11 novembre 2009

Moerai, le village calme de Rurutu

Le village principal de Moerai, 1089 habitants, situé au nord-est de l’île, face à une passe, aux fare blancs et bleus et aux jardins fleuris, comporte deux particularités :

- Le tiki, statue gigantesque du dieu A’a, copie dont l’original se trouve au British Museum de Londres, exposé dans une des salles de la mairie (fermée lors de notre passage).

- dans le cimetière proche,

la tombe du navigateur Eric de Bisschop (1891-1958) qui aimait beaucoup Rurutu.

C’est un village très calme et les jardins sont très propres et fleuris.
Ici de la monette rouge très rare (à Tahiti elle est jaune).

On retrouve les bâtiments habituels, dispensaire, gendarmerie, (4 gendarmes à 10 mètres de l'océan, on peut trouver pire comme emplacement !)

la mairie,

OPT, avec cette belle carte de l'île en façade,

le temple (90 % de protestants)

et l’église plus discrète, ainsi quelques magasins ou l’on trouve de tout.
Liliane a cassé ses tongs et moi j’ai besoin de piles pour l’appareil photos. On trouve tout cela facilement chez Marcel.


Il y a aussi cette quincaillerie improvisée du bord de mer. (photo prise dimanche, la marchandise ne reviendra que lundi matin sur les étals)

Il y a de l’animation ce week-end car une association de mama de Manihi (archipel des Tuamotu ) est venue en visite à Rurutu.
Vendredi soir et samedi soir, il y a un maa’a communautaire en plein air, suivi d’une bringue (la fête en Polynésie).
Des tentes sont également installées pour y exposer tous les produits de l’artisanat local.

Nous avions aussi visité la petite expo à l’aéroport, et essayé les magnifiques chapeaux.

Non décidement non, je n'ai pas une tête à chapeau !

Véritable savoir-faire des mama de Rurutu, le tressage donne vie à des nattes, chapeaux, paniers, à partir des feuilles de pandanus et autres petits accessoires de décoration, tels les coquillages. Tout le monde travaille même les jeunes .

Parfois il faut laisser l'ouvrage pour consoler le bébé.

La finesse des tressages est remarquable.
Les colliers marient graines et coquillages.

Moerai est aussi l’île de l’abondance. Dans de larges tarodières bien irriguées, poussent de délicieux taro rouges.

Voici quelques spécialités de Rurutu qu’il convient de connaître .

Le me (mé) : Introduit par les missionnaires protestants, le me est l’occasion pour l’église de recueillir des fonds. L’objectif chaque année est de recueillir davantage que l’année précédente. Curieusement, les dons ne sont pas anonymes. l‘ouverture des enveloppes contenant les dons se fait en public et le don est compté et annoncé haut et fort.

Le tere (téré) : Cette fête traditionnelle survient au début la première semaine de janvier.
Chaque village, l’un après l’autre, va recevoir tous ceux de l’île qui le veulent. Cela commence dans chaque village par la visite des maisons. Tout le monde est invité, mais vient qui veut.

Le lever de Pierre : Amora’a ofai : Le lever de pierre est peut-être l’activité la plus représentative de Rurutu. J’en ai parlé lors des fêtes du Heiva en juillet au musée des îles de Tahiti. (article du 18 juillet 2009)

Le maa du dimanche
Les familles de Rurutu respectent strictement l’absence de tout travail le dimanche comme le stipule leur religion. Du coup, chaque famille prépare le samedi le maa pour le lendemain. Il s’agit de préparer des mets traditionnels cuits au four tahitien.
Epluchage et cuisson des taros, préparation de la popoi, découpe du poulet, du cochon, enveloppe des poissons dans des feuilles,…. Puis tout est mis à cuire dans le four traditionnel.
Ainsi, le dimanche, on pourra se régaler sans avoir à préparer la cuisine. Quant à la vaisselle, elle sera limitée, la feuille de bananier servant le plus souvent d’assiette.
Enfin une religion qui reconnait que faire la cuisine est un vrai travail !

Nous ne croiserons que 4 touristes (qui sont au manotel) au snack chinois du village.
Les habitants sont très accueillants et calmes.

Comme la vie semble douce et paisible à Moerai dans l’île de Rurutu.

Le samedi c’est tour de l’île en bateau le matin, et grottes l’après midi. Beau programme.
A suivre.

Tour de la baie de Moerai à vélo

Une heure après notre arrivée à l’hôtel, nous enfourchons les vélos et pédalons vers le bourg de Moerai à 6 km.

La route longe le littoral et la baie de Moerai.

Je complète les informations sur Rurutu. :
L’île fait 36 km2 et 35 km de circonférence, 10 km de long sur 5 km de large.
Il y a 2182 habitants, répartis dans 3 villages, Moerai, le plus important au nord, Avera à l’ouest et Auti à l’est.

Seule la partie nord de la route de ceinture est bétonnée de Avera à Auti en passant par Moerai, Pour la partie sud, c’est une piste caillouteuse, praticable qu’en 4 x 4 .

Il existe aussi une route traversière de Avera à Moerai,qui passe par les hauts plateaux et la montagne Manureva, dont le sommet culmine à 389m au Mont Taatioe.

Avec Rimatara, la commune de Rurutu est la dernière île de Polynésie à être devenue française en 1935 (protectorat en 1889 et colonie en 1900)
L’île s’appelait autrefois ETEROA.

Les paysages sont variés : sommets émoussés, dénudés ou plantés de pin des Caraïbes, petites vallées verdoyantes. Il y a peu de cocotiers, en raison du climat plus froid qu’à Tahiti. Il y a beaucoup de pandanus, de aito ( arbre de fer, appelé ici toa qui veut dire guerrier), de riri (appelé poireau, de son nom botanique crinum asiaticum)….

Mais ce qui caractèrise Rurutu, ce sont les hautes falaises calcaires grisâtres trouées de nombreuses grottes.

Les pandanus et leurs racines n'ont pas le vertige !
Pour les passionnés de géologie, voici l’explication des hautes falaises coralliennes de Rurutu.

Nous faisons de nombreux arrêts photos.

L’île est entourée par un récif frangeant percé de rares passes étroites. Il n’y a pas de lagon mais quelques bassins.Ici un aito a poussé sur la platier. Nous décidons de le nommer sapin de noël des Australes et nous en servir en carte postale de Noël .

Les plages de sable fin sont désertes,

sauf ici un cheval se repose à l’ombre des pandanus.

Parfois quelques cotes, alors nous descendons de nos montures.

Il fait très chaud.
Nous admirons la limpidité de l’océan.

Les fonds de Rurutu sont réputés pour être très clairs.

On distingue très bien les patates de corail sous 3 et 4 mètres d’eau.

Nous regardons ces falaises trouées comme un gruyère.
Je vous parlerais des grottes dans un autre article, car nous avons fait une visite spéciale grottes.

Nous rentrons par le port de Moreai. 3 ou 4 bateaux sont à l’abri derrière les digues cimentées. Un pêcheur rentre au port.

Nous attendons qu’il débarque et surprise, il a pêché un mahi mahi (prononcez maille, maille) de plus d’un mètre de long.
Une ribambelle d’enfants s’est soudainement rassemblée sur le quai. Le pêcheur accepte de poser pour la photo.

Le mahi mahi est un délicieux poisson, très goûté, aussi bon qu’un bar breton.

Il a aussi une glacière pleine de poissons. Tout a été pêché à la ligne.
Il est 16 h30, nous rentrons à l’hôtel, sous un soleil de plomb qui ne semble pas vouloir décliner.

Les mollets sont bien contractés après ces 4 heures de pédalage !
Un bain à la plage de l’hôtel est le bienvenu.
Sur la plage, nous continuons nos cueillettes de coquillages en attendant notre premier coucher de soleil à Rurutu. (vers 18h 30).
Le voici :

Dès que le soleil se couche et que la nuit tombe, la température descend de plusieurs degrés très vite. Zut j’ai oublié ma petite laine ! Un paréo fera l’affaire.

A 21 heures, après le dîner, nous prenons nos épaisses couvertures de laine, et nous rentrons à notre fare. ça caille ! Je mets 2 couvertures et m’entoure de mon paréo.
L’océan tout proche gronde et on entend les grosses vagues rouler avec fracas.

Transies de froid dans nos couvertures polaires, nous nous endormons très vite, car nous sommes debout depuis 4 h 30 du matin. 2 heures d'avion et 4 heures de vélo ça use ! C’est cela le rythme polynésien. !

Dans le prochain article , je vous présente Moerai et les grottes de Rurutu.
Je vais rêver longtemps encore de Rurutu, et du bleu austral de l'océan.
C'est trop beau !
A suivre.

10 novembre 2009

Le jardin de l'hôtel Rurutu

Nous séjournons au Lodge Rurutu, situé à Vitaria (côte ouest) à 1 km de l’aéroport et à 6 kms du village principal, Moerai.

Avant de partir en balade à vélo sur le littoral de Moerai, vendredi après-midi, juste quelques mots et photos sur notre lieu de séjour.

L’hôtel comprend plusieurs fare individuels dans un parc de plus de 3 hectares.
Il a été créé en 1980, puis changement de propriétaire en 1997.
Quelques années de fermeture et il a ré-ouvert il y a 4 ans, mais reste encore l'ombre de lui même ! avec des travaux de rénovation bâclés. La piscine est OFF depuis 12 ans et pourtant certains sites web la cite encore !
Nous avons rencontré Madeleine, 78 ans, une parisienne, première propriétaire et fondatrice de l’hôtel, qui vit toujours dans un joli fare à proximité.
Elle peint de superbes aquarelles et conserve la nostalgie des belles années de son hôtel avec son tane rurutu. Rencontre très émouvante.

Le confort et la propreté de notre fare, ne posent pas trop de souci, mais le service de restauration laisse beaucoup à désirer.
Le responsable était absent. Le personnel quasi invisible fut souvent défaillant ! Nous avons vraiment l’impression de déranger !
Dès lundi matin, quelques mails de réclamation ont été adressés. Cet établissement se targue sur son site d'être le seul hôtel des Australes.
Il existe à Rurutu, d'autres lieux plus acueillants qui n'ont pas ce libellé factice et ronflant d'hôtel lodge.
Je vous déconseille fortement cet hôtel de Rurutu.

Rurutu est trop belle pour s’arrêter au loupé de cet hôtel fantôme et laissé à l'abandon, par des investisseurs peu scrupuleux. Une honte pour le tourisme aux iles Australes !
Nous n’étions que 4 clients ce week-end, totalement abandonnés par le gérant qui avait mieux à faire ailleurs, après avoir encaissé nos séjours prépayés le voyou ! Scandaleux et irrespectueux.
Il y aussi beaucoup de marchands de sommeil en Polynésie, qui ont investi sans bourse délier, grâce à cette loi scélérate de la défiscalisation. Au lodge Rurutu, c'est une fois mais pas deux et on passe le mot aux amis.
On ne m'y reprendra plus ! foi de bretonne !
Enfin passons !
Les fare sont dans un parc de verdure luxuriant, mais hélas très mal entretenu, ce qui lui donne un air encore plus sauvage.
Voici quelques photos de ce parc ou se mêlent en désorde, bougainvillés, hibiscus, plumbago, pandanus, cactus et palmier nain.
* Nous oublions les herbes folles et le reste, car la météo est de notre côté.
Enorme cette fleur d'hibiscus ! Si je la mets à l'oreille, j'aurais l'air radar !

Voici un cactus en pleine forme !

et de jolis bougainvillées roses

Le petit déjeuner à 7 h 30 sur la terrasse samedi matin. Il fait déjà très chaud !

Les fare sont en accès direct sur une belle plage de sable fin

Les coraux d’un blanc neige tapissent la plage. Une couleur jamais vue auparavant.

Quelques beaux coquillages aussi, dont de jolies porcelaines. (2 ou 3 kg feront le voyage dimanche soir pour Papeete dans ma valise ).
La mer est basse vers 6 heures le matin et laisse à découvert les patates de corail.

Vers 12 heures elles seront complètement recouvertes. Il y a des marées aux Iles Australes.
Vite, filons découvrir Rurutu, et Moerai à vélo pour commencer.
Encore plein de choses à vous faire découvrir.
Une mauvaise chute à Raiatea le week-end dernier va me faire regretter d’avoir fait du vélo à Rurutu, car je douille avec un épanchement de synovie sur le genou gauche (une bursite) !
Tant que cela ne m'empêche pas de bloguer, c'est bon.
Promis on pédale dans l'article suivant au raz des falaises de Rurutu !
Vous me suivez toujours ?
Nana

9 novembre 2009

l'arrivée à Rurutū, l'île aux baleines

L'île de Rurutu, d'une surface d'environ 32 km2, est située à 572 km au sud de Tahiti dans l’archipel des îles Australes.
Les habitués du blog, savent que cela se prononce Rouroutou. le u c'est ou, pas de son u ici.
Rurutu signifie avancer (réussir) ensemble.
Liliane, Vanessa sa fille, et moi, sommes à l’aéroport de Faa’a ,le vendredi 6 novembre 2009 à 5 h15. Notre vol pour Rurutu est à 6 h 15. Je suis sur pieds depuis 4 H 30.
L'aéroport est très animé. J'aime ces départs matinaux vers les îles. Un nouveau paradis à découvrir c’est toujours très excitant.
Pour une fois, notre avion prend du retard. Nous décollons qu’à 6 h40.
Liliane, qui vit en Polynésie depuis plus de 35 ans, ne connaît par les îles Australes. Sa fille Vanessa, étudiante de 22 ans, non plus. Et moi bien sur, encore moins !
Depuis notre séjour magique à Tikehau (archipel des Tuamotu en fin septembre), je n’ai pas eu beaucoup de mal à convaincre mon amie Lili à m’accompagner dans ma découverte d’une île de l’archipel des Australes.
Dans l’avion j’achète un jeu des 7 familles pour mes tikis et je regarde pendant une heure et demie le grand bleu, le moana. Il me fascine.
Notre avion s’arrête à l’île de Rimatara, (pas terrible ma photo aérienne, mais j'étais mal placée, pas grave je vais revenir à Rimatara)

et repart vers Rurutu. 15 minutes plus tard, nous y sommes enfin.

Comme c’est devenu une habitude, la photo devant la pancarte de l’aéroport est devenue un classique.Je suis habillée locale et j'adore me vétir de ces robes colorées.
Les couronnes de fleurs entourent nos cous très vite.

Elles sentent bon le riri. (C'est une spécialité de Rurutu. les boucles blanches sont des lamelles de racine de cette plante, dénommée aussi poireau. Donc c'est du blanc de poireau que nous portons !)

Il fait grand bleu. Quelle joie d’être aux Australes, ces îles si éloignées de Papeete, ou tout est si différent. Voici le paysage que nous découvrons à l'entrée de notre fare.

Le rêve commence. J'ai hâte de découvrir les splendeurs et les mystères de Rurutu.
Nos 3 jours à Rurutu font faire l’objet de plusieurs articles dans le blog.
Voici le programme pour les prochains jours :
- Échappée à vélo vers Moerai (le village principal ) et ses falaises
- Visite de Moerai et aux reines du tressage
- Tour de l’île de Rurutu par l’océan (en bonitier samedi matin avec Pierre le pêcheur )
- Tour de l’île de Rurutu par les terres et les grottes (en 4x4 dimanche matin avec Gisèle, une vraie Rurutu)
Tout un programme ! 800 photos à nous deux ! pas facile de trier.
N’oublions pas non plus que je bosse et que le blog passe après malgré tout !
Je vous promets de faire le maximum et de terminer mercredi 11 novembre (jour férié) au plus tard.
A Rurutu, j’y retournerais, c’est certain, car j’ai découvert un autre visage de la Polynésie et des habitants très accueillants.
J’ai retrouvé ma Bretagne et ses falaises. Mais aussi de très belles légendes (comme en Bretagne !).
Les rurutu ont leur langage, leur mode de vie, très différent de celui des tahitiens.
La suite va vous le démontrer.
Laissez moi juste le temps de rassembler mes souvenirs, de trier les meilleures photos, pour mieux tout vous retranscrire en léger différé.
Chaque île m’apprend, me transforme.
Telle une enfant curieuse, je découvre la Polynésie par petites doses et je veux tout retenir, tout savoir, tout comprendre, ne jamais oublier et surtout, vous faire partager.
Puissent mes modestes mots de ce blog, vous apporter de la joie (oa oa) et du soleil dans votre hiver en métropole.
A très vite la suite, c'est promis.
Nana