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17 mai 2012

Archéologie chez les Taïpi

Taïpi c’est le nom du livre que Herman Melville (1819-1891) (auteur de Moby Dick) écrivit lors de son séjour dans une tribu cannibale à Nuku Hiva en 1842.
Ce beau livre d’archéologie marquisienne, de Pierre Ottino Garanger, publié en 2006 par les éditions du Vent des Iles, aborde de façon originale l'aventure récente d'une poignée d'hommes et de femmes désireux que leur pays, cette vallée d'Hatiheu à Nuku Hiva (Marquises) ainsi que d'autres comme Hapatoni, Puamau... vivent, belles, accueillantes et bien plus : qu'elles leur survivent.
Sur tout un territoire dont s'éteignaient petit à petit l'histoire, les noms, l'âme et le sens, il fallut repousser "la brousse", faire entrer la lumière et doucement, suivre l'étonnant maillage de murs et de plates-formes de pierres, parfois mégalithiques.
Couvertes de mousses, de fougères, de racines, de branches et de troncs, ces structures avaient ponctué et accompagné leurs cheminements quotidiens. Là, sous le coupe-coupe et à travers des milliers de relevés, elles se dévoilaient, redevenaient le cœur d'un hameau, une gigantesque place de fête, puis une autre, les rochers ornés livraient leurs formes, leurs regards, leurs personnages. Ainsi, de ce passé enfoui, sombre et prestigieux tout à la fois, surgissait l'âme d'un peuple dans ce qu'elle pouvait avoir de plus abouti. II fallut dégager sans heurter, découvrir puis comprendre ce que fut autrefois le cadre de vie des Anciens, leurs lieux de réjouissance et de mort, la façon dont ils occupèrent l'espace et le mirent en valeur.
Photos, croquis et plans illustrent ces moments, ce travail à plusieurs mains, et aussi le bonheur que fut cette expérience inoubliable et l'amitié qui en naquit, la fierté et la réussite qui en surgit et qu'il fallait partager, comme un savoir, un témoignage pour les générations qui suivent, un héritage bien plus vaste que l'apparence, les moyens et la volonté de chacun. C'est aussi un instantané : l'image d'un patrimoine qui dépasse largement l'horizon des crêtes Taïpi.
Un livre passionant qui m'a expliqué l'archéologie et permis de revoir tous ces sites que j'ai visités.

8 mai 2012

Va'a, la pirogue polynésienne

Ce bel ouvrage, grand format et richement illustré, publié en 2008, présente une approche détaillée de tous les aspects de la pirogue polynésienne.
Ce livre a été réalisé par un collectif de 10 auteurs, en coédition avec le musée de Tahiti et des îles. L’avant-propos a été écrit par Jean-Marc Pambrun.
«Va’a la pirogue polynésienne» dresse un bilan simple et clair, des connaissances issues des recherches les plus récentes sur la pirogue polynésienne, tant d’un point de vue technologique, ethnographique que sociologique.
Après une introduction sur  la civilisation de la pirogue, ce livre comporte 5 parties qui rassemblent des textes de divers auteurs : Vestiges et traditions ; Ethnographies de la pirogue,  D’archipels en îles; Collections, …. pour se conclure sur l’ère de la course de pirogues .Un tableau présente les principaux termes liés à la pirogue, et une carte de l’Océanie.
Le but de cet ouvrage est de porter à la connaissance d’un large public, ce monde des pirogues, largement méconnu encore aujourd’hui, Il se veut aussi la "première grande contribution polynésienne à la connaissance de l’histoire maritime et un bel hommage à tous ceux – chercheurs, sportifs, navigateurs, tailleurs de pirogues ou pêcheurs… – qui rappellent aux Polynésiens, qu’ils peuvent être fiers d’avoir apporté à l’humanité sa plus grande aventure, la navigation."‘(Extrait présentation de presse)
Plus qu’un engin de navigation et de transport, la pirogue est aussi le véhicule de l’organisation sociale, politique et religieuse et souvent, le terme pour désigner la pirogue (va’a) est aussi celui utilisé pour parler des hommes d’un même groupe, tout comme leur espace territorial (va’a mata’eina’a), et  de va’a ’āi’a, que l’on traduit par nation (’āi’a étant pays natal, patrie) ou de va’a hiva, qui désignent ceux qui habitent à l’intérieur des limites d’une île ou d’un district (fare vāna’a).
Il insiste sur l’universalité de ces formes d’embarcations qui ont donné aujourd’hui les catamarans ou multicoques.
Il nous présente également l’utilisation de la pirogue et note que les "connaissances maritimes des anciens Polynésiens étaient essentiellement empiriques, fondées sur l’observation et la mémorisation de la position et du mouvement du ciel, du soleil, de la lune, des étoiles, des vents et des courants, suivant les périodes de l’année. …. , des oiseaux,..... des signes que les Polynésiens savaient interpréter",
J’ai appris énormément de choses sur le va’a avec ce livre, et je regrette de ne pas l’avoir acheté plus vite.
PS : photo n°2 : Shell-va'a : prise pendant la course Tahiti nui va’a 2011. (cf blog au 28 -5- 2011)
Les photos noir et blanc viennent bien sûr, des archives de Papenoo, chez mon ami l'occitan du Lot.

19 avril 2012

Le Tifaifai ou patchwork polynésien

Les éditions "Au vent des îles", viennent de publier un ouvrage dédié au patchwork polynésien : LE TIFAIFAI.
Histoire, techniques, organisation sociale de ceux qui le produisent, tout ce qu’il faut savoir sur le tifaifai est dans ce livre.
Dans cet imposant ouvrage de 272 pages, une large place est consacrée à 28 portraits d’artisanes. Des "tifaifaiseuses" comme les appelle les auteurs. Michèle de Chazeaux et Marie-Noëlle Frémy. Ces femmes, ont accepté de se raconter, ont confié leurs souvenirs, leurs échecs, leurs déceptions comme leurs bonheurs, leurs fiertés.
Le tifaifai, est composé soit de tissus géométriques, soit d'appliques essentiellement de fleurs, de fruits ou de feuilles.
Objets trésors, trésors cachés, sujets de passion, de désirs, de jalousies, mais aussi travaux opiniâtres, exposés, copiés, vendus, le tifaifai n'est pas seulement une couverture légère faite de deux épaisseurs de tissu de coton cousues à la main ou à la machine, mais une partie indissociable de l'art, du décor et de la vie polynésienne.
Le tifaifai d'aujourd'hui est un art métis, syncrétique, apporté par les femmes de missionnaires et apprivoisé par les Polynésiennes. Son introduction date d'environ 200 ans. Il est la version polynésienne d'un ouvrage nommé patchwork dans le monde.
Les tifaifai différent par leur partie supérieure. Pour le modèle "mosaïque", tifaifai pu en Polynésie ou encore 'iripiti, à Rurutu, elle est constituée de nombreux petits morceaux de tissu de couleurs différentes, coupés de manière géométrique, soigneusement et artistiquement cousus ensemble. Pour "l'appliqué" ou "l'applique", tifaifai pa'oti ou tifaifai tapiri, le ou les dessins généralement figuratifs, représentant surtout la flore, sont coupés dans un morceau de tissu d'une ou de plusieurs couleurs et cousus sur le drap uni d'une autre couleur.
Cet ouvrage sur le tifaifai est le premier qui aborde ce sujet de façon aussi approfondie et s'y consacre entièrement. Le tifaifai, fait partie du cœur de la culture polynésienne.


Pour un tifaifai entièrement fait main, les prix peuvent dépasser les 80.000 CFP, mais qund on connait le nombre d'heures, qui ont été nécessaires pour la réalisation de ce bel ouvrage, le prix ne signifie plus rien.
Les auteurs : Michèle de Chazeaux :
Professeur de lettres, productrice et animatrice d’émission de radio et de télévision pour Polynésie 1ère. Elle a interviewé pendant des années, pour la radio, les femmes et les hommes qui ont fait ce pays, explorant ainsi la mémoire collective de la Polynésie française. Ses relations avec le monde de l’artisanat polynésien ont permis cette étude du tifaifai et de ceux qui le produisent. Elle est à l’origine de la plupart des portraits d’artisans.
Marie-Noëlle Frémy : Historienne spécialiste d’histoire contemporaine, a associé enquête livresque et enquête de terrain auprès des institutions, des artisans et des passionnés du tifaifai. Elle a écrit une grande partie des textes.

C'est un livre unique à avoir en bibliothèque absoluement.

30 mars 2012

Koke, Petite encyclopédie involontaire de Paul Gauguin en Océanie, de Jean-Louis Saquet

Je viens de terminer de découvrir le très beau livre de Jean-Louis Saquet qui a pour objectif affiché de :proposer une mise en scène de l'œuvre océanienne de Gauguin dans son temps". L'auteur connait bien Tahiti — où il vit depuis une trentaine d'années — et les îles de la Polynésie française, et s'il ne prétend pas s'adresser spécifiquement aux spécialistes et historiens de l'art, il fournit une information précieuse et rare pour ceux qui ne sont pas familiarisés avec le monde océanien, qu'il s'agisse du milieu naturel (géographie, flore et faune), ou de la société (emprise du colonialisme français, culture et traditions polynésiennes à Tahiti et Hiva Oa à la fin du XIXe siècle). Plusieurs centaines d'illustrations (reproductions, photographies, documents d'époque) soutiennent le propos de l'auteur ; la confrontation entre les unes et les autres souligne la sensibilité du peintre à la lumière locale, et l'acuité du regard qu'il portait sur la vie quotidienne des populations aux côtés desquelles il a passé les dernières années de sa vie.
Visite guidée d'une Polynésie au tournant des siècles, cette petite encyclopédie propose, en courts articles, une mise en scène de l'œuvre polynésienne de Gauguin dans son temps. Au rythme des longues navigations à la voile, la colonie française sommeille, éparpillée sur des dizaines d'îles. La syphilis fait des ravages et les missionnaires partent en croisade contre l'alcoolisme qui ronge le pays.
Gauguin peint les hommes, les femmes, les arbres, la terre rouge et l'écume des vagues. Des formes mystérieuses encore pour beaucoup, des objets et des fruits, des choses inexpliquées que ce livre raconte. Jusqu'aux derniers chevaux au galop sur le sable et le blanc cimetière qui attend sa venue, chaque détail sorti du fond de ses tableaux représente la vie et la culture d'une Polynésie observée par Gauguin.
Jean Louis Saquet est arrivé à Tahiti en 1970. Il entre comme graphiste chez le tout nouveau et premier éditeur local Les Éditions du Pacifique. Au départ de ce dernier pour l'Asie en 1976, il alterne travaux pub et éditoriaux ponctuels, puis réalise durant 3 ans une collection historique pour la Corse à partir de sa base d'Aix-en-Provence. En 1984 pour C. Gleizal, éditeur, il prend en charge la réalisation artistique et technique de L'Encyclopédie de la Polynésie en 9 volumes, puis du DIP, Dictionnaire illustré de la Polynésie en 4 volumes, un chantier de 3 années. En 1987 il fonde sa propre enseigne Polymages avec un premier titre,Te Fenua, qui, pourtant obsolète depuis longtemps, existe toujours sur le marché sous le label "Avant et après". Avec une dizaine de titres, il est en 1990 contacté par Christian Robert, qui souhaite fonder une structure édition en parallèle de son atelier de prestation Scoop. Après quelques titres et la création de la collection Survol sous la mention Polymages/Scoop, il quitte le nouvel éditeur qui devient alors Au vent des îles. JLS continue seul une discrète production personnelle doublée de nombreuses prestations éditoriales de commande,
Titres parus au Vent des îles : L'Atoll, Dico des îles, mon premier dictionnaire illustré de Tahiti, Manu, les oiseaux de Polynésie, Perles de Tahiti, Te fare, architecture tropicale de Tahiti.

14 mars 2012

Guide des fleurs de Tahiti et de ses îles

Ce livre est un guide très pratique de la richesse florale de Tahiti et plus généralement de toute la ceinture tropicale. Il rassemble les plus communes, les plus spectaculaires, les plus remarquables des fleurs et parfois les plus dangereuses, car certaines présentent des risques réels pour la santé.
C’est un véritable herbier avec des photos d'une qualité exceptionnelle, une présentation et une mise en page de qualité. Il a un index alphabétique indispensable. Même sans avoir de recherches particulières à y faire, c’est un véritable plaisir de le feuilleter et l’occasion de faire des découvertes surprenantes.

L'auteur : Né le 16 février 1955 à Oullins, c'est la plongée sous-marine qui a fait abandonner les rives de la Saône et du Rhône à Daniel Pardon. Journaliste à Lyon, il voulait aller vivre dans le bleu infini du Pacifique une autre vie. Il entra à La Dépêche de Tahiti au début de 1984 et en devint le rédacteur-en-chef dès 1987
Il est l'auteur notamment de "Tahiti, portraits et danses", "Tahiti entre ciel et mer" (ouvrage sur l'écosystème polynésien), et un étonnant "Fangataufa, Mururoa, état des lieux" (il est le premier journaliste à avoir pu filmer et photographier les puits d'expérimentations nucléaires dans le lagon de Mururoa, et à en avoir contrôlé la radioactivité), et le "guide des fruits de Tahiti " paru en 2005.
Il prépare un ouvrage intitulé "Mines et pierres précieuses".
La plongée sous-marine dans le Pacifique a comblé ses vœux les plus fous Il affectionne la grosse faune et les très petits organismes (coraux, coquillages, nudibranches...). En 1993, il a obtenu le 1er prix du reportage sous-marin au Festival international d'Antibes, après un second prix en 1992 avec un sujet sur la chasse sous-marine à l'île de Pâques. En l'an 2000, un 3eme prix pour "vingt milieux sous les mers", une analyse de la situation de vingt écosystèmes marins tropicaux.
Passionné par l'île de Pâques, Il espère un jour, pouvoir ouvrir un site consacré à "Rapa Nui" où il se rend chaque année.
Depuis 2002, il est le rédacteur en chef de plusieurs magazines. (Tiki Mag, hebdo télé, Fenua'Orama, mensuel féminin, Maisons du Fenua, trimestriel déco, Fenua Économie, annuel éco, Trouvtou…).

Tahiti sans les fleurs ne serait plus le vrai Tahiti.

9 mars 2012

Pakepakehà, le fantôme du Hauraki Gulf, roman noir .

Je viens de terminer un thriller polynésien qui a toute sa place dans la collection "noir Pacifique". Ce premier roman de Marc Stephan est très bien écrit et j’attends une suite.

L’histoire : Quel est le rapport entre le départ mouvementé d’un ferry dans le port d’Auckland un soir de tempête, un avocat privilégié et indécis devenu policier, une volcanique beauté maorie revendicatrice, un aide social tahitien boxeur et une créature androgyne de Huahine ? Voyage guidé dans le Pacifique Sud où derrière des paysages paradisiaques se cachent la violence, la misère et ceux qui voudraient bien se faire oublier. Des charniers des Balkans à l’enchanteresse Polynésie et la spectaculaire Aotearoa, le périple sanglant d’une vraie calamité. La vieille Titiwainui, oracle aveugle, l’a senti passer lors du tangi hangi, les funérailles maories. Elle l’a nommée Pakepakeha, une blanche et inquiétante apparition. Plus prosaïquement un tueur psychopathe entêté. Mais peut-être a-t-il fait l’erreur de défier les Maoris sur leur territoire ?


L’auteur Marc Stéphan, marin, fonctionnaire, entrepreneur, restaurateur, sportif et journaliste occasionnel, un itinéraire chaotique pour ce rêveur impénitent et insatisfait. À défaut de ne pas avoir toujours choisi la bonne direction, il a décidé de prendre le chemin de l’écriture. Pakepakeha est son premier roman écrit dans la fondamentale insécurité de l’autodidacte.
Après avoir longtemps vécu à Tahiti , Marc Stéphan est parti pour la Nouvelle-Zélande en 1996. Terre de feu, terre de glace, ce pays qui n'en a pas fini de régler ses comptes avec le passé, représente, pour l'auteur, le berceau de l'Océanie. Le Pacifique Sud prend sa source et se régénère à Auckland selon lui, c'est là que se trouve l'authentique esprit Maori. C'est à Auckland que Marc Stéphan a trouvé "le souffle" nécessaire pour écrire son roman qui nous emmène de la capitale néo-zélandaise vers Tahiti ou Huahine. L'auteur reconnait que la distance l'a aidé à construire ce roman, qui pose sur Tahiti un regard bienveillant, amical, presque familial, parfois nostalgique.

Court extrait
Auckland, octobre 1999
Ferry pour Wahieke
En cette froide soirée d'hiver de fin de siècle, les rafales de vent et de pluie de la mer de Tasmanie prenaient méchamment Quay Street en enfilade et secouaient les quelques quidams qui, stoïques, attendaient que le feu passe au vert. Il y avait peu de circulation sur la chaussée détrempée. Personne ne s'aventurait à traverser sous les yeux de la rugueuse statue du guerrier maori recouvert de son kaitaka, son ample manteau traditionnel de plumes. Du haut de ses trois mètres, il en imposait dans ce décor de béton. Gardien idéalement placé pour signifier que l'on devait composer avec la présence gênante et culpabilisante des ancêtres dans cette contrée pleine de sombres souvenirs. L'injustice avait fait son temps.
Le temps justement, déplorable ce soir-là, confortait cette idée. La géologie tectonique, substitut moderne aux croyances anciennes quand les massifs montagneux régnaient en dieux, expliquait moins poétiquement que, si à la naissance de la Nouvelle-Zélande, cela avait pété plus fort du côté de la future Auckland, il y aurait peut-être eu trois îles au lieu de deux. La deuxième capitale historique se situe sur un isthme et ce ne sont pas de modestes mamelons herbeux baptisés volcans qui ont donné leurs noms anglais aux quartiers de l'agglomération, qui peuvent gêner les colères de la violente mer de l'ouest.
Le groupe, libéré par le petit bonhomme vert, traversa rapidement l'avenue. Les passants trottinaient courbés, à petits pas pressés vers le Ferry Building et sa façade couleur moutarde anglaise d'un pot que l'on n'aurait pas refermé depuis longtemps. Les piétons se dirigeaient vers le Cin Cin restaurant ou au Harbour Side, à l'étage, la plupart s'engouffrant sous l'arcade menant au quai des ferrys où les bateaux dansaient nerveusement en martyrisant leurs aussières. Un avis de tempête prévint les passagers de ce qui les attendait dans cette nuit gelée s'ils osaient traverser vers Wahieke Island, ses plages et ses vignes. Si ce n'était pas la bonne saison pour visiter l'île, les résidents, eux, n'avaient pas le choix malgré l'heure tardive et les intempéries. On devait bien rentrer à la maison......

Excellent !

15 janvier 2012

Le seigneur des atolls de Pascal Martin

Ce roman écrit par Pascal Martin, a été publié aux Presses de la Cité, en juillet 2011. L’auteur : En 1968, Pascal martin se rend à Tahiti avec sa famille. Un an plus tard, son père, employé au CEA est rapatrié en France, atteint d’un cancer.
Adulte, Pascal Martin retournera dans le Pacifique pour enquêter sur le sort réservé à l’époque aux travailleurs du nucléaire. Ce roman est très largement tiré de ses observations. Journaliste d’investigations à France 2, Pascal Martin est aussi l’auteur de la vallée des cobayes, dans ce thème du nucléaire. L’histoire : En mai 1968, Chrétien est reporter pour l’ORTF, la télévision d’alors. Les images qu’il a tournées ne sont pas exploitées par son rédacteur en chef, sous prétexte de ne pas alimenter le chaos, une censure destinée à masquer les exactions côté forces de l’ordre. Désabusé, Chrétien s’exile en Polynésie, sur l’atoll de Tureia. La population de l’île a la réputation d’être anthropophage. Rumeur qui protège la tranquillité des Maoris de Tureia. C’est un village tabou pour les blancs, hormis pour quelques légionnaires stationnés à la pointe de l’île.
La vie n’est pas si sereine sur Tureia. L’atoll est proche de Mururoa, où sont menées de dangereuses expériences nucléaires. Sur l’île, la Marine a bâti un bunker, supposé protéger la population lors des explosions. L’endroit sert autant de salle de cinéma.
Des images fortes se dégagent de ce roman : la culture des huîtres perlières, le combat d’un homme contre un requin blanc, les éléments déchainés lors du passage d’un typhon, et bien d’autres scènes d’une rare violence.
Ce n’est pas un exotique petit roman d’aventures que propose Pascal Martin, l’enjeu est plus sérieux. Reporter, l’auteur connaît les plus noirs aspects de la présence militaire française dans cette région du monde, car Mururoa a eu un impact dramatique sur les habitants.
Je suis rentrée dans l’histoire très facilement, ensuite je n’ai plus quitté ce livre sans être allée au bout des 508 pages. Un week-end à Tureia, cet atoll des Tuamotu du Sud à une centaine de kms de Moruroa. Un livre qui force la réflexion avec une intrigue passionnante.

11 janvier 2012

Mangareva, taku akaereere de Lucas Paeamara

J’ai lu ce petit livre de 120 pages qui raconte Mangareva avant l’avion, dans les années 50-60.


Lucas Paeamara est né à Mangareva en 1944 et a fait ses études à Papeete (dès la 6 ème).
A 12 ans, son voyage en mer durera 4 semaines, pour rejoindre Tahiti et intégrer le séminaire de Taravao. Après avoir renoncer à la prêtrise, il revient quelques années plus tard et devient l’instituteur de l’île.
Elu maire de la commune des Gambier en 1977 (et réélu pour 3 autres mandats), il établit en priorité l’électricité dans le village de Rikitea. Elu conseiller territorial en 1986 à l’Assemblée de Polynésie (APF), il assurera la mise en place du réseau d’eau de Mangareva.
À travers un témoignage personnel et poétique, littéraire et documentaire, ce roman autobiographique est une belle description de la vie dans l’archipel des Gambier. C’est un témoignage attachant, écrit dans un style simple mais rempli d’émotion. Ce livre est très agréable à lire.



Edité en 2005 au Vent des Iles, j’ai lu ce livre au retour de Mangareva pour prolonger ce merveilleux séjour dans des îles magnifiques.

12 décembre 2011

Les lagons de Polynésie française

Ce livre de Jean-Louis Saquet a été publié en septembre 2011 aux Editions Polymages et réalisé en collaboration avec l'agence des Aires Marines Protégées.
Dans ses 112 pages, il réunit de magnifiques photos et illustrations des techniques de pêche, mais aussi de la faune et de la flore aquatique, accompagnées de textes très bien documentés.
Il est destiné à tous les passionnés de la mer, et du lagon, mais aussi aux pêcheurs débutants pour reconnaître les poissons et les coquillages, qui peuvent exister dans les mers chaudes (pas seulement en Polynésie) et pourquoi pas, aux futurs participants de koh-lanta !
Jean Louis Saquet
est auteur éditeur et illustrateur. Il a créé les Editions Polymages. Né en 1947, il a débarqué pour la première fois en Polynésie aux îles Marquises en 1970.
Ce livre est une véritable encyclopédie du lagon dans laquelle il est très agréable de s’y plonger !

Voici une vue du lagon de Punaauia, des hauteurs de PK 16, que j'ai prise il y a peu. Mooera, l'île soeur fait face.

Et le lagon du motu piscine à Raivavae (Australes), où je me suis bien baignée en novembre 2010 avec Poerava.
Nana.

10 décembre 2011

Histoires des enfants du quartier de la Mission - Papeete 1936-1944-.

Ce petit livre (151 pages) de Anatila Bréaud, édité en 2005 par les Editions Mini Editions (Tahiti), a été réédité en 2009. Je l’ai lu en une soirée tellement il m’a passionnée.
Dans ce livre plein de charme et de tendresse, elle nous fait partager les jeux, émotions et découvertes des enfants d'un quartier de Papeete, dans l'entre-deux guerres (1936-1944). "Anatila raconte le quotidien de son enfance, les rythmes journaliers et annuels, les odeurs et les relations humaines, l'autre, le différent et le semblable, son vécu singulier d'une période de la vie du fenua ", écrit Simone Grand dans la préface de l'ouvrage.
Sans craindre le hors sujet, la narratrice aborde même le tour de l'île et nous parle des lépreux d'Orofara, nous fait sortir de la Mission.
Les mots tahitiens sont en italique, mais ne sont pas traduits, aussi il faut connaître un peu le fenua et la langue, pour lire ce livre. Mais cela donne encore plus de charme et d’authenticité à ce récit naïf et candide.
Née en 1929, Anatila Bréaud dépeint avec exactitude les habitats de Papeete et le labyrinthe d'un quartier Elle est tahitienne et écrivain. Elle a publié :
- L’adieu à Monsieur les gouverneurs 2006 C'est le Tahiti des années 1975-1978 qui est évoqué dans ce recueil de notes adressées à l'écrivain Jean Lartéguy.
- Les rivières escamotées, lettre ouverte au pays - 2008- L'écriture de Mme Bréaud est belle, simple et chantante, jamais triste, dans ce livre quelque peu méconnu.

Note : Sacha Distel (1933-2004), a été marié pendant 42 ans à Francine Bréaud, championne de ski, et fille d'Analita et de Jean Breaud.

8 décembre 2011

Tohora, baleines de Polynésie

Voici le dernier livre que j'ai dévoré avec bonheur.Téthys Editions, Auteur Thierry Zysman (photo) Photos : pool de 8 photographes tous naturalistes ou photographes confirmés : Eric Leborgne (Raie Manta Club de Rurutu), Michel Begue, Sylvain Girardot, Yves Lefèvre, Fabien Michenet, Christophe Cordonnier, Serge Andréfoüet, Pierre Follin
Tohora veut dire baleine en tahitien.
C’est aussi le titre de ce sublime ouvrage de 320 photographies:“Tohora, les baleines de Polynésie". Ce livre nous invite à une rencontre photographique avec les baleines à bosse (Megaptera).
Après un voyage au long cours de près de 6000 kilomètres, les baleines à bosse arrivent en Polynésie en juillet. Certaines d’entre elles vont s’arrêter aux îles Australes, d’autres vont aller plus au nord et s’égailler dans tous les archipels du pays.
4 à 5 mois durant, ces mastodontes débonnaires, vont s’ébrouer autour des îles. Combats, amours, naissances.

Les eaux hospitalières de la Polynésie deviennent alors le théâtre d’ébats spectaculaires, vibrant au rythme des mélodies captivantes entonnées par les grands mâles.
Passion, persévérance et souvent même témérité, auront permis aux auteurs de cet ouvrage, tous naturalistes confirmés, de saisir de façon magistrale la splendeur de cette saga sous-marine.
Voyage au cœur de leur monde bleu, poétique et sauvage, cet ouvrage n’est pas qu’un livre d’images : les informations qu’il contient illustrent les dernières recherches effectuées sur les baleines à bosse, autant en Polynésie qu’à Hawaï ou en Australie.
le livre est également riche d’informations sur le mode de vie et les habitudes de migration de ces géantes débonnaires, que j'ai aperçues entre Tahiti et Moorea de nombreuses fois.
Il y a de nombreux et rares clichés dans ce livre. Mais il manque une seule scène, l’accouplement. Personne n’a cette image, personne ne sait d’ailleurs comment ça se passe…
Mystère de la vie des baleines! C’est un superbe livre cadeau pour Noël.

24 novembre 2011

Pierre Loti en Polynésie

Pierre Loti, (1850-1923) né Louis Marie Julien Viaud, à Rochefort et mort à Hendaye, est un écrivain français qui a mené une carrière d'officier de marine.
Il a été enterré sur l'île d'Oléron après des funérailles nationales. Sa maison à Rochefort est un musée.
Pierre Loti dont une grande partie de l'œuvre est autobiographique s'est inspiré de ses voyages de marin pour écrire ses romans :
- à Tahiti, pour Le Mariage de Loti (Rarahu) (1882),
- au Sénégal, pour Le Roman d’un spahi (1881)
- ou au Japon, pour Madame Chrysanthème (1887).
Il a gardé toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, où le fascinait la place faite à la sensualité, en particulier à la sensualité féminine : il l'illustre notamment dans Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d’Orient (1892).
Pierre Loti a également exploité l'exotisme régional dans certaines de ses œuvres les plus connues, comme celui de la Bretagne dans Mon frère Yves (1883) ou Pêcheur d'Islande (1886), et du Pays basque dans Ramuntcho (1897).
Il n’a que 21 ans lorsqu’en fin 1871, il embarque à Valparaiso sur le vaisseau amiral la Flore, qui fait route vers Tahiti. Il découvre l'île de Pâques, où la Flore fait escale, et débarque à Tahiti.
Il fréquenta, lors de ses deux escales de 64 jours à Papeete, la société locale et la cour de la reine Pomare IV. Il tombe amoureux de quelques jolies Polynésiennes. La reine Pomaré lui donne le surnom de Loti, du nom d'une fleur tropicale dit on, mais en fait il se serait lui-même baptisé Loti , au mépris du tahitien, où la lettre "L" n'existe pas : il fallait dire Rôti (rose), mais ce substantif culinaire manquait de poésie
Tenu à une obligation de réserve, du fait de sa qualité d'officier de marine, il n'en fait son nom de plume qu'à partir de 1876. Julien Viaud est de très petite taille, porte des talons hauts, parfois montés sur des ressorts, qui lui donnent une démarche de criquet.
Au fond du quartier de Titioro, dans la vallée de la Fautaua, à Papeete, le bain Loti est un bassin naturel, où Pierre Loti avait coutume de se baigner. C'est au bain Loti que, Rarahu rencontra le héros du roman de Pierre Loti : Le mariage de Loti (1879) initialement intitulé “Rarahu, une idylle Polynésienne”. Le 16 juillet 1934, le buste de Pierre Loti a été inauguré à cet endroit.

Le monument, buste en bronze et stèle en pierre, est l'œuvre du sculpteur Philippe Besnard, fils du grand peintre Albert Besnard
On doit à Pierre Loti, des dizaines de dessins concernant Tahiti et Moorea, Bora Bora et les Marquises. Il quitta Tahiti le 23 mars pour y revenir 3 mois plus tard, le 26 juin.
Loti n'a jamais oublié les îles, écrivant à un ami : "La Polynésie, que j'ai aimé ce pays-là ! Ces plages de corail, ces bois où l'on n'entend aucun bruit, ce je ne sais quoi d'insaisissable qu'il y a là-bas et qui hante encore mon imagination d'une étrange manière". Académicien en 1891, il quitta la marine en 1910 pour se consacrer uniquement à l'écriture.
Du séjour qu’il fit à Tahiti, 20 ans avant que Gauguin y jette l’ancre, Pierre Loti rapporte divers paysages mélancoliques et décolorés, qu’il vend à la revue L’Illustration. Peints à l’aquarelle, si ceux-ci témoignent de la déception de n’avoir pas retrouvé la jeune Maorie, qui fut la compagne de son frère, et l’enfant qu’elle aurait pu avoir avec lui, ils disent toutefois son amour pour le pays. "J’ai maintenant deux patries : Tahiti et la Saintonge", déclare-t-il en rentrant. Loti ne reviendra toutefois jamais en Polynésie et mourut à Hendaye en 1923.
Son frère, Gustave, qui resta plus longtemps que lui à Tahiti, est à l'origine des premiers clichés photographiques de Papeete.
J’ai relu "le mariage de Loti" que j’avais lu au collège. Le relire à Tahiti, donne une saveur particulière aux très jolis textes romanesques de Loti. Belle lecture.

21 novembre 2011

La ligne du corail : Fred Jouhaud et André Lhomme

Les éditions L'Harmattan ont publié en septembre 2010, un roman inspiré par l'histoire de la route aéronautique dite "la route du corail", qui desservait par hydravion de nombreuses îles du Pacifique dans les années 50. Ce 3ème roman de Fred Jouhaud, écrit avec André L'Homme, nous emmène à Tahiti et ses îles dans des voyages aériens mouvementés.
Le 26 décembre 1951 était inaugurée la "Route de corail", une aventure humaine et technique qui permit de rendre définitivement Tahiti et ses îles accessibles à la navigation aérienne. Un hydravion de la TEAL (Tasman Empire Airways Limited), établissait alors régulièrement la desserte Auckland/Papeete en passant par Samoa et les Cook. Une fois l'appareil amerri en douceur sur les lagons, les passagers étaient emmenés à terre à bord d'une embarcation, avec force fleurs et musique. Le roman débute quelques décennies plus tard. Alors qu'ils s'apprêtent à atterrir à Raiatea, (ISVL), les pilotes Teva et Erwin, repèrent un avion au fond des eaux translucides du lagon. Il s'agit d'un hydravion des années 50, un Catalina. De la star de cinéma déchue au conseiller peu vertueux, en passant par des pilotes, un journaliste et des héros de guerre, les auteurs font revivre une tranche de la vie polynésienne romancée, parfois si peu, et teintée de fantastique.
L'idée du roman est partie d'un scénario de série pour la télévision qu'André L'Homme avait retrouvé chez lui, en 2006, au fond d'un placard. Il y avait là tous les ingrédients d'un roman d'aventure à suspens : l'argent, le pouvoir, une société coloniale en pleine mutation et une épave d'hydravion avec, à l'intérieur, 14 squelettes et... un tiki cachant un parchemin écrit en tahitien ancien.


Le 3 septembre 1965, le F-WMKR n° 20, heurte un récif corallien au cours du déjaugeage à Hikueru. Fred Jouhaud, ancien journaliste à la retraite, grand reporter à France Inter, FR3, A2, RFO, (Pour RFO il a vécu en Martinique, à Tahiti et en Nouvelle Calédonie), est déjà l'auteur de deux romans historiques : "Mémoires d'un abbé turbulent", en 2005, qui conte les aventures, au XVIe siècle, de Jean de Watteville, l'un des plus extravagants personnages historiques jurassiens, un homme de robe et d'épée; et "Un caillou pour des Chân Dàng" en 2007, qui raconte l'histoire d'une famille vietnamienne qui, en 1954, au moment de Diên Biên Phu, choisit la France et s'embarque pour Nouméa.
André Lhomme, haut fonctionnaire (ENA) et auteur, se consacre à l’audiovisuel, de la SFP aux télés régionales en passant par RFO Tahiti.
J’ai adoré ce livre où de jolies histoires romanesques se mêlent à l’intrigue principale. De très belles descriptions des ambiances, paysages, couchers et levers de soleil à Tahiti et Raiatea. 260 pages avalées en 4 soirées.
Pour les passionnés d’aviation, j’ai trouvé des liens très bien documentés sur
les Catalina de l’armée française à Tahiti (avec de nombreuses photos).

21 octobre 2011

Patrick Pécherot : Tiuraï

Je vous présente un livre extraordinaire :



Edition originale : Gallimard / Série Noire - Octobre 1996.
Dernière édition poche : Folio Policier - Juin 2005
L’histoire : Un jeune tahitien trouve la mort avec son frère handicapé le jour de la fête du 14 juillet. (Tiuraï = fêtes de juillet). Une émeute sanglante dévaste la prison de Papeete et la répression qui s’en suit n’a rien à envier à certaines dictatures. Loin de la métropole, la Polynésie et ses atolls n’ont plus grand chose à voir avec les vahinés et les colliers de fleurs. Sous la mer bleue rôde une menace étouffée par le secret défense. Parce qu’il emprunte les chemins de traverse, le journaliste Thomas Mecker, va côtoyer une réalité mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas pour rien que le mot "tabu", comme Mururoa, est issu de ces îles…
le titre tahitien de ce premier roman, Tiuraï, se traduit par Fête Nationale même si le bouquet du feu d'artifice, au-dessus du lagon, prend une drôle de forme de champignon

C’est loin de ces clichés éculés de Tahiti, que Patrick Pécherot va promener sa plume. Et la couleur de l’encre dans laquelle il la trempe n’est pas bleue comme les lagons. Elle est sombre et noire, comme l’ombre nucléaire qui plane sur Mururoa.
Derrière les cartes postales, il y a des vies. Toutes les filles ne sont pas de jolies vahinés à la peau sucrée enduite de monoï et aux seins nus ; toutes les maisons n’ont pas le luxe 5 étoiles, le room service et les pieds dans le lagon. À 2 pas de la piste d’envol de l’aéroport de Faa’a, des bidonvilles poussent. Lieux de chute des espoirs déçus de richesse et de réussite.
Enquête policière et enquête sociale en même temps, Pécherot nous emmène de l’autre côté de la carte postale. Mecker va faire trembler cet édifice mensonger. Le ressentiment identitaire, le mensonge autour des travaux atomiques, la camisole financière des subventions métropolitaines, tout ce bouillon couve à petit feu… Mais la marmite donne des signes de débordements…
C’est diablement bien mené, prenant, et la morale n’est pas forcément là où on l’attend.
Ce que fait Pécherot avec habileté, c’est de nous montrer que les gentils ne gagnent pas toujours à la fin...
Magnifique …… !

L'auteur : Patrick Pécherot, est né en 1953 et a exercé plusieurs métiers avant de dévenir journaliste. Auteur de Belleville-Barcelone et des Brouillards de la butte (grand prix de littérature policière 2002).

15 octobre 2011

Voyance sous les tropiques

Voici le dernier thriller lu en deux jours : Voyance sous les tropiques de Chantal Kerdilès.

Ed : Au vent des Iles


L’histoire : Qui a tué le bon docteur Mazière, retrouvé la tête fracassée près de son bateau, un soir de tempête ? Laura, une ancienne photographe, va être bien malgré elle mêlée à l'enquête. L'intrigue dépeint une communauté d'expatriés en complet décalage par rapport aux gens du pays.
Le livre est en réalité une suite d'analyses en profondeur des diverses origines et destins de métropolitains plus ou moins tropicalisés, qui ont choisi de fuir ou de reproduire le monde occidental sur Moorea.
C’est aussi le prétexte à une incursion dans le monde de la tradition et des croyances polynésiennes.
Chantal Kerdilès reste fidèle à elle-même. Après nous avoir charmé avec ses livres sur les "Chiens d'atolls" et nous avoir passionné pour les petites communautés des îles Tuamotu dans "Itinéraires polynésiens", voici que cette ancienne journaliste, nous plonge dans une étude anthropologique des hommes, mais surtout des vahine popa'a expatriées qui vivent sur l'île de Moorea.
Ce livre paru en 2002, n’est pas mon préféré de Chantal Kerdilès, il faut dire qu’avec son très grand talent, elle a su rendre toutes ces "expatriées oisives", particulièrement odieuses et insupportables.

Un livre à découvrir cependant.

3 octobre 2011

Thrillers polynésiens

Voici les deux thrillers polynésiens qui m'ont accompagnée à Makemo.
FAUSSE PASSE

de Firmin Mussard

L'histoire : Un pêcheur des îles Tuamotu trouve dans l'estomac d'un requin tigre un bras ayant appartenu à Léo Guttmann. Franck Kuntz, ex-détective privé qui fut le binôme du disparu pendant la guerre du Golfe, quitte donc La Réunion, pour l'atoll d'Arutaki, fidèle à un vieil engagement qui liait les deux hommes. Amené au cours de son enquête à reprendre les investigations de Guttmann concernant le vol d'une récolte de perles, Kuntz va devoir miser sur ses facultés de communication, face à un microcosme tout particulièrement fermé.
Sa quête d'une île à l'autre, prendra peu à peu la forme d'un parcours initiatique, durant lequel il perdra plus d'une fois de vue les données de la question initiale : le requin-tigre a-t-il oui ou non agi seul ? "Dans les Tuamotu, chacun est maître de son destin et respecte, par principe, celui de l'autre." Polar atypique, Fausse passe déroule son intrigue d'après cet aphorisme et avec une lenteur étudiée qui entraîne le lecteur au rythme de la vie des atolls.
Médecin, voyageur et chasseur sous-marin, Firmin Mussard vit en Nouvelle-Calédonie.
'Fausse passe' est la suite de 'Retrait du percuteur', premier épisode des tribulations indo-pacifiques de Franck Kuntz.



OPERATION TNT

de Christian Hyvernat
Christian Hyvernat est officier en retraite et vit depuis 11 ans sur le territoire.


Pour son premier roman, il nous fait découvrir Tahiti sous un angle un peu inédit.
l'histoire : sous le calme de ses eaux, le lagon bouillonne des actions les plus variées. L'auteur nous fait toucher du doigt que la position centrale de nos îles dans la zone du Pacifique en fait une région où peuvent se retrouver Les tensions internationales. Loin d'être cantonnée dans un rôle hors du temps, Tahiti peut être aussi le carrefour des intérêts et des échanges même les plus durs entre toutes les puissances de la planète. (contre-espionnage chinois)
La beauté des paysages et de la douceur de vivre servent de décor à l'action pure et dure. Les intérêts politiques et économiques, les luttes des groupes les plus divers et les plus acharnés s’entrecroisent. Mais ce n'est bien sûr que de la fiction...
Pour un peu de douceur, deux jolies histoires amoureuses sont en filigramme.
Le week end prochain, c'est le salon "lire en Polynésie". A ne pas manquer.

12 septembre 2011

Thriller polynésien : Atolls sanglants

Je me suis régalée récemment avec le livre de Gilles de Montenars : Atolls sanglants.
Ce bouquin de 308 pages, écrit en 1998 est un best du genre et fait toujours les ventes à Papeete.

Gilles de Montenars ne se dit pas aventurier, mais plutôt observateur. Des pays dans lesquels il s'installe, il puise son inspiration. Après 2 ans passés à Moorea, où il se lie d'amitié avec un Tahitien, il a écrit son premier roman d'aventures sur la Polynésie.
Le thème du livre : Qui n'a jamais rêvé de découvrir le trésor de guerre nazi ? François, le chercheur et Terii le tahitien, eux, l'ont trouvé par hasard et leur destinée va en être profondément bouleversée. Cette découverte va les entraîner dans une spirale d'aventures dangereuses, mortelles même, des Tuamotu aux îles Sous-le-Vent. Un rythme soutenu, des rebondissements imprévus, où l'imaginaire parfois devient réalité.
Voici ce que Alex W du Prel (de TPM) écrivait à la sortie du livre : Un thriller vraiment excellent, un livre qui est un véritable plaisir à lire. Enfin ! [Le] bouquin se lit vite et d'un seul coup, il est plein d'imagination, de high-tech, de science-fiction, et tout ça tient très bien debout. En réalité, il s'agit d'une sorte d'Indiana Jones local, où un gentil chercheur français accompagné de la classique vahine sont pourchassés par de méchants néo-Nazis.


Un très bon scénario pour un film que je n’irais pas voir car il y a vraiment trop de morts ! Eh oui le titre l’annonce c’est Atolls sanglants.

11 septembre 2011

Le Mystère Bougainville (1729-1811)

Pour le bicentenaire de la disparition de Louis-Antoine de Bougainville, Philippe Prudhomme a publié son dernier ouvrage. Le Mystère Bougainville.


Je suis allée acheter ce livre à la librairie Archipels le samedi 3 septembre, où l’auteur avait organisé une séance de dédicace.
J’ai lu, ou plutôt dévoré ce livre de 257 pages en 3 jours.
Louis-Antoine de Bougainville a été l'un des hommes les plus représentatifs du "Siècle des Lumières". Grand savant et homme d'action, il fut le premier navigateur à organiser une expédition scientifique autour du monde et le premier français à accomplir cet exploit.
Cette biographie captivante et très complète est un hommage rendu à l'occasion du bicentenaire de sa mort. Ce livre nous entraîne dans le sillage de ce grand marin de la cour de Versailles aux rivages ensoleillés de Tahiti en passant par les étendues neigeuses du Canada.
Philippe Prudhomme, professeur de français et d’histoire, a enseigné dans les différents pays traversés lors du tour du monde du premier circumnavigateur français. Il a choisi de rendre hommage à ce grand homme, à l’occasion du bicentenaire de sa disparition. Il avait 82 ans, c’était âgé pour l’époque, surtout après une vie si trépidante.
Ce voyage autour du monde a été le premier voyage scientifique mais aussi le premier voyage d’une femme autour du monde, Jeanne Barré (la maîtresse à bord du botaniste Commerson, déguisée en homme. Commerson a découvert la Bougainvillée dont il donna le nom en hommage à Louis, et aussi le premier voyage d’un Océanien en Europe (Ahutoru) .
Né à Paris le 12 novembre 1729. Fils de notaire, après d'excellentes études dans les langues anciennes et les sciences exactes, il publie le tome I de son Traité du calcul intégral en 1754, forgeant sa réputation de savant, avant de commencer sa carrière militaire.
Destiné au barreau, par condescendance, il étudia le droit et devient avocat. Puis il entre en 1753 comme aide-major dans un bataillon de Picardie.
Il participe aux batailles au Canada et aux Îles Malouines, face aux Anglais avant d’entamer le voyage d’une vie : le voyage autour du monde. Des Malouines, l'escadrille va en Chine par la mer du Sud, en passant par les terres australes.
Le 2 juin 1767, il appareilla des Malouines, accompagné d'un naturaliste, d'un dessinateur et d'un astronome pour cet extraordinaire voyage scientifique duquel il publia la relation en 1771, sous le titre : Voyage autour du monde, ce sera un prodigieux succès !
Au Brésil, le botaniste Philibert Commerson, embarque sur l’Étoile. Il découvre la fleur qu'il nommera la bougainvillée, plante emblématique en Polynésie.
Il explora l'archipel “Dangereux” (ou Tuamotu), les îles Tahiti, Tchaï, Lanciers, Crocker, Delville, Hamoa (Samoa). La découverte de Tahiti - seulement 10 jours - déjà reconnue par Cook, et les observations sur les mœurs de ses habitants, à une époque où l'on était plus préoccupé de l’état de nature si chère à Jean-Jacques Rousseau, ont enthousiasmé le public.
Le 4 avril 1768, il décrit Tahiti ou la “Nouvelle Cythère”. Le buste du circumnavigateur a été érigé le 14 juillet 1909 sur le quai de Papeete. En 1968, la statue a été déplacée dans le Parc du roi Albert, rebaptisé Parc Bougainville, en 2005.
Pendant la période révolutionnaire, Bougainville est jeté
en prison puis sauvé in-extremis. Ensuite, il a été nommé membre de l’Institut, et le Directoire lui offre, le 5 juin 1797, le portefeuille de la Marine, qu’il déclina. Après une existence déjà longue, remplie d’aventures et de travaux, il se retira dans le Brie au dans son domaine. L’Empire l’a fait comte, sénateur et grand officier de la légion d’honneur.
Le 31 août 1811, il y a 200 ans, Louis-Antoine de Bougainville meurt plus qu’octogénaire. Il a eu les honneurs du Panthéon le 7 septembre de la même année.


Tres beau livre de Philippe Prudhomme. Pour en savoir plus je vous invite à découvrir le site des amis de Bougainville. Bonne navigation.

8 septembre 2011

Lectures marquisiennes : un cargo aux Marquises

Je tiens à vous présenter le livre d’Emmanuel Michel sur la croisière de l’Aranui. Ce petit livret de 36 pages est plein des dessins de l’auteur, carnetiste de talent qui a effectué la croisière en 2006.
Emmanuel Michel est né en 1970 à la Chaux de Fonds en Suisse; en 1987 il entre à l’école de dessin du petit collège à Lyon, puis de 1988 à 1991 il suit les cours de l’école de restauration de peintures d’Avignon. Il est diplômé en 1994 après deux ans passés en Egypte comme restaurateur de peintures. Il vit et travaille à Puybegon dans le Tarn.
Je vous conseille la visite de son site http://www.emmanuelmichel.com/
J’ai acheté ce livre à la boutique du bateau pendant la croisière et j’ai obtenu des dédicaces des personnages bien réels que l’auteur a croqué dans ses dessins très réalistes. Superbe livre qui complète les 3000 photos de cette croisière merveilleuse.
Les textes en français et en anglais sont vraiment le récit des jours de croisière.

On trouve ce livre dans les librairies de Papeete, mais il faut bien chercher !

6 juillet 2011

Vanaa et Taaroa

Il s’agit de deux ouvrages romanesques sur Tahiti :
Le premier c’est Vanaa ou la loi des ancêtres (1984)- Prix de l’Océanie -


Le second Taaroa ou les plaisirs de la cour. (1992)

Je viens de terminer la lecture de ces deux fabuleux ouvrages.


Je dois vous dire comment je les ai découverts. Ce sont les bonnes surprises du Net et du blog.
L’auteur Colette Geslin a vécu quelques années à Tahiti et est désormais sur la côte d’azur.

En début mars 2011, elle a découvert mon blog et m’a écrit un mail charmant.

Nous avons continué cette correspondance et elle m’a adressé ses ouvrages dédicacés par colis postaux.

Les seuls livres qui m’ont accompagnée au CHR 35 pendant ma bataille pour la survie et mon retour à Tahiti. Dès le 16 mars Colette, pensait que j'allais revenir. Elle m'a donné le mana.

Ce 7 juillet 2011, tous les examens sont Ok et je savoure chaque jour de ma nouvelle vie, celle de la rémission. Elle a un goût exceptionnel de printemps et de renouveau.
Je me suis régalée à lire ces deux romans qui parlent du Tahiti de 1827 à 1880, avant l’annexion française. J’ai admiré le travail de recherche et de documentation historique, mené par Colette. Ses ouvrages m’ont donné les couleurs de Tahiti et fait rêver, lorsque j’étais au CHR entre deux perfusions. Colette m’a replongée dans le Tahiti que je venais de quitter. Parfois le hasard fait si bien les choses !
Je vous mets en lien son site web et vous invite à y surfer à loisir.
Colette, bretonne de naissance, (encore une coïncidence étrange!) a aussi écrit aussi de nombreux romans historiques sur la Bretagne et de super recueils de poésie.

Tahiti et la Bretagne, on ne pouvait que se rencontrer un jour toutes les deux.

Le Net l’a permis.
Je vous invite à trouver et à lire ses ouvrages, car ce sont de superbes écrits pleins de couleur et de douceur.

Des livres que j’aime lire et relire, car les histoires sont envoutantes. Belles comme des comtes de fées, des reflets de la réalité historique à peine romancés.
Mauruuru roa Colette