4 août 2011

Fatu Hiva, la Marquise secrète

Fatu Hiva est l'île la plus au sud dans l'archipel des îles Marquises. C'est la première île découverte par le navigateur espagnol Alvaro de Mendaña en 1595. Son relief volcanique, hérissé de crêtes et de pitons émergeant d'un épais manteau de végétation tropicale, est très impressionnant, avec des pics basaltiques de 1000 mètres comme les statues des Vierges de la baie de Hanavave. Superficie : 84 km2. Point culminant : Mont Touaouoho (1125m).
Elle se trouve à 80 km au sud de Hiva Oa et compte 629 habitants (Recensement de 2007)
Ses deux jolis villages, Omoa et Hanavave, distants de 17 kms (seule route de l'île), sont nichés au fond de baies spectaculaires : la baie des Vierges est celle dont rêvent les navigateurs. Elle offre un mouillage exceptionnel dans un décor d’Eden encore sauvage.
Il n’y a pas d’aéroport et il faut entre 3 et 4 heures de bonitier (selon l’état de la mer), de Hiva Oa pour se rendre à Fatu Hiva.

Vendredi 22 juillet : Dès 8 h, les baleinières et non les barges cette fois, sont mises à l’eau. Fatu Hiva se réveille doucement sous la brume matinale.

Depuis mardi, nous avons une vingtaine de personnes d’une mission administrative, dont 4 ministres qui sont du voyage. Ils débarquent les premiers. Ils sont attendus par toute la population pour l’inauguration de la nouvelle salle multifonctions. C’est jour de fête à Omoa.
Je ne tarde pas à mon tour, à être couronnée par Paloma qui m’accueille chaleureusement. Voilà deux ans, que je la rencontre aux salons de Papeete et elle réclamait ma venue à Fatu Hiva. Paloma est l’épouse de l’instituteur de Fatu Hiva, elle est sculpteur.
Avec la croisière c’était plus simple, mais je ne reste que la journée hélas ! Je reviendrais ! J’achète une jolie carte de la Polynésie en tapa blanc (du murier).


La population endimanchée se presse vers la salle. Les danseuses se préparent dans la bonne humeur, les enfants répètent leurs chants. Les rubans sont coupés par les personnalités. Pendant les discours, nous sommes 4 (George, Claude et Raphaël l’italien) à partir en balade vers la rivière du fond de vallée.
Les enfants me cueillent de grosses grenadines dans les arbres. et des caramboles.Un délice sucré ! Les jardins regorgent d’arbres fruitiers bien remplis. Les enfants m'en cueillent des kilos en rigolant comme des fous !!! Des enfants heureux et très gais ! De vrais enfants !
La petite église exhibe fièrement son toit rouge et ses murs bien blancs.
Il y a beaucoup de vieux fare en bois, sans boiseries de fenêtres.En cas de cyclone, le fare s’envole ! (remarquez les panneaux en pandanus tressé entre les fenêtres).
En cas de problème, toute l'île se mobilisera, alors n'y pensons pas !

Un musicien nous joue un petit morceau et accepte la pose photo auprès de la petite rivière. J'en profite pour finir mon berlingot de Fanta. Il fait vraiment très chaud ! Les gens semblent heureux, calmes, solidaires et unis. Une impression de bonheur de vivre. Une respiration, une harmonie totale avec la nature généreuse et l’océan.
Un grand tamaa (repas) est offert par l’Aranui à toute la population dans la salle des sports.
Bon appétit se dit kai-kai en marquisien ! Nous déjeunons avec les habitants de Fatu Hiva.
Les danseurs et danseuses redoublent d’élégance
et de vivacité au son des puissants tambours.

Nous sommes dans le cœur authentique des Marquises.
Pas une seule journée sans les danseuses, danseurs et tambours !

Cette ambiance est envoutante, séduisante, marquisienne à 100%.

Pas d'aéroport, pas 90 % de fonctionnaires territoriaux, mais de quoi vivent ces gens qui semblent si heureux ?

Je vais faire plusieurs articles sur Fatu Hiva (le umuhei, le musée Grelet, Hanavave, la baie des vierges….. ), j’ai tant de découvertes à vous faire partager.
A suivre.

12 commentaires:

Nelly a dit…

Quel bonheur toutes ces photos et textes. Merci à vous, ça fait rêver

Sylvie-Anne a dit…

Pour les photos j'essaies de capter le bonheur de vivre. Pour les textes, je reste encore très timorrée par respect pour mon statut de fonctionnaire d'ETAT, mais c'est certain que j'ai des choses à dire ! des tonnes de livres à écrire peut être un jour ! Je prends des notes !

Poe a dit…

Pas dac Sylvie Anne, car déjà tous tes écrits sont très exacts et surtout montrent ton amour immense pour le fenua. Tu peux parler maintenant. On t'écoutera, car tu connais le fenua plus, ou autant que nous, désormais. Tu es forte. Bons voyages au fenua.
Bises.

nadege a dit…

quel danse vraiment tres local te mettras tu a la danse polynesienne ?

Anonyme a dit…

merci Sylvie pour ce partage, en effet ça fait rêver plus d'un et meme les locaux de tahiti aimeraient vivre ces moments. J'en suis presque jalouse,car je suis sûre que je ne serai jamais accueillie ainsi en France ou ni même dans des coins perdus de la france. Par contre, j'ai retrouvé cet accueil au fin fond de Bali. Ah ! la civilisation ! je me demande ce que ça veut dire !!!!

arlette h a dit…

coucou, le commentaire précédent c moi, j'ai oublié de signer

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Ce qui est amusant dans un de tes commentaires c'est que tu dis: .....de quoi vivent ces gens là.....Ils ont l'air heureux.

Cela me rappelle les réflexions fréquentes que faisaient de nombreuses personnes découvrant la Polynésie encore vers la fin des années cinquante (1950).
Nous vivions en autartie et trés simplement. Tout simplement nous ne nous rendions pas compte de notre bonheur.

Christian P Y P

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Tu as fait la photo d'un fare avec un toit en tôles , des cloisons légères en matières végétales et les fenêtres remplacées par un pareu (pareo).
Ce genre de maisons étaient encore nombreuses à Tahiti vers la fin des années cinquante(1950).
C'est une transition entre le fare typiquement polynésien et le fare popaa.
Elles n'ont pas encore entièrement disparues à Tahiti. Il en reste par exemple, encore quelques unes à Faa'a.
En général à Tahiti c'est habité par des gens très pauvres.
Ce qui n'est pas le cas encore dans les îles, c'est plutôt le choix de gens qui vivent simplement.

Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

Merci de tes témoignages christian, mais les mentalités et les comportements sont tellement dfférentes aux Marquises. Parfois j'ai une grosse envie de quitter Tahiti et de vivre à Taiohae.

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Pour des raisons professionnelles j'ai fait de nombreuses îles pendant 24 ans pour des hôtels ou des particuliers.
La vie dans les îles est bien différente que la vie à Tahiti. Cette vie a des avantages par rapport à Tahiti mais a aussi des inconvénients. Il y une certaine solitude et un éloignement qui peut poser problème . Un petit cailloux peut devenir une montagne, rien que pour la santé ou résoudre un petit problème mécanique ( une vis manque et le dépannage est impossible). J'ai connu cela puisque mon travail était de résoudre certains problèmes mécaniques, électriques ou de liaisons radio inter îles. Il m'arrivait de partir par bateau ou par avion avec jusqu'à cent vingt kilos de frêt (outillage et pièces de rechange), compris un mini groupe électrique de 900 watts ( pour éclairer, souder, percer, etc.).

C'est un choix de vie. Il faut faire la balance entre le positif et le négatif.

Il ne faut pas oublier aussi que dans ces îles l'on vit dans un microcosme, une micro société. Celà est aussi une grande famille.
C'est à peser.

Christian P Y Y

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne;

Toujours à propos d'une vie dans les îles:
L'anonymat n'existe pas, ce n'est pas toujours simple, c'est comme si on vivait sur un bateau. Un petit problème que à Tahiti peut être bénin y prend des fois de l'ampleur.
Par contre il y a une solidarité bien sécurisante que l'on ne trouve plus ou difficilement à Pape'ete.

Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

"Anonymat" est le tane de la vahine "Solitude" n'est-ce pas ?
Hormis nos ermites chrétiens, (des illuminés), peu de religions ont envisagé une vie autre qu'en société.
A mon avis il y a plus de vraie solidarité à Taiohae qu'à Papeete. Et à Papeete 1000 fois plus qu'à Paris ! Merveilleux fenua.