Vendredi Paul me conduit au marae, du moins aux vestiges.
Les pierres sont assez bien conservées et les archéologues ont répertorié le site.
Bien cachée en bordure d’océan, je découvre les restes d’une forêt primaire de puka (pisonia). Environ une cinquantaine de grands arbres très vieux, luttent contre l’envahissement des cocotiers.
Plus petite que la forêt d’AHE, elle s’étend sur 5000 m2 environ. Le sol est tapissé de plusieurs mètres d’humus bien noir.
Le pisonia est aussi appelé Puatea. Les graines de Puatea adhèrent au plumage des oiseaux de mer qui les transportent d'île en île. C'est ainsi que ce grand arbre a colonisé les atolls et motus avant l'arrivée de l'homme et des cocotiers. Le Puatea abrite très souvent des noddis noirs dont les déjections mélangées aux feuilles de l'arbre forment au sol un humus particulièrement riche. Les anciens utilisaient ce phénomène en plantant cet arbre autour des fosses de culture qui fournissaient sur les îlots et atolls le compost végétal utile à la culture du taro.
Des fougères tendres poussent au pied des arbres.
Tous les kilomètres environ, des cuves en pierre de corail recueillent l’eau de pluie depuis plus d’un siècle et sont soigneusement entretenues par la commune. En cas de grande sécheresse, les habitants viennent chercher de l’eau dans ces réserves anciennes.
Paul me montre aussi les anciens puits à chaux au milieu des cocoteraies.
La plupart de petite dimension, étaient individuels. Il réfléchit à l’idée de faire revivre un four à chaux collectif, comme à RIMATARA. A suivre.
Des fougères tendres poussent au pied des arbres.
Paul me montre aussi les anciens puits à chaux au milieu des cocoteraies.
5 commentaires:
Etonnant cette forêt primaire, pourvu qu'elle vive encore longtemps. On ressent par votre texte le bon sens de survie. Quelle belle culture maohi !
Pierre
Sylvie-Anne
A l'époque les vieux des Tuamotu me disaient que en cas de violent cyclone, le meilleur refuge était la zone où l'on trouvait les plus vieux arbres. Cela prouvait que cette zone là était la plus sûre.
A une époque je rèvais de prendre ma retraite aux Tuamotu mais une fois un cyclone m'a fait oublier ce rève. Quand en plein cyclone tu as de l'eau presque jusqu'à la taille, que tu ne vois plus la différence entre le lagon déchainé et la haute mer, je peux dire que tu es mal. Là tu rèves d'îles hautes.
Christian P Y P
Désormais il y a les abris anticycloniques ! Plus de danger !
Au niveau des atolls seuls les arbres comme les cocotiers qui vivent dans l'eau saumâtre et salée, et les arbres ayant les racines se développant en surface, vivent très vieux. Les arbres qui ont tendance à avoir des racines qui descendent en profondeur comme l'arbre à pain meurent quand les racines traversent la lentille d'eau douce et se retrouvent dans l'eau salée.
J’appréciais les zones de forêt primaire. Entre nous je ne connaissais pas cette appellation, mais par contre je les avais repérées pour être des zones où la végétation était bien différente. Des zones fraiches et humides, où l'on trouvait souvent des "purau vari", des "pu'atea", des "tau",des "tamanu". Cela changeait des cocotiers à l'infini.
Souvent dans ces endroits, la lentille d'eau douce émergeait. Dans ces grands arbres, côté lagon, nichaient de nombreux oiseaux. Il m'est arrivé de retrouver des ruines et même des "fours à pain" abandonnés.
(Le dernier c'est à Tetiaroa au milieu d'une forêt de "purau vari"). Dans ces zones de "forêt primaire" on y trouve aussi des forêts de "fara", le pandanus. Les navigateurs polynésiens emportaient les graines des fruits de pandanus. D'après les chercheurs, la consommation de ces graines très riches en vitamines C, leur évitait d'avoir le scorbut.
Gosses, à l'époque, nous les consommions comme les fruits de "autera". C'est comme des amandes.
Bravo ! Sylvianne et Christian sont des machines à connaisances sur la Polynésie, c'est vraiment super ! Merci pour ce partage !
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