5 août 2009

Tetiaroa, une île, un rêve.

L' atoll de Tetiaroa est situé à 42 kms au Nord de Tahiti.
On ne peut s’y rendre qu’en bateau.
La piste d'aviation est impraticable depuis 2004.
Un catamaran propose une journée à Tetiaroa. 3 heures aller, 5 heures sur place et 3 heures de retour.
J’avais organisé cette sortie avec 5 amis(es) il y a 15 jours.
Mais trop de houle (4 m de vagues). Sortie annulée.
J’attendais cette sortie depuis des mois ! Samedi après-midi à tout hasard, je téléphone.
Il reste une seule place sur le catamaran Vehia (maximum 15 personnes) pour le lendemain.
C’est Ok. J’irais à Tetiaroa le dimanche 2 août.

Préparatifs à la hâte samedi soir (casse-croute, crème solaire, anti-moustiques…. casquette enfin tout le toutim)
Dimanche matin le réveil sonne à 5 heures ! rendez-vous à 6 h 45 sur le ponton du front de mer de Papeete.

Un peu de géographie et d’histoire avant de commencer le voyage :
Tetiaroa est un atoll privé faisant partie des Îles du Vent dans l'archipel de la Société. (coordonnées google earth : 17°01 05 53 S et 149 ° 34 39 97 O)

L'atoll est l'unique île basse des Îles du Vent, et est rattaché à la commune d'Arue au Nord du Tahiti. (sauf le petit atoll de Maiao, à l'ouest de Moorea). Il est célèbre pour avoir été la propriété de Marlon Brando qui l'a acquis auprès du gouvernement polynésien.
L'atoll s'étend sur une superficie totale de 6 km2, soit environ 585 hectares de sable divisés en 13 motus (îlots) de différentes tailles.
Le lagon fait 7 km de large et 30 m de fond. L'atoll ne comporte aucune passe. L'accès par la mer n'est donc possible qu'avec un canot pneumatique, qu'il faut manœuvrer avec dextérité, afin de franchir la barrière de corail en même temps qu'une vague, si la houle le permet.
Teihotu Brando le fils de Marlon Brando y réside toujours.

Histoire : Remarqué par les premiers explorateurs de Tahiti, l'atoll de Tetiaroa a accueilli en 1789 trois déserteurs du Bounty. En 1904, la famille royale de Pomare de Tahiti donne l'atoll à un dentiste Johnston Walter Williams. C'est à la suite du tournage du film Les Révoltés du Bounty en 1965, que Marlon Brando fait l'acquisition de Tetiaroa, il y vivra jusqu'en 1990.
Aujourd'hui propriété des héritiers de Marlon Brandon, Tetiaroa s'oriente vers la réalisation de projets touristiques. Le petit hôtel rudimentaire (5 chambres, pas d'électricité, un filet d'eau et des moustiques) est aujourd'hui fermé, mais un vaste projet d'hôtel de luxe, nommé The Brando est en cours de réalisation.
Depuis octobre 2008, le promoteur Richard Bailey, P.D.G de Pacific Beachcomber, a obtenu l'autorisation d'effectuer de lourds travaux sur la barrière du récif, (notamment un quai) afin d’aménager les installations futures, provoquant des controverses, quant à la destruction de l'écosystème naturel et fragile de l'atoll.
Je voulais aller voir Tetiaroa avant l’arrivée massive des touristes, voir ces atolls déserts et inhabités.

6 h 30 je stationne Pistache dans les parcmètres de l’OPT à 100 mètres du ponton.
Sur le catamaran Vehia, (propriété de Jean Jacques Besson -casquette au centre de la photo ).

Beaucoup d’animation. Aujourd’hui une équipe de 10 plongeurs et 5 touristes. Les bouteilles d’oxygène sont chargées sur le bateau.

Un couple m’aborde. Marie-Hélène et Claude, des morbihanais ! Claude est médecin à la retraite et vient de terminer un mois de remplacement dans une clinique de Papeete.
Ils habitent sur le golfe du Morbihan à Novalo et repartent lundi soir pour la métropole. C’est leur deuxième séjour en PF. L’année dernière ils sont venus à Raiatea et Tahiti.

Claude s’installe à l’avant dans le filet. Marie Hélène et moi sommes quelques mètres plus loin.
Pendant les 3 heures du voyage aller, je bavarde avec Marie-Hélène.

Je ne m’attendais pas à parler du Morbihan ce dimanche 2 août à 7 heures du mat’ ! Cela fait du bien au moral !
Très vite le bateau prend de la vitesse. Des paquets de mer nous aspergent constamment et nous sommes totalement trempées ! Mais l’eau est chaude et dès 7 h 30. Je suis en maillot et le soleil et le vent commencent leur œuvre.
Ces 3 heures passent vite (même sans clopes !) et bientôt TERRE !

celle des atolls de Tetiaroa surgit en plein pacifique.

Il n’y a pas de passe, donc le zodiac nous débarque sur le motu. (Marie Hélène et bibi)

Le Vehia reste en deça de la barrière de corail.

Quand le zodiac franchit la barrière de corail, cela chahute quand même pas mal, mais c’est surtout pas le moment de prendre des photos !
Il est 10 h et des poussières. Le ciel est bleu de chez bleu Polynésie.

ma photo préférée : Il fait très chaud. L’équipage reste à bord pour s’occuper des 10 plongeurs.
Donc nous sommes seuls, les 5 non plongeurs, sur l’atoll. Le zodiac ne reviendra qu’à 15 heures nous récupérer.
Le programme : faire le tour de l’atoll Reiana, (2 heures de marche), pique nique et le tour du motu "île aux oiseaux". Interdiction formelle de pénétrer dans les atolls, car c’est une propriété privée. Seul le cordon littoral est autorisé et surtout ne pas déranger les oiseaux qui nichent au sol dans les branchages.

Un couple de jeunes vont de leur côté. Marie Hélène et Claude m’invitent à les accompagner. On accroche nos sacs dans les branches car le motu est infesté de rats.
Stop les bavardages, voici les photos de ces plages de rêve :

Des petits crabes cavalent sur les patates de corail, des gros dans les branchages.

Nous traversons le lagon avec juste l’appareil photo en main, vers l’île aux oiseaux.(tahuna iti).Des oiseaux par milliers ! Des fous, des sternes, des aigrettes.....

Ils deviennent agressifs si nous nous approchons trop près. L’atoll est à eux. Il y a de jeunes poussins et des œufs que les parents surveillent.

Il nous faut une bonne heure et demie pour faire le tour de l’atoll. Visions magnifiques de plage de sable fin et d’une végétation luxuriante. Et un soleil qui tape fort !

Ici les fruits du pandanus et des noix de coco énormes :

Plus aucune notion de l’heure, du temps (aucune montre)
Nous retournons sur le motu du départ ou nous avons laissés nos sacs.
Après un xeme bain,

nous croquons notre pique nique, car il est plus de midi. Voici notre plage de pique-nique et le motu aux oiseaux en haut à droite :

Les rats viennent déguster les miettes de notre repas avec un culot incroyable.
Il y a aussi plein de Bernard l'ermite, des petits et des plus gros.

On voit les coquillages qui cavalent sur la plage ! Ce sont les Bernard !
Nous repartons faire le tour de ce grand motu. Encore une bonne heure, pour finalement arrivés au point de rendez-vous à 14h45.
Au total c’est plus de 4 heures de marche, soit plus de 10 kilomètres de plages désertes et brûlantes !
Nous sommes cramés rouges, malgré les crèmes solaires. Re bain et le zodiac revient nous chercher.
Pendant les 3 heures du retour, complément de bronzage sur le catamaran, si besoin en était !


avec toujours des paquets de mer pour nous inonder. La dernière heure, le temps fraîchit, nous mettons les cirés.
Aucun incident à déplorer, et je n’ai pas eu le mal de mer, contrairement à certains jeunes plongeurs !
Arrivée sur le port de Papeete à la nuit tombée.

Tous nos vêtements sont trempés ! Pas grave ! Il fait encore chaud.!
Le dernier pot de l’amitié au bar le Rétro. Claude et Marie Hélène ont leur hôtel à 10 mètres.
L’ami Philippe nous rejoint. Grande évocation de souvenirs de pays de France et d’Outre Mer entre eux.
Claude et Marie Hélène s’envolent lundi soir pour Sarzeau et Philippe s’en va mardi pour Angoulème .
Je suis la seule à rester à Tahiti ! Mais pas de nostalgie, il me faut vite rentrer à Santa Anna ,pour commencer à trier toutes les 100 photos prises en ce merveilleux dimanche à Tetiaroa.
Oui parfois je rêve de revoir ma Bretagne, mais pour l’instant mon plaisir , c’est de vivre et de travailler au fenua.
Lundi, mardi, mes activités professionnelles ont pris la première place et je n’ai pas eu le temps de partager ce super dimanche en live sur mon blog.

J’espère que ces quelques photos vous auront donné l'envie de venir découvrir les beaux atolls déserts de Polynésie française.
Comme disait Marie Hélène, dimanche : «les photos cela ne suffit pas, il faut voir en vrai pour y croire "
Promis juré craché, toutes les photos sont du dimanche 2 août et même pas retouchées
Je crois avoir compris le sens de la formule «une ile de paradis ».
Ce dimanche ce n’était pas un rêve, mais une réalité ! Enfin !
Nana.

1 août 2009

Des chiffres qui interrogent !

J’ai commencé ma carrière administrative aux PTT à Nantes. (Je tairais l’année).
J’ai ensuite intégré le Ministère de l’économie et des finances (sous le Ministère Papon) dont dépendait l’INSEE. Je suis restée 3 ans au CNE (centre national d’exploitation) de Nantes sur diverses fonctions, dans un fameux immeuble de 18 étages bourré d’amiante, qui a été explosé en 2005.
Par la suite le concours d’entrée des IRA (Institut régional d’administration) m’a ouvert les portes du Ministère de la santé avec le concours d’IASS (inspecteur des affaires sanitaires et sociales). J’avais 25 ans.
En 2009, je suis toujours dans ce Ministère, en position de détachement administratif en Polynésie française désormais pour le meilleur ou pour le pire. (A vous d’en juger ! Vos avis m’intéressent ! )
Mon passage à l’INSEE a beaucoup compté.
J’ai découvert l’informatique des gros systèmes de l’époque, et surtout beaucoup appris dans le domaine des statistiques.
Malgré mon penchant inné pour l’écriture et la littérature, j’ai appris à aimer les chiffres et à prendre du plaisir à les analyser, à les faire parler.
Mes récents travaux m’ont amené à travailler avec un autre INSEE, celui de Polynésie, l’ISPf (Institut des statistiques de la Polynésie française) et à manier beaucoup de chiffres. Comme quoi la vie n’est qu’une boucle !
En étudiant les chiffres de la population des îles, j’ai découvert avec stupéfaction, les chiffres suivants sur les petites îles de Polynésie .

Voici les îles les moins peuplées (Recensement de 2007)
en ligne le deuxième nom, l'archipel, l'année de découverte, le nombre total d'habitants

Manuae Scilly ISLV 1773 - 24
Akamaru Gambier 1797 - 20
Maupihaa Mopelia ISLV 1767 - 9
Nengonengo Tuamotu 1767 - 9
Taravai Gambier 1797 - 7
Tauere Te Putua Tuamotu 1772 - 7
Nihiru Nigeri Tuamotu 1820 - 6
Taiaro Maro Taua Tuamotu 1835 - 4
Tetiaroa IDV 1789- 3
Kamaka Gambier ? - 1

IDV : Iles du vent (Tahiti et voisines)
ISVL : Iles sous le vent (Bora Bora et voisines)

Impressionnant ! Si voulez des détails sur la composition des populations allez voir le site www.ispf.pf
Voici quelques photos de ces atolls isolés (photos du net bien sur !) :

Manuae
Tauere Maupihaa
Taravai
Kamaka Nihiru
Imaginez les conditions de vie, de ravitaillement, de santé, de communication …… !
Pas d’électricité, ni de téléphone, et encore moins d’aérodrome.
Ces îles sont à plusieurs heures de bateau de leurs voisines. La vie y est très précaire.
Certaines îles, ne voient un dentiste que tous les 3 ans et encore !
Ce n’est qu’un exemple ! Je vous laisse imaginez le reste !

Plein d'iles de moins de 100 habitants. Un exemple Hereheretue (58 habs) à 20 heures de goélette de l'île la plus proche ! Il y a cependant un poste de secours (rudimentaire). C'est le plus bel atoll de Polynésie, mais il vaut mieux être en bonne santé pour y vivre !

Quelle belle leçon d’humilité !
Cessez de pleurez quand le net, l’EDF, le phone, tombent en rideau ,ou que votre bagnole est en panne. Demandez-vous comment vivent ces polynésiens en plein milieu du Pacifique Sud ? et ce depuis des siècles !

Il reste une bonne soixantaine d’îles inhabitées en Polynésie, ou vous ne connaîtrez plus vos soucis modernes, et qui vous attendent. (pas d’impôts, pas d’huissier, pas de facture, car pas de facteur ! )
Il y a toujours des Robinson Crusoë en Polynésie. Cela donne à réfléchir et à rêver d’une autre vie ! même en 2009 !

Les expériences médiatiques de quelques personnages solitaires, sur-équipés de radio et appareils dernier cri, et tout le toutim médicamenteux, ne m'impressionnent vraiment plus du tout.

Au fait, Clipperton est une île de la Polynésie française ! Le saviez-vous ?
4 mois pour installer le matos de JL Etienne !
Inutile de dépenser tout ce fric, il aurait mieux fait d'aller pêcher à Kamaka, ainsi le Robinson présent aurait eu un peu de visite au moins !
Mais Bof ! TV Buissness oblige ! et Kamaka cela ne sonne pas aussi bien que Clipperton !
Moi j'irais à Kamaka, pas à Clipperton, truffé de caméras !

Par contre si je m'installe à Maupihaa, c'est la fin du blog ! C'est clair !

C'était juste pour vous dire que la Polynésie ce n'est pas que Tahiti et Bora-Bora !
mais une très belle diversité époustouflante à plein d'égards.
Tout ce que les touristes pressés ne voient pas ! Dommage !

Proximité des soins pour tous ? Quel casse-tête insoluble ! Pas en Polynésie ! impossible !
Si vous avez des idées, je suis à l'écoute !

Faites de beaux rêves d'atolls inhabités et de jolies plages désertes !
Elles existent encore en Polynésie ! et vous attendent !

Nana


Ma plage préférée, plage Toaroto à Punaauia

A 10 minutes de Papeete, sur le littoral de Punaauia, une belle plage publique, juste après celle du grand hôtel Méridien.

Depuis quelques week-ends, j’y ai pris mes habitudes et je m’y rends au moins une heure le samedi matin et le dimanche matin, entre 10 et 13 h.
Je me suis presque imposée ces quelques heures de repos sur la playa, car sinon j’ai toujours mille idées et plans pour le week-end et je ne me repose pas du tout !
Voici l’entrée de la plage (50 mètres de chemin ombragé depuis le parking )

Vue sur ma droite et vue sur ma gauche.

Peu de monde ce samedi ! Le clapotis des vagues du lagon m’a d’ailleurs endormie 30 minutes.! Il était temps de tourner le grill de la rôtissoire ! J’ai les fesses bien rouges !
Une voisine a proposé de me prendre en photo, mais vu la minceur du mini string de bronzage, la pudeur m’interdit de la publier ici !
Jamais seule dans le bain, les poissons sont bien là et viennent me dire bonjour à leur manière.

Au début cela me gênait pour nager, maintenant je trouve cela très rigolo et avec masque et tuba je mets la tête sous l’eau pour les admirer.

Les quelques habitués de la plage me reconnaissent et me saluent.
J’ai repéré aussi les meilleurs coins pour y déposer ma serviette et ceux pour aller me baigner.
Ce samedi 1er août l’air était à 31° C mais l’eau ne dépassait pas les 23°. Un peu frisquet quand même, mais une fois dedans cela va !
C’est pas pire qu’une baignade à Kerlouan (Nord Finistère) en plein mois d’août ! (j'y suis allée 4 fois une semaine en vacances, j'adore Kerlouan) . Mais ces plus 25° toute l’année nous rendent frileux. Le corps n'aime pas les changements lorsque les habitudes sont prises.
Aie Aie quand je vais revoir ma Bretagne ! Préparez les bûches dans le feu et les pulls triple épaisseur ! Quoique avec le réchauffement climatique on ne sait jamais !
Sur cette plage, entre deux bains, je me repose, je bronze, je lis ou je bavarde avec quelques voisines de bronzage.
Il y a un parking ombragé pour Pistache, des toilettes (toujours très propres) et des douches en sortie de plage.
Rien d’extraordinaire, seulement mes heures de plage du week-end à Toaroto (PK 15).
Pas besoin de cabines de bronzage à Tahiti ! seulement le soleil pour témoin.
Nana