Lors de mon séjour aux îles Gambier, j’ai pu acheter des perles de Mangareva, réputées comme les plus belles de Polynésie.
A Rikitea, pas de bijouterie, mais l’achat direct aux perliculteurs de perles brutes non montées sur des bijoux,non percées, des perles récoltées récemment. Je n’ai jamais consacré d’article de blog aux perles de Polynésie. Je décide de vous en parler enfin ! Nous parlerons de l’histoire, de la perliculture et des critères de qualité des perles.
A Rikitea, pas de bijouterie, mais l’achat direct aux perliculteurs de perles brutes non montées sur des bijoux,non percées, des perles récoltées récemment. Je n’ai jamais consacré d’article de blog aux perles de Polynésie. Je décide de vous en parler enfin ! Nous parlerons de l’histoire, de la perliculture et des critères de qualité des perles.

Les perles de Tahiti sont parmi les plus exotiques des perles recherchées sur le marché aujourd'hui. Très souvent décrites comme perles noires, leurs coloris vont de presque noires au gris clair argenté, et près de toutes les couleurs, y compris la plus populaire qui est le vert paon. Pour ma part j’ai une préférence pour le bleu clair irisé.
Il y a à peine un peu plus de 30 ans que les perles noires de Tahiti sont sur le marché des bijoux. Ce nom a provoqué quelques idées fausses sur les perles.
Tout d'abord, les perles de culture de Tahiti ne sont pas vraiment noires. On les trouve dans des tons de vert et de brun, aubergine, gris clair argenté à gris foncé, bleu, vert anis, vert mordoré, divers tons de verts et violet. Ensuite, les gemmes ne sont pas trouvés à Tahiti. les fermes de perliculture se trouvent sur d'autres îles du territoire.
Les perles se trouvent dans un mollusque bivalve du nom de l'huître à lèvres noires "Pinctada Margaritifera cumingi" (huitre black-lip) qui est native de la Polynésie française. On le trouve depuis le golfe Persique jusqu'au golfe de la Californie. Elle peut atteindre 20 ou 22 cm de hauteur de coquille, mails elle n'est pas aussi lourde ni aussi épaisse que la Pinctada maxima. Certains spécimens de cette nacre, peuvent même atteindre le poids considérable de 9 kg.
La nacre se développe essentiellement dans les lagons, mais on en trouve aussi coté océan. Aux Marquises par exemple, où les îles ne sont pas ourlées de lagons, la nacre prolifère de manière sauvage en se fixant sur les rochers. Du fait de conditions de vie rustiques, elle ne grossit pas, là-bas, autant qu'elle peut le faire dans le calme des lagons. Particularité de la Pinctada, ses changements de sexe au cours de sa vie, mais aussi en cas de stress.L'huître à lèvres noires peut vivre jusqu'à 30 ans, peut mesurer 20 centimètres de diamètre et peser jusqu'à 1 kilo. Pendant des années, elle est capable de produire des perles et peut recevoir jusqu’à 4 nucléus.
Les lagons de l'archipel des Tuamotu et les Gambier contiennent la plupart des fermes perlières qui cultivent des perles de Tahiti. Les eaux de ces lagons sont riches en éléments nutritifs et relativement calmes, ce qui est propice à la récolte de très belles perles.
Avant le milieu du XIXe siècle, elles étaient les seules perles noires connues, excepté celles en provenance du golfe de Californie. Les perles de la reine Pomaré ont été les plus célèbres gemmes polynésiennes.
La pleine acceptation des perles noires est survenue grâce à la préférence que l'impératrice Eugénie avait pour elles, bien que déjà auparavant dans plusieurs autres familles royales, il y ait eu de célèbres perles noires comme dans le grand collier de Catherine la Grande (formé de 30 perles dont la plus petite pesait 3,9 grammes) et dans la couronne autrichienne composée de 30 perles noires.
Les pêcheries à grande échelle se sont développées surtout après 1860, principalement à cause de la beauté et de la pureté de la nacre. Les perles (avant l'avènement de la perliculture entre 1960 et 1965) n'étaient qu'un produit secondaire malgré leur grande beauté, parce qu'elles étaient extrêmement rares.

Il fallait ouvrir entre 15 000 et 20 000 huîtres perlières pour trouver une perle. Tahiti est depuis devenu un centre perlier de la plus grande importance. Même si ses côtes ne possèdent pas de gisements perliers, le plus grand port commercial de l'Océanie Française se trouve à Tahiti et de nombreuses personnes vivent du commerce de la nacre ainsi que des perles de Tahiti.
En 1955, dans les atolls des Tuamotu, les plongeurs collectaient jusqu'à 100 tonnes d'huîtres en 3 mois seulement dans un tiers du lagon de Hikueru. La nacre était employée jusqu'à cette époque dans l'industrie des incrustations dans le bois et des boutons.Les natifs des îles Tuamotu étaient sans doute les plongeurs les plus habiles du monde. Grâce à la transparence des eaux, ils pouvaient repérer les huîtres avec une longue-vue d'eau jusqu'à 24m de profondeur.
Après avoir respiré profondément pendant plusieurs minutes, ils sautaient du bord de l'embarcation et arrivaient au fond en nageant sans aucune aide. Pour retourner à la surface, ils prenaient leur élan en poussant des pieds contre le fond. Les huîtres ramassées étaient placées dans un sac qu'ils portaient au cou.
Au début du XIXe siècle, la pêche se faisait par simple ramassage des coquilles avec de l'eau jusqu'à la taille. Chaque homme pouvait ramasser quelques centaines de kilos d'huîtres par jour. Au fur et à mesure de leur raréfaction, l'exploitation a atteint de plus grandes profondeurs, jusqu'à la limite de la plongée en apnée.
Vers 1920, à la vie dangereuse et misérable des pêcheurs, il fallait ajouter l'exploitation des trafiquants qui arrivaient à bord de goélettes pour troquer des produits alimentaires et autres (farine, rhum, quelques pièces d'étoffe), contre les nacres et les perles. Le trafiquant obtenait facilement une demi-tonne de nacre qui valait 100 fois plus que sa marchandise d'échange.
Les plongeurs allaient d'une île à l'autre et avaient pour tout matériel un poids de plomb et un morceau de pierre. La plongée en apnée était un des métiers les plus durs. Elle provoquait des saignements aux tympans, des troubles oculaires et du système nerveux. Il y avait aussi le risque de paralysies partielles du visage ou d'hémiplégies et le fameux vana taravana qui faisait perdre la raison.
Au début du XIXe siècle, la pêche se faisait par simple ramassage des coquilles avec de l'eau jusqu'à la taille. Chaque homme pouvait ramasser quelques centaines de kilos d'huîtres par jour. Au fur et à mesure de leur raréfaction, l'exploitation a atteint de plus grandes profondeurs, jusqu'à la limite de la plongée en apnée.
Vers 1920, à la vie dangereuse et misérable des pêcheurs, il fallait ajouter l'exploitation des trafiquants qui arrivaient à bord de goélettes pour troquer des produits alimentaires et autres (farine, rhum, quelques pièces d'étoffe), contre les nacres et les perles. Le trafiquant obtenait facilement une demi-tonne de nacre qui valait 100 fois plus que sa marchandise d'échange.Les plongeurs allaient d'une île à l'autre et avaient pour tout matériel un poids de plomb et un morceau de pierre. La plongée en apnée était un des métiers les plus durs. Elle provoquait des saignements aux tympans, des troubles oculaires et du système nerveux. Il y avait aussi le risque de paralysies partielles du visage ou d'hémiplégies et le fameux vana taravana qui faisait perdre la raison.
Le niveau de vie des plongeurs et de leurs familles était extrêmement précaire. Comme dans le golfe Persique, les pêcheurs ont toujours refusé de se servir du scaphandre. La pêche des perles de Tahiti se faisait avec des pirogues à balancier sur lesquelles 2 plongeurs travaillaient de façon classique. Mais, à la différence d'autres régions, ils recherchaient eux-mêmes les perles, nettoyaient les coquilles et vendaient le tout aux négociants (généralement chinois) et partageaient par moitié le fruit des ventes.
Les progrès techniques ont permis d'améliorer l'efficacité des plongeurs. L'introduction des lunettes de plongée vers 1906, les accessoires en caoutchouc à partir de 1940, tels que les masques, palmes et tubas, ont augmenté leur aisance sous l'eau ainsi que leur vision et leur mobilité.
Dans un prochain article nous parlerons de la culture moderne des perles (la perliculture) dans des fermes lacustres. A suivre.
7 commentaires:
Si l'assiette remplie de perles est à toi, je t'envie !
elles sont magnifiques !
tres interessant, mais ATTENTION
chere Sylvie-Anne il aurait ete tres important que dans ton recit tu mentionnes des le debut la tres grande difference entre :
PERLE NATURELLE
ET PERLE DE CULTURE
les perles avant 1900 etaient des perles Naturelles donc TRES RARES et de tres grande valeur.bien plus precieuses que le diamand
par la suite ces perles n'existant pratiquement plus car abandon de la peche les Japonnais ont invente la perle de culture qui est celle qui est produite a Tahiti a present.
je ne pense pas que l'on trouve des perles naturelles de nos jours dans aucun magasin sinon que se soit des perles anciennement pecher le siecle dernier?
il y aurait en fait tres peu de gents qui possede des perles naturelles a part les Rajas en Inde et le tres fameux collier de trois rangs de la Reine D'Angleterre .
il en est pas moin vrai que les perles de Tahiti sont tres belles.
Coucou Georges. Tu es rentré en NZ enfin ! Je dois avoir de la chance car j'ai trouvé une perle naturelle très noire et bien ronde dans une vraie huitre pas une nacre, à Fakahina en novembre 2011. Elle est pas tres grande mais d'une couleur rarisime. Dans l'article suivant j'ai parlé des perles fines. Bises de Tahiti.
Alors pour l'assiette, Stéphane, tu enlèves les 5 plus grosses (les boulets à 2 millions de CP la piece ! ) et avec le reste, tu as une idée du lot que j'ai acheté à Rikitea auqule j'ai rajouté un gros lot de keshis magnifiques. Si tu as l'or, (cher!) j'ai les perles pour faire les colliers ! nana.
Le document de Francoise Caille est fascinant, et tes articles sur la Perle captivants, tellement que je suis restee scotchee à l'ecran!
Bises
Laurence&Mathieu
Merci Laurence. Tu es dans mes meilleures lectrices car tu as ouvert tous les liens. Oui le lien sous l'impératrice cache un trésor que tu as su trouver. Bravo. Je passe des heures à vous concocter de beaux articles bien complets. Contente que cela te plaise. Bises de Tahiti pour l'Angleterre.
Sylvie-Anne
Avant les perles de culture, perles dites noires, produites "industriellement" en Polynésie, presque toutes les familles polynésiennes se transmettaient des perles dites "poe pipi". C'était des perles naturelles venant en général des Tuamotu. Elles étaient trouvées dans des petites nacres, étaient toutes petites et étaient le plus souvent d'une couleur dorée. Nous ne lui donnions pas une très grande valeur , tout en étant prisées. Elles se transmettaient en général de mère en fille avant un mariage. Elles servaient à monter de petits bijoux.
Christian P Y P
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