24 novembre 2009

Histoire du port de Papeete et de Motu Uta

Je vous avais promis un article sur le port de Papeete et de son motu (îlot). La voici.
L'histoire du port de Papeete est très représentative des changements du monde moderne en Polynésie française.
La grande rade de Papeete contribua dès la moitié du 19 ème siècle au développement du port.
L'annexion de Tahiti par la France en 1843, amena l'Amiral BRUAT à conseiller au gouvernement le choix de Papeete comme capitale.
C'est en effet, à la fin du 19 ème siècle, que fut construit le premier quai des paquebots, permettant l'accostage de navires longs courriers.
Cet ouvrage fut ensuite agrandi en 1928, puis remplacé en 1938 par l'ouvrage actuel.
Ces installations furent complétées en 1957 par la mise en service d'un appontement pétrolier.

Le véritable essor du Port de Papeete découle de l'implantation au début des années 60 du Centre d'Expérimentation du Pacifique (CEP) et de la nécessité pour les autorités militaires de disposer d'une base arrière navale parfaitement équipée à Tahiti.

A la création de l'établissement public: Port autonome de Papeete en 1962, succédèrent les grands travaux d'extension des installations existantes, comprenant notamment la construction de la digue récifale d'une longueur de 2,2 km sur 5 mètres de hauteur et le remblaiement de l'îlot de Motu Uta.

L’ami Pierre m’a confiée ces gravures anciennes tirées de ses archives personnelles, ainsi que les photos.

et une photo de 1963.

Avant d’être englobé dans les remblais du quai, Motu uta était un charmant îlot ou le roi Pomare II, venait se reposer et dit-on, y vider quelques bouteilles de rhum.

Sous le protectorat, on y installa une batterie d’artillerie pour protéger l’entrée de la rade.

A partir de 1900, Motu Uta devint surtout îlot de quarantaine pour prévenir les épidémies dévastatrices (variole en 1853, grippe espagnole en 1918-3000 morts).
Il fut aussi lieu de déportation des allemands et des petainistes pendant la dernière guerre.

Une photo du port en 1950 :

Les travaux dureront près de 4 ans pour s'achever par l'inauguration du nouveau port de Papeete le 29 juin 1966 en présence du Général Pierre Billotte, alors ministre des DOM-TOM.
A l'inauguration, la longueur des quais était passée de 300 à 1.100 mètres, les terre-pleins de 4.000 à 50.000 m² et les entrepôts de 10.000 à 22.500 m².

Depuis cette date, soit plus de 47 ans, le port est en continuelle extension.
C’est le poumon économique du pays.
Voici quelques clichés récents prêtés par Pierre.

A la sortie du bureau, Pistache m'emmène balader sur le boulevard Pomare, pour y découvrir le paquebot arrivé dans la nuit ou au petit matin.
Le dimanche, c'est aussi très agréable d'aller marcher au bout de la grande digue du port et de traverser la zone industrielle déserte.
J'aimais la balade sur les remparts et les bassins de Saint Malo en toute saison.
Désormais c'est à Motu Uta, que je vais prendre l'air du large et retrouver l'océan Pacifique et me rapprocher de la passe de Papeete .

Une bouffée de poésie m'envahit à chaque fois.
Les paroles reviennnent vite, dont celles ci, qui sont à jamais incrustées dans mes neurones de petite bretonne, amoureuse de tous les océans, car je les ai apprises par cœur à l'école primaire et pas encore oubliées.

Oh ! combien de marins, combien de capitaines
Qui sont partis joyeux pour des courses lointaines,
Dans ce morne horizon se sont évanouis !
Combien ont disparu, dure et triste fortune !
Dans une mer sans fond, par une nuit sans lune,
Sous l'aveugle océan à jamais enfouis !

Océano nox , Victor Hugo

Merci à Pierre pour sa collaboration photographique à cet article .
Nana.


10 commentaires:

Flo a dit…

Bonne mémoire !
Il faut dire que l'époque de l'école primaire n'est pas si loin ;-)

et voici la suite

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/victor_hugo/oceano_nox.html

Biz

nadege a dit…

Félicitation!! Ton article est très bien et très documenté. Joli cours d'histoire. Bise

arlette a dit…

Bravo, pour la recherche de doc
Tu es épatante dans ce domaine !

Moi aussi je me sens nostalgique, surtout en voyant le Motu. On rêve de modernisme et on regrette d'avoir transformé l'îlot en mur de béton. Comment garder les deux à la fois ? Il faut bien s'ouvrir au monde. On ne peut pas passer notre vie à se déplacer à cheval à notre époque. Pour faire venir les voitures il nous faut bien un port pour accueillir les bateaux...

Richard a dit…

Cela m'a permi de remonter le temps, et de voir le Tahiti d'avant par rapport à Tahiti d'aujourd'hui...
Bonne journée.

Sylvie-Anne a dit…

Nadège, l'histoire était ta matière de prédilection au collège.
Ton compliment sur mon petit cours me touche beaucoup.
Bises de maman

Stéphane L a dit…

Excellent la photo aérienne de 1963 !
Je connaissais l'histoire du motu, mais je ne connaissais pas cette photo.
Plus jeune (vers 1975), nous avions un bateau et, en provenance du port d'Arue, lorsque nous allions vers Punaauia, il y avait un passage (dans le lagon) entre la digue et papeete : une sorte de canal qui nous faisait déboucher directement dans le port de Papeete
=> je ne sais pas si ce passage existe toujours (???)

en tous cas, merci pour toutes ces notes, toujours très documentées : génial !

Pascal a dit…

Ia orana,

Un vrai bonheur ce blog. Aimer le Fenua,je partage dommage que les élus locaux ne le démontrent pas.
Merci.

Pierre Carabasse a dit…

Ia ora na Stéphane,
Le passage existe toujours, sauf qu'il faut passer maintenant sous le pont qui relit Motu-Uta à la côte. Mais il me semble qu'en 1975, ce pont existait déjà.

Anonyme a dit…

Nous vous remercions de intiresnuyu iformatsiyu

Stéphane L a dit…

salut carabass !

...oui, à l'époque le pont existait déja, afin que l'on puisse passer pour aller vers la digue.

Maururu pour ta réponse !