Un très bon vin accompagne ce diner fabuleux. Moment de partage, de vrai bonheur parfait et inoubliable dans cette pension des Tuamotu, où je me sens si bien depuis samedi.
Il est 21 h lorsque Sylvie m’accompagne à mon fare avec la moripata (lampe torche). Il fait nuit noire et le ciel est chargé de sombres nuages.
Vers 22 h la pluie commence à tomber avec violence. Elle ne s’arrêtera pas jusqu’au petit matin. Vers Minuit, le bruit du vent me réveille. Ca souffle en tous sens et cela s’accélère sans cesse.
J’entends les salons de jardin en plastique, se balader et venir s’exploser sur le mur de l’entrepôt. Je regarde le spectacle au travers de la baie vitrée et je vois les palmes tournoyer en tout sens et les vagues du lagon augmenter en puissance. Il fait nuit noire et sans lune. Il a fait très chaud les derniers jours et les vents étaient bizarrement à l’Ouest. Sylvie avait senti le cyclone et m’avait fait part de ses craintes.
Je me dis que le cyclone est arrivé du moins une énorme dépression tropicale.
Le vini fonctionne et à 1h30, j’appelle Sylvie, qui ne dort pas avec tout ce vacarme dehors. Elle me dit de ne pas sortir du fare sous aucun prétexte et d’attendre. Soit .
La communication est coupée par une stridente explosion du tonnerre, car l’orage s’en mêle. Le vent, je m’en fiche, mais le tonnerre me fait siffler les oreilles. La foudre et tombée pas très loin.
Les baies vitrées du fare se couvrent de brindilles qui volent au vent. Les palmes tombent et les cocotiers secouent leurs têtes en tout sens. Le vacarme mettra plusieurs heures à s’apaiser.
Ce n’est qu’au petit matin, que la pluie cessera et que l’atoll pourra constater les dégâts.
En plus des mobiliers de jardin explosés en morceaux, l’entrepôt de la pension n’a plus de toit. Les palmes jonchent le terrain, la route.
Vers les 11 heures nous allons chez des voisins. Le fare d’â côté est explosé et aplati, une maison flotte dans le lagon dans la baie voisine.
Ce fare api (tout neuf) venait d’être terminé.
Au village, c’est l’inondation, les terrains n’absorbent pas, et c’est le lac artificiel sur le terrain de football.
A l’aérodrome, les conversations vont bon train sur les toitures envolées.
Sylvie est triste et moi aussi. On était si bien toutes les deux à Hereatea, que je ne n’ai pas vu les jours passer. Je déteste ces départs qui m'arrachent à mes nouvelles amies des îles.
Apres quelques échanges téléphoniques avec ma copine de la Dépeche, je lui transmets mes photos de mon Takapoto’s cyclone. Bingo ! Cela va faire la une de La Dépeche vendredi matin.
Oui j’ai eu peur, mais pas très longtemps et me suis bien rendormie, comme une vraie paumotu. Je me prends à penser que cela serait top pour moi une tombe dans un atoll des Tuamotu. Ce n’était pas un méchant cyclone, mais j’ai quand même assez mal dormi !









