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16 novembre 2011

Dernières images de Fakahina

Dans le fare "Dallas", j’ai trouvé un coin idéal pour ma sieste quotidienne (ma mariennée en patois breton) dans cette loveuse confortable, sous la moustiquaire, et sous la surveillance de Tino. Une excellente semaine où je me suis reposée dans un paradis.
Dimanche soir vers 17 h 20, Paul me dépose sur le quai. J’attends le coucher du soleil.
Il sera magnifique. Une sorte de faux lagon sépare la plage du récif, l’eau montante s’y introduit comme un mascaret. C’est très curieux comme phénomène. Lundi matin, c’est l’heure des bagages.
Je range les petits paquets de porcelaines entre les shorts. Je me déleste de deux paires de tongs et de toute ma pharmacie pour faire de la place. (j’avais prévu plus dans ce but), car Annick tient à me donner une coquille de pahua géant ! Cette demi-coque de bénitier pèse près de 5 Kg et mesure 38 cm de long !
Certes je n’ai plus les bonbons et le chocolat du départ, mais je crains le dépassement de poids. Le beechcraft n’est pas plein et 2 sièges sont occupés par des enfants, donc il y a de la marge au niveau poids, me dit la chef d’escale.
A l’arrivée j’ai étalé mes trésors de Fakahina sur la table de la terrasse. Jolis les petits bénitiers nacrés rose, ramassés sur la plage du lagon.
Le départ se rapproche et c’est la première fois que je me sens si triste de partir. Annick et sa famille ont été formidables et j’ai apprécié le grand confort de leur fare. Paul était en congés et avec Annick, ils n’ont pas fait de coprah de la semaine (sauf 2 h pour les photos !) pour s’occuper de moi et me balader. Les fillettes étaient charmantes et m’accompagnaient dans les promenades à vélo sur les plages.
Tous les repas furent délicieux avec du poisson frais, de la citronnade fraîche avec les citrons du jardin.
J’ai le cœur serré, la gorge nouée et je sens les larmes venir lorsque je quitte Annick.
Un arrêt à Makemo pour faire du carburant me permet de voir Henri de la pension et de lui apporter des citrons de Fakahina, de la part d’Annick.
Ensuite c’est 2 heures de vol dans notre petit beechcraft pour rejoindre Tahiti. On se range entre 2 gros ATR. On ressemble à une mouche. Les passagers de l’ATR nous regardent avec curiosité. Non pas des VIP, mais des Puamotu de Fakahina tout simplement.

Le coeur du cocotier

Le cœur de palmier ni n’est un fruit ni un légume. C’est la partie centrale du tronc des palmiers. Il est constitué de tissus végétaux de couleur blanchâtre, tendres mais assez fermes, parfaitement comestibles. On l'extrait de la plante en coupant la partie sommitale du stipe et en le fendant ensuite.
Dans les départements français d'outre-mer et à l'Île Maurice, le cœur de palmier en frais obtenu à partir d'espèces rencontrées ou cultivées localement est fréquemment appelé chou palmiste. Il peut se consommer cuit - accommodé après l'avoir ébouillanté, en sauce blanche, ou encore cuit sous la cendre - ou bien cru, découpé en fines lanières, sous forme de salade relevée d'une vinaigrette. Son goût rappelle un peu celui du cœur d'artichaut. Le premier producteur mondial est le Brésil.
Annick me propose du cœur de cocotier pour le déjeuner. Je suis d’accord. Paul disparait avec le scooter et sa tronçonneuse. Il revient avec un gros morceau tout blanc.


Annick le coupe en petites lamelles et hop au frigo. Au déjeuner avec une bonne vinaigrette et quelques rondelles de tomates c’est top. C’est naturel, sans cuisson, sans saumure et boite de conserve !
Il faut préciser que pour avoir la tête du cocotier où se trouve le cœur, il faut le supprimer total. Paul a choisi un arbre qu’il avait prévu de supprimer dans sa cocoteraie.



Cerise sur le gâteau ! Le cœur de palmier n’est pas seulement un délice aux qualités organoleptiques indiscutables ayant donné lieu à une infinité de recettes. C’est surtout l’aliment santé par excellence : pratiquement dépourvu de corps gras, il est riche en fibres et en protéines, mais il contient également un grand nombre de minéraux essentiels (calcium, cuivre, fer, magnésium, manganèse, potassium, phosphore, zinc) S’il présente des qualités digestives incontestables, il est aussi un excellent antioxydant et contribue à la prévention de certains cancers (prostate notamment). Il pourrait être également un excellent aliment pour bébés à partir de 6 mois.
Mangez du cœur de palmier, c’est bon pour la santé.

Le gateau au lait de coco d'Annick

Ingrédients :
- 3 cocos
- 2 c à s de levure
- 4 œufs
- 5 c à s de sucre en poudre
- 1 kg de farine

Préparation :
Il faut trouver 3 beaux cocos et un tane pour les râper ! Ici c'est Paul qui s'y colle ! - râper les 3 cocos pour en extraire la pulpe blanche. - dans un torchon, récupérer le lait de coco
- mettre la levure dans le lait de coco
- laisser prendre 15 minutes
- rajouter œufs, sucre, farine - bien pétrir le tout, sans faire de grimaces !
- laisser monter
- pétrir des petits pains individuels
- cuire à four chaud 30 minutes.Avec un drink Tahiti c'est super à l'apéro ! Bon appétit .

Le nou nou de Fakahina : gateau de coco germé

Ingrédients :- 8 cocos germés,- 50 g de sucre en poudre,- 200 g de farine
Facultatif :- lait de coco vanillé ,- 1 c à soupe de rhum
Préparation :
- Il faut trouver, un tane, une cocoteraie et 8 cocos germés. C'est le tane qui ouvre les cocos ! C’est le plus difficile, après c’est simple
- Écrasez les cocos germés au pilon - Ajoutez le sucre et la farine - Pétrissez et formez de belles boules ou des petits pains, - Enveloppez les boules dans 2 lianes de coco - Faire cuire à four chaud 45 minutes On peut déguster en tartine (avec confiture, beurre…) ou en morceaux trempés dans du lait de coco aromatisé. Ce n’est pas du pain mais du gâteau !!! J'en ai mangé tous les matins. J'en ai ramené 4 dans mon sac, tout chauds de lundi matin, jour du départ. Les collègues de bureau ont raffolé et j'en ai manqué pour tous les amis (es).
PS : cette recette a été publiée dans le journal "la Dépêche du dimanche" le 4 décembre 2011 . (les textes en italique et en marron, ne sont pas repris dans l'article).

La désserte aérienne de Fakahina menacée

Dans mon post, (sujet de blog), avant le départ, je vous avais parlé des difficultés annoncées avec la désserte aérienne. Le journal La Dépêche, m'a commandé un article sur le sujet. J'ai donc interwiewé le habitants pour recueillir leur avis.


Mon article a été publié le mardi 15 novembre. Je n’avais rien dit dans le blog avant, pour conserver l’exclusivité au journal. Le voici, intégral avec les photos couleur.



Les îliens sont inquiets.
"A Fakahina c’est un sujet d’inquiétude et les habitants ont du mal à envisager l’absence totale d’avion qui existe depuis 1985. Bien au contraire, à la mairie, les plans d’agrandissement de la piste pour recevoir des ATR sont affichés. Les propriétaires concernés par les expropriations étaient prévenus.
Selon les statistiques annuelles et à raison de 8 sièges dans le beechcraft et environ 50 vols AR par an, c’est un maximum de 800 personnes qui sont donc transportées, mais il y a tous les vols spéciaux, privés, mission, évacuation sanitaire….. C’est aussi la possibilité de recevoir le courrier et quelques journaux au moins une fois par semaine.



Une habitante dont les enfants sont étudiants à Papeete, déplore le fait que, "si la desserte s’arrête, ils ne viendront plus du tout, car ils ne resteront pas un mois, ni ne prendront la goélette qui met plusieurs jours pour venir de Papeete." Les amis et enfants qui viennent de Papeete apportent souvent des compléments au niveau nourriture, vêtements, médicaments, articles scolaires, produits d’hygiène, de confort….. etc.
Les trois employés d’Air Tahiti basés à Fakahina, Annick, la chef d’escale, son assistant, le bagagiste et le pompier employé par la protection civile, vont voir leurs revenus diminuer. Toucheront-ils des indemnités de licenciement ? Aucune information n’arrive dans l’île.
Comment fera le maire de Fakahina qui réside à Papeete ?
Comment imaginer développer le tourisme s’il n’y a plus de liaisons aériennes régulières, alors que 8 jours paraissent déjà longs pour certains ?
Annick aurait aimé faire une pension, mais elle ne va pas payer une patente et des impôts pour une touriste par an !
Pas question de prendre le bateau pour rejoindre Fangatau (qui reçoit les ATR). 80 km séparent les deux atolls : du gasoil coûteux et une prise de risque importante.
Les réductions sont déjà programmées sur Fakahina, puisque les vols du 21 novembre et du 5 décembre sont déjà annulés, sans attendre la date du 24 janvier, annoncée initialement. Les habitants de Fakahina n’auront pas le temps de venir faire leurs achats de Noël à Papeete. Les enfants ne seront pas aussi bien choyés qu’à Tahiti.
Le problème semble insoluble. Une île de Bretagne connaît en ce moment les mêmes soucis. Il s’agit d’Ouessant. Il y a deux catégories d’insulaires, ceux qui vivent dans des îles très peuplées et ceux qui vivent sur des atolls minuscules. L’égalité n’existe pas.
Restent les prières à Saint Athanas et à Saint Nicolas de Fakahina, pour faire en sorte que l'oiseau blanc se pose encore dans ce petit paradis.

NB : la légende du journal parle de "floklore", en voyant les consignes de sécurité faites sous le pandanus. Pas du tout, c'est normal ! Pendant ce temps, c'est le chargement du fret dans l'avion et ainsi on ne perd pas de temps. Pour avoir pris souvent les twin Otter, j'ai l'habitude de ce genre de scène. Ainsi voici l'hôtesse à Hao. Nous étions en plein soleil à l'écouter, vaut mieux être à l'ombre du pandanus ! Et pour le plaisir quelques photos du beechcraft, en espérant le revoir souvent sur les pistes des Tuamotu.

Le pilotage du Beechcraft : Vous voyez comme le soleil tape dans le pare-brise, aussi au retour sur Tahiti, dès le départ de Makemo, le co-pilote installe le pare soleil (le même que j'ai dans ma twingo) et nous volons "en aveugle" !! . Arrivés à Tahiti, 2 heures après, nous commençons la descente et ..... ouf enfin il enlève le pare-soleil.

15 novembre 2011

Une page entière sur Fakahina dans la Dépêche

Avant mon départ pour Fakahina j’ai eu des contacts avec une des rédactrices du journal la Dépêche (édition du dimanche).
Elle me donne quelques tuyaux pour les photos et rendez vous dès le lendemain de mon retour de Fakahina.
Le mardi 8, elle choisit quelques photos et me donne un délai assez bref pour écrire mon texte, car c’est férié vendredi.
Mercredi, j’ai honoré la commande et je lui fais parvenir mes pages de rédaction. C’est mieux ainsi, car je préfère "écrire à chaud". Les souvenirs sont très présents et encore empreints de toutes les émotions et joies partagées. Mais il y a eu tant de belles balades, de découvertes, de moments de rire dans la cuisine, sur les plages, que j’ai peur d’en oublier.
J’apprends Jeudi que c’est Ok pour une pleine page dimanche 13-11 avec 4 photos, mais je ne sais pas si la censure a été sévère sur mon texte. On verra bien.
Je découvre l’article dimanche matin et je m’aperçois que pas une virgule n’a été modifiée, sauf quelques allègements mineurs pour cela tienne dans la page !

C’est la première fois que je publie dans la presse polynésienne, le récit d’un séjour dans les îles. Je suis fière de ce premier succès, mais surtout heureuse que ce soit pour le paradis de Fakahina.
Si on enlève les éléments de modernisme (TV avec TNT, TNS, PC, congélateur, Ipad, vini, scoot ….) j’ai vécu la vie dans les îles, telle qu’elle existait il y a 30 ou 40 ans. J’ai dégusté des recettes que les vahine de Tahiti ne font plus (trop long). J’ai vécu sans bruit, sans pollution, sans bus, ni gros 4x4 américains polluants. Je me suis baladée seule sur des plages désertes et baignée dans des lagons merveilleux avec les crabes pour témoins. Cela méritait bien un article dans le journal !
Les lignes d’intro en gras sont de la rédactrice. Une polémique s’est engagée : Peut-on dire Globe-Trotteuse ? Elle n’a pas oublié de préciser Bretonne. Ouf ! C’est le principal. !

14 novembre 2011

Les belles cocoteraies de Fakahina

En faisant le tour de l’île (17 km), j’ai été surprise de voir que chaque cocoteraie est exploitée, nettoyée, entretenue. Tous les habitants font du coprah, même Elisabeth ! L’instituteur aussi, fait du coprah après la classe. Pour certains, c’est l’unique source de revenus, pour d’autres, c’est un bon complément. Fakahina produit de gros tonnages à l’huilerie de TAHITI.
Ainsi ces cocoteraies bien nettoyées, donnent de la vie à chaque secteur de l’atoll et cela donne envie de s’y balader. Je n’avais pas constaté cela dans les autres atolls des Tuam, où certaines cocoteraies abandonnées sont envahies par les broussailles. A Fakahina les cocoteraies sont belles comme des faapu (potagers) bien entretenus.
Ce jour là, Annick et Paul se sont levés à 4h30, pour faire du coprah dans leur cour. Chacun a sa tâche. Paul fend les cocos déjà rangés au sol par Annick. Ce sont les coups de hache qui m'ont réveillée ! Détail auquel je n’avais pas songé, quand le coco éclate, l’eau de coco gicle et vient mouiller le sol et tout autour. Annick et Paul revêtent le bleu de travail et de vieux tee-shirts pour faire le coprah. Tino (Rossi) le jeune chiot, surveille les opérations.
Annick jette les vides au feu et range les bons en tas qu’elle nomme une "voiture". C’est environ 5 mètres de cocos ouverts, sur une hauteur d’un mètre qui vont sécher 2 ou 3 jours. Je m’essaie sous l’œil attentif d’Annick. Paul prend les photos. On remet à sécher sous le séchoir quelques jours encore. Ensuite on enlève la pulpe blanche de la coco, avec l'outil qu'elle tient en main.Puis c'est la mise en sacs et le stockage en attendant la goélette.

On brûle les cocos vides, ou on en conserve pour le compost au pied des fleurs et arbustes.

Une voiture produit 2 sacs, donc pour faire une tonne de coprah, il faut ouvrir 20 voitures environ ! Quel courage ! Je fausse compagnie aux travailleurs .
Car il est tôt, et les lumières du soleil levant m’attirent vers le lagon, où je vais vite me baigner et dire bonjour aux poissons, comme chaque matin avant 6 h. La cuisine d’Annick et l’air pur et calme de Fakahina, me donnent une forme exceptionnelle.

A suivre pour les recettes de gateaux cocos d'Annick.

13 novembre 2011

Le marae et la forêt primaire de Fakahina

Vendredi Paul me conduit au marae, du moins aux vestiges. Les pierres sont assez bien conservées et les archéologues ont répertorié le site.
Bien cachée en bordure d’océan, je découvre les restes d’une forêt primaire de puka (pisonia). Environ une cinquantaine de grands arbres très vieux, luttent contre l’envahissement des cocotiers. Plus petite que la forêt dAHE, elle s’étend sur 5000 m2 environ. Le sol est tapissé de plusieurs mètres d’humus bien noir.

Le pisonia est aussi appelé Puatea. Les graines de Puatea adhèrent au plumage des oiseaux de mer qui les transportent d'île en île. C'est ainsi que ce grand arbre a colonisé les atolls et motus avant l'arrivée de l'homme et des cocotiers. Le Puatea abrite très souvent des noddis noirs dont les déjections mélangées aux feuilles de l'arbre forment au sol un humus particulièrement riche. Les anciens utilisaient ce phénomène en plantant cet arbre autour des fosses de culture qui fournissaient sur les îlots et atolls le compost végétal utile à la culture du taro.
Des fougères tendres poussent au pied des arbres. Tous les kilomètres environ, des cuves en pierre de corail recueillent l’eau de pluie depuis plus d’un siècle et sont soigneusement entretenues par la commune. En cas de grande sécheresse, les habitants viennent chercher de l’eau dans ces réserves anciennes.
Paul me montre aussi les anciens puits à chaux au milieu des cocoteraies.La plupart de petite dimension, étaient individuels. Il réfléchit à l’idée de faire revivre un four à chaux collectif, comme à RIMATARA. A suivre.