13 janvier 2012

Gustave Viaud, premier photographe de Tahiti

La bibliothèque universitaire de l’Université de Polynésie (UPF) présente jusqu’au 10 février, une série de photographies anciennes de Gustave Viaud, considérées comme les plus anciens clichés de Tahiti.
Gustave Viaud né en 1836, est le frère aîné de Julien Viaud dit Pierre Loti. Chirurgien de la marine, il est nommé à Tahiti en 1859 et meurt à 29 ans en 1865, d’une fièvre jaune, contractée à Ceylan (Sri Lanka) lors d'un nouveau voyage en Asie.
Son frère Julien (Pierre Loti), n’arrivera à Tahiti qu’en 1870, où il cherchera, en vain, la descendance que son frère y aurait laissée.
De son travail de photographe, ne subsiste qu'un ensemble d'une trentaine de photographies réalisées selon le procédé du calotype - le négatif est sur papier ciré et la sensibilité est obtenue grâce à une solution de sels d'argent qui a l'avantage sur le daguerréotype de permettre plusieurs épreuves du même cliché.

Cette technique, appropriée pour le paysage, l'était moins pour le portrait. Aussi, Gustave Viaud affecté à l'hôpital, photographie son environnement, la ville de Papeete qui vient de sortir de la guerre franco-tahitienne : boulangerie militaire, hôtel du gouvernement, caserne, batterie, hôpital militaire et ses environs, autant de vues faisant apparaître clairement une présence militaire annonciatrice de la colonisation.
Un seul portrait, chez Viaud, celui qu'il fait de la reine de Bora-Bora, Teriimaevarua, née à Raiatea le 23 mai 1841 et qui était la fille de la reine Pomare IV et de Ariifaite à Hiro, fils du roi de Huahine.
Il fait un voyage en France en 1862. A cet égard il bénéficie des nouveaux bateaux à vapeur beaucoup plus rapides.



Gustave Viaud quitte Tahiti sur le voilier la Dorade le 5 juin 1962. Il atteint Valparaiso la 19 juillet. Il lève l’ancre le 23 pour Callao (Pérou) et ensuite pour Paya où il arrive le 15 août. De là, il passe sur un steamer à aubes le Peru, pour relier Panama le 22 août. Il rejoint Colon (Panama) en train, où de là il saute dans un autre steamer le Clyde à destination de l’île danoise de Saint Thomas. Le 30 août, il s’embarque sur un 3ème bateau anglais la Seine, fait escale à Madère et atteint Southampton le 13 septembre, puis Rochefort le 17 septembre. Soit un voyage de 104 jours. Il ne séjournera que 3 mois en France, puisqu’il repart le 2 décembre 1862.


Rien de comparable avec les frères de Ploërmel, qui mettaient 13 mois de la France à Tahiti en 1859, 3 ans auparavant. La grande révolution des transports n’aura lieu cependant qu’en 1915 avec l’ouverture du canal de Panama.


Les photographies présentées à cette exposition nous plongent dans le passé de Tahiti. On ressent une émotion forte. Belle expo.

3 commentaires:

Christian P Y P a dit…

104 jours pour venir de France à Tahiti! ! à cette époque là ? Jusque au début des années 1960 on ne mettait plus que 45 jours, tu vois le progrès. Dans le milieu des années 60 mes cours par correspondance (École Universelle) mettaient au mieux 3 mois pour un aller retour. De temps en temps cela arrivait. Nous trouvions cela rapide. Après nous avons eu l'avion. Ce fût un autre monde. Ce qui est malheureux c'est que beaucoup de bâtiments et de paysages de l'époque de Gustave Viaud existaient encore avant l'arrivée du CEA/CEP. Quasiment tout a disparu.

Laurence a dit…

Merci de nous regaler de tes articles.
Temps tres frais sur Londres.
Bises

Laurence & Mathieu

Stéphane L. (29) a dit…

Malheureusement, c'est comme ça partout dans le monde...
Pour ma part, j'étais revenu à Tahiti en 1988, 12 ans après mon départ : un ami m'amène sur les hauteurs de Pirae, sur le lieu même où nous avions pris des photos d'un départ de randonnée vers l'orohena (c'était un endroit totalement désert sur la photo)... et bien là, pas de chance, nous étions en plein lotissement... quelle déception...