4 mai 2012
Bobby Holcomb a vécu à Huahine
16 avril 2012
Pierre Bellot à Tahiti
Intriguée je lis tout l’article. Je décide de parler de l’exploit de ce breton dans le blog.
Pierre Bellot est né en 1968 près de Paris et a passé sa vie en Bretagne. Né sans bras et avec une jambe atrophiée, il accumulera les défis physiques toute sa vie.
Le 2 juillet 1990, il a 22 ans et arrive à Tahiti en pleines manifestations du Tiurai (Heiva).
Son arrivée ne laisse pas indifférente la Polynésie. En effet il a fait le pari d’effectuer la traversée Moorea-Tahiti à la nage à l’aide de sa seule jambe valide.
On sait déjà que cet athlète handisport a déjà remporté 4 médailles d’or aux championnats de natation et effectué la traversée Lorient–l’ile de Groix. L’athlète s’entraîne une semaine, et notamment à Tetiaroa.
Le vendredi 13 juillet, la traversée a lieu entre la baie de Vaiare à Moorea et la passe de Papeete. Ce fut difficile, et durera 9h30 mais il a réussi.
Pierre Bellot vit depuis 2 ans à la Ciotat. Tahiti se souvient toujours de son grand défi en 1990.
30 mars 2012
Koke, Petite encyclopédie involontaire de Paul Gauguin en Océanie, de Jean-Louis Saquet
Plusieurs centaines d'illustrations (reproductions, photographies, documents d'époque) soutiennent le propos de l'auteur ; la confrontation entre les unes et les autres souligne la sensibilité du peintre à la lumière locale, et l'acuité du regard qu'il portait sur la vie quotidienne des populations aux côtés desquelles il a passé les dernières années de sa vie.Visite guidée d'une Polynésie au tournant des siècles, cette petite encyclopédie propose, en courts articles, une mise en scène de l'œuvre polynésienne de Gauguin dans son temps. Au rythme des longues navigations à la voile, la colonie française sommeille, éparpillée sur des dizaines d'îles. La syphilis fait des ravages et les missionnaires partent en croisade contre l'alcoolisme qui ronge le pays.
Gauguin peint les hommes, les femmes, les arbres, la terre rouge et l'écume des vagues. Des formes mystérieuses encore pour beaucoup, des objets et des fruits, des choses inexpliquées que ce livre raconte. Jusqu'aux derniers chevaux au galop sur le sable et le blanc cimetière qui attend sa venue, chaque détail sorti du fond de ses tableaux représente la vie et la culture d'une Polynésie observée par Gauguin.
Jean Louis Saquet
est arrivé à Tahiti en 1970. Il entre comme graphiste chez le tout nouveau et premier éditeur local Les Éditions du Pacifique. Au départ de ce dernier pour l'Asie en 1976, il alterne travaux pub et éditoriaux ponctuels, puis réalise durant 3 ans une collection historique pour la Corse à partir de sa base d'Aix-en-Provence. En 1984 pour C. Gleizal, éditeur, il prend en charge la réalisation artistique et technique de L'Encyclopédie de la Polynésie en 9 volumes, puis du DIP, Dictionnaire illustré de la Polynésie en 4 volumes, un chantier de 3 années. En 1987 il fonde sa propre enseigne Polymages avec un premier titre,Te Fenua, qui, pourtant obsolète depuis longtemps, existe toujours sur le marché sous le label "Avant et après". Avec une dizaine de titres, il est en 1990 contacté par Christian Robert, qui souhaite fonder une structure édition en parallèle de son atelier de prestation Scoop. Après quelques titres et la création de la collection Survol sous la mention Polymages/Scoop, il quitte le nouvel éditeur qui devient alors Au vent des îles. JLS continue seul une discrète production personnelle doublée de nombreuses prestations éditoriales de commande,Titres parus au Vent des îles : L'Atoll, Dico des îles, mon premier dictionnaire illustré de Tahiti, Manu, les oiseaux de Polynésie, Perles de Tahiti, Te fare, architecture tropicale de Tahiti.
14 mars 2012
Guide des fleurs de Tahiti et de ses îles
Il rassemble les plus communes, les plus spectaculaires, les plus remarquables des fleurs et parfois les plus dangereuses, car certaines présentent des risques réels pour la santé.C’est un véritable herbier avec des photos d'une qualité exceptionnelle, une présentation et une mise en page de qualité. Il a un index alphabétique indispensable. Même sans avoir de recherches particulières à y faire, c’est un véritable plaisir de le feuilleter et l’occasion de faire des découvertes surprenantes.
L'auteur : Né le 16 février 1955 à Oullins, c'est la plongée sous-marine qui a fait abandonner les rives de la Saône et du Rhône à Daniel Pardon. Journaliste à Lyon, il voulait aller vivre dans le bleu infini du Pacifique une autre vie.
Il entra à La Dépêche de Tahiti au début de 1984 et en devint le rédacteur-en-chef dès 1987Il est l'auteur notamment de "Tahiti, portraits et danses", "Tahiti entre ciel et mer" (ouvrage sur l'écosystème polynésien), et un étonnant "Fangataufa, Mururoa, état des lieux" (il est le premier journaliste à avoir pu filmer et photographier les puits d'expérimentations nucléaires dans le lagon de Mururoa, et à en avoir contrôlé la radioactivité), et le "guide des fruits de Tahiti " paru en 2005.
Il prépare un ouvrage intitulé "Mines et pierres précieuses".
La plongée sous-marine dans le Pacifique a comblé ses vœux les plus fous Il affectionne la grosse faune et les très petits organismes (coraux, coquillages, nudibranches...). En 1993, il a obtenu le 1er prix du reportage sous-marin au Festival international d'Antibes, après un second prix en 1992 avec un sujet sur la chasse sous-marine à l'île de Pâques. En l'an 2000, un 3eme prix pour "vingt milieux sous les mers", une analyse de la situation de vingt écosystèmes marins tropicaux.
Passionné par l'île de Pâques, Il espère un jour, pouvoir ouvrir un site consacré à "Rapa Nui" où il se rend chaque année.
Depuis 2002, il est le rédacteur en chef de plusieurs magazines. (Tiki Mag, hebdo télé, Fenua'Orama, mensuel féminin, Maisons du Fenua, trimestriel déco, Fenua Économie, annuel éco, Trouvtou…).
9 février 2012
Le motu Nuutina ou motu Matisse à Apataki
Le motu Nuutina appartient à la famille de Jean Tapu qui l’a acheté à la famille de François Hervé (administrateur des Tuamotu et précurseur de la perliculture moderne dans les années 1970). En 1930, Henri Matisse y séjourna. Ce motu resté inhabité, présente un décor de rêve, dans un cadre verdoyant époustouflant. (photos suivantes sans aucune retouche).
Inhabité, pas vraiment, car depuis 4 mois, Moana, le frère de Tyrone, s’y est installé avec son épouse Vicky. Ils ont quitté les galères de Tahiti et font du coprah à Apataki.
A suivre pour un court séjour à Raiatea et Tahaa sous le soleil des Iles Sous le Vent. PS : un article dans le journal la Dépêche du dimanche 12 février.
13 janvier 2012
Gustave Viaud, premier photographe de Tahiti
Gustave Viaud né en 1836, est le frère aîné de Julien Viaud dit Pierre Loti. Chirurgien de la marine, il est nommé à Tahiti en 1859 et meurt à 29 ans en 1865, d’une fièvre jaune, contractée à Ceylan (Sri Lanka) lors d'un nouveau voyage en Asie.
Son frère Julien (Pierre Loti), n’arrivera à Tahiti qu’en 1870, où il cherchera, en vain, la descendance que son frère y aurait laissée.
De son travail de photographe, ne subsiste qu'un ensemble d'une trentaine de photographies réalisées selon le procédé du calotype - le négatif est sur papier ciré et la sensibilité est obtenue grâce à une solution de sels d'argent qui a l'avantage sur le daguerréotype de permettre plusieurs épreuves du même cliché.
Cette technique, appropriée pour le paysage, l'était moins pour le portrait. Aussi, Gustave Viaud affecté à l'hôpital, photographie son environnement, la ville de Papeete qui vient de sortir de la guerre franco-tahitienne : boulangerie militaire, hôtel du gouvernement, caserne, batterie, hôpital militaire et ses environs, autant de vues faisant apparaître clairement une présence militaire annonciatrice de la colonisation.
Un seul portrait, chez Viaud, celui qu'il fait de la reine de Bora-Bora, Teriimaevarua, née à Raiatea le 23 mai 1841 et qui était la fille de la reine Pomare IV et de Ariifaite à Hiro, fils du roi de Huahine.
Il fait un voyage en France en 1862. A cet égard il bénéficie des nouveaux bateaux à vapeur beaucoup plus rapides.

Gustave Viaud quitte Tahiti sur le voilier la Dorade le 5 juin 1962. Il atteint Valparaiso la 19 juillet. Il lève l’ancre le 23 pour Callao (Pérou) et ensuite pour Paya où il arrive le 15 août. De là, il passe sur un steamer à aubes le Peru, pour relier Panama le 22 août. Il rejoint Colon (Panama) en train, où de là il saute dans un autre steamer le Clyde à destination de l’île danoise de Saint Thomas. Le 30 août, il s’embarque sur un 3ème bateau anglais la Seine, fait escale à Madère et atteint Southampton le 13 septembre, puis Rochefort le 17 septembre. Soit un voyage de 104 jours. Il ne séjournera que 3 mois en France, puisqu’il repart le 2 décembre 1862.
Rien de comparable avec les frères de Ploërmel, qui mettaient 13 mois de la France à Tahiti en 1859, 3 ans auparavant. La grande révolution des transports n’aura lieu cependant qu’en 1915 avec l’ouverture du canal de Panama.
Les photographies présentées à cette exposition nous plongent dans le passé de Tahiti. On ressent une émotion forte. Belle expo.
28 décembre 2011
Le père Honoré Laval (1807-1880)
En 1833, la Congrégation pour la Propagation de la Foi, élargit le champ missionnaire de la Congrégation des Sacrés-Cœurs en Océanie. Aux Îles Hawaï, où la Congrégation est présente depuis 1827, s'ajoutent les archipels des Gambier, des Marquises, de Tahiti, des Iles Sous le Vent, des Tuamotu, des Iles Cook et de l’Ile de Pâques.
Les Picpuciens se chargent d'implanter l'église catholique en Océanie orientale (les maristes se chargeront de la partie occidentale). Le jeune Honoré Laval reçoit sa nouvelle obédience en novembre 1833. Il quitte la capitale avec ses compagnons de voyage, les Pères François d'Assise Caret, Chrysostome Liausu et le Frère Colomban Murphy. Ils se rendent en diligence jusqu'à Bordeaux, via Tours et Poitiers, où ils embarquent sur le "Sylphide", le 22 Janvier 1834.
Après un bref séjour à Valparaiso (Chili), où ils laissent le Père Liausu, les 3 autres missionnaires reprennent la mer vers l'Archipel des Gambier, à bord de la goélette péruvienne "La Peruviana". Le 7 août 1834, ils arrivent à Akamaru, aux Iles Gambier.

La mission de Laval, avec le Père Caret, consiste à évangéliser, à soigner les malades, à éduquer, à composer des cantiques et à écrire une grammaire mangarévienne. Au bout de quelques mois, les mangaréviens détruisent leurs faux-dieux pour mieux manifester leur attachement au Christ.
Les pères ne cessent d'aller d'une île à l'autre. La première église, construite en branchages, est celle de Aukena. Elle est dédiée à Saint Raphaël . Les constructions en dur se réalisent après, notamment grâce au Frère Gilbert Soulié, venu les rejoindre en mai 1835, avec Mgr. Etienne Rouchouze.
En janvier 1836, Honoré Laval écrit une lettre où il parle de la mission:
''Nos insulaires se levaient autrefois vers trois heures du matin; ils mangeaient, se promenaient au frais, jusqu'à onze heures et se remettaient à dormir jusqu'à quatre heures du soir; ils se levaient alors pour dîner et passaient la soirée à courir çà et là, jusqu'à minuit, pourvu que le clair de lune succédât immédiatement au jour. Lorsque cela n'avait pas lieu, ils dormaient de nouveau, après avoir dîné, jusqu'au lever de la lune.
C'était une vie purement animale. Aujourd'hui, ils se lèvent au point du jour, récitent leurs prières, prennent leur popoï, assistent à la messe et à l'instruction, et se mettent au travail. La femme, aidée de ses enfants, fabrique de la tappe pour les habits; le mari fait des plantations, prépare le tioho, va à la pêche, ou bien encore toute la famille se réunit pour sarcler l'herbe qui croit au pied des arbres à pain.
On ne voit plus de nudités parmi eux: tout le monde se couvre avec soin. S'il arrive que quelques uns s'oublient encore -l'habitude étant devenue chez eux une seconde nature,- à peine nous aperçoivent-ils, qu'ils courent à leurs vêtements, comme le soldat court à son arme, à la vue d'un officier. Nos exemples et nos conseils les ont, tout doucement, amenés à l'amour de l'agriculture...Dans un enclos voisin de notre case, nous essayons d'acclimater les plantes les plus utiles de nos pays d'Europe: le lin, la pomme de terre, les choux, les haricots, les pois, les oignons, les radis, les navets, etc…
Je voudrais que tous ceux qui accusent la religion de tyrannie, fussent témoins de ce qui se passe ici. Ils comprendraient peut-être que le christianisme ne fait pas des esclaves et que cette déférence de nos néophytes est l'effet naturel de l'amour filial, par lequel ils répondent à l'amour vraiment paternel que nous ressentons pour eux''.
L'action missionnaire aux Gambier porte ses fruits. Le roi Maputeoa se convertit et est baptisé en août 1836.
Ayant accompli une partie sa tâche, en novembre 1836, Mgr. Etienne Rouchouze décide d'envoyer le Père Honoré Laval à Tahiti pour y fonder une mission, accompagné du Père Caret et d'un frère. Sous l'influence des Anglais, des protestants établis depuis plus de 30 ans à Tahiti, et surtout celle pasteur Pritchard, la Reine Pomare expulse les missionnaires catholiques qui retournent aux Gambier.
Cette expulsion est à l'origine de l'intervention française en Polynésie. En 1838, le roi Louis Philippe envoie, à bord de "La Vénus", le Capitaine Dupetit-Thouars. La Reine demande le protectorat à l'Angleterre. Devant un refus, en septembre 1842, elle accepte alors le protectorat français.
Les Gambier reçoivent de nombreux visiteurs. En 1837, Armand Mauruc, un marin, propose au roi Maputeoa un drapeau: 2 bandes blanches horizontales encadrent une bande bleue. Les étoiles bleues symbolisent les îles des Gambier (Mangareva, Taravai, Aukena et Akamaru) et, l'étoile blanche, représente l'îlot isolé de Temoe. Le bleu représente l'immensité de l'océan, le blanc symbolise la pureté et l'évangélisation.
En 1838, Jules Dumont d’Urville (1790-1842). vient à bord de "l'Astrolabe". Dumont d’Urville loue l'action des pères sur place. Il déplore l'affaire de Tahiti et souhaite en informer les autorités françaises.
Suit une période de consolidation et de maturation dans la mission. En 1841, Mgr. Etienne Rouchouze part pour l'Europe. Le père Cyprien Liausu prend alors la responsabilité de la mission. Mgr. Rouchouze ne reviendra jamais. Car lors de son retour, en 1843, son bateau, le "Marie-Joseph", affrété par la congrégation, sombre en mer avec 7 prêtres, 7 frères convers et 10 religieuses. Cette perte fut cruelle pour la mission en Océanie. Cependant, la Congrégation des Sacrés-Cœurs continuera d'envoyer des missionnaires.
A la demande explicite des autorités indigènes, en 1844, les iles Gambier sont placées sous protectorat français, mais ce protectorat ne fut jamais ratifié par le gouvernement français. La même année, le Père Caret décède.
Honoré Laval doit quitter une deuxième fois ses chers mangaréviens, en avril 1848. L'évêque, Mgr. Jaussen, l'envoie aux Tuamotu,, où il enregistre un réel succès. Il y reste 3 ans. En 1851, Laval revient aux Gambier.
Il poursuit l'œuvre missionnaire entreprise. En juin 1857, le roi Maputeoa meurt. Une période difficile commence.
Les jeunes de l'Archipel partent. Les îles se dépeuplent petit à petit (maladies). Des bateaux de négriers apparaissent à partir de 1862, et la nacre attire les commerçants.
Honoré Laval qui est supérieur de la mission, est à ce titre considéré comme le représentant officiel de la France. Il est le délégué du gouverneur, ce qui ne va pas sans causer quelques problèmes. Pour beaucoup, Laval est vu comme le chef de ce petit royaume. A la fois "Consul" et Missionnaire, censeur et conseiller, maître et juge de paix, presque tout passe par lui. Il est celui qui instaure une "théocratie missionnaire," basée sur le lien affectif. Il est sévère pour ses fidèles, et, règle ses affaires d'une main ferme.
Or, il protège la foi et la morale des mangaréviens contre les maux apportés par l'Occident (alcool, argent…) et contre les manœuvres intéressées des fonctionnaires coloniaux, marchands et autres aventuriers.
Un conflit éclate entre un commerçant français, Jean Pignon, et le tribunal local de Mangareva. M. de la Roncière, gouverneur à Tahiti depuis 1864, souhaite faire rentrer l’amende infligée à la régente Maria-Eutokia Toaputeitou, coupable d’avoir ruiné Jean Pignon en l’expropriant et en démolissant la cabane de dépôt construite par ce dernier sur la propriété d’un mangarévien. Pour cela, le gouverneur installe un Résident aux Gambier, avec une vingtaine de militaires. Le litige devient un prétexte pour renforcer la puissance française dans l'archipel et limiter l'influence de Laval et de la mission. Les missionnaires se trouvent ainsi pratiquement en état de siège. Aussi, Mgr Jaussen propose de payer l'amende infligée à Jean Pignon à condition que les soldats se retirent. Ce qui fut fait. Le calme est rétabli.
Début 1870, le Prince Régent de Mangareva prie le gouvernement français de mettre un terme au protectorat. Cette requête tombait fort mal auprès du gouvernement qui s'occupait justement d'étendre les points stratégiques français dans le Pacifique. A Paris, on soupçonne l'influence de Laval, et le pouvoir demande alors au Commandant de la Motte-Rouge de faire un rapport. Celui tire, en mars 1871, cette conclusion au sujet du Père Honoré Laval: "Après tout ce que j'ai dit du Père Laval, il est bien évident qu'à mes yeux, il est nécessaire de lui faire quitter ce pays, et, le plus tôt sera le mieux. Esprit dominant, caractère emporté, dévoué sincèrement à la religion, qu'il confond un peu avec son Ordre et avec ses propres idées, isolé du monde depuis 35 ans et entraîné par des idées religieuses exagérées, cet homme veut, à tout prix, sauver des âmes et, pour cela, tous les moyens sont bons."
Mgr Jaussen souhaite apaiser les choses. Il décide du départ du Supérieur de la mission…
Le Père Honoré Laval quitte Mangareva le 4 avril 1871. Il arrive à Papeete le 23 avril 1871. Il y termine ses mémoires par ces lignes: ''Monseigneur, pour apaiser cette tempête, m'écrivit, au mois de mars 1871, de me rendre à Tahiti, où je continuerais d'être son Provicaire, tout le temps que j'y resterais. Mais, que je m'y suis dûment ennuyé! Est-ce donc là ma récompense de 36 ans de mission? ". Cependant, Laval allait revoir une dernière fois les Îles Gambier, en juillet 1876, lors d'un jubilé. Sa visite a été l'occasion d'une grande démonstration d'estime et de reconnaissance envers lui.
Les dernières années du Père Laval furent solitaires. Cette solitude s'est accrue par une surdité, qui ne faisait qu'empirer. Le Père Honoré Laval meurt le 1er novembre 1880, et son corps repose au cimetière de la mission catholique de Papeete.
15 décembre 2011
Les deux amiraux Du Petit Thouars
Cette annonce m’a donné l’envie de mieux connaître le fameux Amiral dont une rue de Papeete porte le nom.
La Polynésie se souvient de deux amiraux Du Petit Thouars. Il y a souvent confusion provoquée par l'appellation de deux personnages différents mais de même nom, deux grands marins qui tous deux ont marqué la Polynésie et leur époque.
Il s'agit de l'amiral Abel Aubert du Petit-Thouars qui entre dans les eaux du Pacifique en 1838, puis de son neveu l'amiral Abel Georges Nicolas Bergasse du Petit-Thouars qui "pacifiera" les îles Marquises en 1880;. Moins connu que son oncle Abel Aubert (qui siègera comme Pair de France et sera un ennemi politique de Victor Hugo), Bergasse a été aussi une grande figure d'officier de marine. Parfois, leur nom est orthographié Dupetit-Thouars
Commençons par Abel Aubert Du Petit-Thouars, né le 7 août 1793 au château de la Fessardière à Turquant (Maine et Loire) et mort le 16 mars 1864 à Paris, est un navigateur et explorateur français.
Neveu d'Aristide Aubert Du Petit-Thouars, héros d'Aboukir, Abel Aubert Du Petit Thouars entre dans la marine en 1804.
Il sert comme mousse à la flottille de Boulogne. Embarqué comme mousse sur La Flèche à l'âge de 10 ans, il étudie ensuite au lycée d'Orléans. Il devient novice sur le Du Guesclin dans l'escadre de l'Escaut en 1808, puis sur le Charlemagne. Aspirant de 1ere classe (1811), il embarque sur l'Amélie de 1812 à 1814 en Mediterranée. Après un séjour à Saint Malo où son père est sous préfet, il est promu Enseigne de vaisseau en 1815, navigue en Manche et en Mer du nord, puis fait plusieurs campagnes hydrographiques à Terre Neuve (1816-1818). Lieutenant de vaisseau en 1819, il travaille à l'hydrographie des côtes de France et d'Algérie (1819-1820). Il sert en Haïti en 1821 sur le Colosse, puis commande La Torche en Méditerranée de 1822 à 1823. Il passe ensuite sur l'Inconstant au Brésil de 1823 à 1826 lors de l'indépendance de l'Amérique Latine.Capitaine de Frégate en 1824, il est affecté au dépôt des cartes et des plans en 1826 et 1827. Il devient en 1827 capitaine de frégate, commandant La Provence en Méditerranée, puis commande le Voltigeur au Levant. Il prépare l'expédition d'Alger en 1830, conseille le principe d'une expédition amphibie à Sidi Ferruch et participe aux opérations sur Le Griffon. Il part ensuite avec ce navire en station des mers du sur pour protéger le commerce français au Chili et au Pérou.
Capitaine de Vaisseau en 1834, il commande La Créole à Saint Domingue. Il reçoit ensuite le commandement d'une frégate de 52 canons, La Vénus et va en mission sur la pêche à la baleine au Kamtchatka (1837-1839). Mais son champ d'activité principal se situe dans l'océan Pacifique, où la Restauration et la monarchie de juillet, renouant avec la tradition des grands voyages maritimes du 18e siècle, envoient plusieurs missions de caractère scientifique et commercial. Il est capitaine de vaisseau en 1836 et fait le tour du monde sur la Vénus jusqu'en 1839, voyage auquel participe Urbain Dortet de Tessan, ingénieur hydrographe. Il revint avec une moisson d'observations scientifiques et des vues sur l'avenir de la politique française dans le Pacifique
De retour en France, il conseille au gouvernement l'annexion des îles Marquises, en partie afin de l'utiliser comme lieu de déportation, proposition agréée par François Guizot qui le nomme au commandement de la station navale du Pacifique. Il est promu contre-amiral en 1841, commandant des forces navales d'Océanie. il est nommé commandant la station navale du Pacifique à Valparaiso sur la Reine Blanche.

Du Petit-Thouars annexe Tahiti, puis expulse Pritchard (1844). Cette initiative déclenche une grave tension diplomatique entre la France et le Royaume-Uni, tandis que l'opinion publique française se divise entre les partisans d'une politique de fermeté à l'égard de l'Angleterre, de loin les plus nombreux, et ceux du maintien de l'Entente cordiale.
Vice Amiral en 1846, il devient inspecteur des équipages de ligne en 1848. Membre du Conseil de l'Amirauté, il est élu député du Maine et Loire en 1849. Membre de l'Académie des sciences en 1855, il quitte le service actif en 1858. Il décède le 16 mars 1864.
N'ayant pas d'enfant, Du Petit-Thouars avait adopté le fils de sa sœur, Abel Bergasse Dupetit-Thouars. Il y a un monument à sa mémoire aux Marquises.
Abel-Nicolas-Bergasse du Petit Thouars, (ou Dupetit-Thouars) est né le 23 mars 1832 et mort à Toulon le 14 mai 1890, neveu par sa mère et fils adoptif d’Abel Aubert Du Petit-Thouars, c'est un contre-amiral de France.,Il participe à la guerre de Crimée ; il y est blessé et en revient chevalier de la Légion d'honneur. En 1868, il commande la corvette Le Dupleix, et représente la France lors du seppuku (harakiri), qui avait été ordonné aux samouraïs qui avaient massacré 11 marins français du Dupleix, lors de l’incident de Sakai. Il est aussi mêlé aux évènements de la révolution japonaise.
En 1870, il commande une batterie flottante sur le Rhin. Contre-amiral, il est chargé en 1880 de pacifier les îles Marquises au nom des autorités de la 3eme République Au retour, naviguant à quelques encablures du Pérou, il se trouva confronté aux événements de la ''guerre du salpêtre'' (1879-1884), fameuse guerre nationale sud-américaine. Il est à Lima, au Pérou, au moment où les troupes chiliennes vont s'emparer de la ville (Guerre du Pacifique (1879-1884)). Par son attitude ferme et décidée, il empêche les excès et sauve cette capitale d'une destruction sanglante.Une avenue importante de Lima porte aujourd'hui son nom.
Il est nommé Préfet maritime du 5ème arrondissement de Toulon en octobre 1886.
En octobre 1888, Commandant en chef l'escadre de Méditerranée, avec pavillon sur le cuirassé Formidable, c'est à son bord qu'il décèdera subitement, en rade de Toulon en 1890 à 58 ans.
La famille Du Petit Thouars donna au total 4 marins célèbres à la France :
- Aristide Aubert Du Petit Thouars (1760-1798) héros légendaire d'Aboukir.
- Abel Aubert Dupetit Thouars, neveu d’Aristide.
- Abel-Nicolas Bergasse Du Petit Thouars. (1832-1890) neveu et fils adoptif de Abel Aubert.
- Louis, Georges, Marie, Félix Aubert Du Petit Thouars de Saint Georges.(1882-1915)
Le nom vient de la propriété le Petit Thouars, dont Richelieu avait fait don à Georges Aubert Capitaine de Saint Georges en 1636.
Les dernières générations de la famille Du Petit Thouars se montrent aussi entreprenantes que leurs ancêtres. Ainsi Sébastien, est directeur commercial du vignoble du Petit Thouars qui s’étend sur 15 hectares dans la région de Saumur (Maine et Loire).
14 décembre 2011
La stèle Bougainville à Hitia'a
Le temps est magnifique. Je décide de partir par la côte Est que j’apprécie beaucoup. Je dépasse Mahina, Papenoo, le tunnel d’Oscar, Tiarei et passe à Hitiaa. Juste avant la rivière, je vois une pancarte indiquant "stèle Bougainville".
Trop tard pour m’arrêter, je file. Faaone, Taravao, puis côte Est de la presqu’île, Pueu, et la maison de Carole et Stéphane. Le hasard fait que je connais cette maison depuis 3 ans. Une copine (épouse d’un parachutiste tahitien) y a habité jusqu’en juillet 2010. Joli fare en bord d’océan.
Nous nous baladons sur la plage et ramassons des porcelaines. Ce motu au loin, est public et il faut trouver un bateau pour s’y rendre.
C’est l’heure du déjeuner. Le pain nou nou de Fakahina est servi avec de la confiture de banane-chocolat, donnée par la voisine et un verre de cidre bouché.
L’après midi nous faisons une partie de scrabble. Zen les filles. Nous échangeons quelques photos. Un coucher de soleil à l’est c’est pas banal et surtout très beau. Je rentre à Papeete par la côte Est, même si je fais 10 kms de plus que par l’Ouest.
Je guette le pont et la rivière d’Hitiaa. J’y arrive. Je décide de me stationner sur l’arrêt de bus. Mais un gros rocher gène l’arrêt, obligée d’aller 20 m plus loin. Je demande à une vahine, où se trouve la statue de Bougainville. Elle me répond par la négative, pas de statue à Hitiaa. Je lui dit : mais la pancarte "stèle de Bougainville". "Ah oui , - me répond-t-elle, c’est le caillou qui est auprès du pont". En effet, il y a une plaque sur le caillou, celui là même, contre lequel j’ai râlé, car il a gêné mon stationnement !
Cette plaque signale que les deux navires, la Boudeuse et l’Etoile de L.A Bougainville, ont débarqué à Hitiaa le 6 avril 1768.
C’est un peu court comme explication. Je cherche sur le Net pour tenter de compléter.
J’apprends qu’ils restèrent 9 jours à Hitiaa et qu’ils embarquent un homme de Hitiaa, Ahutoru, qui fit le voyage jusqu'en France.
Bougainville, sur l'insistance d'Ereti le chef du village, accepta de l'embarquer sur la Boudeuse le 15 avril. Ils arrivèrent à Saint Malo le 16 mars 1769 (soit prés d’un an après !). Le 30 avril il fut présenté à Louis XV.
Il quitta La Rochelle le 4 mars 1770, arriva à l'Ile de France (île Maurice) Une épidémie de variole faisait rage à l'Ile Maurice, Ahutoru mourut dans d'atroces souffrances le 7 novembre 1771 sans avoir revu Tahiti.
C’était l’histoire d’un gros caillou et d’une pancarte sur la route à Hitiaa. En tirant les fils d’une histoire, on en découvre plein d’autres et c’est passionnant.
24 novembre 2011
Pierre Loti en Polynésie
Il a été enterré sur l'île d'Oléron après des funérailles nationales. Sa maison à Rochefort est un musée.
Pierre Loti dont une grande partie de l'œuvre est autobiographique s'est inspiré de ses voyages de marin pour écrire ses romans :- à Tahiti, pour Le Mariage de Loti (Rarahu) (1882),
- au Sénégal, pour Le Roman d’un spahi (1881)
- ou au Japon, pour Madame Chrysanthème (1887).
Il a gardé toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, où le fascinait la place faite à la sensualité, en particulier à la sensualité féminine : il l'illustre notamment dans Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d’Orient (1892).
Pierre Loti a également exploité l'exotisme régional dans certaines de ses œuvres les plus connues, comme celui de la Bretagne dans Mon frère Yves (1883) ou Pêcheur d'Islande (1886), et du Pays basque dans Ramuntcho (1897).
Il n’a que 21 ans lorsqu’en fin 1871, il embarque à Valparaiso sur le vaisseau amiral la Flore, qui fait route vers Tahiti. Il découvre l'île de Pâques, où la Flore fait escale, et débarque à Tahiti.
Il fréquenta, lors de ses deux escales de 64 jours à Papeete, la société locale et la cour de la reine Pomare IV. Il tombe amoureux de quelques jolies Polynésiennes. La reine Pomaré lui donne le surnom de Loti, du nom d'une fleur tropicale dit on, mais en fait il se serait lui-même baptisé Loti , au mépris du tahitien, où la lettre "L" n'existe pas : il fallait dire Rôti (rose), mais ce substantif culinaire manquait de poésie
Tenu à une obligation de réserve, du fait de sa qualité d'officier de marine, il n'en fait son nom de plume qu'à partir de 1876. Julien Viaud est de très petite taille, porte des talons hauts, parfois montés sur des ressorts, qui lui donnent une démarche de criquet.
Au fond du quartier de Titioro, dans la vallée de la Fautaua, à Papeete, le bain Loti est un bassin naturel, où Pierre Loti avait coutume de se baigner. C'est au bain Loti que, Rarahu rencontra le héros du roman de Pierre Loti : Le mariage de Loti (1879) initialement intitulé “Rarahu, une idylle Polynésienne”. Le 16 juillet 1934, le buste de Pierre Loti a été inauguré à cet endroit.
Le monument, buste en bronze et stèle en pierre, est l'œuvre du sculpteur Philippe Besnard, fils du grand peintre Albert Besnard
On doit à Pierre Loti, des dizaines de dessins concernant Tahiti et Moorea, Bora Bora et les Marquises. Il quitta Tahiti le 23 mars pour y revenir 3 mois plus tard, le 26 juin.
Loti n'a jamais oublié les îles, écrivant à un ami : "La Polynésie, que j'ai aimé ce pays-là ! Ces plages de corail, ces bois où l'on n'entend aucun bruit, ce je ne sais quoi d'insaisissable qu'il y a là-bas et qui hante encore mon imagination d'une étrange manière". Académicien en 1891, il quitta la marine en 1910 pour se consacrer uniquement à l'écriture.
Du séjour qu’il fit à Tahiti, 20 ans avant que Gauguin y jette l’ancre, Pierre Loti rapporte divers paysages mélancoliques et décolorés, qu’il vend à la revue L’Illustration. Peints à l’aquarelle, si ceux-ci témoignent de la déception de n’avoir pas retrouvé la jeune Maorie, qui fut la compagne de son frère, et l’enfant qu’elle aurait pu avoir avec lui, ils disent toutefois son amour pour le pays. "J’ai maintenant deux patries : Tahiti et la Saintonge", déclare-t-il en rentrant.
Loti ne reviendra toutefois jamais en Polynésie et mourut à Hendaye en 1923.Son frère, Gustave, qui resta plus longtemps que lui à Tahiti, est à l'origine des premiers clichés photographiques de Papeete.
J’ai relu "le mariage de Loti" que j’avais lu au collège. Le relire à Tahiti, donne une saveur particulière aux très jolis textes romanesques de Loti. Belle lecture.
17 novembre 2011
Papeete, Tautira, Apataki, Fakarava et Matisse en 1930
Je m’y suis rendue cette semaine, mais contrairement à l’habitude les photos étaient interdites.
En cherchant sur le Net, je vois que le musée des îles, a un site sur Facebook et y a placé les photos de l’expo ainsi qu'un diaporama sur le site des Nouvelles ! Curieux comme démarche. Que faut-il faire ? Rester chez soi et regarder facebook ou aller au Musée à Punaauia, acquitter 600 F l’entrée, et lire debout les panneaux explicatifs ?
Personnellement je préfère aller au Musée. Les reproductions des œuvres exposées au Musée sont cependant archi connues et faciles à retrouver sur le Net, donc je ne vois pas l’intérêt d’interdire les photos. Enfin !!!!
Henri Matisse né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis (59) et mort le 3 novembre 1954 à Nice, est un artiste-peintre, dessinateur et sculpteur français. Il fut le chef de file du fauvisme; Pablo Picasso le considérait comme son grand rival et néanmoins ami.
En 1930, alors âgé de 60 ans, Matisse passe trois mois à Tahiti (il descendit à l'hôtel Stuart) et aux Tuamotu (atolls d'Apataki et Fakarava). Il a peu produit pendant ce séjour : il n'aurait ramené qu'un seul tableau, un petit (14x18 cm) panneau de bois peint à l'huile représentant un bouquet de cocotiers, une "pochade", selon ses propres termes. (il est au Musée).
Dans ses propos, dans ses lettres, le peintre a plusieurs fois évoqué ses souvenirs : " A Tahiti, j'ai pu apprécier la lumière — la lumière comme pure matière — et la terre de corail. C'est un pays à la fois superbe et plein d'ennui. Cette terre ignore les soucis, alors que nous avons les nôtres depuis l'âge le plus tendre, qui contribuent probablement à nous maintenir vivants. Là-bas le temps est beau dès le lever du soleil et demeure inchangé jusqu'au soir. Un bonheur à ce point immuable est lassant."
La trace de cette échappée est pourtant durable, profonde, et féconde. On connait l'image obsessionnelle d'un yacht au mouillage, inscrit dans la découpe d'une fenêtre ouverte sur le port de Papeete.
Plus significative encore est l'irruption, puis la multiplication de formes, de couleurs et de techniques directement empruntées au milieu et aux traditions de Polynésie ; une veine particulièrement riche : lagons .
Le Lagon, autour de 1944 :Papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé sur toile. Feuilles de uru, vagues, poissons, coraux et madrépores, oiseaux, ces images luxuriantes prennent place dans des compositions qui leurs sont dédiées : Océanie le ciel, Océanie la mer, Polynésie le ciel, Polynésie la mer, vitraux de la chapelle du Rosaire à Vence.
De gigantesques feuilles d'arbre à pain envahissent l'espace de ses dessins et découpages et rappellent les tifaifai polynésiens.
Paule Laudon, spécialiste de Matisse dans sa période polynésienne, et présidente de l’association pour la connaissance et la protection du patrimoine naturel et culturel Vaipuna, organise cette exposition qui dévoile des reproductions des peintures significatives de l’influence polynésienne de Matisse, des photographies, ainsi que des extraits de lettres que Matisse envoya à sa femme restée à Nice, puis à son amie Pauline Schyle rencontrée à Tahiti. La famille Matisse, lui a donné accès aux lettres quotidiennes envoyées en Métropole, à Pauline Schyle, qui accueillit le peintre à son arrivée.
Paule Laudon relate au jour le jour, le séjour du peintre en Polynésie dans un livre :
Matisse, le voyage en Polynésie. (paru en 2003 au Vent des Iles). J'aimerais bien voir une exposition qui retracerait tous les visiteurs célèbres artistes, peintres...) avant 1960.
10 novembre 2011
Fakahina et Albert Montiton
Peu après son ordination, ce prêtre part comme missionnaire au Chili d’où il gagne en 1852 les îles d’Océanie, fondant les communautés et construisant des églises aux Marquises, aux Tuamotu, à Hawaï, à l’île de Pâques et surtout à Tahiti où il devient une figure très populaire, sinon légendaire. Le Père Montiton visita l'île Fakahina, à la fin du XIXe siècle, et décida à s'arrêter quelques mois dans cette île afin d'en catéchiser la population (150 âmes)
En 1872, il a fait construire le village de Hokikakika à Gake et la première église dédiée à Saint Nicolas.
Il ne se borna pas à s'y occuper de religion. Sous son habile direction, on creusa des puits en différents endroits.
Le Père Montiton raconte :
« ... Moins nobles de caractère et surtout moins actifs que ceux de Takoto, les habitants de Fakahina sont du moins plus moraux... Mais tandis que les insulaires de Takoto ont complètement rompu avec les idées et les traditions païennes du passé, ceux de Fakahina, au contraire, quoique convertis bien avant eux au Christianisme, en ont conservé bon nombre, que je n'ai pu même arriver à déraciner entièrement.
« La manie du suicide est encore en usage chez eux. Pour un rien, pour le moindre sujet de mécontentement qu'ils rencontrent dans leur famille ou leur entourage, ils ont recours à ce moyen de vengeance insensé et diabolique. Les hommes se brisent la tête d'un coup de hache ou contre une roche; d'autres fois, ils se jettent seuls, ou avec femme et enfants, dans un léger esquif, et s'en vont ainsi, chantant eux-mêmes leur chant de mort, périr au large dans les flots ou sous la dent des requins. Les femmes et les enfants, qui, hélas ! se laissent gagner par la contagion de l'exemple, ont le plus souvent recours au poison. Certains poissons de l'île leur en fournissent de très violents, qui donnent presque instantanément la mort. J'ai été moi-même témoin du fait pendant on séjour à Fakahina »
Le Père Montiton parvint néanmoins à sauver un de ces malheureux qui s'était empoisonné et se trouvait presque à l'agonie.
Pendant plus d’une année Albert Montiton a visité les îles des Tuamotu de l’Est, îles qui avaient déjà été évangélisées par les Mormons. Les baptêmes se comptèrent par centaines. Des chapelles provisoires ont été construites à Raroia, Takume, Fangatau, Takoto, Vaitahi, Hao, Amanu, Akiaki, Nania, Fakahina, Katiu, Napuka,
En 1874, il fut nommé à Hawaï, où il y passa 10 ans, compa gnon du père Damien de Malokai et atteint d’une sorte de lèpre. Il retourna à Tahiti, Anaa en 1885 et à l’île de Pâques. Il quitta l’Océanie en 1892.
Le père Montiton, qui était aussi un grand musicien et un bon écrivain, s’était parfaitement imprégné des mœurs et des coutumes locales dont il était l’ardent défenseur. Quelques années avant sa mort, le 25 février 1894, il se retire en Espagne. Il a commencé à écrire une histoire des Tuamotu.
S’il n’a guère perduré dans son pays natal, le souvenir d’Albert Montiton est demeuré vivace à Tahiti dont il est considéré comme l’évangélisateur.
Je connais la commune de Sourdeval.
C'est une petite commune française, située dans le sud du département de la Manche et la région de Basse-Normandie. La ville de Sourdeval est le chef-lieu du canton. Ses habitants sont appelés les Sourdevalais et les Sourdevalaises. La commune s'étend sur 36,1 km² et compte 2933 habitants depuis le dernier recensement de la population de 2006.
J’ai contacté la mairie de Sourdeval et avec l’historien local, nous continuons d’échanger nos informations. Pourquoi pas un jour établir un jumelage avec Fakahina ?
Otto Von Kotzebue, découvreur de Fakahina
En 1860, lors de la 2 ème visite de Paiore, régent de l'archipel des Tuamotu nommé par la reine Pomare IV, Fakahina a été le théâtre d'affrontements sanglants entre ses habitants et les hommes de ce dernier.
Otto von Kotzebue (1787-1846) est un explorateur et navigateur germano-balte, officier de la marine impériale russe, qui fit 3 fois le tour du monde. Issu d'une famille de la noblesse germanophone, il étudie à l'école élémentaire de Reval de 1793 à 1796, puis au lycée à Saint-Pétersbourg qu'il termine en 1801, pour devenir cadet de la marine dans la capitale impériale, jusqu'en 1803. L'intérêt de la Russie pour les îles d'Extrême-Orient se renouvelle, après la fin des guerres napoléoniennes. Il faut trouver un chemin plus court pour atteindre le Pacifique. C'est ainsi que le comte Roumiantsev, ministre des Affaires étrangères qui est la tête d'une fortune considérable, décide de financer lui-même une expédition sur le brick Rurik, afin d'explorer le passage du Nord-Ouest.
Krusenstern invite le jeune lieutenant von Kotzebue à diriger l'expédition, ainsi que des scientifiques. Le Rurik passe le cap Horn et atteint le Kamtchatka. En chemin, l'équipage découvre les îles Roumiantsev, les îles Rurik, et les îles Krusenstern (aujourd'hui Tikehau).
Les îles de Polynésie sont cartographiées. L'équipage demeure longtemps à explorer les îles Marshall et y retourne deux fois en 1817. Les études ethnographiques de Kotzebue sont précieuses et expliquent encore aujourd'hui les fondements de la population de ces îles. Le Rurik passe le détroit de Béring à l'été 1816. L'actuelle petite ville de Kotzebue qui s'y trouve a été baptisée ainsi en son honneur. Il retrouve la Néva, le 3 août 1818, après une sévère maladie, apportant une grande collection de plantes inconnues et de documentation. Ce sont plus de 400 nouvelles îles qui ont été cartographiées.
Il épouse en 1818 Amalie Zweig (1798-1873) qui lui donnera 9 enfants. L'empereur le nomme chevalier de l'Ordre de St-Vladimir et il est élevé au rang de lieutenant-capitaine. Il fait paraître le récit de son expédition en 1821 en allemand qui est traduit en anglais la même année et en russe en 1823, puis plus tard en français.
Kotzebue prend la tête d'une nouvelle expédition à caractère scientifique en mars 1823. Elle a lieu à bord du Predpriatié (L'Entreprise), dont il a surveillé les travaux. Il appareille de Cronstadt à l'été 1823 avec 24 canons, 145 personnes à bord. Le bateau fait route vers le Cap Horn, puis vers le Chili. Au large de San Francisco, il retourne aux îles Marshall. Il découvre l'atoll de Bikini et Fakahina en 1824. Il est connu à Sainte Hélène où il a peut-être rencontré Napoléon Ier en exil !
Kotzebue est nommé à son retour en Russie capitaine de frégate, en 1826. Il est nommé à la forteresse de Cronstadt et reçoit l'Ordre de Ste-Anne. Un an plus tard il est commandant du navire de ligne Pierre Ier. Il est élevé au rang de capitaine de vaisseau en 1829, et prend sa retraite de la marine en 1830. Il s'installe alors dans son manoir de Kau dans le gouvernement d'Estland.Il meurt à Reval en 1846 et il est enterré au cimetière du village de Kose, aujourd'hui en Estonie.
11 septembre 2011
Le Mystère Bougainville (1729-1811)
Je suis allée acheter ce livre à la librairie Archipels le samedi 3 septembre, où l’auteur avait organisé une séance de dédicace.J’ai lu, ou plutôt dévoré ce livre de 257 pages en 3 jours.
Louis-Antoine de Bougainville a été l'un des hommes les plus représentatifs du "Siècle des Lumières". Grand savant et homme d'action, il fut le premier navigateur à organiser une expédition scientifique autour du monde et le premier français à accomplir cet exploit.
Cette biographie captivante et très complète est un hommage rendu à l'occasion du bicentenaire de sa mort. Ce livre nous entraîne dans le sillage de ce grand marin de la cour de Versailles aux rivages ensoleillés de Tahiti en passant par les étendues neigeuses du Canada.
Philippe Prudhomme, professeur de français et d’histoire, a enseigné dans les différents pays traversés lors du tour du monde du premier circumnavigateur français. Il a choisi de rendre hommage à ce grand homme, à l’occasion du bicentenaire de sa disparition. Il avait 82 ans, c’était âgé pour l’époque, surtout après une vie si trépidante.
Ce voyage autour du monde a été le premier voyage scientifique mais aussi le premier voyage d’une femme autour du monde, Jeanne Barré (la maîtresse à bord du botaniste Commerson, déguisée en homme. Commerson a découvert la Bougainvillée dont il donna le nom en hommage à Louis, et aussi le premier voyage d’un Océanien en Europe (Ahutoru) .
Né à Paris le 12 novembre 1729. Fils de notaire, après d'excellentes études dans les langues anciennes et les sciences exactes, il publie le tome I de son Traité du calcul intégral en 1754, forgeant sa réputation de savant, avant de commencer sa carrière militaire.
Destiné au barreau, par condescendance, il étudia le droit et devient avocat. Puis il entre en 1753 comme aide-major dans un bataillon de Picardie.
Il participe aux batailles au Canada et aux Îles Malouines, face aux Anglais avant d’entamer le voyage d’une vie : le voyage autour du monde. Des Malouines, l'escadrille va en Chine par la mer du Sud, en passant par les terres australes.
Le 2 juin 1767, il appareilla des Malouines, accompagné d'un naturaliste, d'un dessinateur et d'un astronome pour cet extraordinaire voyage scientifique duquel il publia la relation en 1771, sous le titre : Voyage autour du monde, ce sera un prodigieux succès !
Au Brésil, le botaniste Philibert Commerson, embarque sur l’Étoile. Il découvre la fleur qu'il nommera la bougainvillée, plante emblématique en Polynésie.Il explora l'archipel “Dangereux” (ou Tuamotu), les îles Tahiti, Tchaï, Lanciers, Crocker, Delville, Hamoa (Samoa). La découverte de Tahiti - seulement 10 jours - déjà reconnue par Cook, et les observations sur les mœurs de ses habitants, à une époque où l'on était plus préoccupé de l’état de nature si chère à Jean-Jacques Rousseau, ont enthousiasmé le public.
Le 4 avril 1768, il décrit Tahiti ou la “Nouvelle Cythère”. Le buste du circumnavigateur a été érigé le 14 juillet 1909 sur le quai de Papeete.
En 1968, la statue a été déplacée dans le Parc du roi Albert, rebaptisé Parc Bougainville, en 2005. Pendant la période révolutionnaire, Bougainville est jeté en prison puis sauvé in-extremis. Ensuite, il a été nommé membre de l’Institut, et le Directoire lui offre, le 5 juin 1797, le portefeuille de la Marine, qu’il déclina. Après une existence déjà longue, remplie d’aventures et de travaux, il se retira dans le Brie au dans son domaine. L’Empire l’a fait comte, sénateur et grand officier de la légion d’honneur.
Le 31 août 1811, il y a 200 ans, Louis-Antoine de Bougainville meurt plus qu’octogénaire. Il a eu les honneurs du Panthéon le 7 septembre de la même année.
