Ce dimanche de Pâques, j’étais invitée chez Lili au repas Pascal familial.
Quel bonheur de déjeuner sur les hauteurs, en contemplant,
à nos pieds, la pointe Vénus 400 mètres plus bas et cet horizon immense, l'océan Pacifique.

Nous étions 14 à table. Lili avait fait du gigot d’agneau
(de Nouvelle Zélande, faut-il préciser).Jean Marc a choisi
Mozart pour accompagner notre déjeuner ! Tout était parfait !
Après l’apéritif au Champagne,
s’il vous plaît, nous prenons place.


Détail important que je tiens à souligner, les deux aînés (
plus de 20 ans), réclament la prière de début de repas. Jean Marc, toujours très professoral, mais jamais lassant, s’exécute sans délai et tous se signent. L’absence de pratique religieuse n’enlève pas la croyance. Ce moment est fort et réunit cette famille, qui m’a si vite adoptée à Tahiti.
Puis vint le moment, ou le vin de la famille arrive sur la table. Jean Marc avait préparé les instruments religieusement.
(sans oublier l’essuie gouttes, mais il lui manque le thermomètre – à noter dans mes idées cadeaux). C’est
une bouteille de Château Pagnon ! bien sur !
(Pagnon étant le nom de JM et de Lili) Il s’agit d’un
Bergerac, produit sur un domaine de 70 hectares et qui s’appelle toujours
"Château Pagnon". La famille Pagnon, originaire de Saragosse (Aragon), est venue s’installer en France, il y a plusieurs siècles (12-13 eme) et y créa un domaine viticole.
L’endroit se nomme encore
Hameau Pagnon. Vers 1860, une autre famille a racheté ce domaine, mais a continué à produire ce vin sous cette appellation.
"
Nous allons boire le vin créé par les ancêtres," déclare Jean Marc, lequel, en fin généalogiste a retrouvé les traces de ce vin.
Il en commande régulièrement, mais pas facile de conserver ce vin en Polynésie ! Le château est reparti faire un petit tour au frigo, car la température ambiante ne lui a pas plu. Nous étions à 30 ° C !
C’était la deuxième fois que je buvais ce vin. C’est toujours un moment de bonne humeur et de partage, sans prise de tête. Pas distribué en grande surface, mais présent sur les hauts de Mahina à Tahiti, dans un joli fare.
Liliane avait préparé le dessert Pascal traditionnel, fait par sa mère et grand-mère, pour Pâques. Dessert italien- pied-noir .
Les gazadielles et les mounas.

Il s’agit de brioches très denses, et surtout délicieuses. En fait le Net me dit que c’est l
a galette des rois pied-noir : Idem pour la Mouna qui est
la brioche de Pâques.

La tradition veut que les gazadielles soient distribuées. Ainsi comme il y avait excédent, chacun est reparti avec son morceau de gazadielle et de mouna pour le petit-dèj du lendemain.
Lili entourée de sa fille et de sa future belle-fille . Même en Polynésie, Lili continue chaque année de préparer des gazadielles et des Mounas pour Pâques. Bravo Lili de conserver les traditions ! Moi je n’ai pas encore fait une seule crêpe bretonne en Polynésie ! Et c’est pas pour bientôt, je le crains !
C’est vraiment très dense, aussi JM déclare "
En effet, pour un dessert arabe, c’est vraiment de l’étouffe chrétien " - Hilarité générale.
Ainsi vont nos conservations, ponctuées de jeux de mots et de bonne humeur générale.
Un vrai bonheur !
En Polynésie, la cuisine est vraiment internationale et c’est toujours une histoire de famille.
La preuve encore aujourd’hui.
Après le déjeuner, les conversations se poursuivent. On passe de la politique locale, aux résultats de foot (Marseille 1er, Rennes 5 eme,
bof pour moi), aux souvenirs de randonnées dans les crêtes, dans les montagnes de Tahiti.
Impossible d’oublier que nous sommes à Tahiti avec le décor qui nous entoure.


Nous reparlons de
Tahiti-Safari et c’est décidé, on va tous
refaire la traversière très prochainement. L’envie de partager, les moments, les endroits les plus beaux, de notre belle île de Tahiti, tous ensemble.
Ils sont tous fous,
épris de Polynésie, et me contaminent très vite, si ce n’était déjà fait .
Après ce copieux repas, cela fait du bien de participer au rangement et à la vaisselle.
Ensuite, je vais faire quelques brasses dans la piscine qui me fait l’œil depuis quelques heures !

sous la surveillance de lili qui fait les photos .


Heureuse comme un poisson dans l’eau ! poisson rouge ce dimanche !
Mauruuru à toute la famille qui m’a accueillie ce dimanche de Pâques 2009, et fait oublier quelques heures, ma condition d’expat, de maman seule, sans famille en Polynésie.
Vraiment merci ! Un geste d’amitié que je n’oublierais pas de si tôt.
Nana amigos.