31 octobre 2010

La vallée de Faarumai et les 3 cascades de Tiarei

Ce dimanche 31 octobre, il fait grand bleu.

Je profite de la terrasse au petit matin.

C'est aussi un jour idéal pour faire la balade des 3 cascades que je n’ai pas encore faite depuis deux ans.
Après le déjeuner, un ami est Ok pour m’accompagner. Nous filons côte Est de Tahiti.
C’est au PK 22, après le trou du souffleur.
Nous remontons la vallée de Faarumai sur près d’1 kilomètre, une jolie route au bord de la rivière .

La végétation est dense et luxuriante : mape, purau, cocotiers, bananiers, manguiers, goyaviers et banians se mélangent harmonieusement.
Beaucoup d’opuhi rouges ou roses bordent la route. C'est l'été tropical qui arrive.
Nous traversons un village aux maisons plus que vétustes. Les enfants jouent nus dans la rue.
Arrivés au parking, du fond de la vallée, il nous faut prendre à pied les chemins bordés de pierres moussues sous les arbres
Nous commençons par le parcours le plus long pour rejoindre deux très belles cascades. Haamarere Iti, la plus petite :


, et la plus grande Haamarere Rahi .

Sans la chaleur et les moustiques, on se croirait en forêt d’Huelgoat en Côtes d’Armor !
Les grandes oreilles d’éléphant ont conquis l’endroit.


Les moustiques aussi , et ce dimanche ils ne connaissent que moi !
Je me tartine de OFF mais sans grand succès.
Depuis deux ans, ils m’avaient dédaignée, mais ils se rattrapent désormais !

Au pied des cascades des fougères géantes s’épanouissent au bord des larges vasques aux eaux tourbillonnantes.

Le bruit des eaux domine. La nature rugit de toutes ses forces. C’est beau et apaisant.
Nous reprenons le sentier qui nous même à la 3 eme cascade de Vaimahuta.


Quelle belle nature, quelle vie toute cette eau !
J’aurais du faire cette balade plus tôt.
L’escalade n’est pas terminée, car l’ascenseur de ma résidence est encore en panne depuis 2 jours ! Mon septième ciel de Diva Nui se mérite vraiment !


Lundi c’est férié, donc pas de réparateurs du funiculaire, et encore du sport en prévision !
Faire du sport à Tahiti, c'est du bonheur en plus.
Nana.

29 octobre 2010

Papeete et ses pancartes rouges.

Depuis une petite semaine, je vois les services de l’équipement poser de nouvelles pancartes avec les noms de rue et autres indications.
Il était en effet plus que temps d’avoir une signalisation digne d’une vraie capitale.
Je m’amuse à photographier ces nouvelles pancartes pour plusieurs raisons.
En premier lieu je découvre des noms de rue ignorés jusqu’alors et très évocateurs de l’histoire de Tahiti.Et d’autre part, je découvre le nom des rues que je fréquente quotidiennement et que je n'appelais pas sauf à dire "la rue du magasin Champion".
Telle la rue du Lieutenant Varney,

et d'autres encore.

Mon bureau est dans cette rue : Toute les pancartes ne sont pas encore installées.
Avant
c'était cela :
Maintenant c'est Ainsi le pauvre Paul Gauguin n’a pas encore eu ses nouvelles pancartes.

C’est la grande rue de la mairie. Ils auraient pu commencer par là !
Du côté du marché on rencontre encore les vielles pancartes en bois toutes passées par le soleil.

C’est pourtant le quartier le plus visité par les croisiéristes de passage.
Ce n’est qu’un oubli très temporaire j’espère !
Amusée, je continue mon petit tour des pancartes et parfois je découvre des curiosités.
Sur le port, c’est profusion et débauche de petites pancartes, traduites en anglais et en chinois SVP ! Trop c’est trop.
Le voyageur qui veut aller visiter l’hôpital colonial Viami marchera pour rien sous le cagnard et sur les trottoirs bosselés, car cela fait des lustres que cet ex hôpital ne se visite plus et qu’après avoir hébergé des services de psychiatrie (fréquentés souvent par Cheyenne, la fille de Marlon Brando), il a été occupé par différents services administratifs.
En ce moment il arbore le panneau "gendarmerie nationale" pour les besoins du tournage du film de
"l’ordre et la morale ".
Quant à "Koo men Tong", je n’arrive pas à comprendre. Quel est donc cet endroit ?
Aucun panneau ne signale la maison de la reine, face à l’OPT ? Ni le Haussariat.
Elles sont jolies toutes ses pancartes rouges et blanc, mais le croisiériste qui débarque le samedi ou le dimanche ne sera pas plus avancé d’avoir trouvé le lieu de sa visite (musée de la perle ou autre), car il trouvera portes closes partout, car à Papeete le week-end c’est zonbiland (dixit Marc).
Il n’y a que quelques stations services, le Mac Do et la gendarmerie nationale qui fonctionnent 24 sur 24 à Tahiti. !
Du rouge hibiscus pour une capitale au milieu du grand bleu C'est Tahiti en Technicolor.

Nana.

27 octobre 2010

Escalade du mont Hiro à Raivavae

Le mont Hiro, sommet principal de l'île, culmine à 437 mètres.
8h, lundi matin, Eléonore me redonne le vélo rose et nous explique comment nous rendre chez Maxime, le guide de la balade montagne de ce matin. Odile m'accompagne.
Nous posons les vélos chez Maxime qui nous attend.
Un couple de popaa (d'une autre pension), avec deux enfants, se joignent à nous .
Tous les 7, nous voilà partis à pinces.
Nous traversons le village encore un peu endormi après ce week-end de fiesta.
La balade doit durer 4 heures environ.
Après le village nous bifurquons sur la droite, côté montagne.
Nous traversons un champ de manioc.

Ensuite c'est le raidillon bien pentu et l'escalade commence.
Aucun sentier de tracé.
On suit Maxime à la file indienne, en assurant bien nos prises sur les branches des arbres ou les racines.
Le dénivellé est balaise. Il fait très chaud.
Je réclame une courte pause pour ralentir le rythme trop rapide.
Les popaa commencent déjà à râler, car ils ont prévu d'aller à la plage cet aprèm et qu'il ne faut pas leur faire perdre de temps.
Je ne dirais pas ici, la répartie fulgurante que j'ai sortie, et qui a mis fin à notre bref différent, une bonne fois pour toutes.
C'est la première fois que je me fais traiter de "vieille" et j'ai réagi au quart de tour, sans aucun ménagement.
Je n'ai pas manqué de souffle et pourtant c'était pas le moment !
La montée reprend dans le silence.
Maxime est bagagiste à l'aéroport de Raiavavae. Il connaît bien son île et grimpe la montagne, telle une chèvre.
Les prises deviennent de plus en plus difficiles et il faut se concentrer un minimum.
Le couple trouve le rythme encore trop lent et double Maxime et se met à ouvrir la voie mais bien sur ils se plantent grave !
Jamais vu une balade en montagne où le guide ferme la marche !
Maxime ne tarde pas à remettre de l'ordre et reprend la tête du petit groupe. Ouf il était temps !
Il y a désormais des passages très escarpés. Nous progressons lentement, collés à la paroi rocheuse.
Nous faisons une deuxième pause photo au grand damne des frenchi qui ne sont intéressés que par le sommet et rien d'autre et font leur course contre la montre.
Le stress c'est bon pour le métro parisien, pas sur les hauts de Raivavae !
Nous arrivons enfin sur la ligne de crête.

C'est prodigieux la vue, l'apic, les tombants, les bleus.

J'ai bien repris mon souffle et suis très satisfaite de mon escalade.
Mais soudain, une grosse sensation de vertige m'envahit.
Mes jambes flageolent et ma tête tourne. Impossible d'avancer.
Je n'irais pas plus loin. Maxime connaît bien, le vertige des crêtes c'est insurmontable, et me dit :
-"Ok ne vas pas plus loin, restes là, je les emmène au sommet et on repasse dans une heure, surtout ne redescends pas toute seule"
- "Pas question je vous attends. "
La ligne de crête, c'est plus cool à faire que la montée, sauf qu'il ne faut pas avoir le vertige.
Le groupe s'éloigne,

et je m'installe tant bien que mal dans les fougères.
Je clique à loisir à droite ou à gauche car j'ai le choix du côté à regarder.

Comme c'était bien hier au motu piscine, là sous mes yeux ...

et qu'est-ce je fiche là sur cette crête un lundi matin, au beau milieu du Pacifique Sud ?
L'aventure c'est l'aventure.
Certes, mais il me faut trouver un peu d'ombre car je vais cramer sévère sous ce cagnard.

J'économise ma bouteille d'eau que j'ai pris soin de planquer à l'ombre dans quelques rases fougères.
J'essaie le vini. Ca marche ! Je phone à un ami de Papeete qui est en train d'arroser mes plantes sur ma terrasse à Diva Nui ! Situation insolite et extrême quand même.
J'ai tout mon temps pour cliquer les paysages grandioses.

Mes sensations de vertige commencent à disparaître, mais je m'abstiens de trop regarder vers le bas.
Le soleil est presque à son zénith et je m'abrite sous mon blouson (ce truc blanc en toile de spi que j'avais acheté aux Sables d'Olonne, lors d'un départ de course du Vendée Globe, il y a des lustres et qui est inusable )
Je m'amuse avec le retardateur de mon appareil photo.

L'heure indiquée par Maxime en fera presque deux, et c'est sur les hauteurs du mont Hiro, que je prends le temps de réfléchir.
Bien obligée, car à part les photos j'ai rien à faire. !(J'aurais du prendre la notice de mon nouvel appareil. Là j'avais le temps de la lire ! )
C'est quand même un bel endroit pour penser à sa vie ! Quoique !

Mon amie et collègue Laurence, qui est venue à Raivavae, m'a assurée que j'avais fait le plus difficile et que pour les crêtes, c'est plus simple, sauf qu'il ne faut pas faire une crise de vertige bien sûr !
Laurence m'a donné quelques photos prises au sommet.

Mauruuru roa lolo. C'est magnifique.

Le groupe revient enfin.
J'apprends que Odile a renoncé aussi à 200 mètres de moi.
(Odile a bientôt 70 ans et a déjà fait le Kilimandjaro, elle a renoncé en raison du vertige, et des a'pics tout comme moi).
La descente commence, aussi périlleuse que la montée.
Cette fois Maxime dirige bien le groupe. Je le sens cependant lassé de cette matinée.
Les parents n'ont pas du tout gérer leurs mômes qui n'arrêtent toujours pas de parler, c'est saoulant.
Je trouve la descente très longue. En fait c'est la montée en zigzague qui l'était aussi car on prend strictement le même passage.
Arrivés sur le semi plat Maxime, prend le temps de nous faire découvrir les caféiers sauvages.

Voici les petites branches que j'ai cueillies pour mon herbier.
Odile et moi réglons le prix de notre excursion à Maxime en espèces et reprenons nos vélos pour retourner à la pension nous restaurer.
Il est 13 h 30. J'ai faim et soif. No problème Eléonore a tout prévu.
Maxime reviendra à la pension pour essayer de négocier le chèque des popa'a, sans succès ! hélas. Ici on paie en cash, mais ces résidents là devaient l'ignorer.
Je suis convaincue que si ces gens ne m'avaient pas stressée, je l'aurais fait la ligne de crête jusqu'au sommet.

Cependant, je suis satisfaite de ma demi performance .
Lundi soir quelques douleurs aux genoux, mais le pire est à venir.
Mardi, ce sont les muscles des cuisses qui se tétanisent et mercredi monter et descendre des escaliers devient très difficile.
Je croise en ville mercredi, Nicolas, mon kiné. Il se marre bien de mon état et me dit :
"bois deux Hinano, ça va éliminer l'acide lactique de tes muscles et demain cela ira mieux".
Je n'ai pas suivi son conseil malicieux et après un bon massage à l'huile de tamanu, jeudi matin, je peux descendre mes 7 étages de Diva Nui en courant.
Non non pas vieille du tout, seulement pas habituée. Non mais !
Je retournerais à Raivavae et au mont Hiro. Foi de bretonne têtue.
Je dédie cet article à Laurence (chef de projet Filariose à la DS).
Nana.

25 octobre 2010

Le motu piscine de Raivavae : un paradis bleu

Dimanche matin, Eléonore nous conduit de l'autre côté de l'île.
Nous avons rendez vous avec Daniel, le pêcheur qui va nous emmener sur le grand motu Vaiamanu, appelé ici le "motu piscine".
Nous sommes 6, Jean François, Olivier, Florent, Anne Cécile, Poerava, et bibi.
Il fait beau et chaud. Belle journée en vue.

Nous traversons les eaux turquoise du lagon.
(couleurs naturelles garanties à 100 %)

Paysages superbes. Folies des bleus.

10 minutes de traversée et nous arrivons au motu :

et là une découverte prodigieuse : d'immenses bancs de sable blanc, à peine recouverts d'eau transparente et chaude.

Voici une vue prise du mont Hiro qui montre bien l'immensité de l'endroit.

Nous partons à la découverte des longues plages désertes.

L'heure du repas approche.
Daniel a fait griller du thazard et du Mahi-Mahi sur le brasero.

Un peu de riz, de taro et de citron, et voilà le pic nic motu classique.
Il fait très chaud. Toute l'équipe s'en va sur le récif à la pêche aux pahua (bénitiers) avec Daniel.
Je reste avec Poerava pour faire notre bronzette, tranquilles.
10 minutes coté pile, 10 minutes côté face, 10 minutes dans l'eau et ainsi de suite, sans oublier les applications indispensables de monoï.
Etant donné que nous sommes toutes les deux seules, rapidement on enlève le haut du maillot. Nous resterons seules plus d'une heure. Chouette !
Nous partons ensuite faire une balade.

Poe enterre dans le sable les petites méduses bleues

qui sont encore en vie et peuvent piquer.
Les coraux roses sont mous.

Ils sont la preuve d'une excellent activité corallienne, la bonne santé du motu, et de l'absence totale de pollution.
Quel bonheur de se prélasser dans des eaux cristallines.

Toute l'équipe revient et il nous faut songer à rentrer.

Arrivés à la pension, une petite boisson fraîche (Hinano bien glacée) est la bienvenue sur le deck du fare. (Olivier fait la photo).

Les coups de soleil commencent à se faire sentir.
Je n'aurais pas besoin de 3 couvertures pour dormir cette nuit , comme les deux nuits précédentes !

Si vous allez à Raivavae, ne manquez pas le grand motu Vaiamanu.
C'est un endroit de paradis.
Raivavae mérite bien son surnom de " la Bora Bora des Australes".

Après les lagons, de l'escalade sur les monts. C'est pour lundi matin.
A suivre.