Le capitaine du navire Victor Lenoir, 56 ans, le maître d’hôtel Ioane Kapikura, 50 ans, et Carl Tauru 42 ans, marin du GIP, n’ont pas survécu au naufrage. On repêchera leurs corps le jour même.
4 hommes ont disparu, 2 membres du GIP, le lieutenant, Jean-Pierre Maraetefau, 50 ans, le cuisinier du bord Mathias Teagai 47 ans, ainsi que deux salariés de l’entreprise Le Caill, Serge Ena, 28 ans et Samuel Richmond 29 ans.
La société venait de remporter le marché pour la production d'agrégats. Le chantier n'avait pas encore commencé. Un premier envoi de matériel avait été réalisé sur Rurutu par le Tuha'a Pae quelques semaines avant.La logistique pour ces travaux était compliquée. En raison de l’absence de débarcadère à Rimatara, les bateaux doivent 'beacher', (sauter sur la passe), alors il était prévu que le Tahiti Nui IV, fasse des allers-retours entre Rurutu et Rimatara.
À bord du Tahiti Nui IV, se trouvaient entre autres une grosse pelle pour l'extraction, un concasseur primaire et du matériel neuf spécialement conçu en Nouvelle-Zélande pour ce chantier.
L'entreprise Le Caill devait être présente sur le site pour une durée d'un an avec un roulement de 10 à 15 personnes pour la production de cailloux coralliens pour la future sous-couche et l'enrobé de la piste de l'aérodrome.
Les travaux préliminaires pour cette piste ont été lancés en juillet 2001. Ce chantier fut difficile, il a fallu écrêter les féo (concrétions calcaires), qui couvraient 70% de la surface.
L’état du Tahiti Nui IV, chaland de transport et de débarquement de la flottille administrative, vieux de 22 ans, a fait l’objet d’un rapport d’expertise accablant, en janvier 2005, de la part du BEA mer. Les conditions d'utilisation du navire et son état, ont été passés au peigne fin. Les mots pour le décrire sont très forts : “un panier à salade”, “une poubelle”, “une véritable passoire”. Les différentes expertises et témoignages font état d'un piteux état du chaland de transport. “On pouvait voir le ciel à travers le pont”, a déclaré un marin. Des trous de 15 à 30 cm ont été relevés, sans parler des ballastes remplies d'eau et des pompes fonctionnant 24 heures sur 24.
Le tribunal mixte du commerce a jugé, le 27 novembre 2009, la Polynésie française responsable de la perte des marchandises de l’entreprise JB Le Caill & Cie, qui se trouvaient à bord du Tahiti Nui IV, en raison des manquements dans l’entretien du navire.
Le Pays a du payer plus de 88 millions de Fcfp à l’assureur et s’acquitter des intérêts légaux depuis 2004.
La commune de Rimatara est en train d’ériger une stèle commémorative à proximité du parking de l’aéroport.
Le souvenir de ce naufrage meurtrier est encore très présent dans le souvenir des Rimatariens.

Loti ne reviendra toutefois jamais en Polynésie et mourut à Hendaye en 1923.
Ce 3ème roman de Fred Jouhaud, écrit avec André L'Homme, nous emmène à Tahiti et ses îles dans des voyages aériens mouvementés.

Fred Jouhaud
Le thème de cette édition 2011 est "