8 mai 2012

Va'a, la pirogue polynésienne

Ce bel ouvrage, grand format et richement illustré, publié en 2008, présente une approche détaillée de tous les aspects de la pirogue polynésienne.
Ce livre a été réalisé par un collectif de 10 auteurs, en coédition avec le musée de Tahiti et des îles. L’avant-propos a été écrit par Jean-Marc Pambrun.
«Va’a la pirogue polynésienne» dresse un bilan simple et clair, des connaissances issues des recherches les plus récentes sur la pirogue polynésienne, tant d’un point de vue technologique, ethnographique que sociologique.
Après une introduction sur  la civilisation de la pirogue, ce livre comporte 5 parties qui rassemblent des textes de divers auteurs : Vestiges et traditions ; Ethnographies de la pirogue,  D’archipels en îles; Collections, …. pour se conclure sur l’ère de la course de pirogues .Un tableau présente les principaux termes liés à la pirogue, et une carte de l’Océanie.
Le but de cet ouvrage est de porter à la connaissance d’un large public, ce monde des pirogues, largement méconnu encore aujourd’hui, Il se veut aussi la "première grande contribution polynésienne à la connaissance de l’histoire maritime et un bel hommage à tous ceux – chercheurs, sportifs, navigateurs, tailleurs de pirogues ou pêcheurs… – qui rappellent aux Polynésiens, qu’ils peuvent être fiers d’avoir apporté à l’humanité sa plus grande aventure, la navigation."‘(Extrait présentation de presse)
Plus qu’un engin de navigation et de transport, la pirogue est aussi le véhicule de l’organisation sociale, politique et religieuse et souvent, le terme pour désigner la pirogue (va’a) est aussi celui utilisé pour parler des hommes d’un même groupe, tout comme leur espace territorial (va’a mata’eina’a), et  de va’a ’āi’a, que l’on traduit par nation (’āi’a étant pays natal, patrie) ou de va’a hiva, qui désignent ceux qui habitent à l’intérieur des limites d’une île ou d’un district (fare vāna’a).
Il insiste sur l’universalité de ces formes d’embarcations qui ont donné aujourd’hui les catamarans ou multicoques.
Il nous présente également l’utilisation de la pirogue et note que les "connaissances maritimes des anciens Polynésiens étaient essentiellement empiriques, fondées sur l’observation et la mémorisation de la position et du mouvement du ciel, du soleil, de la lune, des étoiles, des vents et des courants, suivant les périodes de l’année. …. , des oiseaux,..... des signes que les Polynésiens savaient interpréter",
J’ai appris énormément de choses sur le va’a avec ce livre, et je regrette de ne pas l’avoir acheté plus vite.
PS : photo n°2 : Shell-va'a : prise pendant la course Tahiti nui va’a 2011. (cf blog au 28 -5- 2011)
Les photos noir et blanc viennent bien sûr, des archives de Papenoo, chez mon ami l'occitan du Lot.

15 commentaires:

Urita'ata iti a dit…

Ia ora na 'outou!Ia ora na Poreho!
Les va'a ! Voila un domaine que je connais mieux que les bâtiments de la Marine Nationale.
Pourtant, j'hésite à en parler: peur de me faire tacler par les spécialistes de la Polynésie.
Je PLAISANTE !
Dîtes-moi, messieurs êtes-vous papoa ou mao'hi?
Je crois qu'il existeou existait une fabrique de va'a de compétition à Tautira ? Quelqu'un peut-il confirmer ou infirmer mon information? Mauruuru.
Apu puai ia'outou.
Mareva

Urita'ata iti a dit…

Hoops!!!
POPA 'A ou PAPA'A ! Et non un condensé des deux!
Re-taclage en vue: tous aux abris!

Mareva

Anonyme a dit…

Magnifiques commentaires et photos comme toujours , Sylvie-Anne...on en redemande , un régal.Susie.

Anonyme a dit…

Pour vous , Sylvie-Anne ,et tous vos admirateurs... un ami bloggeur que j'admire tout autant que vous...allez y faire un tour car je suis sure que vous apprécierait.La Pointe des Poulains, 15 ans après !
www.philip-plisson-blog.com.Susie.

Anonyme a dit…

Pardon ,excusez my french... apprécierez !

Anonyme a dit…

Je ne voudrais pas être prise en porta-faut et challenger avec Urita'ata iti. Mareva.

Christian a dit…

Bonjour tout le monde.
Popa'a est la forme moderne de papa'a (brûlé). Les premiers navigateurs européens débarquant en Polynésie ayant la peau claire supportant mal le soleil, avaient la peau bien rouge,comme "brûlée" ("papa'a" en polynésien)
Dans ma jeunesse le plus beau cadeau dans une famille pour un jeune était une pirogue. Personnellement j'ai eu une pirogue avant d'avoir une bicyclette comme tous les jeunes de cette époque là.
Christian P Y P

Christian a dit…

Sylvie-Anne
Autre fois c'est à l'âge de six ou sept ans que la pirogue faisait partie du premier cadeau si on était sage. La pirogue était à la taille de l'enfant et il partait seul à la pêche comme un grand. Souvent nous lui ajoutions un mât et une voile ce que personnellement j'avais fait.
Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

Merci Christian pour cette coutume que j'ignorais. Peut être réservée aux familles avec les moyens suffisants ?
Que peux tu nous dire de la fabique de pirogues de Tautira qu était connue jusqu'à Hawaï ?

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne
Il est exact que les fabriquants (ceux qui creusaient les pirogues dans les troncs d'arbres) étaient nombreux à TAHITI. Je n'ose pas en donner la liste risquant de réveiller des affrontements. Ceux de TAUTIRA étaient réputés comme ceux de PAPARA, en réalité presque tous les districts avaient "le meilleur "creseur" de pirogues. Elles n'avaient rien à voir avec les pirogues de course de aujourd'hui. Elles pouvaient franchir les océans sans problème. Plus hautes de bordée et une proue pour franchir les vagues du large. Les pagaies étaient plus rustiques. Tous les ans au "tiurai" (en juillet) ils se mesuraient dans le lagon de PAPE'ETE. C'était une super fête qui rend bien pâle les fêtes de nos jours. C'était une population entière qui déménageait à PAPE'ETE avec nourriture compris porcs, chèvres et poulets vivants. Les "ahimaa" (fours tahitiens) fonctionnaient 24 heures sur 24 heures.Du camping à grande échelle. C'était la fête.
Christian P Y P

Christian a dit…

Sylvie-Anne
Les photos que tu as présentées sont intéressantes à regarder dans le détail.
Toutes les photos des pirogues en noir et blanc sont des pirogues traditionnelles. On voie bien la différence avec les pirogues actuelles.
Christian P Y P

Urita'ata iti a dit…

Comme je n'avais pas de pirogue personnelle,
"j'empruntais" celle de mes frères, une magnifique pirogue à balancier de 6m, creusée dans un tamanu. Le matin, avant qu'ils se lèvent, je me dépêchais de prendre le large.
Je ne vous raconte pas la bagarre lorsque je revenais !
Je criais si fort que tout Bora Bora devait m'entendre.
Quels souvenirs!!
MAREVA

Urita'ata iti a dit…

Bien sûr la pirogue "fraternelle" était un peu grande et un peu lourde pour que je la manie toute seule. Mais, à cette époque, j'étais plus ou moins la meneuse d'une bande de garnements de mon âge et il y en avait toujours 2 ou 3 pour m'accompagner dans mes "emprunts".
Mareva

Christian a dit…

Silvie-Anne
La pirogue n'était pas réservée aux gens riches pour la raison que l'on vivait autrement que à l'époque actuelle. Dans beaucoup de familles il y avait quelqu'un qui faisait des pirogues comme occupation secondaire. Les services entre familles étaient courants et même les services communautaires, une sorte de troc. Les "fetii" (parentée élargie) c'est aussi nombreux que les moustiques. Par exemple quand on changeait la couverture d'un fare on stockait sous un abri les matériaux et c'est la famille et tout le voisinage qui bénévolement faisait les travaux.
Il en était de même pour construire une maison, c'était toute la communauté qui y participait bénévolement. Chacun son tout était aidé par la communauté. La maison terminée il y avait une fête avec tous les participants. On "pendait la crémaillère" comme le disent les popaa. La notion d'argent était complètement différente. Pour revenir à ma première pirogue c'est un ami d'un de mes oncles qui l'a fabriquée et me l'a offerte pour mes quatorze ans.
Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

Confidence pour confidence : A 18 ans j'étais accro des courses de rame (de l'aviron) sur l'Erdre à Nantes. Suite logigue : J'ai marié le champion du monde et je le lui ai fait deux enfants. Il repose en paix depuis 12 ans. Belles années que j'ai tant aimées. Le va'a me rapelle les skif, huit, et toutes les courses gagnées. La vie est une boucle.