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9 mai 2012

Le monastère Sainte Claire à Outumaoro (Punaauia)

J’ai découvert l’existence de ce monastère tout à fait par hasard en faisant des recherches sur le Net.
Ce monastère féminin des sœurs clarisses, s'est implanté en 1981 en Polynésie et en août 1993 sur les hauteurs de Punaauia.
Il est dédié à Sainte-Claire, de son vrai nom Claire Favarone Offreduccio, qui appartenait à une famille noble et puissante d'Assise. A 18 ans, attirée par Dieu, elle quitte famille et fortune et se retire dans le silence au monastère Saint Damien, dans la campagne d'Assise. Elle y vivra 42 ans. Très vite d'autres jeunes filles sont entraînées par son exemple.
L’ordre des Clarisses a fêté en 2011 son 8 ème centenaire. Il représente plus de 18.000 clarisses, réparties à travers les 5 continents et en 897 maisons : 617 couvents en Europe (dont  54 en France et 1 en Polynésie).
C’est le seul monastère en activité en Polynésie. Intriguée je me renseigne et téléphone. Rendez vous est pris pour une visite à 14 h 30 mercredi.
Le monastère d’Outumaoro a été prévu pour 15 religieuses. La communauté du monastère est actuellement composée de 13 religieuses : 8 professes à vœux perpétuels, 4 professes à vœux temporaires et une novice. Leurs noms à jour du 15 janvier2012, figurent dans le Net – voir ici- Il y a 1 Fidjienne,1 Vanuatu, 2 canadiennes et des polynésiennes.
Je prends un chemin côté montagne en face de Carrefour Punaauia. Au téléphone, on m’avait dit : vous allez tout droit jusqu’au bout. Au début, ça grimpe dur, puis on revient sur les bords de montagne. La route est interminable et je ne vois jamais la fin. Je double le grand séminaire. Je suis au fond de cette grande vallée et jamais j’aurais immaginé voir autant de fare si loin de la RDO. C’est avec 10 minutes de retard, qu’enfin j’atteins la grille bleue du monastère.
Je sonne à l’accueil. Une petite sœur habillée en robe écrue et voile blanc, m’accueille avec un grand sourire. C’est une des  2 canadiennes arrivées il y a 30 ans pour la fondation.  C'est la doyenne. La 2eme canadienne s’appelle sœur Agnès La conversation s’engage immédiatement. Nous passerons plus d’une heure ensemble. Son accent canadien, à peine estompé, est ravissant. Elle répond à toutes mes questions avec précision et simplicité, avec un regard clair et souriant.
Elle m’explique qu’elle aurait du finir sa vie au Canada et que c’est très rare de changer de monastère. Quand on rentre dans un monastère, ou un couvent, c’est pour la vie, on ne le quitte qu’à la mort. Elle est heureuse de vivre dans ce paradis où il ne neige jamais
 Elle m’ouvre la boutique. Les religieuses font de la reliure, des icones sur bois,
 des chapelets de graines ou de buis et bien sûr des confitures. Elles ont créé un verger qu'elles entretiennent elles mêmes ainsi que  leur jardin d’agrément.
Un tahitien survient et demande à voir sœur Agnès, qui lui m’a mis de côté des graines de fleurs. Ma canadienne va quérir sœur Agnès. Pendant ce temps le tahitien ne tarit pas d’éloges sur la gentillesse des sœurs "elles sont chou".
Je vais visiter une partie du parc. Cet arbre m’a été signalé par le tahitien comme un arbre rare.
Il produit de jolies fleurs jaunes et de très grandes gousses de graines.

Il ressemble un peu à un acacia .Difficile de trouver son nom.
Les racines de celui-ci sont énormes. Juste au dessus des bananiers, une vue sur le pacifique au loin.

Je me rends à la chapelle. En façade, Deanna de Marigny a réalisé une magnifique mosaïque avec du vitrail en mars 1990. Un mois seulement a été nécessaire à l'exécution de cette œuvre.

Elle représente Sainte-Claire, la nativité et une branche d'arbre à pain.  La chapelle a 2 nefs perpendiculaires. Ainsi les religieuses ne sont pas visibles du public.
Je regarde les horaires des offices. 6 en semaine ! le premier à 5 h et le dernier à 20 h !
Il fait doux. Nous sommes à plus de 400 mètres.
 L’ambiance est calme, sereine. J’ai même entendu des oiseaux chanter.

8 mai 2012

Va'a, la pirogue polynésienne

Ce bel ouvrage, grand format et richement illustré, publié en 2008, présente une approche détaillée de tous les aspects de la pirogue polynésienne.
Ce livre a été réalisé par un collectif de 10 auteurs, en coédition avec le musée de Tahiti et des îles. L’avant-propos a été écrit par Jean-Marc Pambrun.
«Va’a la pirogue polynésienne» dresse un bilan simple et clair, des connaissances issues des recherches les plus récentes sur la pirogue polynésienne, tant d’un point de vue technologique, ethnographique que sociologique.
Après une introduction sur  la civilisation de la pirogue, ce livre comporte 5 parties qui rassemblent des textes de divers auteurs : Vestiges et traditions ; Ethnographies de la pirogue,  D’archipels en îles; Collections, …. pour se conclure sur l’ère de la course de pirogues .Un tableau présente les principaux termes liés à la pirogue, et une carte de l’Océanie.
Le but de cet ouvrage est de porter à la connaissance d’un large public, ce monde des pirogues, largement méconnu encore aujourd’hui, Il se veut aussi la "première grande contribution polynésienne à la connaissance de l’histoire maritime et un bel hommage à tous ceux – chercheurs, sportifs, navigateurs, tailleurs de pirogues ou pêcheurs… – qui rappellent aux Polynésiens, qu’ils peuvent être fiers d’avoir apporté à l’humanité sa plus grande aventure, la navigation."‘(Extrait présentation de presse)
Plus qu’un engin de navigation et de transport, la pirogue est aussi le véhicule de l’organisation sociale, politique et religieuse et souvent, le terme pour désigner la pirogue (va’a) est aussi celui utilisé pour parler des hommes d’un même groupe, tout comme leur espace territorial (va’a mata’eina’a), et  de va’a ’āi’a, que l’on traduit par nation (’āi’a étant pays natal, patrie) ou de va’a hiva, qui désignent ceux qui habitent à l’intérieur des limites d’une île ou d’un district (fare vāna’a).
Il insiste sur l’universalité de ces formes d’embarcations qui ont donné aujourd’hui les catamarans ou multicoques.
Il nous présente également l’utilisation de la pirogue et note que les "connaissances maritimes des anciens Polynésiens étaient essentiellement empiriques, fondées sur l’observation et la mémorisation de la position et du mouvement du ciel, du soleil, de la lune, des étoiles, des vents et des courants, suivant les périodes de l’année. …. , des oiseaux,..... des signes que les Polynésiens savaient interpréter",
J’ai appris énormément de choses sur le va’a avec ce livre, et je regrette de ne pas l’avoir acheté plus vite.
PS : photo n°2 : Shell-va'a : prise pendant la course Tahiti nui va’a 2011. (cf blog au 28 -5- 2011)
Les photos noir et blanc viennent bien sûr, des archives de Papenoo, chez mon ami l'occitan du Lot.

29 avril 2012

Le 14 eme salon du tifaifai

Avant de vous parler de mes 4 jours à Huahine, je souhaite vous faire part de mon coup de coeur. Levée très tôt ce dimanche, j’étais dès 9 h dans les grandes salles de la mairie de Papeete pour le 14 eme salon du tifaifai.
 Il me fallait bien 2 heures pour tout voir et bavarder avec les mama.
Ce salon est organisé par l’association Te api nui o te tifaifai. Voici la trésorière.

Le thème retenu cette année était "les richesses de la mer" (te hoturau o te moana). Les mama ont eu un an pour réaliser des tifaifai sur ce thème. La décoration de coquillages est soignée.
La remise des prix du concours aura lieu samedi 5 mai. Le thème pour 2013 sera également choisi.
J’ai fait beaucoup de photos et il m’est très difficile de choisir une sélection pour le blog, ce qui explique le nombre important que je place dans cet article.
Le livre sur le tifaifai trône en bonne place. Je reviendrais cette semaine pour obtenir une dédicace des deux auteurs.
A l’étage, les mama ont installé leur table de travail sur les balcons.
La vue du premier étage sur la rue Gauguin est très jolie.
J’ai craqué pour deux jolies taies d’oreiller et me suis retenue pour ne pas acheter plus.


Toutes ces couleurs vives donnent de la gaité,  de l'appétit et de la bonne humeur.  C'est l'heure du déjeuner ! Ce salon dure 11 jours et mérite plusieurs visites. 
 

21 avril 2012

Le Tifaifai : définition, origine


Le mot tifaifai a surpris les métropolitains qui me demandent des détails.
Tifa : verbe qui signifie joindre, assembler.
Tifai : pièce d’étoffe destinée à rapiécer un vêtement.
Tifaifai : un linge rapiécé et aussi couture d’appliques.
Introduit par les missionnaires protestants ou mormons au XIX, l’objectif était de combattre l’oisiveté et l’ennui des polynésiennes.
La première mention d’un tifaifai à Tahiti remonterait à 1850.
Le salon annuel du tifaifai se tiendra à la mairie de Papeete du 26 avril au 5 mai (9h à 17h)


19 avril 2012

Le Tifaifai ou patchwork polynésien

Les éditions "Au vent des îles", viennent de publier un ouvrage dédié au patchwork polynésien : LE TIFAIFAI.
Histoire, techniques, organisation sociale de ceux qui le produisent, tout ce qu’il faut savoir sur le tifaifai est dans ce livre.
Dans cet imposant ouvrage de 272 pages, une large place est consacrée à 28 portraits d’artisanes. Des "tifaifaiseuses" comme les appelle les auteurs. Michèle de Chazeaux et Marie-Noëlle Frémy. Ces femmes, ont accepté de se raconter, ont confié leurs souvenirs, leurs échecs, leurs déceptions comme leurs bonheurs, leurs fiertés.
Le tifaifai, est composé soit de tissus géométriques, soit d'appliques essentiellement de fleurs, de fruits ou de feuilles.
Objets trésors, trésors cachés, sujets de passion, de désirs, de jalousies, mais aussi travaux opiniâtres, exposés, copiés, vendus, le tifaifai n'est pas seulement une couverture légère faite de deux épaisseurs de tissu de coton cousues à la main ou à la machine, mais une partie indissociable de l'art, du décor et de la vie polynésienne.
Le tifaifai d'aujourd'hui est un art métis, syncrétique, apporté par les femmes de missionnaires et apprivoisé par les Polynésiennes. Son introduction date d'environ 200 ans. Il est la version polynésienne d'un ouvrage nommé patchwork dans le monde.
Les tifaifai différent par leur partie supérieure. Pour le modèle "mosaïque", tifaifai pu en Polynésie ou encore 'iripiti, à Rurutu, elle est constituée de nombreux petits morceaux de tissu de couleurs différentes, coupés de manière géométrique, soigneusement et artistiquement cousus ensemble. Pour "l'appliqué" ou "l'applique", tifaifai pa'oti ou tifaifai tapiri, le ou les dessins généralement figuratifs, représentant surtout la flore, sont coupés dans un morceau de tissu d'une ou de plusieurs couleurs et cousus sur le drap uni d'une autre couleur.
Cet ouvrage sur le tifaifai est le premier qui aborde ce sujet de façon aussi approfondie et s'y consacre entièrement. Le tifaifai, fait partie du cœur de la culture polynésienne.


Pour un tifaifai entièrement fait main, les prix peuvent dépasser les 80.000 CFP, mais qund on connait le nombre d'heures, qui ont été nécessaires pour la réalisation de ce bel ouvrage, le prix ne signifie plus rien.
Les auteurs : Michèle de Chazeaux :
Professeur de lettres, productrice et animatrice d’émission de radio et de télévision pour Polynésie 1ère. Elle a interviewé pendant des années, pour la radio, les femmes et les hommes qui ont fait ce pays, explorant ainsi la mémoire collective de la Polynésie française. Ses relations avec le monde de l’artisanat polynésien ont permis cette étude du tifaifai et de ceux qui le produisent. Elle est à l’origine de la plupart des portraits d’artisans.
Marie-Noëlle Frémy : Historienne spécialiste d’histoire contemporaine, a associé enquête livresque et enquête de terrain auprès des institutions, des artisans et des passionnés du tifaifai. Elle a écrit une grande partie des textes.

C'est un livre unique à avoir en bibliothèque absoluement.

15 avril 2012

Danse tahitienne

Ce samedi, pour changer des habitudes, je suis allée à un diner spectacle à l’hôtel Inter Continental de Faaa.(le Beach Comber Hôtel).
La nuit tombe sur le lagon et Moorea. La soirée va commencer.
Je connaissais le groupe de danse et j’avais envie de les revoir.
Arlette, une amie tahitienne (chinoise), est venue me rejoindre et nous nous sommes régalées. Non par le buffet très classique mais très diversifié, mais par les tableaux très colorés du spectacle.

Voici quelques photos très cartes postales Tahiti certes, mais pleines d’ambiance et de joie de vivre. Il est très important que ces spectacles puissent rester pérennes dans les hôtels.
Les photos de fin de spectacle sont toujours les mêmes ! Pose avec les danseuses, puis avec les danseurs. Belle soirée. Nana.

29 mars 2012

Les pousse- pousse chinois de Tahiti

la pollution devient un problème majeur pour Tahiti et notamment à Papeete. Et que dire des embouteillages dés 6 h du matin pour les rentrées à l’école à 7 h ?
le retour au transport en commun devient indispensable, bus, tram et pourquoi pas le bon vieux pousse-pousse chinois ! économique, sans bruit et bon pour le régime sportif !
J’ai découvert ce vrai pousse pousse chez Inès et Pascal à Paea (PKO 19).

Il est en très bon état et Pascal va lui donner un petit coup de neuf. Il l’a eu chez un client chinois qui l’avait dans le fond de son garage qu’il allait faire rénover. Ce cyclo-pousse a une jolie peinture notée Surfica Tahiti avec deux jonques chinoises peintes.


Il a pas loin de 100 ans certainement. N'ayant pas beaucoup de place, il serait disposer à le négocier. Avis aux collectionneurs !
Je ne trouve rien sur le Net sur les pousse-pousse chinois de Tahiti, bizarre ! Peut-être car le pousse-pousse est d'origine japonaise !

25 mars 2012

Le bagad de Lann Bihoué est arrivé à Tahiti

Maité, une Lorientaise qui vit à Tahiti, a envoyé ces photos à Mylène en métropole qui me les a transférées etMaité m'a autorisée à les publier. Un grand Merci à toutes les deux.
Ils sont arrivés samedi matin à 5 h par le vol d'Air France. Quelle émotion de voir le drapeau breton flotter dans l’aéroport de Faa’a !
Le concert, c’est samedi prochain à Pirae. Tous les bretons de Tahiti vont se déplacer.
Kenavo

3 février 2012

la récolte des perles

Tyrone avait une petite ferme perlière mais comme beaucoup à Apataki, il a abandonné sa concession dernièrement. Il lui reste quelques filières de perles qui n’ont pas été récoltées.
Vendredi matin, c’est donc leçon de récolte de perles personnalisée. Tyrone explique à quoi servent ces grandes ficelles noires. Ce sont des collecteurs pour les naissains de nacre.

En effet Apataki n’achète pas ses naissains, mais les produit. Les pontes des nacres se déposent sur ces cordes et la petite nacre grandit jusqu’à sa première greffe.
Nous allons chercher une filière (un panier de nacres) dans le lagon dans une des stations (lignes de nacres)
Nous revenons à la ferme. La première opération consiste à nettoyer les nacres des corps étrangers ,


avant de les ouvrir légèrement et de les "pincer". Le pinceur (ou caleur) est celui qui dépose cette petite cale (bois ou plastique) à un endroit bien précis. Une fois la nacre pincée, Tyrone s’installe à son poste de greffe.


Dans les pots sur les étagères, sont rangés les nucléus par taille, qui serviront aux greffes et surgreffes. Tyrone présente les instruments que tout greffeur possède et qui valent un bon prix. C'est un bloc opératoire, une salle d'accouchement des perles ! Ainsi cette pince vaut plus de 100 €. Ensuite la chirurgie fine commence. Il faut ouvrir la poche utérine sans la déchirer complètement et sortir la perle. Je m’essaie en tremblant. C’est très délicat et presque émouvant. L'huître est encore vivante et je la fais souffrir. Une perle va naître sous mes yeux. Tyrone sait de suite, si c’est un petit keshi ou une belle perle. Celle ci est très belle.
6 perles et 4 keshis verront le jour ce 27 janvier 2012. Tyrone me les offre. Impossible de refuser sans le vexer ! Mauruuru roa.
Les nacres seront ensuite sacrifiées, jetées aux poissons, après avoir enlevé le muscle jaune crême (le pied) ou kokori, que nous dégusterons au diner en carpaccio.
A chaque fois que l’on me parle de perles, j’apprends des choses nouvelles, et ce matin c’était travaux pratiques individuels pour la première fois. Mais ces belles nacres qui font de si belles perles, m'enlèvent l’envie de manger une huître désormais ! A suivre