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27 octobre 2010

Escalade du mont Hiro à Raivavae

Le mont Hiro, sommet principal de l'île, culmine à 437 mètres.
8h, lundi matin, Eléonore me redonne le vélo rose et nous explique comment nous rendre chez Maxime, le guide de la balade montagne de ce matin. Odile m'accompagne.
Nous posons les vélos chez Maxime qui nous attend.
Un couple de popaa (d'une autre pension), avec deux enfants, se joignent à nous .
Tous les 7, nous voilà partis à pinces.
Nous traversons le village encore un peu endormi après ce week-end de fiesta.
La balade doit durer 4 heures environ.
Après le village nous bifurquons sur la droite, côté montagne.
Nous traversons un champ de manioc.

Ensuite c'est le raidillon bien pentu et l'escalade commence.
Aucun sentier de tracé.
On suit Maxime à la file indienne, en assurant bien nos prises sur les branches des arbres ou les racines.
Le dénivellé est balaise. Il fait très chaud.
Je réclame une courte pause pour ralentir le rythme trop rapide.
Les popaa commencent déjà à râler, car ils ont prévu d'aller à la plage cet aprèm et qu'il ne faut pas leur faire perdre de temps.
Je ne dirais pas ici, la répartie fulgurante que j'ai sortie, et qui a mis fin à notre bref différent, une bonne fois pour toutes.
C'est la première fois que je me fais traiter de "vieille" et j'ai réagi au quart de tour, sans aucun ménagement.
Je n'ai pas manqué de souffle et pourtant c'était pas le moment !
La montée reprend dans le silence.
Maxime est bagagiste à l'aéroport de Raiavavae. Il connaît bien son île et grimpe la montagne, telle une chèvre.
Les prises deviennent de plus en plus difficiles et il faut se concentrer un minimum.
Le couple trouve le rythme encore trop lent et double Maxime et se met à ouvrir la voie mais bien sur ils se plantent grave !
Jamais vu une balade en montagne où le guide ferme la marche !
Maxime ne tarde pas à remettre de l'ordre et reprend la tête du petit groupe. Ouf il était temps !
Il y a désormais des passages très escarpés. Nous progressons lentement, collés à la paroi rocheuse.
Nous faisons une deuxième pause photo au grand damne des frenchi qui ne sont intéressés que par le sommet et rien d'autre et font leur course contre la montre.
Le stress c'est bon pour le métro parisien, pas sur les hauts de Raivavae !
Nous arrivons enfin sur la ligne de crête.

C'est prodigieux la vue, l'apic, les tombants, les bleus.

J'ai bien repris mon souffle et suis très satisfaite de mon escalade.
Mais soudain, une grosse sensation de vertige m'envahit.
Mes jambes flageolent et ma tête tourne. Impossible d'avancer.
Je n'irais pas plus loin. Maxime connaît bien, le vertige des crêtes c'est insurmontable, et me dit :
-"Ok ne vas pas plus loin, restes là, je les emmène au sommet et on repasse dans une heure, surtout ne redescends pas toute seule"
- "Pas question je vous attends. "
La ligne de crête, c'est plus cool à faire que la montée, sauf qu'il ne faut pas avoir le vertige.
Le groupe s'éloigne,

et je m'installe tant bien que mal dans les fougères.
Je clique à loisir à droite ou à gauche car j'ai le choix du côté à regarder.

Comme c'était bien hier au motu piscine, là sous mes yeux ...

et qu'est-ce je fiche là sur cette crête un lundi matin, au beau milieu du Pacifique Sud ?
L'aventure c'est l'aventure.
Certes, mais il me faut trouver un peu d'ombre car je vais cramer sévère sous ce cagnard.

J'économise ma bouteille d'eau que j'ai pris soin de planquer à l'ombre dans quelques rases fougères.
J'essaie le vini. Ca marche ! Je phone à un ami de Papeete qui est en train d'arroser mes plantes sur ma terrasse à Diva Nui ! Situation insolite et extrême quand même.
J'ai tout mon temps pour cliquer les paysages grandioses.

Mes sensations de vertige commencent à disparaître, mais je m'abstiens de trop regarder vers le bas.
Le soleil est presque à son zénith et je m'abrite sous mon blouson (ce truc blanc en toile de spi que j'avais acheté aux Sables d'Olonne, lors d'un départ de course du Vendée Globe, il y a des lustres et qui est inusable )
Je m'amuse avec le retardateur de mon appareil photo.

L'heure indiquée par Maxime en fera presque deux, et c'est sur les hauteurs du mont Hiro, que je prends le temps de réfléchir.
Bien obligée, car à part les photos j'ai rien à faire. !(J'aurais du prendre la notice de mon nouvel appareil. Là j'avais le temps de la lire ! )
C'est quand même un bel endroit pour penser à sa vie ! Quoique !

Mon amie et collègue Laurence, qui est venue à Raivavae, m'a assurée que j'avais fait le plus difficile et que pour les crêtes, c'est plus simple, sauf qu'il ne faut pas faire une crise de vertige bien sûr !
Laurence m'a donné quelques photos prises au sommet.

Mauruuru roa lolo. C'est magnifique.

Le groupe revient enfin.
J'apprends que Odile a renoncé aussi à 200 mètres de moi.
(Odile a bientôt 70 ans et a déjà fait le Kilimandjaro, elle a renoncé en raison du vertige, et des a'pics tout comme moi).
La descente commence, aussi périlleuse que la montée.
Cette fois Maxime dirige bien le groupe. Je le sens cependant lassé de cette matinée.
Les parents n'ont pas du tout gérer leurs mômes qui n'arrêtent toujours pas de parler, c'est saoulant.
Je trouve la descente très longue. En fait c'est la montée en zigzague qui l'était aussi car on prend strictement le même passage.
Arrivés sur le semi plat Maxime, prend le temps de nous faire découvrir les caféiers sauvages.

Voici les petites branches que j'ai cueillies pour mon herbier.
Odile et moi réglons le prix de notre excursion à Maxime en espèces et reprenons nos vélos pour retourner à la pension nous restaurer.
Il est 13 h 30. J'ai faim et soif. No problème Eléonore a tout prévu.
Maxime reviendra à la pension pour essayer de négocier le chèque des popa'a, sans succès ! hélas. Ici on paie en cash, mais ces résidents là devaient l'ignorer.
Je suis convaincue que si ces gens ne m'avaient pas stressée, je l'aurais fait la ligne de crête jusqu'au sommet.

Cependant, je suis satisfaite de ma demi performance .
Lundi soir quelques douleurs aux genoux, mais le pire est à venir.
Mardi, ce sont les muscles des cuisses qui se tétanisent et mercredi monter et descendre des escaliers devient très difficile.
Je croise en ville mercredi, Nicolas, mon kiné. Il se marre bien de mon état et me dit :
"bois deux Hinano, ça va éliminer l'acide lactique de tes muscles et demain cela ira mieux".
Je n'ai pas suivi son conseil malicieux et après un bon massage à l'huile de tamanu, jeudi matin, je peux descendre mes 7 étages de Diva Nui en courant.
Non non pas vieille du tout, seulement pas habituée. Non mais !
Je retournerais à Raivavae et au mont Hiro. Foi de bretonne têtue.
Je dédie cet article à Laurence (chef de projet Filariose à la DS).
Nana.

25 octobre 2010

Le motu piscine de Raivavae : un paradis bleu

Dimanche matin, Eléonore nous conduit de l'autre côté de l'île.
Nous avons rendez vous avec Daniel, le pêcheur qui va nous emmener sur le grand motu Vaiamanu, appelé ici le "motu piscine".
Nous sommes 6, Jean François, Olivier, Florent, Anne Cécile, Poerava, et bibi.
Il fait beau et chaud. Belle journée en vue.

Nous traversons les eaux turquoise du lagon.
(couleurs naturelles garanties à 100 %)

Paysages superbes. Folies des bleus.

10 minutes de traversée et nous arrivons au motu :

et là une découverte prodigieuse : d'immenses bancs de sable blanc, à peine recouverts d'eau transparente et chaude.

Voici une vue prise du mont Hiro qui montre bien l'immensité de l'endroit.

Nous partons à la découverte des longues plages désertes.

L'heure du repas approche.
Daniel a fait griller du thazard et du Mahi-Mahi sur le brasero.

Un peu de riz, de taro et de citron, et voilà le pic nic motu classique.
Il fait très chaud. Toute l'équipe s'en va sur le récif à la pêche aux pahua (bénitiers) avec Daniel.
Je reste avec Poerava pour faire notre bronzette, tranquilles.
10 minutes coté pile, 10 minutes côté face, 10 minutes dans l'eau et ainsi de suite, sans oublier les applications indispensables de monoï.
Etant donné que nous sommes toutes les deux seules, rapidement on enlève le haut du maillot. Nous resterons seules plus d'une heure. Chouette !
Nous partons ensuite faire une balade.

Poe enterre dans le sable les petites méduses bleues

qui sont encore en vie et peuvent piquer.
Les coraux roses sont mous.

Ils sont la preuve d'une excellent activité corallienne, la bonne santé du motu, et de l'absence totale de pollution.
Quel bonheur de se prélasser dans des eaux cristallines.

Toute l'équipe revient et il nous faut songer à rentrer.

Arrivés à la pension, une petite boisson fraîche (Hinano bien glacée) est la bienvenue sur le deck du fare. (Olivier fait la photo).

Les coups de soleil commencent à se faire sentir.
Je n'aurais pas besoin de 3 couvertures pour dormir cette nuit , comme les deux nuits précédentes !

Si vous allez à Raivavae, ne manquez pas le grand motu Vaiamanu.
C'est un endroit de paradis.
Raivavae mérite bien son surnom de " la Bora Bora des Australes".

Après les lagons, de l'escalade sur les monts. C'est pour lundi matin.
A suivre.

23 octobre 2010

Le vélo rose de Raivavae

Après l’office des mamas et le four tahitien je tiens à aller découvrir l’île à vélo.
Personne pour me suivre ? Je pédalerais seule, aita pea pea .
Olivier me choisit un vélo. Sans le faire exprès, il le prend assorti à mon tee shirt rose.

Le blouson n’est pas superflu, il y a du vent, mais au bout de 500 mètres, je le remets dans le sac à dos.
Ma liberté dans les îles commence au premier coup de pédale seule sur un vélo.
J’ai pris le vini par sécurité mais pas vraiment envie qu’il sonne.

Je m’arrête souvent pour imprimer dans mon souvenir et dans le Panasonic, tous ces bleus pacifiques, jamais les mêmes d’une île à l’autre.

Peu à peu, les jolis fare aux couleurs multiples

laissent place à une nature plus sauvage, plus déserte.

Je pédale et pédale encore.
Super cette balançoire dans les aito.

Quel bel endroit pour se balancer au bout du monde!

J’arrive au motu Hotuatua et je fais une pause baignade, en tenue d’Eve.

Je ne mets pas de maillot quand je file à vélo car le lycra c’est trop chaud.

Et puis il n’y a vraiment personne, ni aucun fare à l’horizon. Alors !
L'eau est fraîche mais agréable .
Impression que cette route en soupe de corail ne même nulle part !
Je suis seule au bout du monde et je pédale . ( je teste le retardateur du Panasonic)

Je rebrousse chemin, car c’est l’heure du maa.
Il est 11 h 15, il n’y a plus de pua au four ! Oti !
Je me contenterais d’une barquette de poisson cru au lait de coco avec un soda.
Je n’ai fait qu’un petit demi tour de l’île ce matin, donc je repars dès 13 h par le même chemin.
Il y a des petites côtes, mais je me refuse de poser le pied à terre.

Une scène pas ordinaire, un cochon qui se baigne.

Non pas vraiment, il a grandi sur le motu et a fait sa dernière traversée en bateau et après deux années de vie peinarde sous les cocotiers.
Son destin de cochon, l’attend en quittant le lagon.
Grandir sur un motu en totale liberté, sous les cocotiers, c'est quand même mieux que les élevages en batterie en Bretagne !

Elles sont belles ces fleurs blanches de riri.

A Rurutu, il y en a à profusion. J’aime les îles Australes et ses fleurs .

Des bénitiers ont été placés sur ce rocher en décoration.

Par qui pourquoi ? je ne le saurais pas mais j’aime bien cette photo.

Encore un temple !

Cool la gendarmerie de Raivavae.

Imprononçable le nom du dispensaire !

Bon séjour aux deux nouveaux IDE (infirmiers) Florent et Anne Cécile.

Au total, j’ai fait 5 heures de pédalage (35 km) dans ce paradis terrestre ce samedi ,
et même pas mal aux mollets !

Le mont Hiro, me nargue et m'attire.

J’irais là haut lundi matin c’est dans le programme de mon week end très sportif à Raivavae
Mais avant il y a dimanche et c’est bateau et pic nic au motu piscine.
Je n’ai encore rien vu de toutes les beautés de cette île magnifique.
A demain pour la suite.