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21 novembre 2011

La ligne du corail : Fred Jouhaud et André Lhomme

Les éditions L'Harmattan ont publié en septembre 2010, un roman inspiré par l'histoire de la route aéronautique dite "la route du corail", qui desservait par hydravion de nombreuses îles du Pacifique dans les années 50. Ce 3ème roman de Fred Jouhaud, écrit avec André L'Homme, nous emmène à Tahiti et ses îles dans des voyages aériens mouvementés.
Le 26 décembre 1951 était inaugurée la "Route de corail", une aventure humaine et technique qui permit de rendre définitivement Tahiti et ses îles accessibles à la navigation aérienne. Un hydravion de la TEAL (Tasman Empire Airways Limited), établissait alors régulièrement la desserte Auckland/Papeete en passant par Samoa et les Cook. Une fois l'appareil amerri en douceur sur les lagons, les passagers étaient emmenés à terre à bord d'une embarcation, avec force fleurs et musique. Le roman débute quelques décennies plus tard. Alors qu'ils s'apprêtent à atterrir à Raiatea, (ISVL), les pilotes Teva et Erwin, repèrent un avion au fond des eaux translucides du lagon. Il s'agit d'un hydravion des années 50, un Catalina. De la star de cinéma déchue au conseiller peu vertueux, en passant par des pilotes, un journaliste et des héros de guerre, les auteurs font revivre une tranche de la vie polynésienne romancée, parfois si peu, et teintée de fantastique.
L'idée du roman est partie d'un scénario de série pour la télévision qu'André L'Homme avait retrouvé chez lui, en 2006, au fond d'un placard. Il y avait là tous les ingrédients d'un roman d'aventure à suspens : l'argent, le pouvoir, une société coloniale en pleine mutation et une épave d'hydravion avec, à l'intérieur, 14 squelettes et... un tiki cachant un parchemin écrit en tahitien ancien.


Le 3 septembre 1965, le F-WMKR n° 20, heurte un récif corallien au cours du déjaugeage à Hikueru. Fred Jouhaud, ancien journaliste à la retraite, grand reporter à France Inter, FR3, A2, RFO, (Pour RFO il a vécu en Martinique, à Tahiti et en Nouvelle Calédonie), est déjà l'auteur de deux romans historiques : "Mémoires d'un abbé turbulent", en 2005, qui conte les aventures, au XVIe siècle, de Jean de Watteville, l'un des plus extravagants personnages historiques jurassiens, un homme de robe et d'épée; et "Un caillou pour des Chân Dàng" en 2007, qui raconte l'histoire d'une famille vietnamienne qui, en 1954, au moment de Diên Biên Phu, choisit la France et s'embarque pour Nouméa.
André Lhomme, haut fonctionnaire (ENA) et auteur, se consacre à l’audiovisuel, de la SFP aux télés régionales en passant par RFO Tahiti.
J’ai adoré ce livre où de jolies histoires romanesques se mêlent à l’intrigue principale. De très belles descriptions des ambiances, paysages, couchers et levers de soleil à Tahiti et Raiatea. 260 pages avalées en 4 soirées.
Pour les passionnés d’aviation, j’ai trouvé des liens très bien documentés sur
les Catalina de l’armée française à Tahiti (avec de nombreuses photos).

16 novembre 2011

La désserte aérienne de Fakahina menacée

Dans mon post, (sujet de blog), avant le départ, je vous avais parlé des difficultés annoncées avec la désserte aérienne. Le journal La Dépêche, m'a commandé un article sur le sujet. J'ai donc interwiewé le habitants pour recueillir leur avis.


Mon article a été publié le mardi 15 novembre. Je n’avais rien dit dans le blog avant, pour conserver l’exclusivité au journal. Le voici, intégral avec les photos couleur.



Les îliens sont inquiets.
"A Fakahina c’est un sujet d’inquiétude et les habitants ont du mal à envisager l’absence totale d’avion qui existe depuis 1985. Bien au contraire, à la mairie, les plans d’agrandissement de la piste pour recevoir des ATR sont affichés. Les propriétaires concernés par les expropriations étaient prévenus.
Selon les statistiques annuelles et à raison de 8 sièges dans le beechcraft et environ 50 vols AR par an, c’est un maximum de 800 personnes qui sont donc transportées, mais il y a tous les vols spéciaux, privés, mission, évacuation sanitaire….. C’est aussi la possibilité de recevoir le courrier et quelques journaux au moins une fois par semaine.



Une habitante dont les enfants sont étudiants à Papeete, déplore le fait que, "si la desserte s’arrête, ils ne viendront plus du tout, car ils ne resteront pas un mois, ni ne prendront la goélette qui met plusieurs jours pour venir de Papeete." Les amis et enfants qui viennent de Papeete apportent souvent des compléments au niveau nourriture, vêtements, médicaments, articles scolaires, produits d’hygiène, de confort….. etc.
Les trois employés d’Air Tahiti basés à Fakahina, Annick, la chef d’escale, son assistant, le bagagiste et le pompier employé par la protection civile, vont voir leurs revenus diminuer. Toucheront-ils des indemnités de licenciement ? Aucune information n’arrive dans l’île.
Comment fera le maire de Fakahina qui réside à Papeete ?
Comment imaginer développer le tourisme s’il n’y a plus de liaisons aériennes régulières, alors que 8 jours paraissent déjà longs pour certains ?
Annick aurait aimé faire une pension, mais elle ne va pas payer une patente et des impôts pour une touriste par an !
Pas question de prendre le bateau pour rejoindre Fangatau (qui reçoit les ATR). 80 km séparent les deux atolls : du gasoil coûteux et une prise de risque importante.
Les réductions sont déjà programmées sur Fakahina, puisque les vols du 21 novembre et du 5 décembre sont déjà annulés, sans attendre la date du 24 janvier, annoncée initialement. Les habitants de Fakahina n’auront pas le temps de venir faire leurs achats de Noël à Papeete. Les enfants ne seront pas aussi bien choyés qu’à Tahiti.
Le problème semble insoluble. Une île de Bretagne connaît en ce moment les mêmes soucis. Il s’agit d’Ouessant. Il y a deux catégories d’insulaires, ceux qui vivent dans des îles très peuplées et ceux qui vivent sur des atolls minuscules. L’égalité n’existe pas.
Restent les prières à Saint Athanas et à Saint Nicolas de Fakahina, pour faire en sorte que l'oiseau blanc se pose encore dans ce petit paradis.

NB : la légende du journal parle de "floklore", en voyant les consignes de sécurité faites sous le pandanus. Pas du tout, c'est normal ! Pendant ce temps, c'est le chargement du fret dans l'avion et ainsi on ne perd pas de temps. Pour avoir pris souvent les twin Otter, j'ai l'habitude de ce genre de scène. Ainsi voici l'hôtesse à Hao. Nous étions en plein soleil à l'écouter, vaut mieux être à l'ombre du pandanus ! Et pour le plaisir quelques photos du beechcraft, en espérant le revoir souvent sur les pistes des Tuamotu.

Le pilotage du Beechcraft : Vous voyez comme le soleil tape dans le pare-brise, aussi au retour sur Tahiti, dès le départ de Makemo, le co-pilote installe le pare soleil (le même que j'ai dans ma twingo) et nous volons "en aveugle" !! . Arrivés à Tahiti, 2 heures après, nous commençons la descente et ..... ouf enfin il enlève le pare-soleil.

9 octobre 2010

Les avions de Tahiti

De la terrasse de ma résidence, Diva Nui, j’ai ce bonheur de voir les avions arriver et partir de Tahiti. Désormais je connais les jours, les horaires .
Je sais si c’est une arrivée de Tokyo, Aukland, Santiago du Chili, Nouméa ou Paris (via Lax) .
A chaque fois je me précipite et je leur dis à tous ces voyageurs "Mavea".
Pour les départs , c’est plus triste et je leur dis "revenez vite, nana".
C’est si loin la métropole ! C’est si long 24 h dans un avion.
Tahiti est si petit à l’échelle du monde.
Mais la Polynésie est immense et un vrai paradis sur l’océan.
Quelle chance d’y vivre !