2 janvier 2012

La belle Aukena

Aukena, 2,5 km de long sur 0,5 km de large, est située à 5 km au sud-est de Mangareva, elle culmine à 198 m. Elle a été découverte par James Wilson en 1797. Elle n'est pas habitée en permanence, elle accueille quelques familles pour les week-ends ou les vacances.
Nous stoppons sur la plage de sable blanc et partons en visite. L'église d'Aukena, dédiée à Saint-Raphaël, est la première église catholique en pierre de tout le Pacifique. Mgr Tepano Rouchouze consacra l'église le 24 octobre 1839. Elle a été construite en pierres brutes sous l'égide les Pères Soulie et Fabien avec du ciment de chaux de corail, sans outils de maçonnerie.

Sur le terrain jouxtant l’église, il y a un grand nombre d’hibiscus, de pandanus, de cocotiers. Elle mesure 18 m de long, 8 m de large et 8 m de hauteur, et n’a pas de clocher. Le fronton est décoré d'une petite rosace. Le portail est plein cintre. L'intérieur possède des dalles de corail, bien plates. L’autel est en bois orné de nacres. Mgr Rouchouze montre cette chapelle à Dumont d'Urville en août 1835. A proximité de l’église, on trouve l’évêché (le premier de Polynésie), ainsi qu’un très beau puits en pierre. A quelques de mètres de la plage de Te ana ’o Tiki, se dressent les ruines d'une imposante construction d’un étage. Ce collège de garçons construit en 1858 porte le nom de Re’e. Très visible la trace d’un escalier en bois qui menait au premier étage, où se trouvait un dortoir de 60 lits. Les murs étaient enduits de chaux. L’œuvre de l’éducation des jeunes mangaréviens est surtout le travail de 2 universitaires, Urbain de la Tour et Henry Mayne. Le collège accueillait de jeunes garçons qui parlaient le français et le latin. Il avait aussi une fonction de petit séminaire.
Parmi les vestiges en pierre, nous découvrons sous les arbres, le superbe four a chaux. M. de la Tour de Clamouze, architecte des bâtiments de la mission des Gambier, construisit ce four à chaux de 4 m de hauteur. Il est intact et pourrait refonctionner 150 ans après sa construction. Voici le dessus du four. La chaux de corail ne bout pas et met beaucoup plus de temps à se dissoudre que la chaux de calcaire, mais le résultat est identique. Magnifique construction, unique en Polynésie.
Le four à pain est également en excellent état et côtoie le pressoir à huile. Voici la pierre circulaire qui servait de meule. Ce pressoir fut construit en 1840 toujours par l’architecte de la Tour de Clamouze.
Nous grimpons jusqu’à la tour de guet. Elle surveillait la passe côté Totegegie. Elle sert toujours d’amer au sud-ouest de l'île. Nous reprenons notre navigation sur ce beau lagon en direction de l’île d’Akamaru.
Pour satisfaire ceux et celles qui réclament des photos de la blogueuse plus souvent, me voici sur la navette fluviale du retour samedi 31 et Aukena est derriere moi.

4 commentaires:

Jacqueline a dit…

Toujours très élégante Sylvie Anne
Au plaisir

Sylvie-Anne a dit…

Le vent indiscret a fait tomber ma bretelle de robe. Les couleurs des tissus à fleurs donnent le soleil et illuminent les peaux dorées. Merci pour le compliment Jacqueline.

Carole a dit…

Bravo Sylvie Anne
meme en y travaillant j'ai pas eu toutes ces infos
Bonne annee à toi et a très bientot -bizz

Christian a dit…

Sylvie-Anne
Dans ma jeunesse il était courant en Polynésie de faire de la chaux comme liant pour les constructions. Cette chaux produite à base de corail chauffé fait de la chaux vive qui fume quand on l'arrose et produit de la vapeur bien chaude. Si les gens disent qu'elle ne fume pas c'est qu'elle a été faite à l'extérieur et a été mouillée par la pluie. Le meilleur bois de combustion à haute température était le bois très dur comme le bois de manguier bien séché. J'ai assisté à la préparation de la chaux des dizaines de fois. A l'époque le ciment importé était un produit de luxe.
Christian P Y P