8 avril 2011

Tahiti par Emile De Curton

Sur le marché de Saint Servan, j’ai bavardé avec le bouquiniste et découvert ce petit ouvrage.

Il s’agit d’un bouquin de 142 pages écrit en 1944 par Emile de Curton sur Tahiti et les Etablissements Français d’Océanie (les E.F.O).

Je l’ai acheté bien sûr.


Beaucoup de photos noir et blanc ornent le livre.

J’ai lu quelques passages. J’ai vite stoppé, car ce livre colonialiste à souhait m’a vite donné la nausée.


Voici quelques exemples :

(page 52) : Les légumes européens sont tous cultivables en Océanie. Mais ils exigent une patience et des soins que l’indigène est incapable de leur consacrer…


(page 54) : L’élevage pourrait être une richesse pour les E.F.O. La paresse du Polynésien s’y oppose malheureusement…… Le Tahitien préférant ouvrir une boîte de lait condensé néo-zélandais plutôt que de s’astreindre à parquer son bétail et à traire ses vaches.


(page 89) N’étant jamais astreint à gagner sa nourriture…. Le Tahitien considère le travail, comme une distraction secondaire ; ….. mais ces occupations ne sont jamais impérieuses et il ne s’y adonne jamais longtemps ni assidûment.


Une vérité cette fois : Aux Tuamotu l’élevage des chiens est très développé et un rôti de chien y est un mets d’autant plus apprécié que le menu quotidien des atolls est d’une uniformité plutôt lassante.

Certes près de 70 ans nous séparent de cette période et la Polynésie a beaucoup changé ces 50 dernières années, mais ce qui me gêne le plus c’est le ton à demi méprisant et supérieur de ce Monsieur De Curton.


Nécessité donc de rechercher qui était cet Emile.


Emile de Curton né en 1908 dans le Cantal, est d'abord médecin du corps de santé colonial. Docteur en médecine en 1932, il sert à Madagascar puis en Océanie.


On le trouve médecin chef de la Maternité de Papeete en 1938, en 1939, médecin des archipels, puis, administrateur des îles Marquises et en 1940, administrateur des îles Sous-le-Vent et membre des délégations économiques et financières.


En juin 1940, il est médecin-administrateur d'un archipel polynésien.


Décidé à continuer la lutte, il va tenter d'entraîner dans son ralliement à la France libre la colonie toute entière.


Le 5 décembre 1940, sur la proposition unanime des membres du gouvernement provisoire et du Comité de la France Libre, le général de Gaulle nommait Gouverneur des Etablissements Français de l'Océanie le Dr de Curton.


Emile de Curton, quitte en 1946 la Rue Oudinot pour le Quai d'Orsay.


Sa troisième carrière sera consacrée à la Coopération Internationale et à l'Extrême-Orient où il fera plusieurs séjours et de nombreux voyages.


Ambassadeur de France aux Philippines en 1963, il sera Directeur-adjoint civil de l'Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale de 1965 à 1970 et achèvera sa vie administrative par une dernière mission aux Nations Unies à New York.


Ce petit livre comporte heureusement de belles descriptions bien détaillées de la vie Polynésienne de l'époque. Quelques phrases malheureuses et jugements de valeur détestables m’ont quand même un peu fâchée avec Le docteur Emile.


Nana

4 commentaires:

Stéphane L. a dit…

ben oui... c'était encore l'époque du paternalisme colonialiste...
heureusement, les temps ont changé, et les mentalités également !

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne, le bonjour de Polynésie.

Cela a beaucoup, beaucoup changé depuis cette époque mais cela n'a pas complètement changé. Il y six ans un métropolitain vivant pourtant en Polynésie depuis une vingtaine d'année m'a dit: Nous européens avons une mission civilisatrice auprés de vous. Je lui ai répondu : Vous vous trompez de siècle.
Apprenant que plusieurs d'entre nous étions indépendantistes dans le quartier deux couples métropolitains ne nous connaissent plus. On ne doit pas généraliser, les métropolitains normaux et même merveilleux sont la trés grande majorité. Comme je dis souvent : Dieu a été équitable quand il a distribué la bétise, il n'était pas raciste.
Pour l'ouverture et la gentillesse on n'a qu'à aller sur ton blog.

Christian P Y P

Sylvie Anne a dit…

Mauruuru Christian.
Quand cessera cette comparaison avec les occidentaux "dits supérieurs" ? Ca me révolte. Quand je reviens je vais me remettre au cours de réo tahitien.

pierre a dit…

La bêtise est la chose la mieux partagée au monde...Le pire c'est quand elle s'allie à la bonne volonté ou au carriérisme ! C'est toujours d'actualité. Heureusement, par quelques mots depuis quelques années, nous avons notre oasis d'humanisme, c'est ici, sur ce blog.
Pierre Chevalier