, après un copieux petit dej vitaminé, vite quelques achats à la supérette du port.
Pas faites pour les touristes les supérettes ! les cartes postales sont planquées dans un coin inaccessible. Un pèle mêle de quincaillerie, épicerie, droguerie, linge.
Visite au
fare Manihini (
fare artisanal).
Le tout nouveau bâtiment de l’office du tourisme accueille quelques artisans locaux.
J’achète des colliers, faits avec des graines séchées.
J’en prends une bonne douzaine. 8h 30 : Retour à la pension car départ en excursion avec Jean Claude (l
e patron de la pension) pour la journée.

Nous commençons par la grande baie du Sud-Est, dite
baie du Contrôleur, puis descente au village de
Taipivai.(370 hab)


C’est le village voisin de Taiohae. Jean Claude m’explique son nom
"la mer rencontre l’eau de la montagne" (tai = eau de l’océan, vai eau de source). C’est la seule façon pour moi, de bien mémoriser les noms propres polynésiens, c’est d’en connaître le sens précis.
Tapi au fond d’une profonde vallée, le village s’étend jusqu’à l’embouchure d’une petite rivière qui se jette dans la baie du Contrôleur.
La légende a donné ce nom à la
baie du contrôleur. Un navire avait échappé à tous les contrôles et continuait son négoce avec les Marquises, jusqu’au jour ou il s’est fait prendre dans cette baie, car le contrôleur y était et l’attendait. Si simple mais certainement authentique !
Une odeur de vanille flotte en permanence sur
le village, aux activités essentiellement agricoles.
Nous faisons deux arrêts chez des artisans sculpteurs. Ici une marquisienne, fabrique des colliers avec des graines séchées.

Sur la piste, rencontre avec un sanglier qui n’a pas l’air très sympa !

Ici on les appelle
"cochon sauvage".La piste longe la baie pour arriver à la plage de
Hooumi. Le coin est absolument désert.

Un groupe de grandes frégates nous raccompagne jusqu’à Taipivai.
Nous bifurquons vers le Nord. La piste escalade la montagne jusqu’au col de
Teavaitapuhiva, pour redescendre sur
Hatiheu. Nous sommes à 30 kms de Taiohae.
Avant d’arriver à Hatiheu, nous faisons deux arrêts sur des
sites archéologiques.La culture marquisienne ancienne, se lit et se devine dans ces merveilleux sites qui s’étendent sur plusieurs hectares.
(sites de Kamuihei et de Hikokua, restaurés en 1998)Le
banian, arbre sacré est toujours présent sur un site ancien. Jean Claude me prend en photo devant les racines de ce banian, tricentenaire.

Au pied du banian, une fosse profonde.
Plusieurs usages pour ce trou de plusieurs mètres : coffre-fort, prison, ou dépôt des cadavres, car dans les sociétés anciennes, on n’enterrait pas les morts. On les laissaient se dessécher d’abord. Seuls les rois et guerriers, avaient le droit à des tombes, soit dans leur pirogue accrochée à la falaise, soit en terre.
Difficile de dater avec précision ces sites. Environ 500 avant JC. l
Les nostalgiques de cette culture polynésienne ancienne, distinguent une autre période plus récente, nommée aussi
"avant JC", mais il s’agit cette fois de
James Cook et de l’arrivée des européens !
Le premier JC est passé inaperçu pendant plus de 1500 ans le deuxième a marqué le début d’une transformation profonde des peuples et des cultures depuis 300 ans !
Le
pa’e pa’e est la pavage d’un marae, d’une construction.

Le
tohua est une aire de danses et de jeux. Le
ma’e est l’espace sacré (tapu) qui correspond aux marae de Tahiti.
De magnifiques tikis, ornent les sites, certains reconstitués, car une grande partie a été pillée, sauf ceux absolument indélogeables, comme ce gardien de pierre du ma’e, qui ne dit pas son âge millénaire.
Peut-être est-il contemporain des menhirs de Carnac ? Nous découvrons également les grandes pierres avec leurs pétroglyphes

(
ici une dorade et des tortues)

Jean Claude nous ouvre une noix de coco.

Nous nous rafraîchissons avec le demi litre d’eau fraîche et stérile au parfum si doux, et nous mangeons la pulpe blanche très goutue comme un bonbon.

Sous le mape (châtaignier tahitien), nous dégustons encore. Très bon ce fruit, qui est vendu sur le bord des routes sous l’appellation "
mape chauds".C’est le tour des
noix du caramboulier. Ces petites noix étaient enfilées en guirlande sur une liane, et étaient allumées, constituant ainsi un éclairage digne de toute les guirlandes de Noël.
Le site n’a pas été complètement fouillé. Seulement quelques recherches très partielles, notamment par
Pierre Ottino dans les années 1990.Après cette belle leçon d’histoire, nous reprenons la piste pour Hatiheu
Le petit village est surplombé d’impressionnants pics balsatiques. (
une statue de la vierge sur un des pics).

Nous allons déjeuner chez Yvonne.

Les offres sont alléchantes à souhait !
Yvonne, c’est la maire de ce village, et la seule restauratrice (pension, épicerie….) Yvonne a 70 ans et milite pour la conservation et la protection des sites archéologiques que nous venons de voir.
Authentique pierre à poisson chez Yvonne
Visite du village :





Un calme absolu, règne sur le village, bercé par le doux murmure des vagues dans la petite baie.

L’apéro chez Yvonne c’est Hinano bien fraîche. Nous avons commandé de la langouste flambée au whisky. Elles arrivent très vîte, accompagnées de leur sauce chaude et de uru grillés !
Silence absolu ! délicieuses langoustes pêchées la nuit dernière . Une bonne bouteille de vin blanc très frais accompagne ce mets si fin.
Instant magique : ! photos obligées !


Une glace coco et un café vont clôturer ce merveilleux déjeuner chez Yvonne.
Jean Claude est parti taquiner les anguilles dans le ruisseau à quelques mètres.

5 ou 6 anguilles déboulent et voraces, avalent les déchets de nos plats.

Les anguilles ont les yeux bleu ! Quand le festin est fini, elles repartent illico se planquer sous les rochers.
Yvonne prépare la fête du samedi avec les enfants de la petite école. Elle tresse les assiettes du banquet avec des feuilles de cocotiers.

Les verres seront des demi noix de coco. Superbe vaissselle jetable très écolo qui évitera la corvée de vaisselle, pour laisser toute la place aux chants et aux danses. Quelle belle utilisation des produits naturels ! Ici on ignore le plastique !
Petite balade digestive avant de repartir à Taiohae, et petit bain.

La vie semble si douce et calme aux Marquises. Il y a de la langouste tous les jours sur la carte d’Yvonne.
Nous repartons vers l’Ouest et les a’pics en bord de mer,

jusqu’au col
d’Aakapa.

les aplombs sont vertigineux.

Côté montagne, pamplemousses, citronniers, uru, prunes-mangues,

et troupeaux de chèvres.

Jean Claude est comme Eric, un guide intarissable sur la culture des peuples anciens. J’aimerais rester plus longtemps et connaître toutes les
légendes des Marquises.Nous arrivons à Taiohae à la nuit tombante. Nous prenons le verre de l’amitié sur le port, à la roulotte et je me régale avec une super crêpe beurre sucre (
un gars de Quimper !)Lieux magiques, vallées reculées, souvent célébrées et vénérées par Paul Gauguin,
Herman Melville, Jack London,
Victor Segalen, Jacques Brel,
Alain Gerbault,
Robert Louis Stevenson. Tous étaient subjugués par leur étonnante beauté.
Fenua Enata, Terre des Hommes.
Des reines, des perles ces belles Marquises. Ce vendredi 22 mai 2009, c’est un sentiment d’une étrange et belle " planitude " qui m’envahit, comme un bonheur qui ne dirait pas son nom.
J'aime, j'adore Les Marquises !