Edition originale : Gallimard / Série Noire - Octobre 1996.
Dernière édition poche : Folio Policier - Juin 2005
L’histoire : Un jeune tahitien trouve la mort avec son frère handicapé le jour de la fête du 14 juillet. (Tiuraï = fêtes de juillet). Une émeute sanglante dévaste la prison de Papeete et la répression qui s’en suit n’a rien à envier à certaines dictatures. Loin de la métropole, la Polynésie et ses atolls n’ont plus grand chose à voir avec les vahinés et les colliers de fleurs. Sous la mer bleue rôde une menace étouffée par le secret défense. Parce qu’il emprunte les chemins de traverse, le journaliste Thomas Mecker, va côtoyer une réalité mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas pour rien que le mot "tabu", comme Mururoa, est issu de ces îles…
le titre tahitien de ce premier roman, Tiuraï, se traduit par Fête Nationale même si le bouquet du feu d'artifice, au-dessus du lagon, prend une drôle de forme de champignon
C’est loin de ces clichés éculés de Tahiti, que Patrick Pécherot va promener sa plume. Et la couleur de l’encre dans laquelle il la trempe n’est pas bleue comme les lagons. Elle est sombre et noire, comme l’ombre nucléaire qui plane sur Mururoa.
Derrière les cartes postales, il y a des vies. Toutes les filles ne sont pas de jolies vahinés à la peau sucrée enduite de monoï et aux seins nus ; toutes les maisons n’ont pas le luxe 5 étoiles, le room service et les pieds dans le lagon. À 2 pas de la piste d’envol de l’aéroport de Faa’a, des bidonvilles poussent. Lieux de chute des espoirs déçus de richesse et de réussite.
Enquête policière et enquête sociale en même temps, Pécherot nous emmène de l’autre côté de la carte postale. Mecker va faire trembler cet édifice mensonger. Le ressentiment identitaire, le mensonge autour des travaux atomiques, la camisole financière des subventions métropolitaines, tout ce bouillon couve à petit feu… Mais la marmite donne des signes de débordements…
C’est diablement bien mené, prenant, et la morale n’est pas forcément là où on l’attend.
Ce que fait Pécherot avec habileté, c’est de nous montrer que les gentils ne gagnent pas toujours à la fin...
Magnifique …… !
Dernière édition poche : Folio Policier - Juin 2005
L’histoire : Un jeune tahitien trouve la mort avec son frère handicapé le jour de la fête du 14 juillet. (Tiuraï = fêtes de juillet). Une émeute sanglante dévaste la prison de Papeete et la répression qui s’en suit n’a rien à envier à certaines dictatures. Loin de la métropole, la Polynésie et ses atolls n’ont plus grand chose à voir avec les vahinés et les colliers de fleurs. Sous la mer bleue rôde une menace étouffée par le secret défense. Parce qu’il emprunte les chemins de traverse, le journaliste Thomas Mecker, va côtoyer une réalité mortelle à plus d’un titre. Ce n’est pas pour rien que le mot "tabu", comme Mururoa, est issu de ces îles…
le titre tahitien de ce premier roman, Tiuraï, se traduit par Fête Nationale même si le bouquet du feu d'artifice, au-dessus du lagon, prend une drôle de forme de champignon
C’est loin de ces clichés éculés de Tahiti, que Patrick Pécherot va promener sa plume. Et la couleur de l’encre dans laquelle il la trempe n’est pas bleue comme les lagons. Elle est sombre et noire, comme l’ombre nucléaire qui plane sur Mururoa.
Derrière les cartes postales, il y a des vies. Toutes les filles ne sont pas de jolies vahinés à la peau sucrée enduite de monoï et aux seins nus ; toutes les maisons n’ont pas le luxe 5 étoiles, le room service et les pieds dans le lagon. À 2 pas de la piste d’envol de l’aéroport de Faa’a, des bidonvilles poussent. Lieux de chute des espoirs déçus de richesse et de réussite.
Enquête policière et enquête sociale en même temps, Pécherot nous emmène de l’autre côté de la carte postale. Mecker va faire trembler cet édifice mensonger. Le ressentiment identitaire, le mensonge autour des travaux atomiques, la camisole financière des subventions métropolitaines, tout ce bouillon couve à petit feu… Mais la marmite donne des signes de débordements…
C’est diablement bien mené, prenant, et la morale n’est pas forcément là où on l’attend.
Ce que fait Pécherot avec habileté, c’est de nous montrer que les gentils ne gagnent pas toujours à la fin...
Magnifique …… !

L'auteur : Patrick Pécherot, est né en 1953 et a exercé plusieurs métiers avant de dévenir journaliste. Auteur de Belleville-Barcelone et des Brouillards de la butte (grand prix de littérature policière 2002).
2 commentaires:
Tu as une bibliothèque polynésienne impressionnante. Je partage toujours tes choix et tu m'as redonné goût à la lecture. Merci Sylvie-Anne pour ton blog
magnifique, le meilleur sur le fenua.
Sylvie-Anne
Je n'ai pas lu ce roman qui semble s'appuyer sur de faits réels romancés. J'ai vécu de très près les évènements de la révolte de la prison , cela a été dramatique. Cela ne s'est passé qu'une fois dans l'histoire de la Polynésie .
Il n'y a aucun jeune tué un quatorze juillet mais par contre un gardien de prison d'un certain âge y a perdu la vie. Ce gardien de prison , père de famille était adulé par les punis de prison et très apprécié par ces collègues . C'était un homme profondément humain et il a fallu que cela soit lui qui soit tué.
Je préfère ne pas faire trop de commentaire sur les réactions de l'Etat français, cela n'a pas été très beau.
Christian P Y P
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