Commençons par une belle légende (source :
site de Tahiti Héritage) :
Autrefois, la marouette Moho était l'oiseau le plus beau de tous ceux qui peuplaient l'île de Rimatara et tous l'admiraient pour ses couleurs chatoyantes. Son plumage multicolore était rouge, bleu, vert, jaune…
La perruche Ura était grise et terne, personne ne l'appréciait malgré ses cabrioles dans les fleurs de bananiers et ses sifflements aigus.
Le Ura devint triste et jaloux du Moho : sa beauté l'obsédait, il fallait qu'il obtienne d'aussi belles plumes que celles de son rival. Mais comment s'emparer des couleurs du Moho, toujours en éveil ? Il fallait ruser et profiter d'un moment opportun. Guettant le bel oiseau, le Ura attendit que celui ci s'endorme pour sa sieste pendant les heures chaudes de la journée. S'approchant sans bruit il commença par s'emparer du vert des ailes, puis s'enhardissant il subtilisa le jaune du dos. Le Moho ne bougeant toujours pas, il lui prit le rouge de la poitrine. Encore quelques minutes et il volait le bleu de la tète. Mais alors qu'avant d'en finir avec l'orange des pattes, il voulait prendre la couleur rouge des yeux, le Moho sentit le bec du Ura sur sa paupière et se réveilla brusquement. Il vit ce qui lui était arrivé et se trouvant honteux sans son magnifique plumage fila se cacher dans le marécage. 
Depuis ce jour le Moho gris, qui a gardé son œil rouge et ses pattes oranges ne se montre plus aux autres animaux et reste terré sous les hautes herbes ne sortant qu'au crépuscule pendant que le Ura batifole haut dans les branches piaillant à tue tête pour attirer l'attention et faire admirer sa beauté.
Il y a plusieurs autres légendes toujours aussi belles. Soyons plus sérieux et parlons de ce
Lori de Kuhl.
Le Lori de Kuhl appelé
"ura" est une petite perruche endémique de 18 cm qui appartient à la famille des “lori”. Il a un plumage de plusieurs couleurs : vert, jaune, rouge clair, rouge foncé, violet, une longue queue vert-rouge, un bec jaune foncé et de petites pattes jaunes. C'est pour cela qu'il est appelé
«Te Uravaero e te Moho » (voleur de couleurs) espèce endémique menacée qui n'était plus présente en Polynésie que sur l'île de Rimatara, dans l'archipel des Australes, où sa population totale atteint les 1000 d'individus. Le
ura n'est jamais seul et se déplace toujours en couple.

Les anciennes parures de chefs Polynésiens étaient autrefois en grande partie réalisées en
plumes rouges de Ura, cette espèce vivait dans les forêts tropicales des Kiribati, de Polynésie française et des îles Cook, mais dans l'ensemble de la Polynésie, l'oiseau qui les porte avait déjà disparu à l'arrivée des premiers explorateurs européens, au XVIIIème siècle. Il était trop chassé pour ses plumes.

Seule, l'île de Rimatara -
grâce au respect d'un tabu édicté par sa défunte reine et ancêtre Tamaeva Vahine (1893-1923) – a pu conserver une population de ces oiseaux aujourd'hui classés "
en danger d'extinction" sur la liste rouge de l'Union Mondiale pour la Nature
(UICN). 
Cet oiseau fait un bruit du genre chuintement et est essentiellement frugivore et nectarivore. Il se plait sur les fleurs de bananier dont il se régale du nectar. En avril 2007, dans le cadre d'un programme de sauvetage de l'espèce, la Société d’Ornithologie de Polynésie,
Manu, avait réalisé la
translocation de 27 loris de Kuhl de Rimatara (archipel des Australes) à
Atiu (Îles Cook). 
En juillet 2010,
8 élèves de CM1 et CM2 de
Rimatara ont effectué le voyage vers
Atiu afin de découvrir le nouvel environnement de ces oiseaux endémiques de Polynésie.
Une
plaque gravée commémore cet échange entre les deux îles.

Le frère du ura existe à
Ua Huka (Marquises). C’est la perruche bleue de Ua Huka,
le pihiti.
(lori ultramarin).
Ua Huka et Rimatara sont les deux seules îles polynésiennes où le rat noir européen, grand prédateur, est absent. (seulement le rat gris polynésien) .
Pour les passionnés, il existe un autre oiseau terrestre endémique à l’île :
la rousserolle de Rimatara. Le ura est présent partout dans l'île. Ici sur le bac à déchets,
là sur l'abri-bus scolaire (pour protéger du soleil pas de la pluie !).
C'est la fierté des habitants de Rimatara. Avec de tels oiseaux, on sait que l'on habite au paradis. Pas facile de photographier des oiseaux à contre jour, le plus souvent dans les feuillages !Je dois donc un grand merci à Xavier le barcelonais, présent à Rimarata chez Ue Ue, les mêmes jours que moi, et qui m'a donné quelques photos nettement plus claires que les miennes.( Il avait je crois, un Nikon 700 mm ! ). Vendredi matin il faut quitter Rimatara pour Tubuai (1 h de vol avec escale à Rurutu). Déjà ? Je commençais à m'y sentir très très bien. Je reviendrais. Promis !