8h, lundi matin, Eléonore me redonne le vélo rose et nous explique comment nous rendre chez Maxime, le guide de la balade montagne de ce matin. Odile m'accompagne.
Nous posons les vélos chez Maxime qui nous attend.
Un couple de popaa (d'une autre pension), avec deux enfants, se joignent à nous .
Tous les 7, nous voilà partis à pinces.
Nous traversons le village encore un peu endormi après ce week-end de fiesta.
La balade doit durer 4 heures environ.
Après le village nous bifurquons sur la droite, côté montagne.
Nous traversons un champ de manioc.
Ensuite c'est le raidillon bien pentu et l'escalade commence.
Aucun sentier de tracé.
On suit Maxime à la file indienne, en assurant bien nos prises sur les branches des arbres ou les racines.
Le dénivellé est balaise. Il fait très chaud.
Je réclame une courte pause pour ralentir le rythme trop rapide.
Les popaa commencent déjà à râler, car ils ont prévu d'aller à la plage cet aprèm et qu'il ne faut pas leur faire perdre de temps.
Je ne dirais pas ici, la répartie fulgurante que j'ai sortie, et qui a mis fin à notre bref différent, une bonne fois pour toutes.
C'est la première fois que je me fais traiter de "vieille" et j'ai réagi au quart de tour, sans aucun ménagement.
Je n'ai pas manqué de souffle et pourtant c'était pas le moment !
La montée reprend dans le silence.
Maxime est bagagiste à l'aéroport de Raiavavae. Il connaît bien son île et grimpe la montagne, telle une chèvre.
Les prises deviennent de plus en plus difficiles et il faut se concentrer un minimum.
Le couple trouve le rythme encore trop lent et double Maxime et se met à ouvrir la voie mais bien sur ils se plantent grave !
Jamais vu une balade en montagne où le guide ferme la marche !
Maxime ne tarde pas à remettre de l'ordre et reprend la tête du petit groupe. Ouf il était temps !
Il y a désormais des passages très escarpés. Nous progressons lentement, collés à la paroi rocheuse.
Nous arrivons enfin sur la ligne de crête.
C'est prodigieux la vue, l'apic, les tombants, les bleus.

J'ai bien repris mon souffle et suis très satisfaite de mon escalade.
Mais soudain, une grosse sensation de vertige m'envahit.
Mes jambes flageolent et ma tête tourne. Impossible d'avancer.
Je n'irais pas plus loin. Maxime connaît bien, le vertige des crêtes c'est insurmontable, et me dit :
-"Ok ne vas pas plus loin, restes là, je les emmène au sommet et on repasse dans une heure, surtout ne redescends pas toute seule"
- "Pas question je vous attends. "
La ligne de crête, c'est plus cool à faire que la montée, sauf qu'il ne faut pas avoir le vertige.
Le groupe s'éloigne,
et je m'installe tant bien que mal dans les fougères.
Je clique à loisir à droite ou à gauche car j'ai le choix du côté à regarder.
Comme c'était bien hier au motu piscine, là sous mes yeux ...
et qu'est-ce je fiche là sur cette crête un lundi matin, au beau milieu du Pacifique Sud ?
L'aventure c'est l'aventure.
Certes, mais il me faut trouver un peu d'ombre car je vais cramer sévère sous ce cagnard.
J'économise ma bouteille d'eau que j'ai pris soin de planquer à l'ombre dans quelques rases fougères.
J'essaie le vini. Ca marche ! Je phone à un ami de Papeete qui est en train d'arroser mes plantes sur ma terrasse à Diva Nui ! Situation insolite et extrême quand même.
J'ai tout mon temps pour cliquer les paysages grandioses.
Mes sensations de vertige commencent à disparaître, mais je m'abstiens de trop regarder vers le bas.
Le soleil est presque à son zénith et je m'abrite sous mon blouson (ce truc blanc en toile de spi que j'avais acheté aux Sables d'Olonne, lors d'un départ de course du Vendée Globe, il y a des lustres et qui est inusable )
Je m'amuse avec le retardateur de mon appareil photo.
L'heure indiquée par Maxime en fera presque deux, et c'est sur les hauteurs du mont Hiro, que je prends le temps de réfléchir.
Bien obligée, car à part les photos j'ai rien à faire. !(J'aurais du prendre la notice de mon nouvel appareil. Là j'avais le temps de la lire ! )
C'est quand même un bel endroit pour penser à sa vie ! Quoique !
Mon amie et collègue Laurence, qui est venue à Raivavae, m'a assurée que j'avais fait le plus difficile et que pour les crêtes, c'est plus simple, sauf qu'il ne faut pas faire une crise de vertige bien sûr !
Laurence m'a donné quelques photos prises au sommet.





Mauruuru roa lolo. C'est magnifique.
Le groupe revient enfin.
J'apprends que Odile a renoncé aussi à 200 mètres de moi.
(Odile a bientôt 70 ans et a déjà fait le Kilimandjaro, elle a renoncé en raison du vertige, et des a'pics tout comme moi).
La descente commence, aussi périlleuse que la montée.
Cette fois Maxime dirige bien le groupe. Je le sens cependant lassé de cette matinée.
Les parents n'ont pas du tout gérer leurs mômes qui n'arrêtent toujours pas de parler, c'est saoulant.
Je trouve la descente très longue. En fait c'est la montée en zigzague qui l'était aussi car on prend strictement le même passage.
Arrivés sur le semi plat Maxime, prend le temps de nous faire découvrir les caféiers sauvages.
Voici les petites branches que j'ai cueillies pour mon herbier.
Odile et moi réglons le prix de notre excursion à Maxime en espèces et reprenons nos vélos pour retourner à la pension nous restaurer.
Il est 13 h 30. J'ai faim et soif. No problème Eléonore a tout prévu.
Maxime reviendra à la pension pour essayer de négocier le chèque des popa'a, sans succès ! hélas. Ici on paie en cash, mais ces résidents là devaient l'ignorer.
Je suis convaincue que si ces gens ne m'avaient pas stressée, je l'aurais fait la ligne de crête jusqu'au sommet.
Cependant, je suis satisfaite de ma demi performance .
Lundi soir quelques douleurs aux genoux, mais le pire est à venir.
Mardi, ce sont les muscles des cuisses qui se tétanisent et mercredi monter et descendre des escaliers devient très difficile.
Je croise en ville mercredi, Nicolas, mon kiné. Il se marre bien de mon état et me dit :
"bois deux Hinano, ça va éliminer l'acide lactique de tes muscles et demain cela ira mieux".
Je n'ai pas suivi son conseil malicieux et après un bon massage à l'huile de tamanu, jeudi matin, je peux descendre mes 7 étages de Diva Nui en courant.
Non non pas vieille du tout, seulement pas habituée. Non mais !
Je retournerais à Raivavae et au mont Hiro. Foi de bretonne têtue.
Je dédie cet article à Laurence (chef de projet Filariose à la DS).
Nana.
Nous posons les vélos chez Maxime qui nous attend.
Un couple de popaa (d'une autre pension), avec deux enfants, se joignent à nous .
Tous les 7, nous voilà partis à pinces.
Nous traversons le village encore un peu endormi après ce week-end de fiesta.
La balade doit durer 4 heures environ.
Après le village nous bifurquons sur la droite, côté montagne.
Nous traversons un champ de manioc.
Aucun sentier de tracé.
On suit Maxime à la file indienne, en assurant bien nos prises sur les branches des arbres ou les racines.
Le dénivellé est balaise. Il fait très chaud.
Je réclame une courte pause pour ralentir le rythme trop rapide.
Les popaa commencent déjà à râler, car ils ont prévu d'aller à la plage cet aprèm et qu'il ne faut pas leur faire perdre de temps.
Je ne dirais pas ici, la répartie fulgurante que j'ai sortie, et qui a mis fin à notre bref différent, une bonne fois pour toutes.
C'est la première fois que je me fais traiter de "vieille" et j'ai réagi au quart de tour, sans aucun ménagement.
Je n'ai pas manqué de souffle et pourtant c'était pas le moment !
La montée reprend dans le silence.
Maxime est bagagiste à l'aéroport de Raiavavae. Il connaît bien son île et grimpe la montagne, telle une chèvre.
Les prises deviennent de plus en plus difficiles et il faut se concentrer un minimum.
Le couple trouve le rythme encore trop lent et double Maxime et se met à ouvrir la voie mais bien sur ils se plantent grave !
Jamais vu une balade en montagne où le guide ferme la marche !
Maxime ne tarde pas à remettre de l'ordre et reprend la tête du petit groupe. Ouf il était temps !
Il y a désormais des passages très escarpés. Nous progressons lentement, collés à la paroi rocheuse.
Nous faisons une deuxième pause photo au grand damne des frenchi qui ne sont intéressés que par le sommet et rien d'autre et font leur course contre la montre.
Le stress c'est bon pour le métro parisien, pas sur les hauts de Raivavae ! Nous arrivons enfin sur la ligne de crête.
C'est prodigieux la vue, l'apic, les tombants, les bleus.
Mais soudain, une grosse sensation de vertige m'envahit.
Mes jambes flageolent et ma tête tourne. Impossible d'avancer.
Je n'irais pas plus loin. Maxime connaît bien, le vertige des crêtes c'est insurmontable, et me dit :
-"Ok ne vas pas plus loin, restes là, je les emmène au sommet et on repasse dans une heure, surtout ne redescends pas toute seule"
- "Pas question je vous attends. "
La ligne de crête, c'est plus cool à faire que la montée, sauf qu'il ne faut pas avoir le vertige.
Le groupe s'éloigne,
Je clique à loisir à droite ou à gauche car j'ai le choix du côté à regarder.
L'aventure c'est l'aventure.
Certes, mais il me faut trouver un peu d'ombre car je vais cramer sévère sous ce cagnard.
J'économise ma bouteille d'eau que j'ai pris soin de planquer à l'ombre dans quelques rases fougères.
J'essaie le vini. Ca marche ! Je phone à un ami de Papeete qui est en train d'arroser mes plantes sur ma terrasse à Diva Nui ! Situation insolite et extrême quand même.
J'ai tout mon temps pour cliquer les paysages grandioses.
Le soleil est presque à son zénith et je m'abrite sous mon blouson (ce truc blanc en toile de spi que j'avais acheté aux Sables d'Olonne, lors d'un départ de course du Vendée Globe, il y a des lustres et qui est inusable )
Je m'amuse avec le retardateur de mon appareil photo.
Bien obligée, car à part les photos j'ai rien à faire. !(J'aurais du prendre la notice de mon nouvel appareil. Là j'avais le temps de la lire ! )
C'est quand même un bel endroit pour penser à sa vie ! Quoique !
Mon amie et collègue Laurence, qui est venue à Raivavae, m'a assurée que j'avais fait le plus difficile et que pour les crêtes, c'est plus simple, sauf qu'il ne faut pas faire une crise de vertige bien sûr !
Laurence m'a donné quelques photos prises au sommet.





Mauruuru roa lolo. C'est magnifique.Le groupe revient enfin.
J'apprends que Odile a renoncé aussi à 200 mètres de moi.
(Odile a bientôt 70 ans et a déjà fait le Kilimandjaro, elle a renoncé en raison du vertige, et des a'pics tout comme moi).
La descente commence, aussi périlleuse que la montée.
Cette fois Maxime dirige bien le groupe. Je le sens cependant lassé de cette matinée.
Les parents n'ont pas du tout gérer leurs mômes qui n'arrêtent toujours pas de parler, c'est saoulant.
Je trouve la descente très longue. En fait c'est la montée en zigzague qui l'était aussi car on prend strictement le même passage.
Arrivés sur le semi plat Maxime, prend le temps de nous faire découvrir les caféiers sauvages.
Odile et moi réglons le prix de notre excursion à Maxime en espèces et reprenons nos vélos pour retourner à la pension nous restaurer.
Il est 13 h 30. J'ai faim et soif. No problème Eléonore a tout prévu.
Maxime reviendra à la pension pour essayer de négocier le chèque des popa'a, sans succès ! hélas. Ici on paie en cash, mais ces résidents là devaient l'ignorer.
Je suis convaincue que si ces gens ne m'avaient pas stressée, je l'aurais fait la ligne de crête jusqu'au sommet.
Cependant, je suis satisfaite de ma demi performance .
Lundi soir quelques douleurs aux genoux, mais le pire est à venir.
Mardi, ce sont les muscles des cuisses qui se tétanisent et mercredi monter et descendre des escaliers devient très difficile.
Je croise en ville mercredi, Nicolas, mon kiné. Il se marre bien de mon état et me dit :
"bois deux Hinano, ça va éliminer l'acide lactique de tes muscles et demain cela ira mieux".
Je n'ai pas suivi son conseil malicieux et après un bon massage à l'huile de tamanu, jeudi matin, je peux descendre mes 7 étages de Diva Nui en courant.
Non non pas vieille du tout, seulement pas habituée. Non mais !
Je retournerais à Raivavae et au mont Hiro. Foi de bretonne têtue.
Je dédie cet article à Laurence (chef de projet Filariose à la DS).
Nana.

