19 novembre 2011

La semaine du Monoï : Monoï Here

Monoï Here (prononcer Monoï Héré) pourrait se traduire par “Monoï chéri” ou “Monoï mon amour.
Monoï Here, c’est aussi le nom choisi par l’Institut du Monoï pour la 4ème édition de la semaine du Monoï du 16 au 19 novembre à la maison de la culture.
Le thème de cette édition 2011 est "cheveux de rêve". (Pour ce qui me concerne, on verra cela plutôt en 2012 ! )
Je m’y suis rendue ce matin et voici mes petits achats.
J’ai aussi acheté un super monoï très parfumé (tout rouge) aux mama de Rimatara. Avec la marquisienne de Fatu Hiva nous avons parlé de ce délicieux monoî à l'umuhei, (mon préféré).



Un peu d’histoire :
Le monoï qui signifie en Reo Maohi "huile parfumée" a marqué la culture polynésienne. La recette est simple. Il suffit de laisser macérer les pétales de tiare dans l’huile de coco non filtrée. Autrefois, l’huile parfumée était utilisée pour les rites religieux et la médecine traditionnelle, mais déjà, il prenait place parmi les cosmétiques. A la naissance, les bébés étaient enduits de monoï pour les protéger contre la déshydratation et les piqûres de moustiques. Chaque Polynésien possèdait un pied de tiare. La petite fleur "tiare Tahiti" du nom tahitien “ gardénia tahitensis ” belle comme une étoile et d’une blancheur immaculée, est à la base de la fabrication du monoï.
Le tiare doit être cueilli très tôt le matin. Les petits pétales sécheront ensuite au soleil dans une bassine. Puis ils macèrent quelques jours avec du lait de coco germé. Quand l’huile commence à noircir on couvre la bassine et on laisse le monoï se faire.
Dernière étape : filtrer l’huile. Une belle huile blonde qui sera utilisée pour le corps, les cheveux (il parait que cela les fait pousser plus vite). Le monoï sera aussi le produit solaire, l’anti-moustique calmant. Le tiare c’est : 60 millions de fleurs à l’année et 65% de la production pour le monoï. Fendues en deux les noix de coco sont exposées aux rayons du soleil pour faciliter l’extraction de leur chair. Brisés en petits morceaux, les fragments sont ensuite mis sur des séchoirs à coprah. Les morceaux de noix séchés sont finalement placés dans des sacs et acheminés vers l’unique huilerie située à Tahiti. Broyés en une farine très fine et chauffés à 125° puis pressés, ils fourniront l’huile de coprah brute, dite huile de première pression. 5% de cette production, environ 300 tonnes seront de nouveau affinées pour obtenir une huile raffinée de très grande qualité, conforme aux normes du marché international.
Le monoï : une appellation d’origine. Le monoï jouit aujourd’hui d’une solide réputation. En 1992, il a atteint ses lettres de noblesse. L’huile parfumée est exportée depuis 1942, et sur la France depuis 1970. En 1987, la profession s’organise. Les fabricants créent le groupement interprofessionnel du monoï de Tahiti (GIMT). L’appellation d’origine, est obtenue 1er avril 1992.
Edith Cresson
, Premier ministre à l’époque, avait signé le décret la veille de sa démission.
Les lettres de noblesse en poche, chacun a pu s’attaquer à la fraude. Le logo est en effet le garant absolu de la qualité du monoï de Tahiti sur le marché international. Il rappelle son authenticité et son savoir-faire traditionnel. Selon des normes très strictes, un minimum de 10 fleurs par litre d’huile de coco doit être utilisé et seule l'huile du coprah des cocotiers de corail doit être utilisée. C’est pendant cette extraction douce et naturelle, plus connue sous le nom d’enfleurage, que ces douces petites fleurs vont donner à tout jamais leur senteur légendaire à l’huile raffinée.
Avis aux métropolitains, beaucoup de produits peuvent être commandés sur le Net.
En Polynésie tout se passe en musique. Qu’il est magnifique ce Bougainvillée. Nana.

4 commentaires:

maryline a dit…

encore merci très bon reportage !!

OceAnna a dit…

Il ne manque que son parfum enivrant à travers l'écran.
c'est un pur bonheur de se faire chouchouter au Monoï.
Elles sont belles toutes ces dames !

Jacqueline a dit…

J'aime vote blog Sylvie Anne pour tous vos articles et cette envie de retourner à Tahiti (si un jour nous pouvons nous le permettre)mais j'apprécie aussi les commentaires de Christian P Y P car il nous donne des infos complémentaires c'est génial!!!!!
Merci pour tout cela.Merci encore pour tous ces partages.

Christian P Y P a dit…

Ce n'est qu’à la fin des années 50 que l'on a vu une vente timide du monoï au marché. Le monoï était fabriqué au niveau des familles, c'était surtout le travail des mamies et des papis, cela faisait partie des habitudes. L'usage était multiple. Les recettes étaient diverses et jalousement gardées. Dans ma jeunesse dans nos familles, on se spécialisait en général pour une ou deux sortes de mono'i (monoï). Les plus fabriqué étaient: le mono'i tiare (avec la fleur de tiare tahiti). En suite le mono'i moto'i(fleur de ylang ylang), le mono'i ahi (de bois de santal), le mono'i pitate (à la fleur de jasmin). L'huile de coco, ingrédient de base, s'appelle: hinu ha'ari . C'est l'arrivée nombreuse des européens venus pour le CEA/CEP, qui a largement industrialisé la fabrication du monoï actuel.