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2 août 2011

Nuku-Hiva : Taiohae, Hatiheu, Taipivai

Mercredi 20 juillet, la première barge pour Taiohae est à l’eau dès 7h 30. Nous passerons la journée sur l'île de Nuku Hiva. Sur le quai, les vendeurs de poissons sont encore présents.
Ici les sculpteurs sculptent les troncs d’acajou qui serviront de piliers pour le village marquisien qui sera installé pour le grand festival des Marquises en décembre.
Une quarantaine de véhicules 4x4 ont été réquisitionnés par la compagnie Aranui, pour nous véhiculer dans l’île. (4 personnes par véhicule).
Nous commençons par la cathédrale de Nuku-Hiva.


Notre guide Didier, nous fait une petite conférence à l’intérieur. Puis nos véhicules prennent la route de la montagne en direction de Hatiheu.
Juste avant d’arriver à Hatiheu, nous visitons le mae Kamuihei. Le grand banian (Aoa en marquisien) accueille les danseurs de Haka. Nous visitons le site et regardons les pétroglyphes. La baie d’Hatiheu est superbe et innondée de soleil.Petite pause devant l’église.
Yvonne nous a préparé un four marquisien. Nous assistons à l’ouverture du four. Le cochon de lait cuit à l’étouffée, hum quel délice !
Après le repas, trois options nous sont proposées : Marche de 40 minutes jusqu’au col d’Anao, ou baignade à Hatiheu, ou encore départ en Jeep pour Taipivai et 20 min de marche jusqu′au Meae Paeke. Je choisis cette dernière option. La marche sera épuisante car tout en grimpette ! Les nonos ne m'ont pas épargnée, j'ai les épaules couvertes de piqures de moustiques, malgré la couche de OFF que j'avais mis ! Taipivai est le village où l'écrivain amércain Herman Melville a vécu en 1843. L’Aranui 3 a quitté la baie de Taihoae et nous récupère dans la baie de Taipivai. La barge vient nous chercher sur la plage. Journée ensoleillée, mais bien fatigante.
A suivre.

29 mai 2009

Courses de pirogues et fête à Taiohae

Ce samedi 23 mai, je suis réveillée dès 3 h 30 par le bruit des Pahu (gros tambours Marquisiens).
C’est la fête au port et cela commence avant l’aube !
Je me suis reposée quelques heures. Ma soirée a été consacrée à la lecture d’un bouquin passionnant.
Sans café, sans petit déjeuner, vite la descente au port ou le marché bat déjà son plein.
Les bateaux rentrent de la pêche.

De l’agitation. Les pêcheurs débarquent leurs poissons sur le quai, qui sont placés sur les étals situés à proximité immédiate.

Au niveau fraîcheur, on ne peut pas faire mieux ! Les transactions vont vite et les étals se vident à vue d’œil !
Des crabes bien vivants gesticulent dans les plastiques par lot de 2 à 3 kilos.
Le jeune vendeur de crabes, me dit que la nuit fut bonne. 116 kgs de langoustes pêchées cette nuit !
Thons, carangues, rougets,

loches des profondeurs aux yeux exorbités, trouvent place sur les étals.

Se balader en robe décolletée à 4 heures du matin, avant le lever du jour, c’est quand même pas très banal ! C’est aussi cela l’exotisme et les charmes de mon expatriement !

Les vendeurs de pâtisserie, de légumes ont aussi installé leur stand et leurs articles.
5 h, un grand café et deux croissants délicieux, en plein air sont un minimum !
Quel bonheur de vivre et respirer avant même que le soleil ne pointe son nez !
Les premières lueurs roses apparaissent cependant dans le ciel et annoncent le lever du jour.





A 5hs, même une simple robe très dénudée me colle déjà à la peau. Il fait chaud !
Dès 6 h, les étals du marché commencent à plier.

Ils laissent la place aux marchands du marché aux puces.
7 h petit déjeuner à la pension. La journée est commencée depuis 3 heures, ce petit déjeuner apparaît superflu et trop tardif ! J'aurais préféré rester au port.

Retour dès 8 h au port, pour suivre le départ de la course de pirogues.



Les rameurs sont jeunes et beaux. De vrais apollons !
Cette course compte pour les pré sélection de la fameuse compétition finale de va’a, en novembre à Papeete.
Tout commence par une prière et le discours de Madame le maire de Nuku Hiva.

Les frégates tournoient et accompagnent les rameurs qui s’éloignent à grande vitesse de la baie.



La course durera 3 heures.
Durant ce temps, je me balade et discute avec les marquisiens et marquisiennes qui vendent aux puces. J’achète colliers et paréos d’occasion. Ils sont plus d’âme que les neufs !

Vers 11hs, les premiers piroguiers arrivent. (les rouges ont gagné)

Ils sont acclamés par la foule venue nombreuse. Ils se jettent à l’eau et se congratulent. Ils portent fièrement leur pirogue sur le terre-plein central.
On les embrasse et les colliers de fleurs viennent se coller à leurs tee-shirts mouillés.


Le spectacle est émouvant et me rappelle de très lointains souvenirs de compétitions d’aviron (années 1971 à 1983 ! comme c'est loin !). Impossible de ne pas faire le rapprochement entre les pirogues et les courses d’aviron qui ont marquées plus de 10 ans de ma vie.
Il y a aussi des courses va'a en France (voir le lien).

Il est midi. Encore faim ! La roulotte du port propose de la langouste grillée à 1000 XFP !
Que du bonheur !
Ma bestiole est tellement grosse, que je vais mettre plus d’une heure à la déguster !

Kai Kai metai sylvie-Anne ! (bon appétit)

L’après midi se déroule cool. La fête continue ce soir ........
C'est fou ce que je me sens bien aux Marquises !
A suivre !

28 mai 2009

Découverte des vallées de Nuku Hiva

Vendredi 22 mai , après un copieux petit dej vitaminé, vite quelques achats à la supérette du port.
Pas faites pour les touristes les supérettes ! les cartes postales sont planquées dans un coin inaccessible. Un pèle mêle de quincaillerie, épicerie, droguerie, linge.
Visite au fare Manihini (fare artisanal).
Le tout nouveau bâtiment de l’office du tourisme accueille quelques artisans locaux.
J’achète des colliers, faits avec des graines séchées. J’en prends une bonne douzaine.

8h 30 : Retour à la pension car départ en excursion avec Jean Claude (le patron de la pension) pour la journée.Nous commençons par la grande baie du Sud-Est, dite baie du Contrôleur, puis descente au village de Taipivai.(370 hab)



C’est le village voisin de Taiohae. Jean Claude m’explique son nom "la mer rencontre l’eau de la montagne" (tai = eau de l’océan, vai eau de source). C’est la seule façon pour moi, de bien mémoriser les noms propres polynésiens, c’est d’en connaître le sens précis.
Tapi au fond d’une profonde vallée, le village s’étend jusqu’à l’embouchure d’une petite rivière qui se jette dans la baie du Contrôleur.
La légende a donné ce nom à la baie du contrôleur. Un navire avait échappé à tous les contrôles et continuait son négoce avec les Marquises, jusqu’au jour ou il s’est fait prendre dans cette baie, car le contrôleur y était et l’attendait. Si simple mais certainement authentique !
Une odeur de vanille flotte en permanence sur le village, aux activités essentiellement agricoles.
Nous faisons deux arrêts chez des artisans sculpteurs. Ici une marquisienne, fabrique des colliers avec des graines séchées.

Sur la piste, rencontre avec un sanglier qui n’a pas l’air très sympa !

Ici on les appelle "cochon sauvage".
La piste longe la baie pour arriver à la plage de Hooumi. Le coin est absolument désert. Un groupe de grandes frégates nous raccompagne jusqu’à Taipivai.
Nous bifurquons vers le Nord. La piste escalade la montagne jusqu’au col de Teavaitapuhiva, pour redescendre sur Hatiheu. Nous sommes à 30 kms de Taiohae.

Avant d’arriver à Hatiheu, nous faisons deux arrêts sur des sites archéologiques.
La culture marquisienne ancienne, se lit et se devine dans ces merveilleux sites qui s’étendent sur plusieurs hectares.(sites de Kamuihei et de Hikokua, restaurés en 1998)
Le banian, arbre sacré est toujours présent sur un site ancien. Jean Claude me prend en photo devant les racines de ce banian, tricentenaire.

Au pied du banian, une fosse profonde.
Plusieurs usages pour ce trou de plusieurs mètres : coffre-fort, prison, ou dépôt des cadavres, car dans les sociétés anciennes, on n’enterrait pas les morts. On les laissaient se dessécher d’abord. Seuls les rois et guerriers, avaient le droit à des tombes, soit dans leur pirogue accrochée à la falaise, soit en terre.
Difficile de dater avec précision ces sites. Environ 500 avant JC. l
Les nostalgiques de cette culture polynésienne ancienne, distinguent une autre période plus récente, nommée aussi "avant JC", mais il s’agit cette fois de James Cook et de l’arrivée des européens !
Le premier JC est passé inaperçu pendant plus de 1500 ans le deuxième a marqué le début d’une transformation profonde des peuples et des cultures depuis 300 ans !

Le pa’e pa’e est la pavage d’un marae, d’une construction.

Le tohua est une aire de danses et de jeux. Le ma’e est l’espace sacré (tapu) qui correspond aux marae de Tahiti.
De magnifiques tikis, ornent les sites, certains reconstitués, car une grande partie a été pillée, sauf ceux absolument indélogeables, comme ce gardien de pierre du ma’e, qui ne dit pas son âge millénaire.

Peut-être est-il contemporain des menhirs de Carnac ?
Nous découvrons également les grandes pierres avec leurs pétroglyphes

(ici une dorade et des tortues)Jean Claude nous ouvre une noix de coco.

Nous nous rafraîchissons avec le demi litre d’eau fraîche et stérile au parfum si doux, et nous mangeons la pulpe blanche très goutue comme un bonbon.

Sous le mape (châtaignier tahitien), nous dégustons encore. Très bon ce fruit, qui est vendu sur le bord des routes sous l’appellation "mape chauds".
C’est le tour des noix du caramboulier. Ces petites noix étaient enfilées en guirlande sur une liane, et étaient allumées, constituant ainsi un éclairage digne de toute les guirlandes de Noël.

Le site n’a pas été complètement fouillé. Seulement quelques recherches très partielles, notamment par Pierre Ottino dans les années 1990.

Après cette belle leçon d’histoire, nous reprenons la piste pour Hatiheu
Le petit village est surplombé d’impressionnants pics balsatiques. (une statue de la vierge sur un des pics).

Nous allons déjeuner chez Yvonne.

Les offres sont alléchantes à souhait !

Yvonne, c’est la maire de ce village, et la seule restauratrice (pension, épicerie….) Yvonne a 70 ans et milite pour la conservation et la protection des sites archéologiques que nous venons de voir.Authentique pierre à poisson chez Yvonne


Visite du village :



Un calme absolu, règne sur le village, bercé par le doux murmure des vagues dans la petite baie.

L’apéro chez Yvonne c’est Hinano bien fraîche. Nous avons commandé de la langouste flambée au whisky. Elles arrivent très vîte, accompagnées de leur sauce chaude et de uru grillés !
Silence absolu ! délicieuses langoustes pêchées la nuit dernière . Une bonne bouteille de vin blanc très frais accompagne ce mets si fin.
Instant magique : ! photos obligées !

Une glace coco et un café vont clôturer ce merveilleux déjeuner chez Yvonne.
Jean Claude est parti taquiner les anguilles dans le ruisseau à quelques mètres.

5 ou 6 anguilles déboulent et voraces, avalent les déchets de nos plats.

Les anguilles ont les yeux bleu ! Quand le festin est fini, elles repartent illico se planquer sous les rochers.
Yvonne prépare la fête du samedi avec les enfants de la petite école. Elle tresse les assiettes du banquet avec des feuilles de cocotiers.

Les verres seront des demi noix de coco. Superbe vaissselle jetable très écolo qui évitera la corvée de vaisselle, pour laisser toute la place aux chants et aux danses. Quelle belle utilisation des produits naturels ! Ici on ignore le plastique !
Petite balade digestive avant de repartir à Taiohae, et petit bain.

La vie semble si douce et calme aux Marquises. Il y a de la langouste tous les jours sur la carte d’Yvonne.
Nous repartons vers l’Ouest et les a’pics en bord de mer,

jusqu’au col d’Aakapa.

les aplombs sont vertigineux.

Côté montagne, pamplemousses, citronniers, uru, prunes-mangues,

et troupeaux de chèvres.

Jean Claude est comme Eric, un guide intarissable sur la culture des peuples anciens. J’aimerais rester plus longtemps et connaître toutes les légendes des Marquises.

Nous arrivons à Taiohae à la nuit tombante. Nous prenons le verre de l’amitié sur le port, à la roulotte et je me régale avec une super crêpe beurre sucre (un gars de Quimper !)

Lieux magiques, vallées reculées, souvent célébrées et vénérées par Paul Gauguin, Herman Melville, Jack London, Victor Segalen, Jacques Brel, Alain Gerbault, Robert Louis Stevenson. Tous étaient subjugués par leur étonnante beauté.

Fenua Enata, Terre des Hommes.
Des reines, des perles ces belles Marquises.


Ce vendredi 22 mai 2009, c’est un sentiment d’une étrange et belle " planitude " qui m’envahit, comme un bonheur qui ne dirait pas son nom.
J
'aime, j'adore Les Marquises !