10 novembre 2011

Fakahina et Albert Montiton

Albert MONTITON, né à Sourdeval le 21 juillet 1825, décédé en 1894, est une personnalité religieuse du département de la Manche (50)
Peu après son ordination, ce prêtre part comme missionnaire au Chili d’où il gagne en 1852 les îles d’Océanie, fondant les communautés et construisant des églises aux Marquises, aux Tuamotu, à Hawaï, à l’île de Pâques et surtout à Tahiti où il devient une figure très populaire, sinon légendaire. Le Père Montiton visita l'île Fakahina, à la fin du XIXe siècle, et décida à s'arrêter quelques mois dans cette île afin d'en catéchiser la population (150 âmes)

En 1872, il a fait construire le village de Hokikakika à Gake et la première église dédiée à Saint Nicolas.
Il ne se borna pas à s'y occuper de religion. Sous son habile direction, on creusa des puits en différents endroits.
Le Père Montiton raconte :
« ... Moins nobles de caractère et surtout moins actifs que ceux de Takoto, les habitants de Fakahina sont du moins plus moraux... Mais tandis que les insulaires de Takoto ont complètement rompu avec les idées et les traditions païennes du passé, ceux de Fakahina, au contraire, quoique convertis bien avant eux au Christianisme, en ont conservé bon nombre, que je n'ai pu même arriver à déraciner entièrement.
« La manie du suicide est encore en usage chez eux. Pour un rien, pour le moindre sujet de mécontentement qu'ils rencontrent dans leur famille ou leur entourage, ils ont recours à ce moyen de vengeance insensé et diabolique. Les hommes se brisent la tête d'un coup de hache ou contre une roche; d'autres fois, ils se jettent seuls, ou avec femme et enfants, dans un léger esquif, et s'en vont ainsi, chantant eux-mêmes leur chant de mort, périr au large dans les flots ou sous la dent des requins. Les femmes et les enfants, qui, hélas ! se laissent gagner par la contagion de l'exemple, ont le plus souvent recours au poison. Certains poissons de l'île leur en fournissent de très violents, qui donnent presque instantanément la mort. J'ai été moi-même témoin du fait pendant on séjour à Fakahina »

Le Père Montiton parvint néanmoins à sauver un de ces malheureux qui s'était empoisonné et se trouvait presque à l'agonie.
Pendant plus d’une année Albert Montiton a visité les îles des Tuamotu de l’Est, îles qui avaient déjà été évangélisées par les Mormons. Les baptêmes se comptèrent par centaines. Des chapelles provisoires ont été construites à Raroia, Takume, Fangatau, Takoto, Vaitahi, Hao, Amanu, Akiaki, Nania, Fakahina, Katiu, Napuka,


En 1874, il fut nommé à Hawaï, où il y passa 10 ans, compa gnon du père Damien de Malokai et atteint d’une sorte de lèpre. Il retourna à Tahiti, Anaa en 1885 et à l’île de Pâques. Il quitta l’Océanie en 1892.
Le père Montiton, qui était aussi un grand musicien et un bon écrivain, s’était parfaitement imprégné des mœurs et des coutumes locales dont il était l’ardent défenseur. Quelques années avant sa mort, le 25 février 1894, il se retire en Espagne. Il a commencé à écrire une histoire des Tuamotu.
S’il n’a guère perduré dans son pays natal, le souvenir d’Albert Montiton est demeuré vivace à Tahiti dont il est considéré comme l’évangélisateur.
Je connais la commune de Sourdeval.
C'est une petite commune française, située dans le sud du département de la Manche et la région de Basse-Normandie. La ville de Sourdeval est le chef-lieu du canton. Ses habitants sont appelés les Sourdevalais et les Sourdevalaises. La commune s'étend sur 36,1 km² et compte 2933 habitants depuis le dernier recensement de la population de 2006.
J’ai contacté la mairie de Sourdeval et avec l’historien local, nous continuons d’échanger nos informations. Pourquoi pas un jour établir un jumelage avec Fakahina ?

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Il faut remettre les évènements de cette époque , le suicide, dans leur contexte; Ces populations des îles subissaient un tas de maladies mystérieuses pour eux, ils n'y trouvaient aucune explication.
Que ce soit la rougeole, la syphilis, et bien d'autres maladies inexistantes avant l'arrivée des européens, faisaient des ravages terribles. Mon grand père maternel à la fin du 19 ième siècle et début du 20 ième siècle avait fait ce constat dans d'autres îles du Pacifique qu'il avait parcourues. Un désarroi total.
Celà n'a jamais été le fait d'une coutume comme semble le dire ce religieux. Même la perte de repères en adoptant de nouvelles religions y jouaient un grand rôle.

Christian P Y P