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3 mai 2012

Le salon Made In Fenua - 2012

La 12e édition du salon Made in fenua a ouvert ses portes ce jeudi place Toa’ta jusqu’à dimanche soir. J’y ai fait un petit stop cet après midi, mais je vais y retourner.
77 exposants proposent des créations réalisées localement telle la vannerie, l’artisanat, la bijouterie, le prêt-à-porter, les cosmétiques etc….

Ce salon est organisé par la CCISM (Chambre de commerce d’industrie des services et des métiers) et l’ECT, l’Ecole de Commerce de Tahiti. C’est la deuxième année, que les étudiants de l'ECT, dans le cadre de leur module de projet évènementiel de 1ère année, participent à l’organisation de ce salon.
Pour cette nouvelle édition, 35% des exposants sont présents pour la 1ere fois, la CCISM ayant baissé le tarif des stands par rapport à 2011.
Des animations et démonstrations sont prévues tout au long des 4 journées d’exposition. Ventes flashs, fare apprentissage, atelier maquillage. Comme pour les dernières éditions, un grand concours des meilleurs produits du salon Made in Fenua, viendra récompenser les artisans qui se seront démarqués dans chacune des 4 catégories en lice.
Lors de ces 4 jours, pas moins de 4 paquebots sont attendus aux quais de Papeete. Afin de faire venir un maximum de monde et de touristes en escales, des navettes sont prévues entre le Fare Manihini (quai des paquebots) et la place To’Ata à l’autre bout du front de mer.

 Bonne réussite à ce salon.

13 janvier 2012

Gustave Viaud, premier photographe de Tahiti

La bibliothèque universitaire de l’Université de Polynésie (UPF) présente jusqu’au 10 février, une série de photographies anciennes de Gustave Viaud, considérées comme les plus anciens clichés de Tahiti.
Gustave Viaud né en 1836, est le frère aîné de Julien Viaud dit Pierre Loti. Chirurgien de la marine, il est nommé à Tahiti en 1859 et meurt à 29 ans en 1865, d’une fièvre jaune, contractée à Ceylan (Sri Lanka) lors d'un nouveau voyage en Asie.
Son frère Julien (Pierre Loti), n’arrivera à Tahiti qu’en 1870, où il cherchera, en vain, la descendance que son frère y aurait laissée.
De son travail de photographe, ne subsiste qu'un ensemble d'une trentaine de photographies réalisées selon le procédé du calotype - le négatif est sur papier ciré et la sensibilité est obtenue grâce à une solution de sels d'argent qui a l'avantage sur le daguerréotype de permettre plusieurs épreuves du même cliché.

Cette technique, appropriée pour le paysage, l'était moins pour le portrait. Aussi, Gustave Viaud affecté à l'hôpital, photographie son environnement, la ville de Papeete qui vient de sortir de la guerre franco-tahitienne : boulangerie militaire, hôtel du gouvernement, caserne, batterie, hôpital militaire et ses environs, autant de vues faisant apparaître clairement une présence militaire annonciatrice de la colonisation.
Un seul portrait, chez Viaud, celui qu'il fait de la reine de Bora-Bora, Teriimaevarua, née à Raiatea le 23 mai 1841 et qui était la fille de la reine Pomare IV et de Ariifaite à Hiro, fils du roi de Huahine.
Il fait un voyage en France en 1862. A cet égard il bénéficie des nouveaux bateaux à vapeur beaucoup plus rapides.



Gustave Viaud quitte Tahiti sur le voilier la Dorade le 5 juin 1962. Il atteint Valparaiso la 19 juillet. Il lève l’ancre le 23 pour Callao (Pérou) et ensuite pour Paya où il arrive le 15 août. De là, il passe sur un steamer à aubes le Peru, pour relier Panama le 22 août. Il rejoint Colon (Panama) en train, où de là il saute dans un autre steamer le Clyde à destination de l’île danoise de Saint Thomas. Le 30 août, il s’embarque sur un 3ème bateau anglais la Seine, fait escale à Madère et atteint Southampton le 13 septembre, puis Rochefort le 17 septembre. Soit un voyage de 104 jours. Il ne séjournera que 3 mois en France, puisqu’il repart le 2 décembre 1862.


Rien de comparable avec les frères de Ploërmel, qui mettaient 13 mois de la France à Tahiti en 1859, 3 ans auparavant. La grande révolution des transports n’aura lieu cependant qu’en 1915 avec l’ouverture du canal de Panama.


Les photographies présentées à cette exposition nous plongent dans le passé de Tahiti. On ressent une émotion forte. Belle expo.

7 janvier 2012

Exposition : Les ancêtres polynésiens de Taiwan

Depuis le 14 décembre jusqu’au 5 mai 2012, se tient une très belle exposition photos au musée de Tahiti et des îles à Punaauia.
Je m’y suis rendue ce samedi matin. Il pleut depuis 2 jours, c’est un temps à aller au musée !
Cette expo s’intitule "Nos ancêtres de Taiwan ? " C’est avant tout une expo documentaire avec les superbes photos de Danée Hazama.

Les dernières études et recherches sur les ADN, tendent à prouver que les polynésiens sont originaires d’Asie du Sud-Est, notamment de Taiwan, où il existe des similitudes culturelles troublantes avec la Polynésie. Le photographe Dannee Hazama a mis plusieurs années de patience pour appréhender la culture de ces minorités ethniques, d’une île aujourd’hui dominée par l’économie et l’industrie asiatique.
Cette expo nous expose les différents sujets culturels partagés entre polynésiens et Taiwan. Il s’agit du tapa, des pirogues, des taro, du tatouage, du culte des ancêtres.
Depuis plusieurs années les chercheurs ont considéré que les Polynésiens étaient les descendants des peuples dits "lapita", locuteurs des langues austronésiennes, originaires de l’Asie insulaire du Sud-Est.


Une seconde hypothèse plus récente propose Taiwan comme origine précise des polynésiens. En effet, un solide faisceau de preuves scientifiques permet d’affirmer qu’il y a environ 4000 ans, Taiwan fut très probablement le foyer de diffusion des langues et de la culture austronésienne.


Le parcours de l’exposition s’organise en 3 parties : Lima, mata, Mana. Ces 3 termes sont identiques dans toutes les langues austronésiennes. Lima, la main, fait référence à tout ce que l’homme fabrique de ses mains. Mata (l’œil, le visage) montre les signes et particularités tels que le tatouage, les costumes. Mana offre un aperçu du monde spirituel et des croyances.
Cette expo est une première et révèle les incroyables traits de ressemblance entre Taiwan et la grande Polynésie, mis en lumière par d’excellentes photographies.


Nous sommes bien loin de l’expédition du Kon Tiki de Thor Heyerdhal en 1947. Cet archéologue navigateur norvégien pensait que le peuplement de la Polynésie avait eu lieu de l’Amérique du Sud (Pérou).


La science avance très vite et nous prouve parfois l'inconcevable. Bientôt, seule l'île de Paques gardera entier son mystère. Je m'arrête, car sur ce sujet passionnant, je deviendrais vite inépuisable et pénible pour certains qui ne vivent qu'au temps présent ! Pour les résidents, allez vite au Musée de la Pointe des Pêcheurs. Nana

2 décembre 2011

Première exposition de l'artisanat Paumotu

C’est le premier salon artisanal de l’archipel des Tuamotu-Gambier qui se tient cette semaine dans les locaux de l’ancienne APF (assemblée de Polynésie française).
Ce salon a un joli nom : "Toku Kaega te ora" et a pour thème "mon île, ma terre, ma vie".

C’est une association de Fakarava qui a réussi à regrouper 48 artisans de 24 associations et de 13 atolls différents (Fakarava, Makemo, Takaroa, Tatakoto, Niau, Reao, Pukarua, Faaite, Hao, Napuka, Anaa et Vahitahi ainsi que l’île de Rikitea)
Je m’y suis rendue le jeudi 1 décembre et j’ai pu admirer les belles réalisations de coquillages, colliers, suspensions, bracelets, objets de décoration en porcelaines assemblées.
Voici des vêtements en tapa (écorces). Il n'y a que des perles aux Tuamotu-Gambier ! J'ai trouvé un timbre poste de 2004 qui évoque cet artisanat. C’est une vraie réussite, ce premier salon paumotu. Nana.

17 novembre 2011

Papeete, Tautira, Apataki, Fakarava et Matisse en 1930

A l’occasion de "2011, Année des Outre-mer français", le Musée de Tahiti et des Îles, Te Fare Manaha, accueille du 26 octobre au 23 novembre 2011, l’exposition "Papeete, Tautira, Apataki, Fakarava et Matisse en 1930", consacrée au passage de ce grand peintre en Polynésie.
Je m’y suis rendue cette semaine, mais contrairement à l’habitude les photos étaient interdites.
En cherchant sur le Net, je vois que le musée des îles, a un site sur Facebook et y a placé les photos de l’expo ainsi qu'un diaporama sur le site des Nouvelles ! Curieux comme démarche. Que faut-il faire ? Rester chez soi et regarder facebook ou aller au Musée à Punaauia, acquitter 600 F l’entrée, et lire debout les panneaux explicatifs ?
Personnellement je préfère aller au Musée. Les reproductions des œuvres exposées au Musée sont cependant archi connues et faciles à retrouver sur le Net, donc je ne vois pas l’intérêt d’interdire les photos. Enfin !!!!

Henri Matisse né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis (59) et mort le 3 novembre 1954 à Nice, est un artiste-peintre, dessinateur et sculpteur français. Il fut le chef de file du fauvisme; Pablo Picasso le considérait comme son grand rival et néanmoins ami.
En 1930, alors âgé de 60 ans, Matisse passe trois mois à Tahiti (il descendit à l'hôtel Stuart) et aux Tuamotu (atolls d'Apataki et Fakarava). Il a peu produit pendant ce séjour : il n'aurait ramené qu'un seul tableau, un petit (14x18 cm) panneau de bois peint à l'huile représentant un bouquet de cocotiers, une "pochade", selon ses propres termes. (il est au Musée).
Dans ses propos, dans ses lettres, le peintre a plusieurs fois évoqué ses souvenirs : " A Tahiti, j'ai pu apprécier la lumière — la lumière comme pure matière — et la terre de corail. C'est un pays à la fois superbe et plein d'ennui. Cette terre ignore les soucis, alors que nous avons les nôtres depuis l'âge le plus tendre, qui contribuent probablement à nous maintenir vivants. Là-bas le temps est beau dès le lever du soleil et demeure inchangé jusqu'au soir. Un bonheur à ce point immuable est lassant."
La trace de cette échappée est pourtant durable, profonde, et féconde. On connait l'image obsessionnelle d'un yacht au mouillage, inscrit dans la découpe d'une fenêtre ouverte sur le port de Papeete.


Plus significative encore est l'irruption, puis la multiplication de formes, de couleurs et de techniques directement empruntées au milieu et aux traditions de Polynésie ; une veine particulièrement riche : lagons .


Le Lagon, autour de 1944 :Papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé sur toile. Feuilles de uru, vagues, poissons, coraux et madrépores, oiseaux, ces images luxuriantes prennent place dans des compositions qui leurs sont dédiées : Océanie le ciel, Océanie la mer, Polynésie le ciel, Polynésie la mer, vitraux de la chapelle du Rosaire à Vence.


De gigantesques feuilles d'arbre à pain envahissent l'espace de ses dessins et découpages et rappellent les tifaifai polynésiens.
Paule Laudon, spécialiste de Matisse dans sa période polynésienne, et présidente de l’association pour la connaissance et la protection du patrimoine naturel et culturel Vaipuna, organise cette exposition qui dévoile des reproductions des peintures significatives de l’influence polynésienne de Matisse, des photographies, ainsi que des extraits de lettres que Matisse envoya à sa femme restée à Nice, puis à son amie Pauline Schyle rencontrée à Tahiti. La famille Matisse, lui a donné accès aux lettres quotidiennes envoyées en Métropole, à Pauline Schyle, qui accueillit le peintre à son arrivée.
Paule Laudon relate au jour le jour, le séjour du peintre en Polynésie dans un livre :

Matisse, le voyage en Polynésie. (paru en 2003 au Vent des Iles). J'aimerais bien voir une exposition qui retracerait tous les visiteurs célèbres artistes, peintres...) avant 1960.

24 juin 2011

Heiva Rimai 2011 : fête de l'artisanat.

Du 24 juin au 24 juillet 2011, l’artisanat traditionnel est à l’honneur sur le site Taaone - Aorai Tini Hau (Pirae) pour la 24e édition du Heiva Rima’i.
Cette manifestation, est organisée par le comité Tahiti i Te Rima Rau .
Près de 350 artisans des archipels de la Polynésie française sont regroupés. Je suis allée à l’ouverture ce vendredi. Bien sût tout commence en musique locale. les membres du comité ont choisi pour thème principal cette année "Valoriser les produits artisanaux pour mieux les vendre et les exporter à l’étranger ' (Fa’afaufa’a i te mau tauiha’a rima’i no te ho’o maita’ira’a e no te tapiho’ora’a na te ara) et comme sous-thème "Les créations" (Te mau ohipa api). Je me suis attardée devant les robes longues dites robes purutu, car je viens d’acheter du tissu et de confier la confection à Rosine ma couturière, de ma première robe purutu. (pour le 14 juillet !) .Les robes exposées sont toutes au dessus de 16.000 CFP !
Les colliers de perles et coquillages ont toujours ma préférence. J’achète un lot de 5 colliers en pupu jaunes, ces petits coquillages minuscules des plages de Raivavae (Australes). Un travail de patience extraordinaire.



Il y a aussi les tifaifai, la sculpture, la vannerie. Je reviendrais pour un une séance de massage traditionnel et vous présenter mes nouvelles découvertes.

Mais pour l'heure, j'avais encore rendez-vous au CHPf situé juste en face. Le temps d'un jus frais et de quelques bavardages, et c'est l'heure !

Nana.

12 juin 2011

L'or noir de Tahiti

Événement organisé par l'EPIC Vanille, la "semaine de la vanille de Tahiti" a débuté mercredi dans le hall de l'Assemblée de la Polynésie française, avec une exposition-vente de vanille et de produits dérivés. Elle s’est terminée dimanche 11 juin.

Une semaine dédiée à l’or noir de Tahiti.

Sur place, producteurs, préparateurs, mais aussi tous les produits dérivés issus du monde de la vanille, tant en cosmétique qu'en bijouterie, sans oublier les dégustations de plats et boissons réalisées à base de vanille par le chef Jean-Pierre Desperiers.
Plusieurs ateliers sur les techniques de culture - traditionnelle et sous ombrière-, sur les arômes de la vanille de Tahiti ou encore sur les techniques de tressage, ont été organisés.


Ces gousses dites de "vanille mûre", viennent d’être cueillies et vont aller quelques temps au sêchage. J’ai rencontré Madame Chane, la mamie vanille à Raiatea. La vanille était également à l'honneur, vendredi, lors d'une soirée vanillée organisée dans le cadre du concours Marilyn Agency à l’hôtel Méridien de Punaauia. . La compagnie ATN (Air Tahiti Nui) a proposé des plats vanillés au menu de 15 de ses vols.
Jamais la vanille n'aura été tant fêtée.
Cette belle orchidée au parfum envoûtant le mérite bien.

11 avril 2011

Bobby Holcomb

En fin février avant le départ, j’ai visité au Musée de Tahiti et des îles, l’expo Bobby Holcomb. Je ne pouvais pas manquer cela. Je n’avais pas eu le temps de vous en parler avant. Je la gardais au chaud.

Bobby Holcomb est né en 1947 à Honolulu à Hawaii dans l'île de Oahu, d'un père noir originaire de l'État américain de Géorgie et d'une Hawaiienne mi-portugaise, et décédé le 15 février 1991 à Huahine.(ISLV).

Il est un des artistes les plus renommés de Polynésie française.

Il passe une bonne partie de son enfance à faire des claquettes dans les décombres de Pearl Harbor.

À l'âge de 11 ans, il rentre à la School of music and danse de Los Angeles près du ghetto noir de Watts.

Personnalité hors du commun de la musique et de la peinture durant les années 1970 et 1980. Doué pour la danse, la peinture, le chant et la composition musicale, l'artiste s'exprime dans, avec une force égale dans chacun de ces domaines.

Il évolue aux États-Unis auprès de Frank Zappa, en Europe auprès de Salvador Dali et participe aux groupes pop français tels que Zig Zag Community et Johane of Arch qu'il a créé.


Bobby arrive à Tahiti en 1976 et décide rapidement de s'installer dans le village de Maeva à Huahine. Il s'investira dans la renaissance et l'éveil culturel du peuple Maohi, au sein du "pupu Arioi " groupe de troubadours, intellectuels polynésiens inspiré par le mouvement de 68.

Ce mouvement de renaissance culturel sera composé de personnalités telles que Henri Hiro, notamment.

Chacun dans son domaine, s'investira pour redonner la fierté d'être Maohi.

Ce mouvement Identitaire auquel participe Bobby, est une révolution culturelle, car elle dénonce la colonisation française, les essais nucléaires, l'évangélisation, pour valoriser l'identité Ma'ohi sa langue, son savoir faire, son agriculture sa spiritualité... entre autres.

Pour ce qui est de la musique, Bobby enregistra d'abord au studio Arevareva, notamment la pièce "Bobby's House" sortie aussi en cassette sur laquelle il reprit avec Maire Tavaearii la vieille chanson de Joséphine Baker, l'adaptant pour la tourner en "J'ai deux amours : mon pays c'est la Polynésie".

C'est en 1985 qu'il perça auprès du grand public après avoir remporté avec "Orio" le concours de chant organisé par François Nanai.

Ceci lui valut un contrat avec la société Océane Production, et sa popularité devint alors telle qu'il remporta haut la main le titre de "Homme de l'Année 1990" selon le vote des auditeurs de RFO et des lecteurs de La Dépêche.

Son score à cette élection sera plus élevé que de nombreux hommes politiques.

C'est ainsi que certains ministres tenteront de le faire expulser de la Polynésie Française, mais n'obtiendront pas la majorité au sein du conseil de ministre, pour exécuter l'expulsion.

Bobby Holcomb restera jusqu'à sa mort un citoyen américain. Il vivait surtout de sa peinture.

Il refusera la citoyenneté française en signe de protestation contre les essais nucléaires, ainsi que le colonialisme français en Polynésie.

Il aurait souhaité appartenir à un triangle polynésien, te moana nui a hiva, libre et indépendant.

Malheureusement, ce triangle polynésien qui regroupe sur un vaste territoire le peuple ma'ohi, allant de Hawaï, à la Nouvelle-Zélande jusqu'à l'Île de Paques, ce territoire a été divisé par les puissances coloniales, anglaises, américaines, françaises, chiliennes, entre autres.

Son succès musical est lié au fait qu'il a su mixer la musique Reggae aux mélodies tahitiennes, en s'exprimant dans la langue Ma'ohi.

Mais surtout qu'il a su faire passer des messages relatifs à l'environnement, l'amour du prochain, le savoir-être ma'ohi, le respect de dieux originaires. Ami de l'artiste peintre Vaea Sylvain, c'est en Polynésie française que son expression graphique lui permettra d'atteindre une notoriété particulière et incontestable peu avant sa disparition le 15 février 1991, à 44 ans, des suites d'un cancer foudroyant des lymphes.

Sa tombe se trouve à la base de la montagne sacrée Mou'a Tapu, à Huahine. Il représente toujours un mythe pour de nombreux polynésiens.

Lire ses textes, regarder ses peintures, c’est beaucoup d’émotions, devant autant de beauté et de sincérité, c'est aimer la culture Ma'ohi.

Merci Bobby.

19 juin 2010

HAERE MAI RA ! exposition Henri HIRO

Ce vendredi, je décide de consacrer une heure à l’expo sur Henri Hiro.

À l’occasion de la commémoration du 20 ème anniversaire de la disparition, de ce poète de conviction,

qui s’est éteint à Huahine le 10 mars 1990 à l’âge de 46 ans, le musée de Tahiti et des Îles Te Fare Manaha- présente du 2 juin au 24 août : Haere mai ra ! (Viens donc!), une exposition dédiée à sa vie et à son œuvre culturelle et artistique.

Je ne connaissais que le nom, mais pas la biographie de ce polynésien exceptionnel.
J’ai lu les longs panneaux explicatifs et rencontré l’homme maohi, au regard franc et limpide.
Les Polynésiens vous regardent toujours droit dans les yeux. Et par le regard des mots silencieux s'échangent.
J’ai été très impressionnée de découvrir le parcours atypique de cet homme et sa grande détermination.
Né en 1944 dans un pays qui, 20 ans après sa mort, n’a toujours pas accédé à l’indépendance qu’il désirait si ardemment pour son peuple, Henri Hiro a laissé une œuvre considérable, jamais égalée en densité, en qualité et en diversité à ce jour en Polynésie française.
Pionnier de la poésie, du théâtre et du cinéma polynésien, fer de lance du renouveau de la culture polynésienne dans les années 70-80, Henri Hiro s’est inscrit durablement dans le paysage artistique, culturel, religieux et politique du fenua.
Indépendantiste convaincu et anti CEP (centre d'expérimentation du Pacifique), il a fondé le parti Ia mana te nunaa (que le peuple prenne le pouvoir)
Durant les 15 dernières années de sa vie, il porte naturellement par son engagement la revendication identitaire à son niveau symbolique et pratique le plus élevé.
Fascinante trajectoire que celle de ce Tahitien, diplômé en théologie, (études à Montpellier), qui, en l’espace de 15 ans, va bousculer sur son parcours le paysage politique, culturel et religieux polynésien, le marquer durablement de son empreinte et le transformer.
Cette exposition apporte un éclairage nouveau sur l’itinéraire de la pensée de cet homme d’exception au destin peu ordinaire qui a influencé les esprits et les inspire encore aujourd’hui.
Exposition très émouvante, et très belle rencontre avec Henri Hiro.
Je remercie le musée des îles pour ses belles expos thématiques de très grande qualité.
La culture Polynésienne ancienne et contemporaine me fascine.
Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les nombreux liens qui émaillent cet article.
Mauruuru Roa.

22 avril 2010

Têtes coupables : expo d’art contemporain au Musée de Tahiti

Du 21 avril au 5 mai, se tient la 4eme exposition de l’art contemporain organisée par Trans Pacific Art au Musée de Tahiti et des îles à la pointe des pêcheurs à Punaauia.

Toujours à l’affût des nouveautés et des événements, j’ai entendu parlé de cette exposition d’art hier matin sur Radio One.
C’est une exposition collective d’une trentaine d’artistes sur un thème très intéressant,
la notion de culpabilité. "Qui est coupable, et de quoi ?"

Elle entraîne le visiteur à bien d’autres réflexions et méditations.
Voici l'affiche de cette expo avec les têtes des artistes.


La Tête coupable est un roman de Romain Gary publié aux Éditions Gallimard en 1968, dont l’action se passe justement à Tahiti.

J’aime les expos du Musée de Tahiti.
Je file à PK 15, pressée de découvrir cette nouvelle galerie d'artistes.
Pas trop de bouchons ce jeudi, ça roule ce soir, j’ai de la chance !
Le musée ferme à 17 h 30 ça va le faire !

D’ordinaire, les photos sont interdites dans le musée, aussi je laisse mon appareil dans la voiture.
L’année dernière, j’avais risqué quelques photos pour l’expo de Mangareva.
Aujourd'hui, je reste disciplinée.

Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque le guichetier me dit:
- "tu peux prendre des photos si tu veux".
-" Ah bon ? d’habitude c’est interdit"
- "Oui mais depuis Mangareva, on a changé le règlement,
car les gens aiment bien ramener des souvenirs"

-"Bien sûr, et en plus ca peut vous faire de la publicité"
- "Oui ça c’est sur, vas chercher ton appareil, aita pea pea "


Merci Merci, le Musée de l’avoir enfin compris.
Je vais vous en faire de la pub ! Comptez sur moi.

Seule dans la salle d’expo, je découvre une à une ces œuvres contemporaines
Le truc génial, c’est que chaque artiste, explique dans une notice affichée à côté de sa création, le sens de sa composition.

Ils partagent et c'est super !

Cela commence fort avec Patrick Guichard

avec son "hommo occidentalis vulgaris"
et comme le dit la notice " qui a envahi le îles et s’est multiplié dans les années 1960".
Remarquez aussi les chopines à ses pieds !

Le colonialisme engendrait t’il des culpabilités ? that is the question ?

Eric Raffis nous expose la première tentation, "Eve, la première coupable".

Très joli tableau !
Eve ou Adam le coupable ? Qui a croqué la pomme en premier ? Vas savoir !

Jean Duday nous dit "Bas les masques"
avec ses créations qui m'ont séduite par leurs détails très originaux.

Dans un musée, il faut savoir prendre du temps pour comprendre !

Je n'ai pas noté le nom de cet artiste, qui a peint le Ché emprisonné, puis assassiné et sujet à controverses de nos jours.

Philippe Brard a intitulé sa composition "pensée unique".

Je m’attarde sur les détails. La petite pancarte en bas "même toi" !
Il illustre en citant Victor Hugo :
" la peine irréparable suppose un juge infaillible"

Bien vu l'artiste !

Ça cogite dur dans ma petite cervelle, même après 8 h de bureau et 30 degrés à l'ombre !

L’art contemporain nous oblige à réfléchir parfois, mais il nous apporte une telle dimension !

Caroline Charbonnier a fait fort
en intitulant son œuvre " la poupée qui dit non non non "
et nous parle du pouvoir destructeur de la princesse Kali.

Guy Bernardin évoque aussi le colonialisme avec son tableau en mosaïque "le surf".

Regardez bien les détails !
Il commente : sous l’œil du colon, le polynésien court sur le récif et grimpe sur l’inaccessible vague et est attiré par la mer et le sexe " (symbolisé par les mains sur la lune).
Composition en pâte de verre et mosaïques.

Je ne peux pas tous les citer, ni tout vous montrer, mais seulement vous en faire partager quelques unes.

On termine par le clou du spectacle :

Une guillotine réalisée en fraises tagada ! (plus de 5000 je crois, merci la clim ! )

avec pour légende suggérée "ramènes pas ta fraise".

En plus elle fonctionne !
Ainsi un grand bruit dans l’expo déserte, m’inquiète.
C’est la guillotine qui se met en marche et dont le bruit du couperet qui retombe, me fait froid dans le dos, du côté des cervicales.
Le gardien me précisera qu’elle se met en marche toutes les 10 minutes.
Entendue deux fois, j’en déduis que je suis au moins restée 20 minutes dans cette belle exposition.
Je vais y retourner pour prendre plus de temps devant chaque œuvre, tenter de partager la démarche de son auteur et vous parler d’autres œuvres remarquables.

L’art contemporain, quand il aborde des thématiques comme celle-là, me séduit énormément.

Un seul reproche cependant : aucun fly explicatif, aucune liste des artistes, du nom de leurs œuvres, qui resteront hélas éphémères, si il n'y a pas de mémoire organisée et publiée.

Pas facile de tout retenir ! J'ai ma petite méthode et mes petits outils, mais quand même, un petit fly ne serait pas superflu .

Le musée de Tahiti c’est à 10 minutes de Papeete.
L’entrée c’est 600 CFP (moins cher qu’un paquet de clopes) et avec des horaires très pratiques.

Tout le monde en parle de cette belle et provocante expo : voici quelques liens .
Les Nouvelles - Tahiti Presse - Tahiti agenda
Cette expo mériterait un transport à Paris dans le plus grand des musées nationaux.
Sauf qu'en métropole, coupables et ou responsables ? , la question demeure entière

N’hésitez pas , si vous passez par Tahiti, allez-y avant le 5 mai.

L'art contemporain est beau, choquant, provoquant, à Tahiti.
Il peut aider aussi à réfléchir sur l'actualité locale et mondiale et à tout relativiser comme par enchantement.
Coupable de quoi au juste ? d'être né quelque part ..........

Tous coupables ! car la vie n'est pas un long fleuve tranquille hélas !

J'adore les Musées.
Nana
.