9 avril 2011

L' amiral Bouvet (suite et fin)

Quittons Taote Emile De Curton, pour retrouver notre amiral Bouvet sur les mers.



Pendant sa captivité à bord du Pitt, Pierre Bouvet avait remarqué que les Anglais ne visitaient jamais les nombreux patmars qui fréquentaient la côte du Malabar. C'est sur un navire de ce type, l'Entreprenant, construit sur ses plans à la Réunion, qu'il se décida cependant à tenter la fortune, espérant échapper aux croisières anglaises. Il le fit avec succès.




Il fut nommé capitaine de frégate en 1809 et commandant de la frégate la Minerve l'année suivante.

Il prit part au combat du Grand-Port pendant lequel il dut remplacer le commandant en chef Duperré, mis hors de combat.

Il fut nommé capitaine de vaisseau en récompense des brillants services qu'il rendit dans cette occasion. Bouvet commanda ensuite une croisière sur la côte occidentale d'Afrique;

Elle fut marquée par la prise de la frégate l'Africaine qui, après un combat acharné, fut contrainte d'amener.

Malheureusement, un retour offensif du commodore Rowley le força à se retirer devant des forces très supérieures, en abandonnant son trophée.

Il rentra en France après la capitulation de l'île de France (île Maurice).

En 1812, il fut mis à la tête d'une petite division composée de deux frégates : le Rubis (capitaine Olivier), et l'Aréthuse.

Le 7 février, dans le voisinage des îles Lagos, il livra seul, le Rubis étant échoué, un combat acharné à la frégate Amelia, et la contraignit à abandonner le champ de bataille après avoir subi des pertes considérables.

Le vainqueur de ce combat, l'un des plus brillants de nos annales maritimes, ne reçut comme récompense que le grade d'officier dans la Légion d'honneur.

Pendant les dernières années de l'empire, Pierre Bouvet n'exerça aucun commandement; après l'abdication de Fontainebleau, il fut chargé d'une mission à Anvers, puis il rentra dans la vie privée.

Après avoir sollicité plusieurs fois sa mise à la retraite, il l'obtint en 1822, avec le titre de contre-amiral honoraire.

Dans une de ses demandes, il résumait ainsi ses états de services : "36 ans de services, dont 22 en temps de guerre, en grande partie sous voiles et dans les climats qui usent le plus la vie, 25 campagnes, dont 12 sous mon commandement, 12 combats à la mer, dont 7 sous mon commandement, 2 blessures graves".

Après 1830, il fut élu député par le collège d'Ille-et-Vilaine.

Il siégea à la Chambre dans les rangs des libéraux, et prit part aux discussions concernant la marine et les colonies.

Il fut nominé grand-croix de la Légion d'honneur en 1831.

En 1832, les habitants de la Réunion lui confièrent le mandat de les représenter au Conseil des colonies. En 1840, au moment où la guerre était imminente, il publia sous le titre : Précis des campagnes du capitaine de vaisseau Pierre Bouvet, l'histoire de ses combats, ouvrage dans lequel parut son mécontentement.

L'amiral Bouvet aura 15 enfants, dont 3 infirmes et 10 décédés en bas âge.

Son nom a été donné successivement à deux avisos de la marine militaire ainsi qu'à un lycée à St Benoit de la Réunion. Bouvet fut un chef militaire de la plus haute valeur, joignant à une grande hardiesse, le plus grand calme pendant l'action. Voici les vers de Théodore Botrel (le célèbre barde breton) Un seul voile est tombé, comme un linceul qui tombe/Et te voilà vivant, guidant notre vaisseau / Toi qui voulus avoir Saint-Servan pour ta tombe / Ne l'ayant pas eu au berceau !".

2 commentaires:

laurence a dit…

Quel magnifique recit , envie subite de tout lire .Encore merci pour nous delecter de si beaux ouvrages.Laurence

Alain a dit…

Tu es une passionnée des histoires de mers Sylvie Anne et je partage ton enthousiasme. Ils étaient courageux ces capitaines. Tu as raison les servanais devraient mieux connaître leur histoire locale.