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3 février 2011

Photos sous marines dans le lagon d'Ahe

Mon appareil est waterproof à 10 mètres, mais je m'étais pas encore vraiment essayé.
Le lagon devant le Cocoperle lodge est magnifique et je me lance à la découverte des habitants sous-marins.
Sur les grosses patates, se sont des colonies de bénitiers qui exhibent leurs belles couleurs bleues.
Il y a aussi des petits poissons bleu fluo qui ne sont pas trouillards.
Sur le sable dorment nonchalament quelques holothuries (à l'île de la Réunion, on les appellait les boudins ou biches de mer).
A Fakarava, ce sont les rori. Autrefois ils étaient séchés dans des fours à rori et conservés en secs et ensuite mangés comme des saucissons secs !
Ils sont encore consommés dans certaines îles de l'Océanie et de l'Asie.
De magnifiques coraux en formation
ou déjà bien formés, ont colonisés les patates.

Je regrette de ne pas avoir fait plus souvent de photos sous marines, car le monde sous marin est beau et coloré, enveloppé de son silence parfait.
Dans 2 heures je reprends l'avion pour Papeete. Il est plus que temps de boucler la valise.
Nana.

2 février 2011

La perliculture à Ahe

Ahe est avec Manihi toute proche, un centre de perliculture important.
L'atoll a compté, il y a quelques années plus de 60 fermes perlières.
La mévente de la perle ces dix dernieres années a modifié la paysage. Il en reste environ 15 en activité aujourd'hui, dont quelques tres grosses entreprises, dont celle que je visite ce samedi matin.


Tous les bâtiments bleus représentent le complexe semi industriel de cette grande ferme.
Je retrouve un ami, le chef de production rencontré à Fakarava l'année dernière.
Une cinquantaine d'ouvriers qui sont logés et nourris sur place y travaillent. Tous assez jeunes.
Une nouvelle campagne de récolte a commencé depuis 3 jours. L'usine bouillonne d'activité.
Des équipes sont composées et bien organisées.
Les hommes sortent les paniers des bassins où ils sont stockés depuis leur sortie du lagon.
Une équipe écarte les huitres et place une cale (un écarteur).
Les nacres sont ensuite dispachées par caissettes aux préleveurs-greffeurs qui sont derrierre des petits comptoirs avec tous leurs instruments bien précis.
Le bol pour recueillir les perles, le vase d'eau pour rincer la pince entre chaque nacre..... etc.
Une musique entraînante est à fond sur la grosse chaîne stéréo et donne la cadence.
Tout va vite, très vite. Tous les employés font l'horaire suivant : 4 h 30 - 12 h. Ils sont en CDI ou en CDD (3 ou 6 mois).

Le greffeur enlève délicatement la perle.
Si la perle est de bonne qualité, il remet dans la poche de la perle de la nacre, un nucléus qui donnera une deuxième perle.
Si la perle est petite ou de basse qualité, il ouvre l'huitre qui sera sacrifiée.
Une autre équipe vide les huitres, enlève l'animal, mais laisse le muscle sur la nacre, le fameux korori.
Une fois le korori enlevé à son tour et rapidement congelé pour la revente, les deux nacres sont mises en sac et partiront pour l'asie du Sud Est pour en utiliser la nacre (bijoux, boutons.... )
Les nacres surgreffées sont refermées délicatement et repartiront vers le lagon.
C'est très impressionnant de voir sortir la perle. Elle est très brillante. En voici quelques unes qui viennent de voir le jour.
On est loin des fermes, ou seuls les membres de la famille effectuent tous les travaux.
Ici la concession maritime (ou les nacres sont positionnées) est immense et produit de grosses récoltes pour le compte d'un grand groupe (holding) qui commercialise lui même ses perles sur Hawai, Paris, Tokyo, les USA, Hong-Kong ou la Chine.
Aucun bijou n'est fabriqué sur place, ni aucune perle ne peut être achetée.
C'est la production intensive . C'est l'usine perlière avec un organigramme hiérarchique bien établi. Le chef de production a plusieurs fermes sous sa responsabilité et dans chacune un chef de ferme, lui-même secondé par des chefs de salle.
Il y a aussi un économat, un magasin (produits de toilette, tabac, etc...). c'est un monde bien organisé, ou campagnes de récolte et campagnes de greffes se succèdent toute l'année.

29 janvier 2011

L'oursin tortue du récif d'Ahe

Nous traversons la forêt de Pisonias géants pour rejoindre le récif coralien en bordure d'océan.

Le rose du paltier tranche avec le bleu des vagues et le blond du sable.

Le vent dépose une écume de mousse sur la plage.

Le calme des récifs cohabite avec le vacarme des lames.


J'aime ces bords d'océan, toujours agités et venteux, car ils m'évoquent mes longues balades sur les plages du pays pagan à la pointe extrême du Finistère Nord.

L'océan règne en maître absolu.

Nous trouvons quelques oursins piquants violets,

que nous saissisons avec précaution, avant de leur reposer à leur même place.

Puis soudain, une colonie de petits domes avec des écailles: les oursins tortues.



Nous en observons un de plus près. C'est bien un oursin, mais il ne pique pas et est recouvert de fines écailles.


Cet oursin, animal préhistorique et endémique du nord des Tuamotu fait bien partie de la famille des Echynodermes et est comestible.

Ici, il est appelé oursin tortue ou oursin casque ou encore oursin bonnet de prètre,(colobocentrus pedifer, dixit le DIP) .

Nous ne ramasserons pas ces petits oursins, préférant les laisser prospérer dans leur milieu naturel .

Ce week-end à Ahe est des plus instructifs. Les pisonias et l'oursin-tortue méritent le déplacement.

Il reste encore la visite, non pas d'une ferme perlière, mais de l'usine à perles d'Ahe.

A suivre.

27 janvier 2011

Le naufrage du Bethel II

Auprès du Cocopearl lodge, une coque de grand voilier est échouée sur la plage.

Ce voilier a fait naufrage à Ahe en 2007.
Pierre LEDRU, pilote d’Air Polynésie à la retraite, bien connu en Polynésie, décide avec son épouse, de retourner à Tahiti, mais à la voile cette fois.
Ils partent du Sud de la France à bord d’un superbe voilier de 58 pieds en polyester baptisé " Bethel II".
Après 8 mois de navigation, ils arrivent dans les îles du désappointement, c'est-à-dire le Nord Tuamotu, encore appelé "l’archipel dangereux".
Dans la nuit du 20 juin 2007, le voilier au mouillage, près de la passe d’AHE, rompt ses amarres à cause de la houle.
Sa coque se fracasse contre les patates de corail et le navire sombre dans quelques mètres d’eau. (voir le lien sur le blog du BethelII).
C’en est fini de la belle aventure du Bethel II, qui avait été acheté neuf dans les années 80, plus de 300 millions de CP.
Le navire est déclaré épave par les assurances.

Un jeune perliculteur d’Ahe, intéressé par la coque, décide de prêter main forte aux retraités naufragés.
Le Bethel II lui est cédé pour le franc symbolique, à condition de le sortir de son écrin de corail. Pour cette opération les assurances avaient prévu un budget de 8 millions de FCFP ! .
Pendant un mois, avec les rares moyens dont il dispose, Elvis le paumotu, va préparer son opération de renflouage.

Son matériel se résume à 60 fûts (drums) de 200 litres, 300 mètres de corde, 200 mètres de chaîne, un moteur de hors-bord de 250 chevaux et 8 cocotiers !
Le 21 septembre 2007, Elvis a réussi son pari, et pendant 8 heures il le tracte jusqu’à la plage devant son fare.

Avec le chien de la pension, je longe la plage pour voir le Bethel II.


La mévente de la perle a poussé Elvis a abandonné sa ferme et il a rejoint Tahiti.
Depuis bientôt 4 ans que le Bethel II est planté sur la plage de Ahe et subi les intempéries devant les bâtiments abandonnés eux aussi.

Le mât résiste encore mais combien de temps ?

Ces images sont tristes et rappellent que cet archipel mérite son nom d'archipel dangereux.
Son ancien propriétaire a quitté la Polynésie pour rejoindre d’autres aventures.

26 janvier 2011

La forêt d'Emeraude d'Ahe

(texte de Daniel Pardon)
"Il y a encore deux siècles, l’archipel des Tuamotu ne ressemblait en rien à ce qu’il est aujourd’hui.
La monoculture de "Coco nucifera" ne date que de l’évangilisation des atolls et de la destruction des sociétés d’antan basées sur une exploitation et une occupation rationnelles des terres.
Les bons pasteurs dans un XIX e siecle gourmand en huile (les baleines payèrent le plus cher tribut) ne se posèrent pas de questios : leurs ouailles à peine "illuminées" par la grâce de la
bonne parole, il s’agissait de les mettre au travail.
Les atolls furent méthodiquement dévastés par l’homme.
Les forêts qui fournissaient ombre, fraîcheur, terreau et donc nourriture, furent remplacées par des cocoteraies sans vie, qui déssêchent les sols, avec pour conséquence la dépendance à la venue de la goélette qui livrait tout ce qu’il fallait.
Dans l’immense massacre botanique que fut la colonisation des atolls par le cocotier, un bout de la forêt d’AHE , un petit hectare échappa aux haches.
La population est désormais consciente de cette extraordinaire richesse qu’et cette délicate et riche forêt de Pisonia grandis.
Les atolls garnis d’un bon mêtre de terreau (feuilles en décomposition et fientes d’oiseaux), c’était le biotope naturel d’avant la calamiteuse cocoteraie".
Le pisonia grandis appellé localement pu’ateaou gatae est, endémique des atolls. C'est un arbre géant au large tronc. (30 mètres de hauteur et 5 mêtre de diamètre).
Ses jeunes feuilles produisent le meilleur des épinards, le fafa des Tuamotu.
Je suis allée voir la forêt d’Ahe, celle que Bernard Moitessier qui a vécu 3 ans à Ahe, appelait la cathédrale.

L'odeur y est fraiche et douce, les oiseaux marins qui nichent dans les sommets des arbres, font un vacarme assourdissant.

Franck nous montre les tendres fougères

Cette forêt n'est pas protégée, seuls quelques habitants et passionnés ont compris la nécéssité de sa sauvegarde.

Nous traversons la forêt pour rejoindre le récif. De belles découvertes insolites nous attendent.

A suivre.

24 janvier 2011

Le Cocoperle d'Ahe

Le Cocoperle lodge n’est pas une pension, mais une petite hôtellerie familiale depuis 2006. Franck le lyonnais est le big boss. Son épouse tahitienne, Jeannine fait des merveilles en cuisine.
Il est à 20 minutes de speed-boat du motu de l’aéroport.

Bien caché dans les cocotiers, les 6 bungalows sont les pied dans l’eau au bord d’une très jolie plage au sable rose.

Voici mon fare Les salles de bain ont toutes l’eau chaude (en solaire) ce qui est assez rare dans les Tuamotu.

.
Avant d’aller en balade sur le lagon et vous faire découvrir quelques curiosités d’Ahe, voici quelques images de la salle à manger


et du salon, là où je me suis régalée avec un excellent livre que j'ai littéralement dévoré. 350 pages en deux jours!


Jeannine a rassemblé par thèmes de très jolis coraux ciselés comme de la dentelle



des bénitiers roses et oranges
des nacres géantes,

des crayons d’oursin dans un umete en corail,


des mao'a et autres coquillages bivalves géants.
Tous provenant d’Ahe.
Samedi matin, quelques pensionnaires sont allés en pêche sur le récif et ont rapporté une centaine de mao'a.
Jeannine les a préparés chaud, en coquille, présentés dans une pirogue de fane de coco recouverte d’une feuille de bananier.


J’en avais mangé froid à Tahaa. Chauds et aillés ils sont bien meilleurs.

Nous mangerons bien d’autres subtiles préparations à base de poissonset autres préparations locales (gratin de taro au coco.....) Jeanine excelle dans les déserts maison (sorbet au corossol, crème au chocolat et à la cannelle etc…)
Sur un motu voisin, une paumotu cultive sa passion pour les hibiscus.
Ainsi 2 ou 3 fois par semaine, Jeanine se fait livrer (en bateau bien sûr) de superbes fleurs fraîches, pour décorer sa table d'hôtes.

Le Cocoperle a toujours une bonne fréquentation et propose de multiples activités, principalement centrées sur la pêche dans le lagon et au large de la passe dans le grand bleu.
Pour demain c'est visite d'une immense ferme perlière et découverte de la magnifique forêt primaire d'Ahe.
A suivre.

21 janvier 2011

Ia ora na AHE

Ahe est un atoll de l’archipel des Tuamotu Nord dans le groupe des îles du Roi Georges.

Il est situé à 470 kms de Tahiti.
Il mesure 23,5 km de longueur et de 8 km de largeur maximale pour une surface de terres émergées de 12 km2, répartis en 83 motu. Son lagon couvre une superficie de 138 km2 et ne dépasse pas les 30 mètres de fond.
Il est rattaché à la commune de Manihi,distante de 12 km. Il compte 560 habitants.
Une piste d'aviation a été construite par l'armée française et ouverte en 1998.
Le village principal se nomme Tenukupara.
Il n’y a pas d’EDT. Toute l’électricité de l’île est fournie par les panneaux solaires ou les groupes.
Il n'y aucune route non plus. Tous les déplacements se font en bateau. Seuls 2 ou 3 véhicules à l'aéroport et au village pour
quelques 100 mètres de piste de corail.
Il n'y a donc aucune possibilité de faire du vélo.
Il n'existe pas de ramassage scolaire en speed-boat,. Les enfants sont souvent scolarisés à la maison (cours par correspondance) ou placés en internat ou dans la famille à Tahiti.
Une infirmière est seule dans son infirmerie. Pas de centre médical.
AHE fut le dernier atoll de l'archipel des Tuamotu à être découvert par Charles Wilkes le 6 septembre 1839 qui le baptise Peacock Island (île du paon)
Le motu Poro-Poro, fut habité pendant 3 ans par le navigateur Bernard Moitessier (1925-1994) qui y avait construit un fare. Il le quittera en 1978 pour aller vivre à Moorea.
L'ATR 42 a décollé à 10 h30. A 11h50, il se pose à AHE. Le temps est gris, et les photos aériennes ne sont pas top.
Première surprise, il n'existe pas d'infrastrucrure à l'aéroport, juste un hangar en tôle avec un côté arrivée, et l'autre départ. La valise refuse de rouler sur la soupe de corail.
Une construction neuve a bien été commencée, mais différents retards ont fait qu'après plusieurs interruptions de travaux, elle est loin d'être terminée.
Le speed boat de Franck me conduit à travers le lagon sur le motu du petit hôtel CocoperleLodge.
3 jours de farniente et de belles découvertes sont au programme.
A suivre.