30 novembre 2011

Le naufrage du Tahiti Nui IV au large de Rimatara

Le caboteur Tahiti Nui IV, (ex Meherio II) a fait naufrage le mardi 2 septembre 2003 au large de Rimatara, avec à son bord de grosses pelles mécaniques pour la construction de l’aéroport. Ce naufrage a coûté la vie à 7 personnes tandis que 14 hommes ont été repêchés.
Le capitaine du navire Victor Lenoir, 56 ans, le maître d’hôtel Ioane Kapikura, 50 ans, et Carl Tauru 42 ans, marin du GIP, n’ont pas survécu au naufrage. On repêchera leurs corps le jour même.
4 hommes ont disparu, 2 membres du GIP, le lieutenant, Jean-Pierre Maraetefau, 50 ans, le cuisinier du bord Mathias Teagai 47 ans, ainsi que deux salariés de l’entreprise Le Caill, Serge Ena, 28 ans et Samuel Richmond 29 ans. La société venait de remporter le marché pour la production d'agrégats. Le chantier n'avait pas encore commencé. Un premier envoi de matériel avait été réalisé sur Rurutu par le Tuha'a Pae quelques semaines avant.
La logistique pour ces travaux était compliquée. En raison de l’absence de débarcadère à Rimatara, les bateaux doivent 'beacher', (sauter sur la passe), alors il était prévu que le Tahiti Nui IV, fasse des allers-retours entre Rurutu et Rimatara.
À bord du Tahiti Nui IV, se trouvaient entre autres une grosse pelle pour l'extraction, un concasseur primaire et du matériel neuf spécialement conçu en Nouvelle-Zélande pour ce chantier.
L'entreprise Le Caill devait être présente sur le site pour une durée d'un an avec un roulement de 10 à 15 personnes pour la production de cailloux coralliens pour la future sous-couche et l'enrobé de la piste de l'aérodrome.
Les travaux préliminaires pour cette piste ont été lancés en juillet 2001. Ce chantier fut difficile, il a fallu écrêter les féo (concrétions calcaires), qui couvraient 70% de la surface.
La piste de l’aérodrome mesure 1.400m de long sur 30 m de large et son coût global a atteint les 1,5 milliard CFP (12,6 millions d'euros), pris en charge par le territoire à hauteur d'environ 87% et par l'État.
L’état du Tahiti Nui IV, chaland de transport et de débarquement de la flottille administrative, vieux de 22 ans, a fait l’objet d’un rapport d’expertise accablant, en janvier 2005, de la part du BEA mer. Les conditions d'utilisation du navire et son état, ont été passés au peigne fin. Les mots pour le décrire sont très forts : “un panier à salade”, “une poubelle”, “une véritable passoire”. Les différentes expertises et témoignages font état d'un piteux état du chaland de transport. “On pouvait voir le ciel à travers le pont”, a déclaré un marin. Des trous de 15 à 30 cm ont été relevés, sans parler des ballastes remplies d'eau et des pompes fonctionnant 24 heures sur 24.
Le tribunal mixte du commerce a jugé, le 27 novembre 2009, la Polynésie française responsable de la perte des marchandises de l’entreprise JB Le Caill & Cie, qui se trouvaient à bord du Tahiti Nui IV, en raison des manquements dans l’entretien du navire.
Le Pays a du payer plus de 88 millions de Fcfp à l’assureur et s’acquitter des intérêts légaux depuis 2004.
La commune de Rimatara est en train d’ériger une stèle commémorative à proximité du parking de l’aéroport. Ce monument est composé de 2 pierres. La face supérieure est polie. Une plaque de granite sera gravée avec les 7 noms des marins, et boulonnée sur cette face polie. L’ensemble est constitué entièrement de pierres extraites du feo. En février 2012 le mémorial sera terminé.
Le souvenir de ce naufrage meurtrier est encore très présent dans le souvenir des Rimatariens.

29 novembre 2011

Le marae de Maratere et la grotte Haata à Rimatara

Je n’avais pas vu de marae en août dernier à Rimatara. Je pose la question à Georges père et de suite, j’ai la précision du lieu. Je m’y rends à vélo.
C’est à 1 km à la sortie du village de Amaru en direction du village de Motuaura par la route littoral, juste à coté de l’élevage de cochons de Georges, au milieu de la cocoteraie. Ce marae s’étend sur une vaste surface, fort heureusement assez déboisée. C'est le marae de Maratere. Je suis étonnée du nombre de pierres levées, des compartiments encore bien délimités et de l’aspect général assez bien conservé.Pour un marae qui n’a jamais encore fait l’objet de fouilles archéologiques, ni d’aucune forme de protection, cela paraît surprenant. Comme à chacune de mes visites dans un marae, il se dégage une ambiance spéciale. Aucun bruit d’oiseau, seul le roulis des vagues sur le récif à deux cent mètres. Je prends le temps de bien photographier les lieux. Au dîner, j’en parle avec Georges fils. Le marae est sur le terrain familial. Il souhaite nettoyer le site et mieux le protéger. Il me précise qu’hormis quelques rares scientifiques, aucun touriste ne demande à visiter les marae de l’île. Ma curiosité à vouloir tout connaître lui plaît beaucoup, car il aime partager l’amour de son île.

Dans nos conversations, j’apprends qu’il existe aussi une grotte du nom de grotte Haata. Située sur la falaise elle est très difficile d’accès. L’histoire de cette grotte mystérieuse est très intéressante.
Trois héros vivaient à Rimatara. : Utu était le plus fort, le plus travailleur et le plus courageux. Raautahi, était intelligent et Haata, était le fainéant. Chassé par les 2 premiers, il se réfugia dans la grotte. Il était ravitaillé par sa fille adoptive, mais fut vite repéré. Il décida alors de sortir de la grotte pour rechercher de la nourriture dans le marécage où il rencontra deux garçons. Il les arrêta, tua l'un d’eux et le plongea dans une source qui devint rouge de sang. L’autre garçon se sauva et raconta sa mésaventure. Utu et Raautahi, allèrent sur les lieux, mais le cannibale s'était réfugié dans sa grotte. Les habitants surveillèrent la grotte et attendirent sa sortie. Au bout d'un mois, Utu s’approcha de la grotte. Il sentit une odeur qui lui fit comprendre que Haata était mort de faim. C'est la raison du nom de cette grotte : La grotte de Haata. A suivre.

24 novembre 2011

Retour à Rimatara

Rimatara c’est la plus petite île de l’archipel des îles Australes. C’est l’île de la perruche rouge, le ura.
Je suis allée 2 jours en août 2011 pour la première fois. Trop court, j'ai eu l'envie d'y retourner plus longtemps.
Rimatara appelée autrefois Nuiova est aussi la plus occidentale de l'archipel des Australes. Elle culmine à 83 m avec le mont Uhau. Petite île ronde de 4 km de diamètre, son mince lagon n’a qu’une seule passe. Elle est située à 550 km de Tahiti. Je vous invite à lire l’article du 25 août 2011, pour une présentation plus détaillée de Rimatara.
Je reviens à la même pension Ue Ue chez Claudine et Georges, et cette fois j’y reste 6 jours. Le programme est déjà bien rempli. Georges père, m'accueille à l'aéroport.
L'océan est démonté et il y a beaucoup de vent. Je retrouve les petits fare de la pension,

postes d'observation de premier choix, de la perruche ura, au milieu des bananiers et des grands pistachiers.

A suivre......

Pierre Loti en Polynésie

Pierre Loti, (1850-1923) né Louis Marie Julien Viaud, à Rochefort et mort à Hendaye, est un écrivain français qui a mené une carrière d'officier de marine.
Il a été enterré sur l'île d'Oléron après des funérailles nationales. Sa maison à Rochefort est un musée.
Pierre Loti dont une grande partie de l'œuvre est autobiographique s'est inspiré de ses voyages de marin pour écrire ses romans :
- à Tahiti, pour Le Mariage de Loti (Rarahu) (1882),
- au Sénégal, pour Le Roman d’un spahi (1881)
- ou au Japon, pour Madame Chrysanthème (1887).
Il a gardé toute sa vie une attirance très forte pour la Turquie, où le fascinait la place faite à la sensualité, en particulier à la sensualité féminine : il l'illustre notamment dans Aziyadé (1879), et sa suite Fantôme d’Orient (1892).
Pierre Loti a également exploité l'exotisme régional dans certaines de ses œuvres les plus connues, comme celui de la Bretagne dans Mon frère Yves (1883) ou Pêcheur d'Islande (1886), et du Pays basque dans Ramuntcho (1897).
Il n’a que 21 ans lorsqu’en fin 1871, il embarque à Valparaiso sur le vaisseau amiral la Flore, qui fait route vers Tahiti. Il découvre l'île de Pâques, où la Flore fait escale, et débarque à Tahiti.
Il fréquenta, lors de ses deux escales de 64 jours à Papeete, la société locale et la cour de la reine Pomare IV. Il tombe amoureux de quelques jolies Polynésiennes. La reine Pomaré lui donne le surnom de Loti, du nom d'une fleur tropicale dit on, mais en fait il se serait lui-même baptisé Loti , au mépris du tahitien, où la lettre "L" n'existe pas : il fallait dire Rôti (rose), mais ce substantif culinaire manquait de poésie
Tenu à une obligation de réserve, du fait de sa qualité d'officier de marine, il n'en fait son nom de plume qu'à partir de 1876. Julien Viaud est de très petite taille, porte des talons hauts, parfois montés sur des ressorts, qui lui donnent une démarche de criquet.
Au fond du quartier de Titioro, dans la vallée de la Fautaua, à Papeete, le bain Loti est un bassin naturel, où Pierre Loti avait coutume de se baigner. C'est au bain Loti que, Rarahu rencontra le héros du roman de Pierre Loti : Le mariage de Loti (1879) initialement intitulé “Rarahu, une idylle Polynésienne”. Le 16 juillet 1934, le buste de Pierre Loti a été inauguré à cet endroit.

Le monument, buste en bronze et stèle en pierre, est l'œuvre du sculpteur Philippe Besnard, fils du grand peintre Albert Besnard
On doit à Pierre Loti, des dizaines de dessins concernant Tahiti et Moorea, Bora Bora et les Marquises. Il quitta Tahiti le 23 mars pour y revenir 3 mois plus tard, le 26 juin.
Loti n'a jamais oublié les îles, écrivant à un ami : "La Polynésie, que j'ai aimé ce pays-là ! Ces plages de corail, ces bois où l'on n'entend aucun bruit, ce je ne sais quoi d'insaisissable qu'il y a là-bas et qui hante encore mon imagination d'une étrange manière". Académicien en 1891, il quitta la marine en 1910 pour se consacrer uniquement à l'écriture.
Du séjour qu’il fit à Tahiti, 20 ans avant que Gauguin y jette l’ancre, Pierre Loti rapporte divers paysages mélancoliques et décolorés, qu’il vend à la revue L’Illustration. Peints à l’aquarelle, si ceux-ci témoignent de la déception de n’avoir pas retrouvé la jeune Maorie, qui fut la compagne de son frère, et l’enfant qu’elle aurait pu avoir avec lui, ils disent toutefois son amour pour le pays. "J’ai maintenant deux patries : Tahiti et la Saintonge", déclare-t-il en rentrant. Loti ne reviendra toutefois jamais en Polynésie et mourut à Hendaye en 1923.
Son frère, Gustave, qui resta plus longtemps que lui à Tahiti, est à l'origine des premiers clichés photographiques de Papeete.
J’ai relu "le mariage de Loti" que j’avais lu au collège. Le relire à Tahiti, donne une saveur particulière aux très jolis textes romanesques de Loti. Belle lecture.

Déjeuners aux couleurs tahitiennes

Lundi, j’ai déjeuné avec Arlette, une amie chinoise, au restaurant du bord de plage "le Carré" de l’hôtel Méridien à PK 15 à Punaauia.
Cela faisait des mois que nous ne nous étions pas revues, aussi nous avions envie de prendre le temps d’un bon déjeuner ensemble.
Ce n’est pas mon habitude de parler des hôtels et restaurants du fenua, mais je tiens à faire une exception pour celui-ci. Pour se rendre au "Carré", il faut traverser les jardins
et longer la piscine. Festival de couleur avec les flamboyants en fleur et les tipaniers. Toutes ces couleurs ouvrent l’appétit. Au bord du lagon, nous admirons les bleus, et au loin, la ligne de récif, la barrière de corail.
Cela tombe bien car notre déjeuner fut méridianisime comme d’habitude au Carré. Le lendemain, c’est avec Carole de Taravao, que mon déjeuner est prévu. J’ai rencontré Carole l’infirmière "itinérante" lors de mon séjour à Makemo (TG).
Je choisis le Royal Tahitien, car elle ne connait pas. Le jardin est moins fleuri que celui du Méridien, mais c’est quand même très exceptionnel de trouver ce grand jardin d’hôtel et ce restaurant bord de plage, en pleine ville de Papeete. Carole est enchantée du décor "pandanus" très local et du calme de l’endroit. Moi j’ai un faible pour cet arbre du voyageur,car lors de mon retour au fenua fin mai, je lui ai confié mes vœux les plus chers.

Ce datura jaune est magnifique. Ces belles photos, expliquent peut être pourquoi je n’ai jamais écrit une seule ligne de critique à l’encontre de la Polynésie dans ce blog, car de telles beautés valent bien un exil au soleil, baigné des parfums voluptueux des tiare. J'aime la Polynésie et c'est réciproque, je crois.
Un fidèle lecteur Pierre de Normandie, qui connait la Polynésie et en a gardé la nostalgie, m’a écrit sa déception de la disparition du restaurant Fare Tahiti près de la Madeleine à Paris, remplacé par le Maeva Self, en sous sol, place de Clichy.

Il conclut son mail " Poisson cru et Hinano, ouf, je respire".
Je lui dédie cet article et ces déjeuners aux couleurs tahitiennes. Le fenua ne l'oubliera pas.

22 novembre 2011

Le temple chinois de Papeete

En face de l’ancien Hôpital Mamao, et de la CPS (caisse de protection sociale), se dresse le temple chinois dédié à Kanti. C’est un de rares monuments de Papeete que je n’avais pas pris le temps de m’arrêter visiter.
Ce mardi, avec Carole, une amie de Taravao en balade à Papeete, nous avons fait la visite extérieure, car pour l’intérieur, les visites sont de 6h à 12h !
Son architecture est typiquement orientale, avec des murs de couleur émeraude surmontés d’un toit en pagode fait de tuiles vernissées, supporté par de grandes colonnes rouges. Il a été dessiné par un architecte de Taiwan, M Liaw.
Conformément à la géomancie traditionnelle du Feng Shui (vent et eau), le temple est orienté vers le Sud avec son assise au Nord. Ce nouveau temple couronne les efforts de Si Ni Tong et de toute la communauté chinoise pour remplacer le vieux temple en bois construit sur le même site et détruit par un incendie le 20 mai 1981.
Les historiens locaux situent la construction du vieux temple autour de 1860, bien avant l'arrivée des premiers coolies de la plantation d' Atimaono à Papara (1865).
L'inauguration eut lieu le 30 mai 1987, sous la présidence de Michel LAW (1931-2002).
L'entrée du temple est gardée par 2 dragons, animaux typiques de la mythologie chinoise. Le dragon appartient a la famille des immortels. Il est le symbole du principe mâle (yang), le phénix étant le symbole du principe femelle (yin). Les matériaux de décoration et d'ornement proviennent de Taiwan, tandis que les 2 lions en bas de l'entrée, sont un don de la République Populaire de Chine.
Kanti ou Guan Gong est un personnage-clé de l'histoire de la Chine, qui vécut entre les années 162 et 219, à l'époque où la Chine était divisée en 3 royaumes. Célèbre par son courage, sa loyauté et son patriotisme, il est renommé pour ses qualités de bonté et de générosité envers les pauvres notamment. Il a été divinisé en tant que Dieu de la guerre et des arts martiaux.
Le temple est entouré d'un jardin traditionnel chinois, agrémenté de petits ponts et de sculptures à l'effigie des divinités chinoises. Il accueille les festivités du nouvel an chinois 2 semaines tous les ans. Danses, contes, célébrations religieuses sont à l'honneur pendant cette grande fête qui tient une place importante à Tahiti. Du temple partent les défilés de dragons de papiers multicolores ainsi que le défilé des lanternes qui clôture le nouvel an.
Tout au long de l'année, les membres de la communauté chinoise de Tahiti, viennent y faire des offrandes et consulter l'oracle. Ouvert au public, l'atmosphère apaisante est baignée des senteurs d'encens et des prières prononcées en Hakka, (dialecte d'origine des chinois de Tahiti).

Un autre jour pour la visite de l'intérieur.

21 novembre 2011

Un lance missile américain dans le port de Papeete

Lundi 21-11 15 h 30 : Un bateau militaire au quai d’honneur? Bizarre. En plus il est enrubanné aux 3 couleurs nationales. Intriguée je stationne sur le parking des ferrys. Il arbore pavillon américain et s’appelle le USS CHUNG HOON. Toutes les forces de police, nationale, municipale sont présentes et assurent un barrage sécuritaire. Un barrage flottant entoure aussi le navire sur le plan d’eau.

Mal placée pour prendre des photos, je confie mon appareil à un gentil policier au travers des grilles. Il s’éclate et me prend de très belles vues. Il m’explique que ce destroyer lance-missiles est arrivé ce matin en provenance de la base navale de l’île de Guam, via les Samoa et repartira vendredi. Que fait-il à Papeete ? Mystère ou plus tôt top secret. Les autorités civiles, militaires et politiques de Polynésie, sont venues l’accueillir dès 8 h 30 ce matin, comme il se doit, et les américains étaient en faction mitraillette au poing !


Ce navire mis en service 2004, mesure : 153.92 m x 20.40 m x 6.10 m (tirant d'eau). Sa vitesse est de 32 nœuds. Il est équipé de : 2 lanceurs (96 missiles SM-2, SM-3, ESSM RIM, Tomahawk et Asroc), 3 canons, 4 mitrailleuses de 12.7 mm, 6 tubes lance-torpilles, et de 2 hélicoptères Seahawk .


Ironie de l’histoire : le Chung-Hoon porte le nom de l'amiral Gordon Pai'ea Chung-Hoon (1910-1979), illustre rejeton d'une famille chinoise émigrée à Hawaï. A l'automne 1945, ce héros a contribué avec son navire à la destruction d'une vingtaine d'avions japonais. Ce fait d'armes contre l'ancien ennemi nippon devrait attirer au navire américain une certaine sympathie des marins chinois... (lire la suite).
Le dernier destroyer américain que j'ai vu à Papeete, c’était l’USS O’Kane en décembre 2009. Espérons que les marins américains fassent quelques achats à Papeete pour leurs vahine américaines ! Thanks .

21 novembre 2011 : première édition de la journée du uru.

La première édition de la journée du uru s’est tenue ce lundi 21 novembre 2011 sous le chapiteau de l’ancienne présidence.
Pour la promotion des légumes locaux, après la journée du potiron à l'occasion d'Halloween, le ministère de l'agriculture met le uru en avant à l'occasion des festivités de Matari’i i ni’a, qui marquent l'entrée dans la période d'abondance.

Cette journée aussi pour promouvoir le uru comme un aliment : attractif, délicieux, nutritif, abordable et culturellement approprié, destiné à répondre à la problématique de la sécurité alimentaire du pays
Malheureusement cette première édition n’a pas connu une grande publicité et est restée confidentielle. Ainsi je m’y suis rendue à 14 h 30. Le gardien me précise, qu’étant donné l’absence de visiteurs, tout a été plié à 12 h. Zut !
Aucune affiche en ville, juste un entrefilet dans la Dépêche de ce jour.




Parlons cependant de l’arbre à pain et de son fruit : l‘uru, est un aliment énergétique produit par l’arbre à pain "maiore" (artocarpus altilis), originaire d’asie du sud est, dont plusieurs variétés existent en Polynésie.
L'arbre à pain est un arbre de la famille des moracées, originaire d'Océanie, et aujourd'hui largement répandu sous les tropiques. C’est une espèce proche du jacquier, (artocarpus heterophyllus) .
Aux Antilles françaises, on nomme châtaigner pays (artocarpus altilis var. seminifera) une variété fertile, cultivée pour ses graines qui sont consommées cuites
C'est un arbre sempervirent (à feuillage persistant) de taille moyenne, qui peut atteindre 20 m de haut, doté d'un tronc droit et massif dont le diamètre peut dépasser 1 mètre. Toutes les parties contiennent un latex blanc.
Les feuilles simples, vert foncé, brillantes, sont munies de 7 à 11 lobes bien marqués, plus ou moins profonds suivant la variété. Ce sont de larges feuilles de 12-60 cm long x 10-50 cm large et encore plus grandes pour les juvéniles. Le pétiole massif fait moins de 5 cm de long.
Les fleurs sont regroupées en inflorescences mâles, allongées et pendantes, de 10-30 cm long x 2-4 cm, et en inflorescences femelles (vertes, sphériques ou oblongues), les deux étant présentes à la fois sur la même arbre (arbre monoïque).
Le fruit est formé à partir de toute l'inflorescence femelle. A maturité, il est de couleur verdâtre, jaune pâle à jaune orangé. C'est un gros fruit rond ou oblong, de 12-25 cm de diamètre, pesant 1,5 à 2 kg. L'épiderme est marqué de figures hexagonales centrées sur un point épineux. La pulpe est de couleur crème.


Ce sont des plants d'arbres à pain que venait chercher l'équipage du Bounty en vue de l'introduire dans toutes les colonies.
Le uru est riche en vitamines et très énergétique. L’arbre lui même a toujours été exploité pour sa sève qui servait à calfater les pirogues. L’écorce de uru est l’une des préférées des Ma’ohi pour confectionner leurs tapa. Le tronc servait à fabriquer des pirogues et même les feuilles, grandes et solides, servaient à de nombreux usages. On utilise encore aujourd’hui le tronc, les feuilles et les fruits du uru pour confectionner une panoplie étonnante de médicaments traditionnels...
C’est en Malaisie et en Inde qu’on trouve les premières traces de l’arbre à pain. Introduit dans les îles du Pacifique lors de leurs périples il y a des milliers d’années, le uru constitue depuis cette époque la base de l’alimentation des Ma’ohi.
En œnologie, on sert des frites de uru entre chaque vin dégusté. La neutralité gustative du uru permet de mieux appréhender la richesse de la palette d’un vin.
Le uru est meilleur lorsqu’il est cuit sur un feu de bois. Quand la peau est bien noire, on retire la pulpe, farineuse, qui est ensuite battue pour en faire une pâte qu’on laissera fermenter quelques jours. On peut la cuire au four tahitien (ahima'a), comme du pain, mais on le consomme aussi en accompagnement, comme des pommes de terre, ou des frites.
Mais on peut aussi en faire du gratin, de la farine et même de la pate de fruits ! (c’est la recette du popo uru confit) .

La ligne du corail : Fred Jouhaud et André Lhomme

Les éditions L'Harmattan ont publié en septembre 2010, un roman inspiré par l'histoire de la route aéronautique dite "la route du corail", qui desservait par hydravion de nombreuses îles du Pacifique dans les années 50. Ce 3ème roman de Fred Jouhaud, écrit avec André L'Homme, nous emmène à Tahiti et ses îles dans des voyages aériens mouvementés.
Le 26 décembre 1951 était inaugurée la "Route de corail", une aventure humaine et technique qui permit de rendre définitivement Tahiti et ses îles accessibles à la navigation aérienne. Un hydravion de la TEAL (Tasman Empire Airways Limited), établissait alors régulièrement la desserte Auckland/Papeete en passant par Samoa et les Cook. Une fois l'appareil amerri en douceur sur les lagons, les passagers étaient emmenés à terre à bord d'une embarcation, avec force fleurs et musique. Le roman débute quelques décennies plus tard. Alors qu'ils s'apprêtent à atterrir à Raiatea, (ISVL), les pilotes Teva et Erwin, repèrent un avion au fond des eaux translucides du lagon. Il s'agit d'un hydravion des années 50, un Catalina. De la star de cinéma déchue au conseiller peu vertueux, en passant par des pilotes, un journaliste et des héros de guerre, les auteurs font revivre une tranche de la vie polynésienne romancée, parfois si peu, et teintée de fantastique.
L'idée du roman est partie d'un scénario de série pour la télévision qu'André L'Homme avait retrouvé chez lui, en 2006, au fond d'un placard. Il y avait là tous les ingrédients d'un roman d'aventure à suspens : l'argent, le pouvoir, une société coloniale en pleine mutation et une épave d'hydravion avec, à l'intérieur, 14 squelettes et... un tiki cachant un parchemin écrit en tahitien ancien.


Le 3 septembre 1965, le F-WMKR n° 20, heurte un récif corallien au cours du déjaugeage à Hikueru. Fred Jouhaud, ancien journaliste à la retraite, grand reporter à France Inter, FR3, A2, RFO, (Pour RFO il a vécu en Martinique, à Tahiti et en Nouvelle Calédonie), est déjà l'auteur de deux romans historiques : "Mémoires d'un abbé turbulent", en 2005, qui conte les aventures, au XVIe siècle, de Jean de Watteville, l'un des plus extravagants personnages historiques jurassiens, un homme de robe et d'épée; et "Un caillou pour des Chân Dàng" en 2007, qui raconte l'histoire d'une famille vietnamienne qui, en 1954, au moment de Diên Biên Phu, choisit la France et s'embarque pour Nouméa.
André Lhomme, haut fonctionnaire (ENA) et auteur, se consacre à l’audiovisuel, de la SFP aux télés régionales en passant par RFO Tahiti.
J’ai adoré ce livre où de jolies histoires romanesques se mêlent à l’intrigue principale. De très belles descriptions des ambiances, paysages, couchers et levers de soleil à Tahiti et Raiatea. 260 pages avalées en 4 soirées.
Pour les passionnés d’aviation, j’ai trouvé des liens très bien documentés sur
les Catalina de l’armée française à Tahiti (avec de nombreuses photos).

19 novembre 2011

La semaine du Monoï : Monoï Here

Monoï Here (prononcer Monoï Héré) pourrait se traduire par “Monoï chéri” ou “Monoï mon amour.
Monoï Here, c’est aussi le nom choisi par l’Institut du Monoï pour la 4ème édition de la semaine du Monoï du 16 au 19 novembre à la maison de la culture.
Le thème de cette édition 2011 est "cheveux de rêve". (Pour ce qui me concerne, on verra cela plutôt en 2012 ! )
Je m’y suis rendue ce matin et voici mes petits achats.
J’ai aussi acheté un super monoï très parfumé (tout rouge) aux mama de Rimatara. Avec la marquisienne de Fatu Hiva nous avons parlé de ce délicieux monoî à l'umuhei, (mon préféré).



Un peu d’histoire :
Le monoï qui signifie en Reo Maohi "huile parfumée" a marqué la culture polynésienne. La recette est simple. Il suffit de laisser macérer les pétales de tiare dans l’huile de coco non filtrée. Autrefois, l’huile parfumée était utilisée pour les rites religieux et la médecine traditionnelle, mais déjà, il prenait place parmi les cosmétiques. A la naissance, les bébés étaient enduits de monoï pour les protéger contre la déshydratation et les piqûres de moustiques. Chaque Polynésien possèdait un pied de tiare. La petite fleur "tiare Tahiti" du nom tahitien “ gardénia tahitensis ” belle comme une étoile et d’une blancheur immaculée, est à la base de la fabrication du monoï.
Le tiare doit être cueilli très tôt le matin. Les petits pétales sécheront ensuite au soleil dans une bassine. Puis ils macèrent quelques jours avec du lait de coco germé. Quand l’huile commence à noircir on couvre la bassine et on laisse le monoï se faire.
Dernière étape : filtrer l’huile. Une belle huile blonde qui sera utilisée pour le corps, les cheveux (il parait que cela les fait pousser plus vite). Le monoï sera aussi le produit solaire, l’anti-moustique calmant. Le tiare c’est : 60 millions de fleurs à l’année et 65% de la production pour le monoï. Fendues en deux les noix de coco sont exposées aux rayons du soleil pour faciliter l’extraction de leur chair. Brisés en petits morceaux, les fragments sont ensuite mis sur des séchoirs à coprah. Les morceaux de noix séchés sont finalement placés dans des sacs et acheminés vers l’unique huilerie située à Tahiti. Broyés en une farine très fine et chauffés à 125° puis pressés, ils fourniront l’huile de coprah brute, dite huile de première pression. 5% de cette production, environ 300 tonnes seront de nouveau affinées pour obtenir une huile raffinée de très grande qualité, conforme aux normes du marché international.
Le monoï : une appellation d’origine. Le monoï jouit aujourd’hui d’une solide réputation. En 1992, il a atteint ses lettres de noblesse. L’huile parfumée est exportée depuis 1942, et sur la France depuis 1970. En 1987, la profession s’organise. Les fabricants créent le groupement interprofessionnel du monoï de Tahiti (GIMT). L’appellation d’origine, est obtenue 1er avril 1992.
Edith Cresson
, Premier ministre à l’époque, avait signé le décret la veille de sa démission.
Les lettres de noblesse en poche, chacun a pu s’attaquer à la fraude. Le logo est en effet le garant absolu de la qualité du monoï de Tahiti sur le marché international. Il rappelle son authenticité et son savoir-faire traditionnel. Selon des normes très strictes, un minimum de 10 fleurs par litre d’huile de coco doit être utilisé et seule l'huile du coprah des cocotiers de corail doit être utilisée. C’est pendant cette extraction douce et naturelle, plus connue sous le nom d’enfleurage, que ces douces petites fleurs vont donner à tout jamais leur senteur légendaire à l’huile raffinée.
Avis aux métropolitains, beaucoup de produits peuvent être commandés sur le Net.
En Polynésie tout se passe en musique. Qu’il est magnifique ce Bougainvillée. Nana.

18 novembre 2011

Le mini festival des Marquises à Mahina

La fédération "Te ono nui o te hana enana" organise, du 12 au 27 novembre, son 3e mini festival des Marquises .
Raphaël Taiaapu, président de la fédération, avec une cinquantaine d’exposants, 6 groupes de danse, a organisé cet événement dans les jardins de la Pointe Vénus (commune de Mahina).
Ce mini festival offre un avant goût de la culture marquisienne à quelques semaines du Festival des arts organisé du 15 au 18 décembre à Nuku Hiva.
Le village dressé à l’occasion, accueille tous les jours artisans et tatoueurs qui démontrent sur place leur savoir-faire. L’île de Ua Huka est bien représentée avec Teiki, son frère Raphaël et leur sœur Delphine. Vicky la fille de Teiki, danse à chaque soirée spectacle. Clovis son frère sonne le tambour. Mamy fait les bouquets de senteur les umuhei. L’élection de Miss Marquises et Toa Enana se déroulera le dimanche 27 novembre de 12h à 21h.
Après le bonjour à tous les marquisiens de Mahina que je connais, je me suis baladée entre les stands .Mon attention a été attirée par ce concours original de la sculpture d’un immense tiki.
Il s’agit un tronc de noyer de 3 tonnes, que les sculpteurs se sont engagés à sculpter en 15 jours. Ce tiki resterait à la pointe Vénus ensuite.
Les travaux ont bien commencé, et c’est à la tronçonneuse et à la meuleuse, que le dégrossissage se fait. Je reviendrais avant le 27 pour voir le résultat final.
Bravo les sculpteurs.