22 mars 2012

Grosse dépression cyclonique à Takapoto

Mercredi soir, 21 mars 2012, mes hôtes de la pension Hereatea, Sylvie et Tutu, ont prévu de la langouste au diner. Les préparations de Sylvie sont succulentes. Les tomates gratinées au four pour accompagner les langoustes, de vrais délices !
Un très bon vin accompagne ce diner fabuleux. Moment de partage, de vrai bonheur parfait et inoubliable dans cette pension des Tuamotu, où je me sens si bien depuis samedi.
Il est 21 h lorsque Sylvie m’accompagne à mon fare avec la moripata (lampe torche). Il fait nuit noire et le ciel est chargé de sombres nuages.
Vers 22 h la pluie commence à tomber avec violence. Elle ne s’arrêtera pas jusqu’au petit matin. Vers Minuit, le bruit du vent me réveille. Ca souffle en tous sens et cela s’accélère sans cesse.
J’entends les salons de jardin en plastique, se balader et venir s’exploser sur le mur de l’entrepôt. Je regarde le spectacle au travers de la baie vitrée et je vois les palmes tournoyer en tout sens et les vagues du lagon augmenter en puissance. Il fait nuit noire et sans lune. Il a fait très chaud les derniers jours et les vents étaient bizarrement à l’Ouest. Sylvie avait senti le cyclone et m’avait fait part de ses craintes.
Je me dis que le cyclone est arrivé du moins une énorme dépression tropicale.
Le vini fonctionne et à 1h30, j’appelle Sylvie, qui ne dort pas avec tout ce vacarme dehors. Elle me dit de ne pas sortir du fare sous aucun prétexte et d’attendre. Soit .
La communication est coupée par une stridente explosion du tonnerre, car l’orage s’en mêle. Le vent, je m’en fiche, mais le tonnerre me fait siffler les oreilles. La foudre et tombée pas très loin.
Les baies vitrées du fare se couvrent de brindilles qui volent au vent. Les palmes tombent et les cocotiers secouent leurs têtes en tout sens. Le vacarme mettra plusieurs heures à s’apaiser.
Ce n’est qu’au petit matin, que la pluie cessera et que l’atoll pourra constater les dégâts.
En plus des mobiliers de jardin explosés en morceaux, l’entrepôt de la pension n’a plus de toit. Les palmes jonchent le terrain, la route.
Vers les 11 heures nous allons chez des voisins. Le fare d’â côté est explosé et aplati, une maison flotte dans le lagon dans la baie voisine.


Il y a eu des dégâts.
Ce fare api (tout neuf) venait d’être terminé.Ce matin, les travailleurs font la gueule à trier les matériaux pour reconstruire ce fare qui devait abriter un jeune couple ce week end et qu'ils venaient de terminer.
Au village, c’est l’inondation, les terrains n’absorbent pas, et c’est le lac artificiel sur le terrain de football. Sylvie me dit que si la piste est pleine d’eau, l’ATR ne va pas se poser. Ah super, je vais rester deux jours de plus à Takapoto. Joie de courte durée car la piste est nickel
A l’aérodrome, les conversations vont bon train sur les toitures envolées.
Sylvie est triste et moi aussi. On était si bien toutes les deux à Hereatea, que je ne n’ai pas vu les jours passer. Je déteste ces départs qui m'arrachent à mes nouvelles amies des îles.


Dire qu'à 5 h 30 du matin, le lagon faisait son laiteux, ni vu, ni connu et m'offre ses bleus ouateux et embrumés, ses sables roses, comme si rien ne s'était passé ! L’avion se pose à Faa’a. Il fait un temps de chien. Laurence me raccompagne à l’appart.
Apres quelques échanges téléphoniques avec ma copine de la Dépeche, je lui transmets mes photos de mon Takapoto’s cyclone. Bingo ! Cela va faire la une de La Dépeche vendredi matin.
Oui j’ai eu peur, mais pas très longtemps et me suis bien rendormie, comme une vraie paumotu. Je me prends à penser que cela serait top pour moi une tombe dans un atoll des Tuamotu. Ce n’était pas un méchant cyclone, mais j’ai quand même assez mal dormi !

8 commentaires:

Anonyme a dit…

J'imagine ce que tu as vu la nuit dernière et peut être maintenant t'es devenue une vraie Tuamotu api. On est fiers de toi. Bises

Christian a dit…

Sylvie-Anne
Tu vois , c'est un avant goût d'un cyclone, cela peut durer plusieurs jours, tu en vois les conséquences. On se sent tout petit. Je t'avais envoyé il y a quelques minutes un I.mail sur un petit cyclone qui a duré quelques jours que j'ai vécu une fois aux Tuamotu et qui a tué un de mes rêves, y prendre ma retraite.
Christian P Y P

nadege a dit…

bravo pour ton article sur le cyclone moi perso j'aurai eu peur

Jacqueline C a dit…

Que veux dire paumotu Sylvie Anne ?
En lisant votre récit on vivait avec vous cette depression cyclonique .Effectivement vous avez des talents en écriture et pour vos vieux jours je vous vois bien écrire de très très beaux récits en Bretagne (peut-être) près de vos tikis !!!!!!! A moins que vous ne deveniez une Polynésienne à part entière.
Bises Sylvie Anne et merci pour tous ces beaux récits.

Christian a dit…

Jacqueline C
Pa'u ce sont les haut fonds.
Motu, ce sont des îles.
Encore que je vais demander à un ami de l'académie que je vois demain matin le sens exact.
Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

Jacqueline, Paumotu est le nom des habitants des atolls des Tuamotu. Je laisse Christian nous donner le sens plus académique. Merci pour les compliments. Après 37 ans de rapports administratifs, écrire la Polynésie est un plaisir.

Jacqueline C a dit…

Bonsoir ou bonjour selon l'heure ou la lecture se fera!!!!
Merci Sylvie Anne et Christian pour votre réponse je suis moins bête tout à coup !!! LOL
Je vous envoie mes amitiés et au plaisir .

JP a dit…

Cet article est tout simplement génial et bourré de vrai supspense. Cela mérite mieux qu'un blog Sylvie Anne! Tu le publies quand ton livre que toua attendent ?