Bonne réussite à ce salon.
3 mai 2012
Le salon Made In Fenua - 2012
Bonne réussite à ce salon.
13 janvier 2012
Gustave Viaud, premier photographe de Tahiti
Gustave Viaud né en 1836, est le frère aîné de Julien Viaud dit Pierre Loti. Chirurgien de la marine, il est nommé à Tahiti en 1859 et meurt à 29 ans en 1865, d’une fièvre jaune, contractée à Ceylan (Sri Lanka) lors d'un nouveau voyage en Asie.
Son frère Julien (Pierre Loti), n’arrivera à Tahiti qu’en 1870, où il cherchera, en vain, la descendance que son frère y aurait laissée.
De son travail de photographe, ne subsiste qu'un ensemble d'une trentaine de photographies réalisées selon le procédé du calotype - le négatif est sur papier ciré et la sensibilité est obtenue grâce à une solution de sels d'argent qui a l'avantage sur le daguerréotype de permettre plusieurs épreuves du même cliché.
Cette technique, appropriée pour le paysage, l'était moins pour le portrait. Aussi, Gustave Viaud affecté à l'hôpital, photographie son environnement, la ville de Papeete qui vient de sortir de la guerre franco-tahitienne : boulangerie militaire, hôtel du gouvernement, caserne, batterie, hôpital militaire et ses environs, autant de vues faisant apparaître clairement une présence militaire annonciatrice de la colonisation.
Un seul portrait, chez Viaud, celui qu'il fait de la reine de Bora-Bora, Teriimaevarua, née à Raiatea le 23 mai 1841 et qui était la fille de la reine Pomare IV et de Ariifaite à Hiro, fils du roi de Huahine.
Il fait un voyage en France en 1862. A cet égard il bénéficie des nouveaux bateaux à vapeur beaucoup plus rapides.

Gustave Viaud quitte Tahiti sur le voilier la Dorade le 5 juin 1962. Il atteint Valparaiso la 19 juillet. Il lève l’ancre le 23 pour Callao (Pérou) et ensuite pour Paya où il arrive le 15 août. De là, il passe sur un steamer à aubes le Peru, pour relier Panama le 22 août. Il rejoint Colon (Panama) en train, où de là il saute dans un autre steamer le Clyde à destination de l’île danoise de Saint Thomas. Le 30 août, il s’embarque sur un 3ème bateau anglais la Seine, fait escale à Madère et atteint Southampton le 13 septembre, puis Rochefort le 17 septembre. Soit un voyage de 104 jours. Il ne séjournera que 3 mois en France, puisqu’il repart le 2 décembre 1862.
Rien de comparable avec les frères de Ploërmel, qui mettaient 13 mois de la France à Tahiti en 1859, 3 ans auparavant. La grande révolution des transports n’aura lieu cependant qu’en 1915 avec l’ouverture du canal de Panama.
Les photographies présentées à cette exposition nous plongent dans le passé de Tahiti. On ressent une émotion forte. Belle expo.
7 janvier 2012
Exposition : Les ancêtres polynésiens de Taiwan
Je m’y suis rendue ce samedi matin. Il pleut depuis 2 jours, c’est un temps à aller au musée !
Cette expo s’intitule "Nos ancêtres de Taiwan ? " C’est avant tout une expo documentaire avec les superbes photos de Danée Hazama.
Les dernières études et recherches sur les ADN, tendent à prouver que les polynésiens sont originaires d’Asie du Sud-Est, notamment de Taiwan, où il existe des similitudes culturelles troublantes avec la Polynésie. Le photographe Dannee Hazama a mis plusieurs années de patience pour appréhender la culture de ces minorités ethniques, d’une île aujourd’hui dominée par l’économie et l’industrie asiatique.
Cette expo nous expose les différents sujets culturels partagés entre polynésiens et Taiwan. Il s’agit du tapa, des pirogues, des taro, du tatouage, du culte des ancêtres.
Depuis plusieurs années les chercheurs ont considéré que les Polynésiens étaient les descendants des peuples dits "lapita", locuteurs des langues austronésiennes, originaires de l’Asie insulaire du Sud-Est.
Une seconde hypothèse plus récente propose Taiwan comme origine précise des polynésiens. En effet, un solide faisceau de preuves scientifiques permet d’affirmer qu’il y a environ 4000 ans, Taiwan fut très probablement le foyer de diffusion des langues et de la culture austronésienne.
Le parcours de l’exposition s’organise en 3 parties : Lima, mata, Mana. Ces 3 termes sont identiques dans toutes les langues austronésiennes. Lima, la main, fait référence à tout ce que l’homme fabrique de ses mains. Mata (l’œil, le visage) montre les signes et particularités tels que le tatouage, les costumes. Mana offre un aperçu du monde spirituel et des croyances.
Cette expo est une première et révèle les incroyables traits de ressemblance entre Taiwan et la grande Polynésie, mis en lumière par d’excellentes photographies.
Nous sommes bien loin de l’expédition du Kon Tiki de Thor Heyerdhal en 1947. Cet archéologue navigateur norvégien pensait que le peuplement de la Polynésie avait eu lieu de l’Amérique du Sud (Pérou).
La science avance très vite et nous prouve parfois l'inconcevable. Bientôt, seule l'île de Paques gardera entier son mystère. Je m'arrête, car sur ce sujet passionnant, je deviendrais vite inépuisable et pénible pour certains qui ne vivent qu'au temps présent ! Pour les résidents, allez vite au Musée de la Pointe des Pêcheurs. Nana
2 décembre 2011
Première exposition de l'artisanat Paumotu
Ce salon a un joli nom : "Toku Kaega te ora" et a pour thème "mon île, ma terre, ma vie".
C’est une vraie réussite, ce premier salon paumotu. Nana.
17 novembre 2011
Papeete, Tautira, Apataki, Fakarava et Matisse en 1930
Je m’y suis rendue cette semaine, mais contrairement à l’habitude les photos étaient interdites.
En cherchant sur le Net, je vois que le musée des îles, a un site sur Facebook et y a placé les photos de l’expo ainsi qu'un diaporama sur le site des Nouvelles ! Curieux comme démarche. Que faut-il faire ? Rester chez soi et regarder facebook ou aller au Musée à Punaauia, acquitter 600 F l’entrée, et lire debout les panneaux explicatifs ?
Personnellement je préfère aller au Musée. Les reproductions des œuvres exposées au Musée sont cependant archi connues et faciles à retrouver sur le Net, donc je ne vois pas l’intérêt d’interdire les photos. Enfin !!!!
Henri Matisse né le 31 décembre 1869 au Cateau-Cambrésis (59) et mort le 3 novembre 1954 à Nice, est un artiste-peintre, dessinateur et sculpteur français. Il fut le chef de file du fauvisme; Pablo Picasso le considérait comme son grand rival et néanmoins ami.
En 1930, alors âgé de 60 ans, Matisse passe trois mois à Tahiti (il descendit à l'hôtel Stuart) et aux Tuamotu (atolls d'Apataki et Fakarava). Il a peu produit pendant ce séjour : il n'aurait ramené qu'un seul tableau, un petit (14x18 cm) panneau de bois peint à l'huile représentant un bouquet de cocotiers, une "pochade", selon ses propres termes. (il est au Musée).
Dans ses propos, dans ses lettres, le peintre a plusieurs fois évoqué ses souvenirs : " A Tahiti, j'ai pu apprécier la lumière — la lumière comme pure matière — et la terre de corail. C'est un pays à la fois superbe et plein d'ennui. Cette terre ignore les soucis, alors que nous avons les nôtres depuis l'âge le plus tendre, qui contribuent probablement à nous maintenir vivants. Là-bas le temps est beau dès le lever du soleil et demeure inchangé jusqu'au soir. Un bonheur à ce point immuable est lassant."
La trace de cette échappée est pourtant durable, profonde, et féconde. On connait l'image obsessionnelle d'un yacht au mouillage, inscrit dans la découpe d'une fenêtre ouverte sur le port de Papeete.
Plus significative encore est l'irruption, puis la multiplication de formes, de couleurs et de techniques directement empruntées au milieu et aux traditions de Polynésie ; une veine particulièrement riche : lagons .
Le Lagon, autour de 1944 :Papiers gouachés, découpés et collés sur papier marouflé sur toile. Feuilles de uru, vagues, poissons, coraux et madrépores, oiseaux, ces images luxuriantes prennent place dans des compositions qui leurs sont dédiées : Océanie le ciel, Océanie la mer, Polynésie le ciel, Polynésie la mer, vitraux de la chapelle du Rosaire à Vence.
De gigantesques feuilles d'arbre à pain envahissent l'espace de ses dessins et découpages et rappellent les tifaifai polynésiens.
Paule Laudon, spécialiste de Matisse dans sa période polynésienne, et présidente de l’association pour la connaissance et la protection du patrimoine naturel et culturel Vaipuna, organise cette exposition qui dévoile des reproductions des peintures significatives de l’influence polynésienne de Matisse, des photographies, ainsi que des extraits de lettres que Matisse envoya à sa femme restée à Nice, puis à son amie Pauline Schyle rencontrée à Tahiti. La famille Matisse, lui a donné accès aux lettres quotidiennes envoyées en Métropole, à Pauline Schyle, qui accueillit le peintre à son arrivée.
Paule Laudon relate au jour le jour, le séjour du peintre en Polynésie dans un livre :
Matisse, le voyage en Polynésie. (paru en 2003 au Vent des Iles). J'aimerais bien voir une exposition qui retracerait tous les visiteurs célèbres artistes, peintres...) avant 1960.
24 juin 2011
Heiva Rimai 2011 : fête de l'artisanat.
Du 24 juin au 24 juillet 2011, l’artisanat traditionnel est à l’honneur sur le site Taaone - Aorai Tini Hau (Pirae) pour la 24e édition du Heiva Rima’i.Cette manifestation, est organisée par le comité Tahiti i Te Rima Rau .
Près de 350 artisans des archipels de la Polynésie française sont regroupés. Je suis allée à l’ouverture ce vendredi. Bien sût tout commence en musique locale.
Les colliers de perles
12 juin 2011
L'or noir de Tahiti
Plusieurs ateliers sur les techniques de culture - traditionnelle et sous ombrière-, sur les arômes de la vanille de Tahiti ou encore sur les techniques de tressage, ont été organisés.
Cette belle orchidée au parfum envoûtant le mérite bien.
11 avril 2011
Bobby Holcomb
19 juin 2010
HAERE MAI RA ! exposition Henri HIRO
qui s’est éteint à Huahine le 10 mars 1990 à l’âge de 46 ans, le musée de Tahiti et des Îles – Te Fare Manaha- présente du 2 juin au 24 août : Haere mai ra ! (Viens donc!), une exposition dédiée à sa vie et à son œuvre culturelle et artistique.
Je ne connaissais que le nom, mais pas la biographie de ce polynésien exceptionnel. J’ai lu les longs panneaux explicatifs et rencontré l’homme maohi, au regard franc et limpide.
Les Polynésiens vous regardent toujours droit dans les yeux. Et par le regard des mots silencieux s'échangent.
J’ai été très impressionnée de découvrir le parcours atypique de cet homme et sa grande détermination.
Né en 1944 dans un pays qui, 20 ans après sa mort, n’a toujours pas accédé à l’indépendance qu’il désirait si ardemment pour son peuple, Henri Hiro a laissé une œuvre considérable, jamais égalée en densité, en qualité et en diversité à ce jour en Polynésie française.Pionnier de la poésie, du théâtre et du cinéma polynésien, fer de lance du renouveau de la culture polynésienne dans les années 70-80, Henri Hiro s’est inscrit durablement dans le paysage artistique, culturel, religieux et politique du fenua.
Indépendantiste convaincu et anti CEP (centre d'expérimentation du Pacifique), il a fondé le parti Ia mana te nunaa (que le peuple prenne le pouvoir)
Durant les 15 dernières années de sa vie, il porte naturellement par son engagement la revendication identitaire à son niveau symbolique et pratique le plus élevé.
Fascinante trajectoire que celle de ce Tahitien, diplômé en théologie, (études à Montpellier), qui, en l’espace de 15 ans, va bousculer sur son parcours le paysage politique, culturel et religieux polynésien, le marquer durablement de son empreinte et le transformer.
Cette exposition apporte un éclairage nouveau sur l’itinéraire de la pensée de cet homme d’exception au destin peu ordinaire qui a influencé les esprits et les inspire encore aujourd’hui.
Exposition très émouvante, et très belle rencontre avec Henri Hiro.
Je remercie le musée des îles pour ses belles expos thématiques de très grande qualité.
La culture Polynésienne ancienne et contemporaine me fascine.
Pour en savoir plus, je vous invite à consulter les nombreux liens qui émaillent cet article.
Mauruuru Roa.
22 avril 2010
Têtes coupables : expo d’art contemporain au Musée de Tahiti
Toujours à l’affût des nouveautés et des événements, j’ai entendu parlé de cette exposition d’art hier matin sur Radio One.
C’est une exposition collective d’une trentaine d’artistes sur un thème très intéressant,
la notion de culpabilité. "Qui est coupable, et de quoi ?"
Elle entraîne le visiteur à bien d’autres réflexions et méditations.
Voici l'affiche de cette expo avec les têtes des artistes.

La Tête coupable est un roman de Romain Gary publié aux Éditions Gallimard en 1968, dont l’action se passe justement à Tahiti.
J’aime les expos du Musée de Tahiti.
Je file à PK 15, pressée de découvrir cette nouvelle galerie d'artistes.
Pas trop de bouchons ce jeudi, ça roule ce soir, j’ai de la chance !
Le musée ferme à 17 h 30 ça va le faire !
D’ordinaire, les photos sont interdites dans le musée, aussi je laisse mon appareil dans la voiture.
L’année dernière, j’avais risqué quelques photos pour l’expo de Mangareva.
Aujourd'hui, je reste disciplinée.
Quelle ne fut pas ma surprise, lorsque le guichetier me dit:
- "tu peux prendre des photos si tu veux".
-" Ah bon ? d’habitude c’est interdit"
- "Oui mais depuis Mangareva, on a changé le règlement,
car les gens aiment bien ramener des souvenirs"
-"Bien sûr, et en plus ca peut vous faire de la publicité"
- "Oui ça c’est sur, vas chercher ton appareil, aita pea pea "
Merci Merci, le Musée de l’avoir enfin compris.
Je vais vous en faire de la pub ! Comptez sur moi.
Seule dans la salle d’expo, je découvre une à une ces œuvres contemporaines
Le truc génial, c’est que chaque artiste, explique dans une notice affichée à côté de sa création, le sens de sa composition.
Ils partagent et c'est super !
Cela commence fort avec Patrick Guichard
et comme le dit la notice " qui a envahi le îles et s’est multiplié dans les années 1960".
Remarquez aussi les chopines à ses pieds !
Le colonialisme engendrait t’il des culpabilités ? that is the question ?
Eric Raffis nous expose la première tentation, "Eve, la première coupable".
Eve ou Adam le coupable ? Qui a croqué la pomme en premier ? Vas savoir !
Jean Duday nous dit "Bas les masques"
avec ses créations qui m'ont séduite par leurs détails très originaux.
Il illustre en citant Victor Hugo :
" la peine irréparable suppose un juge infaillible"
Bien vu l'artiste !
Ça cogite dur dans ma petite cervelle, même après 8 h de bureau et 30 degrés à l'ombre !
L’art contemporain nous oblige à réfléchir parfois, mais il nous apporte une telle dimension !
Caroline Charbonnier a fait fort
en intitulant son œuvre " la poupée qui dit non non non "
et nous parle du pouvoir destructeur de la princesse Kali.
Il commente : sous l’œil du colon, le polynésien court sur le récif et grimpe sur l’inaccessible vague et est attiré par la mer et le sexe " (symbolisé par les mains sur la lune).
Composition en pâte de verre et mosaïques.
Je ne peux pas tous les citer, ni tout vous montrer, mais seulement vous en faire partager quelques unes.
On termine par le clou du spectacle :
Une guillotine réalisée en fraises tagada ! (plus de 5000 je crois, merci la clim ! )
En plus elle fonctionne !
Ainsi un grand bruit dans l’expo déserte, m’inquiète.
C’est la guillotine qui se met en marche et dont le bruit du couperet qui retombe, me fait froid dans le dos, du côté des cervicales.
Le gardien me précisera qu’elle se met en marche toutes les 10 minutes.
Entendue deux fois, j’en déduis que je suis au moins restée 20 minutes dans cette belle exposition.
Je vais y retourner pour prendre plus de temps devant chaque œuvre, tenter de partager la démarche de son auteur et vous parler d’autres œuvres remarquables.
L’art contemporain, quand il aborde des thématiques comme celle-là, me séduit énormément.
Un seul reproche cependant : aucun fly explicatif, aucune liste des artistes, du nom de leurs œuvres, qui resteront hélas éphémères, si il n'y a pas de mémoire organisée et publiée.
Pas facile de tout retenir ! J'ai ma petite méthode et mes petits outils, mais quand même, un petit fly ne serait pas superflu .
Le musée de Tahiti c’est à 10 minutes de Papeete.
L’entrée c’est 600 CFP (moins cher qu’un paquet de clopes) et avec des horaires très pratiques.
Tout le monde en parle de cette belle et provocante expo : voici quelques liens .
Les Nouvelles - Tahiti Presse - Tahiti agenda
Cette expo mériterait un transport à Paris dans le plus grand des musées nationaux.
Sauf qu'en métropole, coupables et ou responsables ? , la question demeure entière
N’hésitez pas , si vous passez par Tahiti, allez-y avant le 5 mai.
L'art contemporain est beau, choquant, provoquant, à Tahiti.
Il peut aider aussi à réfléchir sur l'actualité locale et mondiale et à tout relativiser comme par enchantement.
Coupable de quoi au juste ? d'être né quelque part ..........
Tous coupables ! car la vie n'est pas un long fleuve tranquille hélas !
J'adore les Musées.
Nana .
