29 août 2011

Le faapu de Georges à Rimatara

Georges est le fils de la pension. Bac et BTS en bâtiment, il travaille à la mairie de Amaru.
Il aime son île, même s’il reconnaît volontiers, que pour un jeune en 2011, ce n’est pas évident de vivre dans une si petite île. Heureusement il y a Internet et Georges est un internaute très doué. Il a créé le site web de la pension de ses parents.
A proximité, il construit seul sa maison. Il m’a fait faire la visite. Chaque détail est pensé, calculé. Cela sera une super villa moderne avec clim et énergie solaire. Pas de problèmes d’eau à Rimatara, car elle est présente dans le sol et il y a de nombreux forages Ce qui n’empêche pas d’avoir une citerne pour récupérer les eaux de pluie pour le potager.
La visite de son faapu (potager) est également pleine de découvertes et d‘ingéniosités.
De grands pistachiers totalement improductifs le bordent.Toutes les cultures sont hors sol, d’une part pour éviter les dégâts des cochons, des poules et coqs, des chiens, et d’autre part permettre un meilleur compostage et arrosage.Georges me montre un arbuste plein de petits piments. Il me fait seulement sentir un piment. Fort très fort ! Il récolte les piments rouges, qu’il met dans l’eau. Une sorte d’infusion très pimentée va se faire dans le bidon et avec cette solution il arrose son faapu, salades, potas, oignons…..Insecticide super puissant et totalement bio. Georges n’aime pas les papillons, car ils viennent déposer leurs chenilles voraces sur ses salades. Le jus de piment c’est pour elles ! Je connais une mamy bretonne qui n'aime pas les papillons pour les mêmes raisons !
Bien sûr, il fait son propre compost. Il passe toutes ses fins de journées jusqu’au coucher du soleil dans le faapu.
Je vais demander à Stéphane Marie de revenir faire un reportage à Rimatara, pour son émission "silence ça pousse". Belle pub pour l’authentique pension de famille de Claudine et Georges.
Cet article change de la carte postale de Polynésie, lagon et sable fin, et c’est une grande joie de vous faire partager tout ce que j’ai appris avec les habitants de Rimatara.
Nous faisons le tour du parc et je ne taris pas de question. Ici le cocotier a accepté de faire racines communes avec un pied squatteur de Noni. Anormal mais rigolo.
Il me présente un arbuste aux fleurs fermées. Quelques heures plus tard après le diner, les fleurs sont ouvertes et dégagent une forte odeur de moutarde rance. (ça pue !) On ne connait pas le nom de cet arbuste nocturne.
Georges fait aussi du coprah. Son séchoir se referme la nuit.Il m'a montré le plus gros arbre de l'île dans le village d'Anapoto.Avant le diner, entre 17 et 18 h, c’est l’heure où les ura viennent dans les bananiers et les cocotiers de la pension. Avec Xavier l’hispano, Georges père et Georges junior, nous guettons tous les 4, l’arrivée des perruches rouges….
Je vous ai fait assez patienter, alors les voilà les belles ura rouges qui font de Rimatara un coin de vrai paradis dans le pacifique austral.
A suivre, dans le prochain article, mais sans faire de bruit SVP ! ….Elles sont farouches .Chut.
A plus.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Ouf, cela remarche. Nous pouvons de nouveau accéder à ton blog.

C'est agréable cette découverte, ou redécouverte des îles.
En fin de compte de nombreux îliens font de la culture hors sol. Ou plustot de la culture sur élevée ce qui est différent puisqu'elle peut rester de la sorte bio.
Je constate aussi que les temps devenant plus durs nombreux sont ceux qui vivent à Tahiti et qui ont un bout de terrain se remettent au jardinage pour faire des légumes.
C'est le retour vers une vie comme avant l'arrivée du CEA/CEP. Avant on ne connaisait pas les pesticides et nous faisions du bio sans le savoir.

Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

Idem en Métropole où le bon sens paysan de nos grands parents fait l'objet de rédecouverte et d'émissions TV branchées, genre Bobo (bourgeois bohême). Cela me fait sourire. Chassez le naturel, il reviendra au galop. C'est un vieux dicton trop connu.

Elisabeth05 a dit…

Nous, nous utilisons la culture hors sol pour permettre aux résidents de jardiner tout en préservant leurs articulations...!
Quel plaisir de pouvoir re..bloger avec toi.

Sylvie-Anne a dit…

Coucou Elisabeth. Dans les années 2000 et suivantes,j'ai pondu à la DRASS 35, le premier projet de convention EHPAD qui a été nationalisé par la suite.
Le truc des jardins suspendus devrait être inséré car c'est si évident! J'ai pourtant visité de nombreux établissements PA en Bretagne et je n'avais pas noté cette idée géniale.
Bises de Tahiti à tous tes résidents .
Mauruuru.

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

C'est comme pour les fraises, en hauteur c'est plus facile à entretenir et à récolter.En puls c'est plus fatigant pour les escargots et les limaces.

Christian P Y P