Je décide d’aller me balader sur la plage du sillon,
jusqu'à Saint Malo intra muros. Je vais de l’autre côté de la ville voir deux librairies que j’ai repérées hier.
Je remonte l’étroite rue de Dinan et j’arrive à la librairie du Môle.
La vitrine est vieillotte. Cela m’inspire d’autant plus. J’entre. Je ne vois personne.
Le patron est seul, un vieux monsieur caché sous des montagnes de livres.
Je m’approche je lui demande "des livres sur les navigateurs du Pacifique et de la Polynésie". Avec un grand sourire, et sans se tromper, il farfouille dans les rayonnages en hauteur.
Plusieurs autres livres dégringolent.
Je m’éloigne, mais je ne peux pas progresser plus loin, les couloirs sont bouchés par les livres posés dans tous les sens..
Du jamais vu.
Je retourne voir le vieux monsieur qui me brandit deux livres d’une ancienne édition.
Je retourne voir le vieux monsieur qui me brandit deux livres d’une ancienne édition.
Deux livres du journal de bord d’Alain Gerbault.
Le premier est le journal de bord de New-York à Tahiti, " à la poursuite du soleil" édité en 1929 par Grasset.
Le premier est le journal de bord de New-York à Tahiti, " à la poursuite du soleil" édité en 1929 par Grasset.
Alain Gerbault est parti seul de New-York le 2 octobre 1924. Il visita tous les archipels de la Polynésie.
Je me plonge dans quelques pages. Le style est agréable, les mots chargés d’émotion. J’achète ce livre.
Le libraire me présente un autre ouvrage d’Alain Gerbault intitulé "En marge des traversées, l’évangile du soleil", dans lequel, il reparle des archipels (publié en 1932)
.
J’achète les deux livres.
Nous bavardons sur tous les bretons qui sont allés en Polynésie et autres découvreurs et aventuriers des mers du Sud.
Nous bavardons sur tous les bretons qui sont allés en Polynésie et autres découvreurs et aventuriers des mers du Sud.
Le libraire n'ignore rien de la Polynésie et me dit qu'il va relire Cook et Stevenson, car il aime beaucoup la Polynésie.
Dans une seconde librairie (septentrion), je trouverais cet ouvrage de "Gauguin à Tahiti et aux Marquises"(1975).
Dans une seconde librairie (septentrion), je trouverais cet ouvrage de "Gauguin à Tahiti et aux Marquises"(1975).
Je sais que j’ai lu "à la poursuite du soleil" en presque totalité.
Voici ici sa première arrivée en Polynésie, aux Gambier, à Mangareva :
"Lorsque j’eus doublé la pointe, l’île d’Akamaru se trouva tout près par le travers et je ne pus retenir un cri d’admiration.
C’était donc cela, la Polynésie. Toutes les descriptions de mes auteurs préférés étaient bien ternes à côté de la réalité …. Je sentis aussitôt que j’étais arrivé à mon but. Là était le pays où j’aurais voulu vivre et mourir, si je n’avais pas choisi une existence de marin."
Après le déjeuner, je décide d’aller au Mont Saint Michel par la côte. (40 kms environ)
Il fait si beau. Je m’arrête sur la plage de Cherrueix pour regarder la course de chars à voile.
Il y a toujours du vent dans la baie.
Arrivée au Mont, je suis canalisée vers les parkings payants comme un mouton
Arrivée au Mont, je suis canalisée vers les parkings payants comme un mouton
Je me trouve un joli point d’observation de la baie sur les remparts, et je sors mon livre.
Je ne suis pas au Mont St Michel mais à Hiva Oa en 1928. Je retiens mon souffle.
Les descriptions sont magnifiques. Je retrouve des scènes que j’ai vues aux Marquises. Parfois, des larmes de joie me piquent les yeux.
Les descriptions sont magnifiques. Je retrouve des scènes que j’ai vues aux Marquises. Parfois, des larmes de joie me piquent les yeux.
Je rentre à Saint Malo et je retourne à la librairie du Môle .
Le libraire m’a dit qu’il me chercherait d’autres livres.
Alain Gerbault est revenu 8 ans plus tard en Polynésie et a publié «Iles de beauté » en 1941.
Voici donc un autre Alain Gerbault qui va accompagner mon dîner de galettes et de crêpes.
et ma soirée polynésienne à Saint Malo les bains, en Bretagne.Alain Gerbault est revenu 8 ans plus tard en Polynésie et a publié «Iles de beauté » en 1941.
Le soleil a brillé sur la Bretagne Nord ce samedi, mais celui de la Polynésie a brillé encore plus fort pour moi, sous les mots tendres et passionnés d’Alain Gerbault.
Quelle belle journée.
Quelle belle journée.
6 commentaires:
Merci Sylvie-Anne pour votre blog. Il contient tout ce que j'aime: la Bretagne, la Polynésie, la littérature, la mer. J'ai lu les livres de Gerbault dés mon arrivée à Tahiti mais je trouve que c'est encore mieux de lire sur la Polynésie quand on est en France. Avez-vous lu également Taïpi d'Hermann Melville (l'auteur de "Moby Dick"), l'histoire d'un "déserteur" de baleinier dans une tribu des marquises. Bon repos, et merci pour ces vues de St Malo, ça donne envie d'y aller...
Oui j'ai lu Melville. C'est magnifique et fait référence. C'est vrai que lire la Polynésie sous le bleu du ciel breton c'est très émouvant.
J'ai aussi quelques livres d'alain gerbault, j'ai commencé la collection il y a quelques mois déjà.....
Vous avez été trop vite à les acheter...
bonne lecture ;-)
Ce livre t'a t-il fait penser à la stèle qui se trouve sur le port de Bora Bora ? Tu as surement du la remarquer lors d'un passage à Vaitape.
... ça m'a permis de rafraîchir mes souvenirs, et d'apprendre d'ailleurs (je ne savais même pas !) qu'il y étair enterré !
http://www.tahitiheritage.pf/fiche-st-du-navigateur-alain-gerbault-25520.htm
Oui je savais qu'il était inhumé à Vaitape. Mais tu sais bien que l'office du tourisme préfère parler des plages de la pointe Matira plutôt que des célébrités du cimetierre ! Je n'ai pas trouvé un seul ouvrage de Gerbault à Bora Bora !.
j'ai une préférence sur Alain Gerbault, il était plus proche des indigènes, par rapport à Gauguin, les missionnaires et les colons profitaient sur eux, spoliaient leurs terres en leur promettant le paradis alors qu'ils y étaient déjà.
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