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30 octobre 2011

Première convention Tatoo à la mairie de Punaauia

Carole de Taravao, me phone ce dimanche matin et me parle de son samedi tatoo à Punaauia.
Décision : le repassage des paréos est différé de quelques heures. (J’ai horreur du repassage !).
Il est tôt et pourtant les tatoueurs sont déjà en action dans le grand hall de la mairie de Punaauia.
Une vingtaine de tatoueurs montrent l’étendue de leur art.
Je me balade entre les différents stands et je réfléchis sur mon prochain 5ème tatouage.Je m’arrête devant ce bijou tressé en fils ce coco très fins et je lève la tête sur l’affiche. Ok on enlève le S et stresser devient tresser. Intéressant !
Un groupe de rock Nyah termine sa prestation et laisse la place à un orchestre de tambours marquisiens. Lequel est vite rejoint par les danseurs et danseuses. La foule se presse et applaudit. Cette manifestation est une réussite.

18 janvier 2010

Jamais 2 sans 3 tatoo

Dès mes premières semaines à Tahiti, mes premières découvertes de ces très beaux tatouages, j’ai su que j’allais craquer et me faire tatouer un jour.
J’ai résisté à la tentation pendant un an.
Il fallait trouver le bon tatoueur, celui qui faisait de beaux dessins et qui respectait les règles d’asepsie et les bonnes pratiques.

J’ai trouvé l’artiste, le frère aîné de l’amie Teko.

Avec beaucoup d’appréhension, j’ai fait le premier tatoo pour fêter ma première année au fenua.
Un petit margouillat sur l’omoplate gauche.


Vraiment petit, c’était un test à vrai dire.
Chez Tino, la maman Gisèle, que je connais bien, me met en confiance et me sert le café.
Je suis bien accueillie dans une famille marquisienne de Papeete sur les hauteurs de Pirae.
Trop facile, vraiment rien ressenti et maintenant j’ai un petit margouillat dans le dos à vie.

Début janvier je souhaite passer au deuxième pour fêter la nouvelle année.
Une jolie fleur de tiare à sept pétales (porte-bonheur) sur le haut du bras droit.

Mes collègues de bureau sont ébahies et vérifient que ce n’est pas une décalcomanie.
Le margouillat avait été si discret, celui là se voit vraiment.
Non c’est du vrai de vrai ! et non cela ne fait pas mal !
Encore rien senti, même que j’ai lu mon livre pendant 1h30, le temps de réalisation de ce magnifique tatou très fin.
Les caissières de Champion et de Carrefour me demandent les coordonnées de l’artiste.
Je distribue les cartes de mon tatoo et ami Tino.

Tino respecte toutes les règles en vigueur et tatoue avec une douceur infinie et des aiguilles très fines.

Ce 18 janvier, 3eme rendez-vous chez Tino en fin de journée (car j'ai une nouvelle date à marquer).
J'aurais souhaité le faire à l'île de Pâques, mais le tatou était en vacances !
Cette fois cela sera la cheville gauche.
Nous cherchons ensemble le dessin, son épaisseur.
On se décide pour un S stylisé et élégant.
Je m’installe et fais confiance à Tino qui a très bien dessiné au feutre, le tracé que nous avons choisi ensemble.
Quelques appréhensions quand même, car à cet endroit la peau est mince et le derme non graisseux.
Je voulais reporter à la semaine prochaine.
Tino me dit "il ne faut pas différer et comme dans la vie, savoir assumer ses choix avec courage."
- Bon Ok, alors On y va ! pas de problème pour me baigner à Tahaa dans 3 jours ?
- Mais non, au contraire."

L'aiguille ronronne et me transperce la peau.
Allongée, près de la fenêtre, entre les louvres, j'ai une vue magnifique sur le port de Papeete.
Aie .... c'est douloureux quand même............ ! M...
Je reconnais que celui-ci a été plus hard que les 2 premiers.
Même avec un bon livre sous les yeux et une vue magnifique du haut de l'atelier-pigeonnier de Tino.
Juste des aie ouille ouille, mais pas vraiment de quoi s'arrêter.
J'avais hâte à la fin quand même !
A aucun moment je n’ai bougé et Tino s’arrêtait quand je lui disais "pause".
Résultat après 45 minutes de patience : un joli tatoo très fin dans le creux de la cheville gauche.

Un grand verre d'eau pour fêter la fin !
Tino dit que j’ai une peau à tatouages et est stupéfait de ma cicatrisation rapide.
Je l’ai enduit de monoi et 2 heures après je ne ressens déjà plus rien.
Il fait partie de mon corps désormais. Il m'appartient et ne me quittera plus.

Je m’interroge sur cette envie de tatouages, ce besoin, cette envie irrésistible de marquer mon corps des traces indélébiles de la Polynésie.
Je ne sais pas. Je n’explique pas.
Peut-être une marque d’amour, car il n’y a pas d’amour sans souffrance.
Mon amour immodéré de la Polynésie réclamait ses signes, cette initiation, cette appartenance.

La Polynésie a tracé ses marques dans ma vie et dans mon corps.
Si ma mémoire vacille un jour, mon corps lui se souviendra à tout jamais.
Je comprends mieux le sens et la portée du tatouage. Je me sens différente.
J'appartiens désormais à la grande famille des tatoués de Polynésie.
Quelle immense fierté !
D'autres tatouages ? C'est certain, mais il faut savoir attendre le moment, l'étape qui mérite cette belle distinction, pour que le tatoo soit rempli de sens et de signification, car le tatoutage c'est avant tout un geste d'amour.
Nana.

26 novembre 2009

5 èmeTattoonesia

Du jeudi 26 au dimanche 29 novembre 2009, l’association A.F.I.T (association du festival international du tatouage), organise la 5ème convention du tatouage polynésien Tattoonesia – Tatau I Tahiti
Je m'y suis rendue le jeudi 26, dès l’ouverture.
Cependant quelques éléments d’histoire avant de vous faire visiter, sont indispensables.

la renaissance de l'art du tatouage polynésien remonte aux années 1980.
Malgré les influences modernes, l’acte du tatouer a su conserver son caractère sacré.
En effet, jadis, le tatouage était d'ordre religieux. Des offrandes devaient être faites aux dieux "Hamatake'e".
Parfois, pour les tatouages appliqués aux chefs, des sacrifices humains étaient réclamés.
Autrefois les tatouages étaient réalisés au peigne (os ou dents de requins aiguisés) dans la tradition des Samoa.
Conques et tambours ont annoncé le début de la manifestation. Ils ont pour effet, dit-on, d'écarter les mauvais esprits.
Le tatouage polynésien a acquis une dimension internationale.
Il est aussi un moyen d'affirmer son attachement identitaire à la culture polynésienne.

Le dieu Tohu est le dieu du tatouage et le créateur des motifs.

Voici la légende : Un jour, pour séduire Hina dont les parents étaient très protecteurs, les dieux Mata Mata Arahu et Tura'i Po, sont venus en pleine nuit et se sont présentés à Hina. Leurs corps étaient couverts de dessins bleus.
Hina a été séduite, ils ont gagné son cœur Et elle s'est enfuie avec eux.
D'autres hommes décidèrent de les imiter.
Mata Mata arahu et Tura'i Po leur ont enseigné l'art d'imprimer des dessins sur la peau.
Depuis, les hommes se tatouent pour attirer la faveur des dieux et l'admiration des vahine.

Présent dans l'ensemble des archipels du Pacifique, de Tonga et Samoa aux îles de la Société en passant par les Marquises, l'île de Pâques et la Nouvelle-Zélande, le tatouage a suivi le peuplement Lapita dans ses migrations.
Le "Tatau" (tatouage) a atteint une surprenante intensité dans ce triangle polynésien et plus particulièrement aux Marquises. Prémices d'une écriture pour certains, le tatau est un facteur d'identification sociale de la civilisation ma'ohi.

L’art du tatouage s'est considérablement développé en Polynésie française.
Les jeunes sont nombreux aujourd'hui à arborer un motif parfois de taille importante, couvrant tantôt une épaule entière, tantôt une jambe ou le dos.
Il y a quelques années encore le tatouage était discret voire intime, réservé le plus souvent aux très proches, et à l’être aimé. Aujourd’hui, il est devenu bien plus ostensible, visible sur toutes les parties du corps, représentant un réel signe d’identification, d’appartenance à une «famille», en l’occurrence la grande famille polynésienne.
Ils sont ainsi plus de 50% parmi la jeune génération polynésienne à s’être fait tatouer au cours des dernières années.
Les motifs d'origine sont détournés ou plutôt interprétés par les tatoueurs au gré de leur inspiration, de leur style, de la personnalité de ceux à qui sont destinés les motifs.

Un tatoueur en action, le silence est de mise :

Et de leur matériel.


Offrir un tatouage pour un anniversaire ou pour Noël à un être cher, à un proche. Quelle bonne idée originale.
Par contre je reconnais que je reste encore anti percing. Mais qui sait? Je peux changer d'avis si je vais en Afrique un jour.
La symbolique et l'histoire des tatouages polynésiens m'ont totalement séduite.
Nana.

30 octobre 2009

Un an de Polynésie

Un an en Polynésie française ! Cela méritait bien un cadeau d'anniversaire.
Quel cadeau pouvais-je m'offrir qui puisse être un signe fort et symbolique ?

J'ai eu l'idée il y une dizaine de jours. MON PREMIER TATOUAGE !

Il est minus car un peu d'appréhension quand même ! Tout s'est bien déroulé, même pas mal !

Je ne voulais pas vous le présenter avant qu'il soit présentable.
J'ai choisi un petit margouillat qui danse sur mon épaule gauche.
Les margouillats sont des petites bestioles sympathiques, aimées des polynésiens car ils mangent les moustiques.

le seul souci c'est que je ne le vois pas ! mais je sais qu'il est là et me protège.
Je ne vais pas tarder à en refaire un deuxième bientôt.
Je réfléchis sur le motif et l'emplacement.

Pour Pistache, j'attends de recevoir des auto-collants BZH, pour lui donner un air breton à la petite pomme verte qui me balade depuis 10 mois au fenua.
Elle est sage dans son parking de la résidence. Toujours prête à me conduire sur les routes de Tahiti.

C'est le 3 Novembre 2008, sur un aller simple Paris-Papeete, via Los Angeles, que j'ai atterri à Tahiti. Une date inoubliable!
Il y a un mais cependant : un an que j'ai quitté Freddy, mon fils (Nadège, ma puce, est venue en mai 2009). Merci le Net, mais cela ne remplace pas.

12 mois qui ont transformé à tout jamais, toute ma vie.
Je me demande ce qu'il va encore m'arriver les douze prochains mois.
Je fais confiance au mana.