6 janvier 2012

Le Taporo VIII à Rikitea

Rikitea est relié par 2 cargos, le Taporo VIII' et le Kura Ora, toutes les 3 semaines au départ de Papeete, via les Tuamoutu Est
Le jeudi 29 décembre le Taporo est à quai à Rikitea.
Il est arrivé mercredi soir à 23 h.

C’est évidemment l’activité principale de tous les habitants de Mangareva ce jeudi.
Au petit déjeuner, à la pension, nous avons reçu 2 visiteurs inopinés arrivés sur le Taporo (qui d’ordinaire ne prend aucun passager). Il s’agit de 2 scientifiques du CRIOBE de Moorea qui le jeudi avant Noël ont pris la foudre en plein vol sur leur avion privé, et ont du se poser en catastrophe sur l’aérodrome privé de Robert Wan (roi de la perliculture en Polynésie) à Marutea. Le souci, c’est qu’ils ne pouvaient pas repartir de Marutera avant le 16 janvier 2012 ! Déjà, ils ont passé Noël loin de leur famille. Ils espèrent donc quitter Mangareva, samedi 31 après midi pour le retour à Tahiti. Ils nous racontent leur mésaventure de Noël, dont la TV avait parlé.
Le petit déj terminé, je file sur le quai, car les débarquements de goélettes, c’est devenu un spectacle ilien incontournable pour moi.

C’est différent de Rimatara, car il n’y a pas les baleinières, mais l’excitation des habitants est la même. On se presse à la petite cabine du Taporo.Sandrine de la pension JoJo (la meilleure de l’île) remplit sa boutique. Il y a des cartons partout et pas de temps à perdre pour tout ranger !

Quand la goélette arrive, les gens sont fébriles et plus heureux. C’est comme moi quand je reçois de rares colis à l’OPT. Un jour ce sont les parfums de Laurence et Mathieu de Londres, la semaine suivante, c’est Odile qui m’envoie des chocolats et du vermicelle (je ne trouve pas celui que j’aime ici !) Vivre dans les îles, c’est être très patient et savoir attendre les petits ou gros colis. Le Taporo prend son temps et ne repartira que vers les 16 h.


Le soir même et le lendemain, les 4 épiceries de Rikitea sont débordées et commencent à être dévalisées ! A refaire dans 3 semaines ! Ainsi va le rythme de vie dans les îles ! L’avion et la goélette sont les cordons ombilicaux des îles. Les réduire ou les supprimer, plongerait les habitants dans des situations dramatiques, car les rythmes sont pris et codifiés désormais. Faisons confiance aux services de la continuité territoriale pour ne pas oublier les îles, car la Polynésie ne se réduit pas à Tahiti et Moorea, fort heureusement !

4 commentaires:

jacquesaulagon a dit…

Poue Sylvie-Anne,

Merci de nous faire vivre le rythme des îles lointaines du pacifique, cela restera un regret de ne pas avoir eu le temps de visiter les Gambier lors de mon séjour.

Et quid des retombées nucléaires sur mururoa et les autres îles, il doit avoir des contaminations pour des années encore???????????????????

Bisous de jacquesaulagon

Sylvie-Anne a dit…

En effet, les Gambier c'est l'archipel oublié, alors que les îles sont magnifiques. C'est loin et un peu cher, mais vraiment c'est trop beau. Les essais nucléaires sont de lourds et douloureux souvenirs en Polynésie. Très difficile de mesurer toutes les conséquences à moyen et long terme.

Mangareva a dit…

Les effets de la radioactivié demeurent pendant plus de 10.000 ans. L'homme aura détruit l'univers d'ici là avec sa curiosité stupide ! Le socle de l'atoll de Mururoa est totalement fissuré et ne va pas tarder à exploser, projetant les déchets radioactifs entérrés dans tout le Pacifique ! Demain ou après demain ? Le mana en décidera, en faisant fi des probalités scientifiques qui ne reposent sur rien de concret, mais que les polynésiens ne peuvent ignorer. Les millions du CEP sont aussi des poisons à retardement. Déjà la ciguatera est une conséquence directe du bétonnage des atolls. Ton blog est génial. Continues ! et merci.

Teiva a dit…

Merci de rappeler que la Polynésie ce n'est pas que Tahiti, Moorea et Bora-Bora. Après 30 ans de nucléaire, c'est bien qu'on oublie les Gambier. Merci pour tes beaux textes.