13 mai 2012
Le fort de Cook à la pointe Vénus
19 janvier 2012
Les débuts de la perliculture moderne
Il y a un peu plus de 100 ans, Tokichi Nishikawa, biologiste de la marine impériale japonaise (1874-1909), Tatsuhei-Mise, charpentier et Kokichi Mikimoto, fils du propriétaire d'un magasin de nouilles, eurent sans se connaître et presque en même temps la même idée. Chacun de son côté, ils établirent les fondations de la perliculture moderne.
Auparavant, un certain nombre d'essais, parfois couronnés de succès, avaient été tentés dans quelques pays : la Chine, la Suède, la Finlande, Ceylan, les Etats-Unis, l'Australie et Tahiti. Ces premiers efforts se limitaient toutefois à la culture des demi-perles. Rien n'indique qu'on y ait dépassé la méthode empirique, ni atteint un volume de commercialisation satisfaisant. C'est incontestablement aux Japonais que revient le mérite du succès dans ces 2 domaines.
Les premières années de la perliculture fourmillent de controverses pleines d'acrimonie, de conflits personnels et de rivalités. Dans ce labyrinthe de discordes, il est pratiquement impossible d'identifier l'inventeur réel de la méthode de culture par laquelle on obtient des perles rondes. Le mérite en revient-il à l’un de ces 3 hommes ou bien à aucun d'entre eux?
A la fin de la seconde guerre mondiale, les forces alliées d'occupation nommèrent une commission chargée d'étudier en détail et depuis ses débuts, l'industrie perlière japonaise Akoya. Malgré la confusion qui avait marqué ces débuts le Dr R.A. Kahn du Département des ressources naturelles au quartier général du commandement suprême des forces alliées à Tokyo, soumit un rapport intéressant le 31 octobre 1949. Dans ce texte, il conclut que les 2 derniers sont les seuls inventeurs des perles de culture rondes.Mikimoto était écarté comme l'inventeur ou créateur.
La première perle récoltée (en fait un mabe) le fut le 11 juillet 1893 dans la baie d'Ago, au Japon. Mais Tatsuhei Mise, obtint la première perle ronde en 1904.Les 2 licences de Mise et Nishikawa furent déposées en 1907 ; en 1908, Mikimoto déposait à son tour son brevet; 3 documents qui furent en quelque sorte les actes de naissance de la greffe.
La technique archaïque de Mikimoto consistait alors à envelopper un petit noyau artificiel dans un morceau de tissu de nacre et à glisser le tout dans une autre "huître".Ce procédé est assez lourd, et relève de l'opération chirurgicale traumatisante pour la nacre qui reçoit un corps étranger important dans son organisme. De ce fait, la mortalité était élevée. Les techniques plus légères qui consistent à n'introduire qu'un noyau et un greffon l'emporteront très vite. Mais leur collègue fut le véritable promoteur de la perle de culture, au Japon d'abord, dans le monde entier ensuite. A noter que dès 1914, Kokichi Mikimoto entreprit des travaux avant-gardistes sur une nacre peu connue, la Pinctada margaritifera.
Par perle "fine", on désigne une petite sphère de carbonate de calcium, de l'aragonite pour être plus précis, formée par un bivalve confronté à un corps étranger introduit dans ses tissus : cet intrus peut être un simple grain de sable, ou une petite particule qui gêne l'animal ; celui-ci alors, dans une réaction de défense, secrète autour de l'intrus une fine couche d'aragonite, matière qui est la même que sa coquille. Cette sécrétion se fait par rotation permanente du corps qui va être isolé par la sécrétion : d'où une forme généralement arrondie.La perle de culture est, au contraire, le fruit de l'intervention de l'homme sur un bivalve. C'est donc artificiellement que le greffeur introduit un intrus dans l'animal, dans le but de le contraindre à mettre en œuvre son processus de défense et à isoler ce corps étranger en le noyant dans de l'aragonite. La bille introduite artificiellement est appelée noyau ; en général, il faut lui adjoindre un petit morceau de manteau d'une autre nacre, et c'est à partir de ce greffon que la sécrétion d'aragonite commence.
Une perle est composée à plus de 90% d'aragonite pure. Si les perles et les coquilles réagissent si différemment à la lumière, c'est simplement parce que la sécrétion se fait dans un cas de manière sphérique et dans l'autre de manière horizontale. Cet empilement de fines lamelles d'aragonite (on compte un millier de couches sur une perle de qualité) permet à la lumière, du soleil ou artificielle, de jouer ensuite avec ces micro-cristaux d'aragonite, et de déterminer ce que l'on appelle l'orient d'une perle.
Perle fine et perle de culture sont toutes les deux des perles "naturelles", fabriquées par un bivalve. La différence essentielle entre perle fine et perle de culture, est que la seconde possède un noyau. Sur le marché mondial, la perle fine a quasiment disparu. Malgré plusieurs tentatives de greffe, notamment dans les années 1930 par un certain François Hervé (administrateur des Tuamotu), dont l’illustre témoin fût le peintre Matisse, ce n’est que dans les années 1960, qu’un essai de greffe se transforma en réussite.En effet, le chef du service de la pêche, Jean-Marie Domard, ayant étudié la greffe, à la fin des années 1950, sur la ferme de M. Mikimoto , il a décidé de tenter l’expérience avec M. C Muroi, alors illustre greffeur japonais. Cette première expérience eut lieu sur l’atoll de Hikueru.
La récolte étant assez satisfaisante, il fût décidé de réitérer l’expérience en transférant des nacres de Mopelia à Bora Bora. La récolte faisait l’objet d’une exposition à l’Assemblée Territoriale en février 1965 et les perles furent mises en valeur par le bijoutier Mourareau. Certaines d’entre elles atteignaient 14 mm de diamètre. Ceci marqua le début d’une nouvelle activité.Alors que Jean-Marie Domard quittait le territoire en 1967, une figure marquante de l’histoire de la perle, Koko Chaze expérimentait la culture de "mabé " à Rangiroa.
Ces différentes expérimentations eurent des retentissements à l’international et Jacques Rosenthal de la célèbre société de négoce Rosenthal Freres Paris, recruta William Reed, biologiste marin avec 8 ans d’expérience dans la mer rouge et le golfe Persique, pour examiner la possibilité d’élever à grande échelle des huîtres perlières. Il a passé plusieurs semaines avec Chaze, tous 2 ensemençant environ 2.000 huîtres afin d’obtenir des mabe. Les collecteurs étaient faits à partir des branches sèches de l’arbuste local, Miki Miki.Agissant sur le conseil du Dr. Domard, Koko Chaze se rendit sur l’atoll de Manihi
avec des mabe (demi-perles) pour mettre en œuvre les résultats obtenus sur l’atoll de Rangiroa. Et c’est ainsi qu’est née la première ferme perlicole en Polynésie française sur l’atoll de Manihi en 1968, époque à laquelle Chaze fut rejoint par les français Jacques et Aubert Rosenthal, petit-fils du bijoutier renommé de Paris, Léonard Rosenthal, qui finança l’opération. La première perle ronde de cette ferme, "la Société Perlière de Manihi " fut produite en 1970. William Reed quitta le Département de la pêche en 1973 pour former sa propre société, Tahiti Perles, et commença la perliculture à Mangareva dans les îles des Gambier. Il revendit cette société 2 ans plus tard à Robert Wan.
En 1975, un homme d’affaires Français de 50 ans, Jean-Claude Brouillet, arriva à Tahiti. Parmi ses nombreux investissements, il y avait l’achat de l’atoll de Marutea Sud dans l’archipel des Gambier, où il débuta la perliculture avec un autre Français, M. Brannelec. J.C Brouillet était le premier à prouver que des négociants en haute joaillerie pouvaient être approchés avec des perles de culture de Tahiti. Jusque-là ces perles étaient pratiquement inconnues à l’international. Après 15 ans de travail, Brouillet se retira et vendit son atoll et sa ferme perlière en 1984 à Robert Wan, devenu l’empereur de la Perle de Tahiti.
En 1976: Le “Gemological Institute of America” (G.I.A.) reconnaît la “couleur naturelle” des perles de Tahiti. En 1988: La Confédération Internationale de la bijouterie, joaillerie et orfèvrerie, la CIBJO, a homologué la dénomination “perles de culture de Tahiti de couleurs naturelles ».Si en 1988, la dénomination "perle de Tahiti "est acquise sur le plan administratif, il faudra dans les faits, attendre au moins 1994 pour que celle-ci soit reconnue et respectée. Elle devient alors pour les spécialistes du monde entier "la Perle des Reines et la Reine des Perles ". A suivre.
13 janvier 2012
Gustave Viaud, premier photographe de Tahiti
Gustave Viaud né en 1836, est le frère aîné de Julien Viaud dit Pierre Loti. Chirurgien de la marine, il est nommé à Tahiti en 1859 et meurt à 29 ans en 1865, d’une fièvre jaune, contractée à Ceylan (Sri Lanka) lors d'un nouveau voyage en Asie.
Son frère Julien (Pierre Loti), n’arrivera à Tahiti qu’en 1870, où il cherchera, en vain, la descendance que son frère y aurait laissée.
De son travail de photographe, ne subsiste qu'un ensemble d'une trentaine de photographies réalisées selon le procédé du calotype - le négatif est sur papier ciré et la sensibilité est obtenue grâce à une solution de sels d'argent qui a l'avantage sur le daguerréotype de permettre plusieurs épreuves du même cliché.
Cette technique, appropriée pour le paysage, l'était moins pour le portrait. Aussi, Gustave Viaud affecté à l'hôpital, photographie son environnement, la ville de Papeete qui vient de sortir de la guerre franco-tahitienne : boulangerie militaire, hôtel du gouvernement, caserne, batterie, hôpital militaire et ses environs, autant de vues faisant apparaître clairement une présence militaire annonciatrice de la colonisation.
Un seul portrait, chez Viaud, celui qu'il fait de la reine de Bora-Bora, Teriimaevarua, née à Raiatea le 23 mai 1841 et qui était la fille de la reine Pomare IV et de Ariifaite à Hiro, fils du roi de Huahine.
Il fait un voyage en France en 1862. A cet égard il bénéficie des nouveaux bateaux à vapeur beaucoup plus rapides.

Gustave Viaud quitte Tahiti sur le voilier la Dorade le 5 juin 1962. Il atteint Valparaiso la 19 juillet. Il lève l’ancre le 23 pour Callao (Pérou) et ensuite pour Paya où il arrive le 15 août. De là, il passe sur un steamer à aubes le Peru, pour relier Panama le 22 août. Il rejoint Colon (Panama) en train, où de là il saute dans un autre steamer le Clyde à destination de l’île danoise de Saint Thomas. Le 30 août, il s’embarque sur un 3ème bateau anglais la Seine, fait escale à Madère et atteint Southampton le 13 septembre, puis Rochefort le 17 septembre. Soit un voyage de 104 jours. Il ne séjournera que 3 mois en France, puisqu’il repart le 2 décembre 1862.
Rien de comparable avec les frères de Ploërmel, qui mettaient 13 mois de la France à Tahiti en 1859, 3 ans auparavant. La grande révolution des transports n’aura lieu cependant qu’en 1915 avec l’ouverture du canal de Panama.
Les photographies présentées à cette exposition nous plongent dans le passé de Tahiti. On ressent une émotion forte. Belle expo.
7 janvier 2012
Exposition : Les ancêtres polynésiens de Taiwan
Je m’y suis rendue ce samedi matin. Il pleut depuis 2 jours, c’est un temps à aller au musée !
Cette expo s’intitule "Nos ancêtres de Taiwan ? " C’est avant tout une expo documentaire avec les superbes photos de Danée Hazama.
Les dernières études et recherches sur les ADN, tendent à prouver que les polynésiens sont originaires d’Asie du Sud-Est, notamment de Taiwan, où il existe des similitudes culturelles troublantes avec la Polynésie. Le photographe Dannee Hazama a mis plusieurs années de patience pour appréhender la culture de ces minorités ethniques, d’une île aujourd’hui dominée par l’économie et l’industrie asiatique.
Cette expo nous expose les différents sujets culturels partagés entre polynésiens et Taiwan. Il s’agit du tapa, des pirogues, des taro, du tatouage, du culte des ancêtres.
Depuis plusieurs années les chercheurs ont considéré que les Polynésiens étaient les descendants des peuples dits "lapita", locuteurs des langues austronésiennes, originaires de l’Asie insulaire du Sud-Est.
Une seconde hypothèse plus récente propose Taiwan comme origine précise des polynésiens. En effet, un solide faisceau de preuves scientifiques permet d’affirmer qu’il y a environ 4000 ans, Taiwan fut très probablement le foyer de diffusion des langues et de la culture austronésienne.
Le parcours de l’exposition s’organise en 3 parties : Lima, mata, Mana. Ces 3 termes sont identiques dans toutes les langues austronésiennes. Lima, la main, fait référence à tout ce que l’homme fabrique de ses mains. Mata (l’œil, le visage) montre les signes et particularités tels que le tatouage, les costumes. Mana offre un aperçu du monde spirituel et des croyances.
Cette expo est une première et révèle les incroyables traits de ressemblance entre Taiwan et la grande Polynésie, mis en lumière par d’excellentes photographies.
Nous sommes bien loin de l’expédition du Kon Tiki de Thor Heyerdhal en 1947. Cet archéologue navigateur norvégien pensait que le peuplement de la Polynésie avait eu lieu de l’Amérique du Sud (Pérou).
La science avance très vite et nous prouve parfois l'inconcevable. Bientôt, seule l'île de Paques gardera entier son mystère. Je m'arrête, car sur ce sujet passionnant, je deviendrais vite inépuisable et pénible pour certains qui ne vivent qu'au temps présent ! Pour les résidents, allez vite au Musée de la Pointe des Pêcheurs. Nana
15 décembre 2011
Les deux amiraux Du Petit Thouars
Cette annonce m’a donné l’envie de mieux connaître le fameux Amiral dont une rue de Papeete porte le nom.
La Polynésie se souvient de deux amiraux Du Petit Thouars. Il y a souvent confusion provoquée par l'appellation de deux personnages différents mais de même nom, deux grands marins qui tous deux ont marqué la Polynésie et leur époque.
Il s'agit de l'amiral Abel Aubert du Petit-Thouars qui entre dans les eaux du Pacifique en 1838, puis de son neveu l'amiral Abel Georges Nicolas Bergasse du Petit-Thouars qui "pacifiera" les îles Marquises en 1880;. Moins connu que son oncle Abel Aubert (qui siègera comme Pair de France et sera un ennemi politique de Victor Hugo), Bergasse a été aussi une grande figure d'officier de marine. Parfois, leur nom est orthographié Dupetit-Thouars
Commençons par Abel Aubert Du Petit-Thouars, né le 7 août 1793 au château de la Fessardière à Turquant (Maine et Loire) et mort le 16 mars 1864 à Paris, est un navigateur et explorateur français.
Neveu d'Aristide Aubert Du Petit-Thouars, héros d'Aboukir, Abel Aubert Du Petit Thouars entre dans la marine en 1804.
Il sert comme mousse à la flottille de Boulogne. Embarqué comme mousse sur La Flèche à l'âge de 10 ans, il étudie ensuite au lycée d'Orléans. Il devient novice sur le Du Guesclin dans l'escadre de l'Escaut en 1808, puis sur le Charlemagne. Aspirant de 1ere classe (1811), il embarque sur l'Amélie de 1812 à 1814 en Mediterranée. Après un séjour à Saint Malo où son père est sous préfet, il est promu Enseigne de vaisseau en 1815, navigue en Manche et en Mer du nord, puis fait plusieurs campagnes hydrographiques à Terre Neuve (1816-1818). Lieutenant de vaisseau en 1819, il travaille à l'hydrographie des côtes de France et d'Algérie (1819-1820). Il sert en Haïti en 1821 sur le Colosse, puis commande La Torche en Méditerranée de 1822 à 1823. Il passe ensuite sur l'Inconstant au Brésil de 1823 à 1826 lors de l'indépendance de l'Amérique Latine.Capitaine de Frégate en 1824, il est affecté au dépôt des cartes et des plans en 1826 et 1827. Il devient en 1827 capitaine de frégate, commandant La Provence en Méditerranée, puis commande le Voltigeur au Levant. Il prépare l'expédition d'Alger en 1830, conseille le principe d'une expédition amphibie à Sidi Ferruch et participe aux opérations sur Le Griffon. Il part ensuite avec ce navire en station des mers du sur pour protéger le commerce français au Chili et au Pérou.
Capitaine de Vaisseau en 1834, il commande La Créole à Saint Domingue. Il reçoit ensuite le commandement d'une frégate de 52 canons, La Vénus et va en mission sur la pêche à la baleine au Kamtchatka (1837-1839). Mais son champ d'activité principal se situe dans l'océan Pacifique, où la Restauration et la monarchie de juillet, renouant avec la tradition des grands voyages maritimes du 18e siècle, envoient plusieurs missions de caractère scientifique et commercial. Il est capitaine de vaisseau en 1836 et fait le tour du monde sur la Vénus jusqu'en 1839, voyage auquel participe Urbain Dortet de Tessan, ingénieur hydrographe. Il revint avec une moisson d'observations scientifiques et des vues sur l'avenir de la politique française dans le Pacifique
De retour en France, il conseille au gouvernement l'annexion des îles Marquises, en partie afin de l'utiliser comme lieu de déportation, proposition agréée par François Guizot qui le nomme au commandement de la station navale du Pacifique. Il est promu contre-amiral en 1841, commandant des forces navales d'Océanie. il est nommé commandant la station navale du Pacifique à Valparaiso sur la Reine Blanche.

Du Petit-Thouars annexe Tahiti, puis expulse Pritchard (1844). Cette initiative déclenche une grave tension diplomatique entre la France et le Royaume-Uni, tandis que l'opinion publique française se divise entre les partisans d'une politique de fermeté à l'égard de l'Angleterre, de loin les plus nombreux, et ceux du maintien de l'Entente cordiale.
Vice Amiral en 1846, il devient inspecteur des équipages de ligne en 1848. Membre du Conseil de l'Amirauté, il est élu député du Maine et Loire en 1849. Membre de l'Académie des sciences en 1855, il quitte le service actif en 1858. Il décède le 16 mars 1864.
N'ayant pas d'enfant, Du Petit-Thouars avait adopté le fils de sa sœur, Abel Bergasse Dupetit-Thouars. Il y a un monument à sa mémoire aux Marquises.
Abel-Nicolas-Bergasse du Petit Thouars, (ou Dupetit-Thouars) est né le 23 mars 1832 et mort à Toulon le 14 mai 1890, neveu par sa mère et fils adoptif d’Abel Aubert Du Petit-Thouars, c'est un contre-amiral de France.,Il participe à la guerre de Crimée ; il y est blessé et en revient chevalier de la Légion d'honneur. En 1868, il commande la corvette Le Dupleix, et représente la France lors du seppuku (harakiri), qui avait été ordonné aux samouraïs qui avaient massacré 11 marins français du Dupleix, lors de l’incident de Sakai. Il est aussi mêlé aux évènements de la révolution japonaise.
En 1870, il commande une batterie flottante sur le Rhin. Contre-amiral, il est chargé en 1880 de pacifier les îles Marquises au nom des autorités de la 3eme République Au retour, naviguant à quelques encablures du Pérou, il se trouva confronté aux événements de la ''guerre du salpêtre'' (1879-1884), fameuse guerre nationale sud-américaine. Il est à Lima, au Pérou, au moment où les troupes chiliennes vont s'emparer de la ville (Guerre du Pacifique (1879-1884)). Par son attitude ferme et décidée, il empêche les excès et sauve cette capitale d'une destruction sanglante.Une avenue importante de Lima porte aujourd'hui son nom.
Il est nommé Préfet maritime du 5ème arrondissement de Toulon en octobre 1886.
En octobre 1888, Commandant en chef l'escadre de Méditerranée, avec pavillon sur le cuirassé Formidable, c'est à son bord qu'il décèdera subitement, en rade de Toulon en 1890 à 58 ans.
La famille Du Petit Thouars donna au total 4 marins célèbres à la France :
- Aristide Aubert Du Petit Thouars (1760-1798) héros légendaire d'Aboukir.
- Abel Aubert Dupetit Thouars, neveu d’Aristide.
- Abel-Nicolas Bergasse Du Petit Thouars. (1832-1890) neveu et fils adoptif de Abel Aubert.
- Louis, Georges, Marie, Félix Aubert Du Petit Thouars de Saint Georges.(1882-1915)
Le nom vient de la propriété le Petit Thouars, dont Richelieu avait fait don à Georges Aubert Capitaine de Saint Georges en 1636.
Les dernières générations de la famille Du Petit Thouars se montrent aussi entreprenantes que leurs ancêtres. Ainsi Sébastien, est directeur commercial du vignoble du Petit Thouars qui s’étend sur 15 hectares dans la région de Saumur (Maine et Loire).
14 décembre 2011
La stèle Bougainville à Hitia'a
Le temps est magnifique. Je décide de partir par la côte Est que j’apprécie beaucoup. Je dépasse Mahina, Papenoo, le tunnel d’Oscar, Tiarei et passe à Hitiaa. Juste avant la rivière, je vois une pancarte indiquant "stèle Bougainville".
Trop tard pour m’arrêter, je file. Faaone, Taravao, puis côte Est de la presqu’île, Pueu, et la maison de Carole et Stéphane. Le hasard fait que je connais cette maison depuis 3 ans. Une copine (épouse d’un parachutiste tahitien) y a habité jusqu’en juillet 2010. Joli fare en bord d’océan.
Nous nous baladons sur la plage et ramassons des porcelaines. Ce motu au loin, est public et il faut trouver un bateau pour s’y rendre.
C’est l’heure du déjeuner. Le pain nou nou de Fakahina est servi avec de la confiture de banane-chocolat, donnée par la voisine et un verre de cidre bouché.
L’après midi nous faisons une partie de scrabble. Zen les filles. Nous échangeons quelques photos. Un coucher de soleil à l’est c’est pas banal et surtout très beau. Je rentre à Papeete par la côte Est, même si je fais 10 kms de plus que par l’Ouest.
Je guette le pont et la rivière d’Hitiaa. J’y arrive. Je décide de me stationner sur l’arrêt de bus. Mais un gros rocher gène l’arrêt, obligée d’aller 20 m plus loin. Je demande à une vahine, où se trouve la statue de Bougainville. Elle me répond par la négative, pas de statue à Hitiaa. Je lui dit : mais la pancarte "stèle de Bougainville". "Ah oui , - me répond-t-elle, c’est le caillou qui est auprès du pont". En effet, il y a une plaque sur le caillou, celui là même, contre lequel j’ai râlé, car il a gêné mon stationnement !
Cette plaque signale que les deux navires, la Boudeuse et l’Etoile de L.A Bougainville, ont débarqué à Hitiaa le 6 avril 1768.
C’est un peu court comme explication. Je cherche sur le Net pour tenter de compléter.
J’apprends qu’ils restèrent 9 jours à Hitiaa et qu’ils embarquent un homme de Hitiaa, Ahutoru, qui fit le voyage jusqu'en France.
Bougainville, sur l'insistance d'Ereti le chef du village, accepta de l'embarquer sur la Boudeuse le 15 avril. Ils arrivèrent à Saint Malo le 16 mars 1769 (soit prés d’un an après !). Le 30 avril il fut présenté à Louis XV.
Il quitta La Rochelle le 4 mars 1770, arriva à l'Ile de France (île Maurice) Une épidémie de variole faisait rage à l'Ile Maurice, Ahutoru mourut dans d'atroces souffrances le 7 novembre 1771 sans avoir revu Tahiti.
C’était l’histoire d’un gros caillou et d’une pancarte sur la route à Hitiaa. En tirant les fils d’une histoire, on en découvre plein d’autres et c’est passionnant.
2 juillet 2011
La première bombe nucléaire en Polynésie : déjà 45 ans !
Ensuite il y a 193 tirs nucléaires en Polynésie française.
Ce samedi je savais qu’une nouvelle stèle était inaugurée place du 2 juillet 1966 (ex place Chirac) vers les 17 h à Papeete.
Pas très envie de commémorer un anniversaire aussi noir. Je préfère des reportages plus natures !
Teiki, un ami sculpteur de Ua Huka, me phone et m’indique que sa fille et son fils sont dans le groupe des joueurs de tambours. Il souhaite vraiment que je vienne.
Je vais donc au rendez vous.
Le président Temaru fait un discours. Puis d’autres encore, en tahitien et en français.
45 ans après, on parle de réconciliation. Enfin ce qui est fait est fait et durablement.
Le coucher du soleil plombe encore plus l’atmosphère déjà pesante.
Les tambours marquisiens font résonner leurs lourdes sonorités.
L’image, les sons sont lourds de signification. Impossible de faire autant de bruit que la bombe cependant, mais faire assez de bruit pour oublier.
Cérémonie très émouvante, peu de popaa présents. Teiki me traduit les discours.
193 ce chiffre est énorme !Pourquoi autant d’essais ? Teiki me répond "pour rentabiliser les investissements colossaux". Vu comme cela bien sûr….Et mes impôts pendant 40 ans ???
Enfin nous n’avons pas vraiment envie d’en parler et nous allons aux roulottes pour nous restaurer. Le nucléaire c'est du passé désormais en Polynésie. La métropole a oublié, pas la Polynésie.
28 juin 2011
François Cardella, premier maire de Papeete
Il participe activement au rattachement de Tahiti à la France en 1880, et devient président du Conseil colonial.
Elu maire, lors de la création de la commune de Papeete, le 20 mai 1890, il gardera cette fonction jusqu'à sa mort le 6 juillet 1917 .
Pomare V meurt en 1891, un an à peine après la nomination de son "nouvel ami" à la tête de la mairie.
Il aura connu le fameux bombardement de la ville du 22 septembre 1914 par deux croiseurs allemands et suscité la première vague d’engagés volontaires du Pacifique à la Grande Guerre.
Aujourd'hui, elle emploie 200 personnes. C'est un établissement conventionné par la CPS la MGEN, la CAFAT, diverses assurances privées, etc....
26 novembre 2009
Le port de Papeete (2)
Voici la fin de la grande digue de 5 mètres de haut qui protège le motu des assauts de l’océan. Des baigneurs s'éclatent sur les belles vagues de la passe toute proche.
Je n’ai pas essayé car en sortant du bureau j’étais vêtue d’une courte jupe droite !
Un autre jour peut-être!
De la digue, je clique sur Papeete en face, quartier Paofai.
Devant le fare circulaire, une grande plage de sable blanc va être aménagée.
Chouette c’est à 50 mètres de mon bureau !
Du motu, on voit bien la zone de la base navale avec ses vaisseaux à quai.
24 novembre 2009
Histoire du port de Papeete et de Motu Uta
L'annexion de Tahiti par la France en 1843, amena l'Amiral BRUAT à conseiller au gouvernement le choix de Papeete comme capitale.
Ces installations furent complétées en 1957 par la mise en service d'un appontement pétrolier.
L’ami Pierre m’a confiée ces gravures anciennes tirées de ses archives personnelles, ainsi que les photos.
Avant d’être englobé dans les remblais du quai, Motu uta était un charmant îlot ou le roi Pomare II, venait se reposer et dit-on, y vider quelques bouteilles de rhum.A partir de 1900, Motu Uta devint surtout îlot de quarantaine pour prévenir les épidémies dévastatrices (variole en 1853, grippe espagnole en 1918-3000 morts).
Il fut aussi lieu de déportation des allemands et des petainistes pendant la dernière guerre.
Une photo du port en 1950 :
Les travaux dureront près de 4 ans pour s'achever par l'inauguration du nouveau port de Papeete le 29 juin 1966 en présence du Général Pierre Billotte, alors ministre des DOM-TOM.A l'inauguration, la longueur des quais était passée de 300 à 1.100 mètres, les terre-pleins de 4.000 à 50.000 m² et les entrepôts de 10.000 à 22.500 m².
Depuis cette date, soit plus de 47 ans, le port est en continuelle extension.
C’est le poumon économique du pays.
Voici quelques clichés récents prêtés par Pierre.
A la sortie du bureau, Pistache m'emmène balader sur le boulevard Pomare, pour y découvrir le paquebot arrivé dans la nuit ou au petit matin.Le dimanche, c'est aussi très agréable d'aller marcher au bout de la grande digue du port et de traverser la zone industrielle déserte.
J'aimais la balade sur les remparts et les bassins de Saint Malo en toute saison.
Désormais c'est à Motu Uta, que je vais prendre l'air du large et retrouver l'océan Pacifique et me rapprocher de la passe de Papeete .
Une bouffée de poésie m'envahit à chaque fois.
Les paroles reviennnent vite, dont celles ci, qui sont à jamais incrustées dans mes neurones de petite bretonne, amoureuse de tous les océans, car je les ai apprises par cœur à l'école primaire et pas encore oubliées.
Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !
Océano nox , Victor Hugo
Merci à Pierre pour sa collaboration photographique à cet article .
Nana.
13 août 2009
Ils ont vécus en Polynésie - 1er épisode -
Ils sont venus, et ont beaucoup aimé, écrit sur la Polynésie française. Certains y ont vécu de très longues années.
Voici un petit recensement que j’ai élaboré au fil de l’eau depuis quelques mois au hasard de mes lectures et surfs sur le Net.
C’est rempli de liens pour vous permettre de voyager dans le passé et mieux connaître ces occidentaux qui se sont passionnés pour la Polynésie française.
Comme ils sont nombreux, on va procéder à petites doses, 4 par 4. Voici l'épisode n° 1
Bien sûr pas de photos, à vous d’aller surfer sur les liens !
Soyez curieux vous ne serez pas déçus !
Les grands voyages commencent souvent par un superbe livre dans un fauteuil et maintenant devant un ordi ! Un voyage commence toujours par un rêve !
Moi c’est la philatélie qui m’a fait voyager et rêver dès l’âge de 8 ans !
Le hasard de la vie me permet aujourd’hui de nommer ce rêve : la Polynésie .
Paul Emile Victor (1907-1995) Cet explorateur polaire très connu, a vécu 25 années à Bora Bora sur un motu. Il y a terminé ses jours à l’âge de 88 ans
Georges Simenon (1903-1989) grand écrivain que j’affectionne, il a séjourné à Tahiti en 1935. Il décrit parfaitement les mentalités tahitiennes de l’époque dans un super roman "Touriste de bananes". Un livre à lire absolument.
Quelles belles aventures humaines ! moi je me régale à les découvrir, les lire et relire.
Pas de souci cependant, la bretonnitude me colle à la peau pour toujours,; mais c'est fou comme 24 heures d'avion peuvent changer une vie à tout jamais ! Je me Tahitianise chaque jour de plus en plus.
J'aurais voulu apprendre le breton et voilà que dans 8 jours je vais me retrouver en cours de réo-tahitien ! La vie est pleine de surprises insolites mais jamais incongrues.
Merci de m'aider dans ce recensement. Surfez bien les amis !
La suite dans l’épisode N° 2 bientôt.
Bientôt 8000 visites sur le blog, mauruuru roa pour votre fidélité.
Nana
25 juillet 2009
La maison de la reine
Ce fare en plein cœur de Papeete, résiste encore au temps. Aucune pancarte ne signale son ancienneté et sa royale occupante. Et il faut vraiment compulser x guides pour le deviner.
Il faut dire que le Mac Do, situé en face, accapare tous les regards !
Le Mac Do, roi de l’obésité mondiale, a occulté l’histoire d’une vraie reine ! Quel outrage ! Quelle dérision !
Je suis allée à l’OPT ce vendredi et j’ai pris quelques clichés pour rendre hommage à la dernière reine de Tahiti et à son joli fare en bois.
(au premier plan, un papayer)
Longue vie au fare de la reine et haro au roi du ketchup qui a bouleversé sans crier gare, les modes alimentaires traditionnels des Tahitiens.
Ce "crime sanitaire" a hélas un prix, et son impunité me révolte !
L'obésité et le diabète ont atteint des taux affolants à Tahiti. Merci oncle Sam !
Oui ça m'énerve !
Nana !

