14 novembre 2011

Les belles cocoteraies de Fakahina

En faisant le tour de l’île (17 km), j’ai été surprise de voir que chaque cocoteraie est exploitée, nettoyée, entretenue. Tous les habitants font du coprah, même Elisabeth ! L’instituteur aussi, fait du coprah après la classe. Pour certains, c’est l’unique source de revenus, pour d’autres, c’est un bon complément. Fakahina produit de gros tonnages à l’huilerie de TAHITI.
Ainsi ces cocoteraies bien nettoyées, donnent de la vie à chaque secteur de l’atoll et cela donne envie de s’y balader. Je n’avais pas constaté cela dans les autres atolls des Tuam, où certaines cocoteraies abandonnées sont envahies par les broussailles. A Fakahina les cocoteraies sont belles comme des faapu (potagers) bien entretenus.
Ce jour là, Annick et Paul se sont levés à 4h30, pour faire du coprah dans leur cour. Chacun a sa tâche. Paul fend les cocos déjà rangés au sol par Annick. Ce sont les coups de hache qui m'ont réveillée ! Détail auquel je n’avais pas songé, quand le coco éclate, l’eau de coco gicle et vient mouiller le sol et tout autour. Annick et Paul revêtent le bleu de travail et de vieux tee-shirts pour faire le coprah. Tino (Rossi) le jeune chiot, surveille les opérations.
Annick jette les vides au feu et range les bons en tas qu’elle nomme une "voiture". C’est environ 5 mètres de cocos ouverts, sur une hauteur d’un mètre qui vont sécher 2 ou 3 jours. Je m’essaie sous l’œil attentif d’Annick. Paul prend les photos. On remet à sécher sous le séchoir quelques jours encore. Ensuite on enlève la pulpe blanche de la coco, avec l'outil qu'elle tient en main.Puis c'est la mise en sacs et le stockage en attendant la goélette.

On brûle les cocos vides, ou on en conserve pour le compost au pied des fleurs et arbustes.

Une voiture produit 2 sacs, donc pour faire une tonne de coprah, il faut ouvrir 20 voitures environ ! Quel courage ! Je fausse compagnie aux travailleurs .
Car il est tôt, et les lumières du soleil levant m’attirent vers le lagon, où je vais vite me baigner et dire bonjour aux poissons, comme chaque matin avant 6 h. La cuisine d’Annick et l’air pur et calme de Fakahina, me donnent une forme exceptionnelle.

A suivre pour les recettes de gateaux cocos d'Annick.

2 commentaires:

Un ami pêcheur de Tahiti a dit…

Je ne savais pas que faire le coprah c'était un tel taf ! Je regarderais de plus près désormais, comme toi Sylvie Anne sait si bien le faire et surtout le raconter. Vraiment top tes articles ! Continues. C'est super pour notre fenua et bravo pour ta page dans la Dépêche de dimanche ! Génial...

Anonyme a dit…

Silvie-anne

Quand j'ai acheté ma propriété dans la presqu'île de Tahiti, j'ai découvert que les vieux cocotiers sur le terrain étaient plantés groupés quatre par quatre dans un carré de environ un mètre cinquante de côté. Ce sont les anciens du coin qui m'ont expliqué pourquoi.
Avant l'arrivée des européens et même long temps après, les polynésiens faisaient de la plantation intensive de cocotiers. Périodiquement ils brûlaient les feuilles séches des cocotiers au milieu des quatre tronc pour chasser les insectes et pour enrichir le sol.
Ce sont les premiers colons qui ont changé la façon de planter les cocotiers.
Même pour planter un coco il y a une technique ancestrale. Il ne suffit pas de seulement le mettre en terre.

Christian P Y P