27 août 2011

Les fours à chaux de Rimatara

Je poursuis ma promenade à vélo autour de Rimatara. Je trouve une petite plage super pour manger mon sandwich et prendre un bain.



Un cochon sauvage, non attaché, ne daigne même pas me regarder ! Un peu plus loin en bord de mer, deux petits cochons noirs courent après mon vélo, mais comme c’est plat, je pédale vite et ils abandonnent le sprint. Un gentil cheval broute auprès des riri. Ces plantes vertes aux jolies fleurs blanches sont utilisées comme coupe-vent en bordure de mer. (Idem dans toutes les îles australes)
Je découvre un four à chaux. Ce sont des pierres de corail. Georges junior, le fils de la pension, est responsable des services techniques municipaux. Il me fait faire la balade sur le plateau après son boulot.
Il me parle des fours à chaux collectifs, un par village. Ils sont en train d’être refaits. Celui-ci est tout juste terminé. Nous allons voir la construction de celui de Anapoto. Un grand trou est creusé et sur un lit de branchages, des cordes de bois (des troncs entiers) seront placées. Ensuite on y dispose des pierres de corail en grosse quantité. Puis on allume le feu. L’étanchéité du four doit être assurée.
Pendant une quinzaine de jours, le bûcher se consume. Le feu fera fondre les pierres qui donneront une excellente chaux vive, bien blanche. Puis pendant plusieurs mois, on laisse la pluie gonfler la chaux pour obtenir une pâte blanche.
Mélangée à du sable, la chaux devient un véritable ciment naturel. Délayée avec un peu d’eau, elle sert d’enduit pour repeindre les maisons.
Les fours doivent être rénovés totalement tous les 15 ans environ.
Georges me montre ces maisons (en chaux) abandonnées. La famille est partie à Tahiti et plus personne ne vient entretenir les lieux. Ici, les plantes grasses ont poussé sur le mur ! Cet exode vers Tahiti est le fléau des Australes. Cette maison est encore habitée.Sur le plateau, nous découvrons une grande forêt de pins des Caraïbes et beaucoup de terrains cultivés (manioc, carottes,…. ).
En rentrant à la pension, il me fera visiter son jardin biologique (faapu). A suivre.

4 commentaires:

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne.

Autrefois, il y a cinquante cinq à soixante ans, les fours à chaux étaient communs dans toute la Polynésie. Il en était de même que les fours pour faire le charbon de bois qui était très utilisé, apprécié et bien pratique pour faire la cuisine.
C'était mieux que d'être à quatre pattes à souffler sur de la bourre de coco qui nous enfumait et noircissait le "titata"(bouilloire).
L'arrivée du gaz a tout chamboulé et nous a facilité la vie.

Le "gros poireau" à petites fleurs blanches que tu as photographié a la particularité que la chair blanche de son tronc est très sucrée. Gosses on le suçait. Autre fois à Tahiti c'était aussi très utilisé en coupe vent. Je vois que les îles ont conservé d'anciennes coutumes.

Les anciennes maisons des Australes avaient toutes des murs très épais de pierre, de corail et de chaux, facilement jusqu'à cinquantes centimètres. Pendant la saison fraiche (juillet) il y faisait plus chaud que les maisons modernes et on était protégé du vent glacé du sud (le mara'amu). En plus ils ne construisaient jamais de maisons près de la mer, elles étaient plus à l'intérieur des terres. Tu peux demander à les visiter, beaucoup d'entre elles sont perdues dans la brousse.

Christian P Y P

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Parles t on encore à Rurutu de la femme blanche(fantôme) qui s'introduisait dans les "fare" pour tenir compagnie aux hommes ?
Pose la question aux rurutu.
Ce n'est pas une blague.

Christian P Y P

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Cette histoire de femme blanche(fantôme) date des années 1950 à 1970 et peut être après. Toutes les femmes étaient en émoi.

Christian P Y P

Anonyme a dit…

bonjour sylvianne'votre article sur le four a chaux est vraiment tres enrichissant ainsi que certains commentaire!!mais la dame blanche!etant petit (7ans) premiere colo en parlaient deja d'elle .dans les chateaus de la loire..merci pour vos lectures a plus tard