonheur incommensurable.
Le partager avec vous sur ce blog c'est encore mieux.
Joyeux Noël à vous tous.

dimanche 20 décembre 2009

Balade matinale au marché de Papeete

J’avais prévu samedi soir d’aller au marché de très bonne heure le dimanche matin.
J’ai réussi à me sortir du lit à 4 h 30 ce dimanche 20 décembre.
Je n’avais pas mis la clim et la chaleur m’a réveillée.
A 5 h 30, déjà des voitures sont stationnées en double file sur le boulevard du front de mer, à proximité du marché.
L’animation bat son plein. On oublie vite l’heure matinale.
Une montagne de croissants et de pains au chocolat me met en appétit.

Tiens pourquoi pas le premier croissant et petit pain aussi ? 200 F les 2 ? OK (1,67 €)
Faits au beurre certainement car ils sont moelleux à souhaits, vraiment bons

C’est la première fois que je viens si tôt et je n’avais jamais vu la vendeuse de firi firi.

De longs beignets en huit avec de la coco. Les enfants en raffolent. (à 7 h y en a plus !).

Les étals des poissonniers sont pleins à craquer.
Des montagnes de poissons de toutes les couleurs et de toutes les formes.

C’est quoi ces petits amas bizarres et longues brochettes à coté de lume (poisson délicieux) ?

Ce sont des bénitiers (pahua) dans les petits paquets et des brochettes de gros bigorneaux (moa)..
Je n’ai pas encore goûté mais cela ne sera pas encore pour aujourd’hui. Une autre fois, mauruuru !
Les bigorneaux de Carantec et de l’île Callot, sont très gros, mais je ne me vois pas les enfiler en brochettes !

Un petit tour dans les deux seuls stands de boucherie.
Je souris en voyant "lames de porc" car je pense à "l’âme du cochon".

Bof, diront certains ! Mais ont-ils de l’humour à 6 h du mat le dimanche ? Bon passons.
Celui qui a fait les pancartes devait être un peu fiu , car 2 morceaux 1000 F, mais ces autres morc.... c’est 1400 F et sans "eau". (filet, côte, jarret.... c'est un morc et point barre !).

Il n’y a pas de balance au marché, la viande est vendue au morceau, et les fruits et légumes au tas. Le prix au kilo, on ne s’embête pas avec ça sur les marchés en Polynésie.
Levés au milieu de la nuit, si en plus il faut taper sur la machine de la caisse, c’est fiu !

Ici des bananes et encore des bananes, mais celles ci se mangent cuites et accompagnent très bien la lame de porc. (300 F le tas )

Le stand spécial coco (lait, eau, râpée). Les bouteilles d’eau sont très bien recyclées à Tahiti.

Dans les îles, on les remplit de coquillages qui attendent le perçage et finiront en colliers.
Dans les petites, je mets aussi mes coquillages et du sable de chaque île visitée. La collection s'agrandit peu à peu.

Un peu de sucre de canne est indispensable pour un bon punch tahitien. Du bio extrait sous vos yeux.

Les billets vont discrètement de main en main ou sont glissés sous le paréo.
L’argent ne se montre pas. Le geste est sûr et rapide.
Pas de centimes non plus, que des comptes ronds. La plus petite pièce est celle d’1 franc.
Dans un prochain article je vous expliquerais la monnaie, les francs pacifiques et les prix.

Comme d’habitude, je finis par les fleurs car le bouquet sera lourd à porter.

Ces oiseaux roses sont splendides. Quelles jolies et douces couleurs !

Je salue les mama qui font les couronnes.

Zut ça sent trop bon, je me couronne de tiare.

Toutes ces odeurs, ces bruits, ces cris joyeux, me mettent vraiment de bonne humeur .
Se lever tôt, c’est le vrai secret du bonheur à Tahiti.

Une petite chansonnette tahitienne pour finir, sur fond d’ukulele.

Il est 6 h 30, je dépose mes fleurs à l'appart.
Je file à la plage de Punaauia pour me baigner dans le lagon cristallin et récupérer un peu de sommeil sous les rayons ardents du soleil de Tahiti, qui me dorent à souhait, comme un poulet grillé du dimanche !

Aita pea pea (pas de problème) avec les coups de soleil et les moustiques, depuis plus d'un an.
Les bretonnes ont la peau dure !

Je vous offre ce marché de Noël du bout du monde, de l'autre côté de la terre.

Les dents de Tahiti

A faire pâlir de rage les prothésistes dentaires.
A Tahiti il y a des réparateurs de dentiers. (celui-ci est à Faa'a, auprès de l'OPT)

Cela me rappelle une histoire que j’ai lue dans un vieux numéro de la revue « Tahiti-Pacific-magazine » que j’ai déniché dans un marché aux puces récemment.

Lors du tournage du film « les révoltés de la Bounty » avec Marlon Brando, dans les années 1960, les figurants avaient de bien vilaines dentitions.
La production fit acheter un millier de dentiers, qui furent distribués.
Le lendemain matin, bon nombre de figurants étaient absents et avaient conservé le dentier, si bien que les jours suivants, les dentiers étaient distribués le matin et récupérés le soir.

C’est ce qu’on appelle un dentier diurne.
Pas de travail, pas de dentier.

Pour dire le mot Tahiti, on ne voit que les dents ! essayez vous verrez !
Si vous vous marrez c'est encore pire !
nana.

samedi 19 décembre 2009

Papeete se prépare à Noel

Samedi matin à 8h, une marche de protestation contre la loi Morin sur le nucléaire, était organisée dans le centre ville de Papeete à l’appel de deux partis politiques et de l’église protestante Maohi. (ndlr : la loi de 1903 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat, ne s’applique pas en Polynésie française).

Cette loi "Morin", doit être votée la semaine prochaine. Le ministre qui devait venir en Polynésie, s’est décommandé au dernier moment, d’où l’organisation de ce rassemblement.

Les essais nucléaires ce fut 46 tirs aériens (1966-74) et 147 tirs souterrains (1975-98) effectués à Fangataufa et Moruroa, à 1.200 km à l'est de Tahiti.
La Polynésie a été le principal théâtre des essais français avec le Sahara.

J’ai donc évité le centre ville et suis allée au marché aux puces de Faa’a (au bord du lagon) avant le bain habituel du samedi matin.

Le lagon avait pris ses belles couleurs de bleu turquoise, dignes des lagons des atolls des Tuamotu.

L’après midi fut plus tranquille en ville et seules les grandes surfaces étaient noires de monde et leurs parkings bondés.

A partir de 18 h, les rues de Papeete se sont remplies de véhicules, le boulevard Pomare du front de mer, a été coupé à la circulation.
Une autre manifestation allait débuter, mais avec nettement plus d’animation que celle de ce matin !
En effet la mairie de Papeete a décidé d’organiser cette année, une parade de Noël avec défilé de danseurs et danseuses et chars lumineux.

Cette manifestation n’était plus organisée depuis plusieurs années.

Sachant que le stationnement serait difficile voire impossible, j’ai longé le boulevard à pinces jusqu’au lieu de la parade. Une foule importante avait déjà pris place.

Tous les 100 mètres une camionnette remplie de sono et de hauts parleurs diffusait de la musique à fond les décibels. (française, tahitienne, techno, tino Rossi, enfin pour tous les goûts !)
Le père Noël (un beau tahitien) devait avoir bien chaud dans son habit !

Jeunes et moins jeunes portaient le bonnet rouge avec la fourrure blanche et des bracelets fluo.
Le rire était sur tous les visages. J'aime beaucoup ces rassemblements de liesse populaire car elle respire la sincérité. A Tahiti on sait encore s'amuser et rire ensemble.
Impression que Tahiti avait gagné la coupe du monde de foot !

L’air sentait bon le tiaré et le parfum des fleurs qui remplissent tous les arbres, telles des guirlandes de Noel multicolores.
Dans la moiteur du soir qui tombe, Papeete respirait la joie de vivre et le bonheur de fêter ses enfants.

Les danseuses en mère Noël, s’arrêtaient tous les 50 mètres pour danser de jolis tamure au déhanchés langoureux.

Désolée pour le flou, mais elles n'arrêtaient pas de se trémousser les vahine ! pas facile pour les photos !

Ce matin marche silencieuse contre la bombe et le nucléaire et ce soir explosion de joie.
La fée EDT (Electricité de Tahiti) a allumé des milliers de lumières sur Papeete et des sourires impatients sur le visage des enfants.


Tahiti est une terre de paradoxes et de contraires, où tout change très vite (y compris les gouvernements) !

Dans le port, un grand voilier de croisière était de la fête et brillait de tous ses mats illuminés.

Le paquebot « le Gauguin » n’était pas en reste.

Au loin Moorea aussi, était remplie de lumières.

Sur la place Vaiete, les restos des roulottes ont du faire un très bon chiffre ce soir.

Je me suis amusée à prendre quelques photos de cette ambiance roulotte, où on fait la cuisine en plein air et où on mange à 2 pas des barbecues. (zéro alcool)

Bonjour les odeurs de grailloux quand même et la poisse dans les cheveux !
Les cartes sont très variées, avec poisson cru toujours à l'honneur. Le thon toujours le thon !

L'odeur de grillé, c’est le prix à payer pour dîner dehors, sur le port de Papeete dans une ambiance kermesse très agréable et spéciale Tahiti.

21 heures, les rues se vident aussi vite qu’elles s’étaient remplies et la noria des voitures, pick-up, 4-4 quitte la ville et moi je rentre à pinces !

Il est temps de rentrer car demain matin le marché de Papeete ouvre ses portes à 3 h 30.
Je compte aller faire un tour à ce marché de Noël et de très bonne heure !

C'était du presque live pour réchauffer les métros gelés !
Nana.

vendredi 18 décembre 2009

Le câblier Ile de Ré et le projet Honotua.

Arrivé à Papeete le 21 novembre, le navire câblier Ile de Ré est venu de Marseille pour poser un câble de télécommunication sous-marin long de 4658 kilomètres qui reliera Tahiti à Hawaii.
Le projet de câble sous-marin dénommé «Honotua» permettra l'accès à l'Internet à haut débit.


Depuis deux semaines on en parle beaucoup. Curieuse, je suis allée le voir au quai des paquebots ce vendredi, à coté du Pacific Princess. Son nom évoque pour moi une très jolie île et la métropole.

L'Ile de Ré a été construit en 1983 il fait 143 mètres de long pour une jauge de 14.000 tonneaux. Il fait partie des 4 câbliers détenus en copropriété par Louis Dreyfus Armateurs et Alcatel-Lucent au sein de leur filiale, Alda Marine.

Cette semaine un segment de desserte par fibre optique, long de près de 320 kilomètres, a été posé, entre Bora Bora, Raiatea, Huahine et récemment Moorea.
A Tahiti, le câblier s’est positionné face à Papenoo, (côte Est), où le câble a été déroulé jusqu’à la plage et connecté au réseau domestique.

L’île de Ré doit repartir samedi 19 pour encore déposer les 4658 km de câble entre Tahiti et Hawaii. Fin de la pose en début mars 2010.

La mise en service du réseau n’interviendra qu’en juillet 2010.

le câble Honotua fournira aux habitants de l'archipel des îles de la Société (qui regroupe la majeure partie de la population), un accès à l'internet haut débit, avec les multiples applications possibles qui l'accompagnent : vidéo-conférences haute définition, meilleure qualité des communications, télé-travail, création de nouveaux services etc...
Coût de cet investissement : 9,5 milliards Fcfp, soit 79 millions d'euros.

Vive Internet !
La Polynésie restera toujours une myriade d'îles en plein pacifique, et tant mieux.
On a déjà à Papeete, les bouchons de circulation parisienne et les bugs de la téléphonie OPT.

mercredi 16 décembre 2009

Horaires de Travail à Tahiti

Question: Quelle entreprise peut avoir de tels horaires ?
Réponse : une petite supérette d’alimentation générale tenue par un chinois dans le quartier Pamatai de Faa’a.
Ainsi le dimanche matin, une panne de dentifrice au reveil, ou une envie subite de mangues ou de papayes pour le petit déj, no problème ! (aita pea pea en tahitien).

A Tahiti ces horaires non rien d’exceptionnel.
Les administrations ouvrent à 7 h30, les grandes surfaces à 8h, et les enfants de maternelle et du primaire rentrent en classe à 7 h 15 (pour les lycées : 6 h 45-12 h -13 h -16 h) .
Sans oublier le marché de Papeete qui ouvre dès 4 h le dimanche matin, et ferme à 9 h !
Au début cela surprend, puis on s'y fait car ce sont les meilleures heures de la journée.

Dans ce magasin, je suppose qu’il y a 2 équipes (matin après-midi) vu l’amplitude horaire de 13 h 30
A Tahiti, pas de 35 heures, ni d’ASSEDIC, ni de RMI.
Le travail est une obligation pour survivre.

En Bretagne avec mes 60 kms obligés, j'arrivais au bureau à 9 h.
A Papeete, les réunions de travail commencent parfois à 6 h du matin !
Ce mercredi, une réunion de 8 h à 9 h et voici la vue de ma fenêtre de bureau à 7 h30.

Le temple protestant de Paofai, repeint récemment, est toujours plein à craquer le dimanche matin pour l’office.
Je vous fais partager ce ciel bleu, ce bleu si intense, si pacifique, ce bleu auquel on ne s’habitue jamais vraiment et que l’on contemple encore même après des mois et des années de présence au fenua, ce bleu insolent qui vous met de bonne humeur, vous donne l'énergie, le mana.......
C'est aussi cela Tahiti.

dimanche 13 décembre 2009

Le salon des Artisans, Te Noera a te Rima’i

En rentrant de la plage, ce dimanche matin, j’ai pris quelques photos des hauts de l’UPF (Université de Polynésie française) à Punaauia.
(en contre bas le SOFITEL au loin Moorea)

La chaleur éclabousse les paysages et même les cocotiers sont fiu de se faire balayer par ces brises trop chaudes.

Le mois de décembre est le mois des salons à Tahiti.
Après le salon des Australes et celui des Marquises, c'est le tour du salon des artisans et la semaine prochaine le salon de Noël.
Le tout, à Pirae dans la salle et sur le terrain de Aroai tini hau
En 2008, c’était galère sans Pistache de me rendre dans ce lieu d’expositions situé à 2 km du centre ville. Maintenant elle connaît le chemin par cœur, ma copine.

Après un rapide déjeuner sur le pouce (non sur une pince de king crabe !) je file au salon des artisans.
La devise cette année est : Ia i to tatou rima’i i te ora, te rima puna o te ura, qui se traduit par " que nos mains soient pleines de vies " ou en raccourci : les mains sources de vie .
(j’espère ne pas avoir fait de faute, car c’est de mémoire et ma traduction est sans dico).

Je trouve très belle la formule pour qualifier l’artisanat.
En Bretagne on se contente de dire "fait main" et au singulier. Avec deux mains c'est mieux quand même !

Le parking est tristement vide. Fait trop chaud !
Tous dans l’eau ou à l’ombre de la terrasse du fare à faire la sieste.

Je suis à la recherche de 2 ukulele que j’ai promis.
En fait, je repartirais avec une jolie robe de style marquisien achetée dans cette boutique.

Incorrigibles nanas, avec leurs robes, dont je fais partie hélas !

Je m'arrête bavarder avec les artisans.
Les affaires vont mal, très mal : " les emplacements sont trop chers, on est trop loin du centre, et il n’y a pas de navettes de truck pour les gens des paquebots".
D’autres encore " pas de pub, rien du tout…. C’est fiu".

Je vous passe les commentaires plus politiques, après cette période très perturbée que le fenua vient encore de connaître ces dernières semaines.
Henriette continue de coudre à la main ses tifaifai. Admirez sa jolie couronne fleurie.

Elle est de Huahine et se plaint du passage trop rapide des touristes dans son île :
« avec l’avion ils restent une nuit et disparaissent. Avant les séjours étaient plus longs, on avait le temps d’apprendre à se connaître à se parler, maintenant les touristes ce sont des éclairs et filent plus vite que les poissons volants du lagon ».

Je l’écoute et j’essaie de comprendre son désarroi.
Que puis-je lui dire ? Que puis- je faire ? Sinon lui promettre de retourner lui rendre visite à Huahine l’année prochaine.

Maman promène bébé en recherchant l'ombre.

Je prends le temps de regarder chaque stand; Ici de belles rames de pirogue sculptées.

Une belle gravure sous verre.

Auprès de Pistache une voiture ouverte. Un tane dort profondément en exhibant ses beaux tatouages. Quand on est fiu on est fiu !

Je file vers la baie de Papenoo où se déroule une compèt "Open Bodyboard".
Plein de monde dans les vagues et les écumes blanches, mais pas de photos car panne de piles !

Au retour je fais un stop chez des amis à Mahina, que je n'avais vus depuis des mois.
Ils quittent Tahiti en juillet 2010. Déjà 2 ans !
Nous tentons de capter quelques courants d’air plus frais sur la terrasse en échangeant nos points de vue.
Je mesure combien ma solitude polynésienne est en fait une chance et une opportunité.
Les voyages inter-îles sont très chers. Seule je peux me les permettre. A deux c'est plus compliqué.

les coqs se sont tu, la brise est un souffle minuscule.
Le soleil se couche en laissant derrière lui sa douce moiteur jusqu'au matin.
Il fait vraiment hyper chaud en ce mois de décembre en Polynésie.

samedi 12 décembre 2009

Grosses chaleurs sur Papeete le 12 décembre

Samedi 12 décembre, je tombe du lit à 6 h du matin. Je me prépare avec empressement.
7 h 15 : il fait déjà plus de 30 ° au thermomètre du balcon.
A l’intérieur, 25 ° mais avec les deux climatiseurs en marche depuis vendredi soir.
Je souhaite aller prendre un bon bain dans le lagon du côté de PK 15.
C’est entre 7 et 10 h que la plage est agréable.

Sur le parking de la plage Toaroto, Pistache a une place de choix à l’ombre du très beau flamboyant jaune.

Je m’installe en dessous de ce grand tipanier.

J’apprécie l’immersion dans l’eau déjà chaude du lagon à cette heure matinale.
Des enfants pêchent les petits crabes dans les patates de corail.
Je prends mon livre, mais le calme de l'endroit et la chaleur m’endorment doucement.
20 minutes de repos sous le soleil ardent.
Pas question de continuer à lézarder, j’ai un rendez-vous à 10 h 30 avec le tatoueur.

Je reviens en fin d’après midi pour un dernier bain. Il a fait très chaud ce samedi.
J’attends le coucher du soleil.
De gros nuages gris obscurcissent le ciel et donne une couleur argentée à l’océan.

IL est 18 h40. Puis soudain, le nuage s’en va et le ciel s’enflamme.

C’est magique.
Je rentre par la route de bord de mer de Faa’a.
Je ferais encore 2 autres arrêts, car c’est un festival.

Le ciel redevient clair et rose, comme si le jour ne voulait pas laisser sa place à la nuit et rallumait ses couleurs.

J’avais déjà remarqué ces courtes récidives de lumières du jour, alors que le soleil était déjà tombé dans l’océan.
Coucher du jour ou lever de lune ? je ne sais pas comment s’appelle cet étrange phénomène.

Le boulevard Pomare a allumé ses grands arbres avec les lumières de Noël.

Les rues se vident.
Il est 19 h , il est temps de rentrer prendre une bonne douche glacée et de rester cool sous la clim mise à fond.
En écrivant ces lignes, je regarde le Soir 3 de minuit, en France.
Une nuit glacée est annoncée avec des températures négatives.
Je préfère mille fois les 34 ° prévus pour dimanche sur Tahiti.

mardi 8 décembre 2009

Lectures polynésiennes n° 8

Je vous avais présenté Chiens d’atolls de Chantal Kerdiles.
Il me manquait l’essentiel : Itinéraire Polynésien ».
Après Simenon et son touriste de bananes, j’ai dévoré ce livre en moins d’une semaine.

Chantal Kerdilès : une journaliste de radio qui perd la voix, mais ne veut pas se taire … 3 ans de silence forcé, pourtant, puis l'écriture, et la guérison à Tahiti. Chantal Kerdilès accepte un poste d'enseignante aux Tuamotu ; 6 ans sur des atolls dont la population dépasse rarement 200 habitants. L'envers du monde se dévoile, éprouvant et merveilleux. Aux Tuamotu, derrière le sable éblouissant et les palmiers inclinés de la carte postale, se déroule une vie dense et attachante, qui fait la matière du récit de Chantal Kerdilès. Ici l'insularité est extrême, sous ses aspects les plus attachants, mais aussi les plus rudes.

Publié en 1995 aux Éditions du Vent des Iles.


J’ai choisi cet extrait qui raconte une tradition que je ne connaissais pas encore :

"Habituellement quand une personne vient en visite, on l’accueille en passant autour de son cou un collier de fleurs. On dit qu’on la couronne.
Quand elle vous quitte, on fait le même geste, mais, cette fois avec un collier de coquillages. D’après la tradition si vous lancez votre collier à la mer, alors que le bateau s’éloigne du quai, et que votre parure flotte quelques instants avant de rejoindre les profondeurs de l’océan, vous aurez toutes les chances d’y revenir un jour"».


Pas facile à faire à partir de l’avion, mais à mon prochain voyage dans les atolls et balade en bateau, je tenterais l’expérience.


Et pour finir, voici la description merveilleuse de l’ambiance nocturne dans les atolls :

"La lune animait la surface endormie du lagon de frisures argentées. Le léger « floc » d’un poisson fuyant un prédateur, l’aileron d’un mamaru (requin de lagon) cisaillant les eaux couleur de deuil, le crissement d’une amarre frôlant le corail : douces réalités de la nuit tropicale.
Au loin la plainte monotone du récif, abandonné à sa solitude, dominait les ténèbres comme un râle. Une brise tiède me ferma les paupières et m’emporta aux limites de l’oubli. "

J’ai souvent ressenti cette même impression lors de mes séjours dans les îles.
Les nuits sont magiques, douces et tièdes.
Après la nuit, le jour se lève sur un monde nouveau.
L’impression de renaître et d’avoir tout oublié.

A Tahiti, je n'entends plus le mot "stress", mais souvent ce mot plus joli a vitiviti (vite). Mais avec sous ces chaleurs épuisantes, je ne vois personne courir !

Les livres donnent encore plus de sens aux réalités.
Je rêve et je vis mon rêve, mon itinéraire de bretonne en Polynésie.

NB : 2 photos de Tetiaroa -août 2009-