À l'été 1965, la Marine, créée le groupe aéronaval du Pacifique (dit groupe Alpha puis force Alpha) de plus de 3 500 hommes, comprenant 7 bâtiments (2 escorteurs d’escadre, 2 pétroliers, le bâtiment de soutien Rhin et le porte-avions Foch).
Le 23-03-1966, La force Alpha appareille de Toulon et aborde la Polynésie française le 22 mai 1966 afin de superviser les essais atmosphériques n° 18 "Aldébaran", n° 19 "Tamouré", n° 20 "Ganymède" et n° 21 "Bételgeuse". Durant la traversée, la France quitte le commandement intégré de l'OTAN. Le groupe aérien embarqué du Foch comprend 24 avions et 22 hélicoptères (dispositif Phoebus).
Le 2-7-1966 a lieu le premier essai nucléaire aérien sur l'atoll de Moruroa
Le 19-7-1966, un Mirage IV largue sa bombe A AN-21 à chute libre au large de Moruroa.
Le 24-9-1966 et le 4-10-1966 : 2 autres tirs, et le 2-11-1966.
Le 02-11-1966 : la force Alpha quitte la Polynésie française.
Le 12-3-1968 : La seconde Force Alpha quitte Toulon et arrive en Polynésie française le 16 mai. Elle comprend le porte-avions Clemenceau et 4 avisos-escorteurs et enseigne de vaisseau. Quant au groupe aérien, il est composé d’Alizé, d’Étendard IV-M et d’hélicoptères et Super Frelon.
Le 24-8-1968, l’essai "Canopus", d’une bombe H, exécuté à Fangataufa, libère 2,6 mégatonnes. Plusieurs bâtiments américains et quelques chalutiers soviétiques sont aperçus lors de la campagne de tir. Avec la venue de la Force Alpha, l'ensemble du dispositif naval présent autour des 2 atolls a représenté plus de 40 % du tonnage de la flotte française, soit 120 000 tonnes.
Au total, 46 essais nucléaires aériens ont été réalisés en Polynésie.
De 1975 à 1996, la France a réalisé 146 essais dans les sous-sols et sous les lagons des atolls de Moruroa et Fangataufa.
Le 6-08-1985, est signé le Traité de Rarotonga (Îles Cook), déclarant le Pacifique Sud zone dénucléarisée. La France ne s’y est pas associée.
Le 15 juillet 1991, est lancé le dernier essai français dans le Pacifique avant le moratoire d’un an décidé par le président François Mitterrand le 8 avril 1992, et renouvelé.
Le 13-06-1995 le président Jacques Chirac rompt le moratoire et ordonne la réalisation d'une dernière campagne d'essais nucléaires dans le Pacifique. Cette ultime campagne a pour but de compléter les données scientifiques et techniques pour passer définitivement à la simulation.
Ces essais nucléaires, au nombre 6, prennent fin par un dernier essai le 27-01-1996 à Fangataufa.
L'ensemble de la communauté antinucléaire française s'est opposée aux essais nucléaires. Au niveau international, l'organisation Greenpeace lança une campagne en avril 1972, (affaire le Rainbow Warrior en juillet 1985)
En 1995, Greenpeace dépêche à 2 reprises son navire amiral à Moruroa. Il sera à chaque fois arraisonné par les nageurs de combat.
Depuis janvier 1994, dans le cadre de la Conférence du désarmement des Nations unies, des négociations ont été conduites en vue de la conclusion du Traité d'interdiction complète des essais nucléaires.
En 1994, le président François Mitterrand décide le développement du programme simulation par la direction des applications militaires du CEA. Ce programme doit permettre à la France de garantir la sûreté et la fiabilité des armes de la dissuasion, fondé sur le calcul. Il est financé par le ministère de la Défense et doit durer 15 ans.
En mars 1996, la France signe les protocoles du traité de Rarotonga (création d’une zone dénucléarisée dans le Pacifique Sud).
Le 24-09-1996, la France signe le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires. Le démantèlement du CEP a commencé immédiatement.
Le CEP à Mangareva
En 1962, avant même l’annonce officielle de l’installation du CEP à Moruroa, on laissait entendre aux Mangaréviens qu’ils avaient gagné le "gros lot" !
"30 milliards en 4 ans pour y construire une base de fusées" lisait-on dans la presse. ! De fait, ce ne furent pas des fusées, mais des bombes. Mangareva comportant l’inconvénient d’être habité, le choix des autorités se porta sur les atolls de Moruroa et de Fangataufa.
Mangareva ne fut pourtant pas oubliée. Les premières installations militaires ont été construites d’abord à Taku avant la première campagne de tirs de 1966.
La tavana (maire) Monique Richeton raconte : "La première chose qu’ils ont faite, c’est de se faire un chemin dans la montagne pour installer leurs appareils de météo parce qu’ils avaient besoin de la météo pour des tirs aériens". Les Mangaréviens virent donc les hydravions Catalina et Bermuda amerrir et décoller sur leur lagon. Un vrai spectacle !
Les témoins de cette époque – avant et après le premier essai du 2 juillet 1966 – n’ont pas le souvenir d’avoir vu le blockhaus de Taku. Tous ont en mémoire la station météo située au col et son difficile chemin d’accès. Après plus de 40 ans, les mémoires s’estompent, mais il semble que le blockhaus de Taku a été construit après la campagne de 1966 sur le modèle des 2 blockhaus de l’atoll de Tureia qui, eux, ont été édifiés avant le 2 juillet 1966.
9 commentaires:
Pour les besoins de main d'oeuvre de la période CEA/CEP, il y a eu plus d'exilés vers Tahiti venant des Australes, que des autres îles de la Polynésie. Les gens des Australes sont de gros travailleurs. Beaucoup ne sont plus retournés chez eux et leurs maisons ont été abandonnées.
En effet le CEP a accéléré la désertification des îles. Je trouve étrange que les polynésiens détestent parler de cette période, comme si elle était tabu. très peu ont raconté (publié) leurs souvenirs du CEP. Pourquoi ?
Bonjour Sylviane
résumé parfait de cette période plus que "nuisible" pour les Polynésiens....et tout ceux qui ont gravités autour du CEA/CEP....!!!!!
juste une remarque la force aeromaritime est la force ALFA...sans H....une "subtilité" d'état major surement.....!!!!
Continue a me faire rever
Nana
Cobaye53
Merci Serge. C'est wikipedia qui a collé un h. Merci de me rectifier. J'ai trouvé un excellent dossier sur le site netmarine :
http://www.netmarine.net/g/dossiers/mururoa/index.htm
Par contre, impossible de trouver ce que signifient ces initiales? (peut être force autonome pour le FA ?)
La photo en noir et blanc doit être celle du champignon "Baker", 2e essai atomique sur l'atoll Bikini en Micronésie, par les U.S. le 25/07/1946 (opération Crossroads. N'y a-t-il pas de photos d'essais français ?
Henri
Les conséquences des essais nucléaires ont été sociaux, économiques et sanitaires; Au niveau sanitaire avec pour conséquence les problèmes de cancers (cerveau, os, thyroïde, leucémie, etc, à un niveau qui n'avait jamais existé en Polynésie.)
Personnellement avec une quinzaine de mes ouvriers nous nous sommes retrouvés à l'hôpital militaire Jean Prince au Taaone, pour y être traités pendant 3 semaines après une sévère contamination accidentelle. Devant l'atome personne n'est égal, il suffit d'un déficit en iode ou calcium par exemple, pour qu'il y ait des risques de certains cancers (thyroïde, os, cerveau). Après on vit avec une épée de Damoclès. Vaut mieux pas y penser. Je pourrais remplir des pages sur tous ces problèmes. (14 1/2 ans de contrats CEA)
(pour des témoignages je peux donner mon identité complète, pas de problème)
Bien sûr Henri, il existe certainement des photos sur les sites français. Mais pour moi un essai américain ou français, je ne fais pas de différence, car dans les deux situations, les populations indigènes ont été méprisées et sacrifiées au nom du progrès. Tu peux aussi aller visiter l'excellent site des "cobayes du nucléaire". qui rassemble des milliers de témoignages français.
Sylvie-Anne
J'ai oublié de préciser que la contamination avec des produits radioactifs s'est produit en 1974.
Ce sont des climatiseurs windows qui avaient été oubliés sur des palettes sur l'atoll avant un tir aérien (1973 ?) qui ont été envoyés par erreur à Tahiti CEA Mahina. Nous les avons nettoyés à la soufflette étant remplis de poudre de corail. Le SMCB est intervenu trois heures et demi plus tard avec des compteurs Geiger. Ce fût l'affolement , tout le local était contaminé et nous avec. Il y eu un grand nettoyage. Nous devions rien dire à nos familles de ces évènements. Je précise nous n'avions pas de masque. Ce fût la douche, le passage dans le "cercueil",(détecteur dans un tunnel), puis l'hôpital Taaone. (trois semaines). Je n'ai jamais pu avoir mon dossier.Voici en raccourci l'évènement.
Christian P Y P
Sylvie-Anne
Sais tu qu'une bombe lâchée d'un avion n'a jamais explosé et est restée introuvable, on pense quelle est enfouie quelque part dans la boue de corail ;Au CEA c'était la fébrilité et même la panique. Ce n'est pas une blague. A l'époque c'était classé secret défense . C'est comme les américains en méditerranée au large de l'Espagne, mais elles celle là auraient été retrouvées.
Christian P Y P
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