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22 décembre 2010

J’avais rêvé Mataiva pour Noël 2010

Ce mercredi matin 22 décembre, 8h, après les soins infirmiers sur mes petits potons, je sors de la clinique Paofai à Papeete, avec dans mon sac un certificat médical m’interdisant :
" tout déplacement par voie aérienne jusqu’à nouvel avis médical "
et une prolongation d’arrêt de travail, car l’amélioration est trop lente.
C’était prévisible, mais cela m’en fiche un coup quand même !
Interdiction médicale de m’envoler vers les Tuamotu pour Noël !
Du bureau, je faxe cet horrible dictat à mon agence de voyage qui va s’occuper des annulations. Que vais-je bien faire à Noël à Papeete dans de telles conditions ?

Je lis mes mails professionnels, règle deux ou trois urgences et déjà il est plus que temps que je ne sollicite plus mes pieds qui réclament le repos et le ventilo !
Je maudis l’aqua-gym et la piscine chlorée qui me vaut cette immobilisation subite en cette période de Noël.
Je suis aussi interdite de soleil à cause des antibiotiques ! La totale !
Leçon de vie Outre Mer : ne jamais négliger ses pieds. Je m'en souviendrais !

Pour me consoler, je décide de vous présenter l’île qui devait m’accueillir de jeudi matin à dimanche soir 26 : Mataiva.
Mataiva,
atoll le plus occidental de l’archipel des Tuamotu, dans le sous-groupe des Îles Palliser, fait partie de la commune de Rangiroa.



Situé à 311 km de Tahiti et 79 km de Rangiroa, au recensement de 2007, Mataiva ne comptait que 204 habitants.



Je devais me rendre à Mataiva village, chez Edgar, où l’amie Heifara, m’avait vivement recommandée pour un Noël dans une famille polynésienne.
Ce petit atoll, de 10 km de long sur 5,5 de large, possède la particularité rarissime d'un lagon réticulé d’une superficie de 25 km2.

Des mouvements de soulèvement et de subsidence ont provoqué le cloisonnement du lagon en grandes vasques peu profondes.
Il se compose de 70 bassins d'environ 8 m de fond et de 9 chenaux, d'où son nom d'origine : "île aux neuf yeux".

Mataiva fut abordé pour la première fois par l'explorateur russe Fabian Gottlieb Von Bellinghausen le 30 juillet 1820.
Cet atoll recèle dans son sous-sol un immense gisement de phosphate dont la quantité est estimée à 12 millions de tonnes, inexploité par souci de préservation de son environnement.
Le village principal de Pahua se répartit de part et d'autre d'une passe très étroite (Hoa) traversée par un petit pont, où les habitants vivent simplement de la pêche lagunaire rendue possible grâce à ses nombreux parcs à poissons.
La récolte du coprah constitue l'autre important volet de l'économie de l'île.
Le motu Teaku, ou l'îlot aux oiseaux, abrite différentes espèces d'oiseaux de mer.
Le Mataiva Papa est le nombril de Mataiva. Sa visite est incontournable.
Situé à Papiro, le marae, construit en forme de trône était destiné au roi Tù, figure légendaire de Polynésie (géant de plusieurs mètres de haut).
Il lui suffisait de 3 foulées pour traverser l'île de long en large, uniquement dans le but de tuer ses ennemis.
Au début de l'année 1900, les habitants de Mataiva, Tikehau, Rangiroa et Makatea étaient les mêmes.
Tous les six mois, ils se déplaçaient. A leur retour sur Mataiva, en 1906, ils trouvèrent un voilier en fer échoué sur le récif, dans lequel ils trouvèrent de tout y compris un piano. L'épave du voilier demeura là pendant 77 ans. Le cyclone de 1983 la jeta sur l'île et la découpa en deux.
La légende aussi,n'est pas en reste avec le site du rocher de la tortue, animal sacré autrefois redouté : Si un nuage de forme identique au rocher passe au dessus de la passe, c'est que le temps va changer, et les tortues remonter à la surface. Il sera alors temps de les chasser.
Voilà le programme prévu pour ses 4 jours et qui s’écroule.
J'avais commencé à préparer la valise et le billet d'avion est là sous mon nez !
Je n’ai pas dit mon dernier mot et dès que je suis rétablie, j’irais à Mataiva, foi de bretonne têtue.
Cependant, je n’ai pas le droit de me plaindre. Voilà déjà 3 hivers que j’échappe aux rigueurs de l’hiver breton. Quelle chance !
J’ai aussi une pensée pour tous ceux qui sont hospitalisés et qui vont passer Noël loin des leurs.
A tous ceux et celles qui ont des soucis de santé, je dédie cet bel atoll de Mataiva aux Tuamotu en Polynésie française.
Nous rêverons ensemble de Mataiva, l’île aux neuf yeux.
Une pensée pour Cécile J.L, une amie et ex collègue de Rennes, qui nous a définitivement quittés le 17 décembre, à Montgermont (35), sans avoir fêté ses 65 ans. Adieu Cécile.
Voie maritime encore autorisée, alors cela sera Moorea le 31 décembre du côté de Haapiti, avec les amis(es) de Tahiti.
Joyeux Noël à vous tous.
Kenavo.