16 novembre 2011

La désserte aérienne de Fakahina menacée

Dans mon post, (sujet de blog), avant le départ, je vous avais parlé des difficultés annoncées avec la désserte aérienne. Le journal La Dépêche, m'a commandé un article sur le sujet. J'ai donc interwiewé le habitants pour recueillir leur avis.


Mon article a été publié le mardi 15 novembre. Je n’avais rien dit dans le blog avant, pour conserver l’exclusivité au journal. Le voici, intégral avec les photos couleur.



Les îliens sont inquiets.
"A Fakahina c’est un sujet d’inquiétude et les habitants ont du mal à envisager l’absence totale d’avion qui existe depuis 1985. Bien au contraire, à la mairie, les plans d’agrandissement de la piste pour recevoir des ATR sont affichés. Les propriétaires concernés par les expropriations étaient prévenus.
Selon les statistiques annuelles et à raison de 8 sièges dans le beechcraft et environ 50 vols AR par an, c’est un maximum de 800 personnes qui sont donc transportées, mais il y a tous les vols spéciaux, privés, mission, évacuation sanitaire….. C’est aussi la possibilité de recevoir le courrier et quelques journaux au moins une fois par semaine.



Une habitante dont les enfants sont étudiants à Papeete, déplore le fait que, "si la desserte s’arrête, ils ne viendront plus du tout, car ils ne resteront pas un mois, ni ne prendront la goélette qui met plusieurs jours pour venir de Papeete." Les amis et enfants qui viennent de Papeete apportent souvent des compléments au niveau nourriture, vêtements, médicaments, articles scolaires, produits d’hygiène, de confort….. etc.
Les trois employés d’Air Tahiti basés à Fakahina, Annick, la chef d’escale, son assistant, le bagagiste et le pompier employé par la protection civile, vont voir leurs revenus diminuer. Toucheront-ils des indemnités de licenciement ? Aucune information n’arrive dans l’île.
Comment fera le maire de Fakahina qui réside à Papeete ?
Comment imaginer développer le tourisme s’il n’y a plus de liaisons aériennes régulières, alors que 8 jours paraissent déjà longs pour certains ?
Annick aurait aimé faire une pension, mais elle ne va pas payer une patente et des impôts pour une touriste par an !
Pas question de prendre le bateau pour rejoindre Fangatau (qui reçoit les ATR). 80 km séparent les deux atolls : du gasoil coûteux et une prise de risque importante.
Les réductions sont déjà programmées sur Fakahina, puisque les vols du 21 novembre et du 5 décembre sont déjà annulés, sans attendre la date du 24 janvier, annoncée initialement. Les habitants de Fakahina n’auront pas le temps de venir faire leurs achats de Noël à Papeete. Les enfants ne seront pas aussi bien choyés qu’à Tahiti.
Le problème semble insoluble. Une île de Bretagne connaît en ce moment les mêmes soucis. Il s’agit d’Ouessant. Il y a deux catégories d’insulaires, ceux qui vivent dans des îles très peuplées et ceux qui vivent sur des atolls minuscules. L’égalité n’existe pas.
Restent les prières à Saint Athanas et à Saint Nicolas de Fakahina, pour faire en sorte que l'oiseau blanc se pose encore dans ce petit paradis.

NB : la légende du journal parle de "floklore", en voyant les consignes de sécurité faites sous le pandanus. Pas du tout, c'est normal ! Pendant ce temps, c'est le chargement du fret dans l'avion et ainsi on ne perd pas de temps. Pour avoir pris souvent les twin Otter, j'ai l'habitude de ce genre de scène. Ainsi voici l'hôtesse à Hao. Nous étions en plein soleil à l'écouter, vaut mieux être à l'ombre du pandanus ! Et pour le plaisir quelques photos du beechcraft, en espérant le revoir souvent sur les pistes des Tuamotu.

Le pilotage du Beechcraft : Vous voyez comme le soleil tape dans le pare-brise, aussi au retour sur Tahiti, dès le départ de Makemo, le co-pilote installe le pare soleil (le même que j'ai dans ma twingo) et nous volons "en aveugle" !! . Arrivés à Tahiti, 2 heures après, nous commençons la descente et ..... ouf enfin il enlève le pare-soleil.

4 commentaires:

Laurence a dit…

Que peux- t-on faire pour les aider? Laurence

Sylvie-Anne a dit…

Peut être un article dans la presse nationale pour décider les touristes à venir à Fakahina !

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Ayant parcouru les îles à une époque en goëlette à voile et à moteur, je connais les contraintes de ces modes de transport. Aujourd'hui suprimer les liaisons par avion c'est condamner certaines îles à l'isolement et même à une mort économique et sociale.
Notre gouvernement se trouve engagé devant une très grande responsabilité.


Christian P Y P

Véro a dit…

Pour l'instant toujours aucune confirmation sur la supression des vols ...
Pour nous (employés d'Air Archipels)qui mettons en oeuvre ces Beechcrafts, nous n'avons juste que la confirmation qu'il y aura moins de vols...