Sa mission était de recueillir, à Tahiti, le plus grand nombre de plants de uru possible et de les transporter aux Caraïbes pour fournir de la nourriture aux esclaves de ces colonies.
Mais un certain Fletcher Christian contribua à transformer ces projets en la mutinerie la plus célèbre de l’histoire maritime.
Après ces péripéties, le capitaine Bligh revint quand même à Tahiti en 1792, à bord de la Providence, pour clore sa mission.
Hélas, le uru ne s’acclimata jamais bien en Jamaïque et de plus les esclaves des plantations refusaient obstinément d’en manger car ils détestaient ce nouveau goût qu’ils ne connaissaient pas.
Tout çà pour çà ! les français l'acclimatèrent et il fut cependant introduit avec succès aux Antilles, un peu plus tard en Guyane.
Son fruit, est arrondi de couleur jaunâtre et ressemble à un gros pamplemousse couvert d’une multitude de petites bosses.
Certains en font même des frites. !
Aujourd’hui, le uru possède encore une place dans la nourriture des Polynésiens, mais il a moins d’importance qu’auparavant.
Le uru existe en de très nombreuses variétés (26 dans les îles de la Société).
Les polynésiens arrivent à les distinguées suivant ces critères : hauteur et port de l’arbre, épaisseur des feuilles, couleur des feuilles, nervures des feuilles, disposition, taille, forme, couleur et aspect des fruits
Autrefois, les polynésiens avaient 2 manières de conserver les fruits : OPIO et MAHI. Ils utilisaient ces 2 techniques pour conserver les fruits d’une abondante récolte.
OPIO : les fruits étaient cuits dans un ahimaa (four tahitien - technique de cuisson tahitienne à l’étouffée) pendant 48 h. Ensuite, ils creusaient des trous sur les côtés du ahimaa afin que les familles puissent se servir. Ainsi stockés à l’abri de l’air, les uru restaient comestibles pendant plusieurs semaines.
MAHI : c’était une pâte fermentée. Les uru, arrivés à maturité, était pelés puis découpés en petits morceaux à part le cœur qui était rejeté. Ces morceaux étaient jetés dans une fosse ne dépassant pas 25 m3 de volume.
Les parois de cette fosse étaient entourées de feuille de citronnelle pour protéger les morceaux de uru de la terre. Quand la fosse était remplie les Marquisiens la tassaient avec leur pieds et la recouvraient d’un lit de feuilles de ti.
Ensuite le trou était bouché avec de la terre et des pierres. Il était possible d’avoir 2 ou 3 couches de tas de morceaux de uru qui étaient séparées par un lit de feuilles de uru. Le mahi en forme de boules ou de rouleaux était enveloppé dans des feuilles puis cuit au ahimaa. Les morceaux de fruits se transformaient après fermentation en une pâte pouvant se conserver un an ou plus.
Cependant, elle pouvait provoquer chez certaines personnes des diarrhées et des céphalées.
Le mahi était un aliment de disette. Sa préparation a été abandonnée dès l’ouverture des îles au monde extérieur et avec la disparition de toutes menaces de famine.
De nos jours, le uru se prépare différemment.
En effet, nous pouvons le voir en purée, en frite, cuisson au four.
En œnologie, on sert des frites de uru entre chaque vin dégusté.
La neutralité gustative du uru permet de mieux appréhender la richesse de la palette d’un vin. (les belges trempent bien leurs frites dans la bière ! )
Autrefois, les prêtres polynésiens, tahu’a employaient souvent les plantes, dont l’arbre à pain, pour la fabrication de médicaments.
Différentes parties de cette plante étaient utilisées et mixées avec d’autres ingrédients.
Ces médicaments permettaient de traiter : des entorses, foulures, contusions, toux, bronchites, asthme, angines…. Si j’avais su avant, j’aurais du me faire des cataplasmes début novembre sur ma cheville droite !
Le latex blanc, qui s’écoule lors d’une incision de l’écorce était utilisé à l’état liquide brut avec un peu de monoi, comme cosmétique pour fixer les cheveux.
En outre, ce latex était employé après séparation de la partie aqueuse comme glu pour capturer les oiseaux.
En outre, le bois du tronc était utile pour creuser les pirogues alors que l’écorce des jeunes branches était utilisée pour la confection de tapa. (tissu non tressé issu de l’écorce de certains arbres ).
Cette photo avec échelle de taille pour Josiane ! (cf commentaires )










