Pour la promotion des légumes locaux, après la journée du potiron à l'occasion d'Halloween, le ministère de l'agriculture met le uru en avant à l'occasion des festivités de Matari’i i ni’a, qui marquent l'entrée dans la période d'abondance.
Malheureusement cette première édition n’a pas connu une grande publicité et est restée confidentielle. Ainsi je m’y suis rendue à 14 h 30. Le gardien me précise, qu’étant donné l’absence de visiteurs, tout a été plié à 12 h. Zut !
Aucune affiche en ville, juste un entrefilet dans la Dépêche de ce jour.
Parlons cependant de l’arbre à pain et de son fruit : l‘uru, est un aliment énergétique produit par l’arbre à pain "maiore" (artocarpus altilis), originaire d’asie du sud est, dont plusieurs variétés existent en Polynésie.
L'arbre à pain est un arbre de la famille des moracées, originaire d'Océanie, et aujourd'hui largement répandu sous les tropiques. C’est une espèce proche du jacquier, (artocarpus heterophyllus) .
Aux Antilles françaises, on nomme châtaigner pays (artocarpus altilis var. seminifera) une variété fertile, cultivée pour ses graines qui sont consommées cuites
C'est un arbre sempervirent (à feuillage persistant) de taille moyenne, qui peut atteindre 20 m de haut, doté d'un tronc droit et massif dont le diamètre peut dépasser 1 mètre. Toutes les parties contiennent un latex blanc.
Les feuilles simples, vert foncé, brillantes, sont munies de 7 à 11 lobes bien marqués, plus ou moins profonds suivant la variété. Ce sont de larges feuilles de 12-60 cm long x 10-50 cm large et encore plus grandes pour les juvéniles. Le pétiole massif fait moins de 5 cm de long.
Les fleurs sont regroupées en inflorescences mâles, allongées et pendantes, de 10-30 cm long x 2-4 cm, et en inflorescences femelles (vertes, sphériques ou oblongues), les deux étant présentes à la fois sur la même arbre (arbre monoïque).
Le fruit est formé à partir de toute l'inflorescence femelle. A maturité, il est de couleur verdâtre, jaune pâle à jaune orangé. C'est un gros fruit rond ou oblong, de 12-25 cm de diamètre, pesant 1,5 à 2 kg. L'épiderme est marqué de figures hexagonales centrées sur un point épineux. La pulpe est de couleur crème. 
Ce sont des plants d'arbres à pain que venait chercher l'équipage du Bounty en vue de l'introduire dans toutes les colonies.
Le uru est riche en vitamines et très énergétique. L’arbre lui même a toujours été exploité pour sa sève qui servait à calfater les pirogues. L’écorce de uru est l’une des préférées des Ma’ohi pour confectionner leurs tapa. Le tronc servait à fabriquer des pirogues et même les feuilles, grandes et solides, servaient à de nombreux usages. On utilise encore aujourd’hui le tronc, les feuilles et les fruits du uru pour confectionner une panoplie étonnante de médicaments traditionnels...
C’est en Malaisie et en Inde qu’on trouve les premières traces de l’arbre à pain. Introduit dans les îles du Pacifique lors de leurs périples il y a des milliers d’années, le uru constitue depuis cette époque la base de l’alimentation des Ma’ohi.
En œnologie, on sert des frites de uru entre chaque vin dégusté. La neutralité gustative du uru permet de mieux appréhender la richesse de la palette d’un vin.
Le uru est meilleur lorsqu’il est cuit sur un feu de bois. Quand la peau est bien noire, on retire la pulpe, farineuse, qui est ensuite battue pour en faire une pâte qu’on laissera fermenter quelques jours. On peut la cuire au four tahitien (ahima'a), comme du pain, mais on le consomme aussi en accompagnement, comme des pommes de terre, ou des frites.
Mais on peut aussi en faire du gratin, de la farine et même de la pate de fruits ! (c’est la recette du popo uru confit) .
5 commentaires:
hemm.Tu as déjà goûté !!
Bien sûr, très souvent et j'adore. Regardes mon article du 7 janvier 2011 (cuisine locale à Moorea).
Les "tumu uru"(arbres à pain) des Antilles viennent directement de Tahiti. Sur la photo du "uru" coupé en deux, tu vois la fleur (chaton) en son milieu. Cette fleur est comestible.
Nos mères récupéraient cette fleur, la grattait pour enlever des petites graines, lavaient à l'eau, le découpaient en petits bâtons et les cuisaient dans du sucre roux. Cette confiserie se conserve très bien. Cela faisait souvent partie de notre goûter. C'est le "pöpö'uru". C'est délicieux. Le uru avant d'être mûr, se mange comme un féculent quelconque (pour une daube, comme de la pomme de terre), ou comme du pain. Une fois mûr, il devient très sucré et il se mange comme un dessert de différentes façons.
Malheureusement, pas de maiore dans les supermarchés bretons... c'est bien dommage. J'aime bien le goût également, surtout lorsqu'il sort du four tahitien et que l'on s'empiffre en plus de taro, cochon...et poe !
;-)
Ah dommage en effet, mais vous avez la galette et la saucisse et le poe de mures sauvages en Bretagne !
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