14 novembre 2009

Pistache la bretonne,

Les véhicules n’arborent aucun autocollant à Tahiti.
J’ai eu l’idée d’en offrir un à ma petite twingo verte qui n'ira jamais en Bretagne.
J’ai reçu un courrier de Lorient, avec une dizaine d’adhésifs de l’association Breizh-Polynésia.
Voilà ce que cela donne sur mon bolide

Ainsi je ne peux plus la perdre dans le parking du grand Carrefour de Punaauia, ma copine bretonisée.
Merci Breizh Polynésia.
Kenavo.

13 novembre 2009

Le cœur de Rurutu, avec Gisèle .

Nous sirotions une citronnade chez Madeleine (l’ancienne propriétaire de l’hôtel), lorsqu’après des dizaines d’appel au vini, Gisèle arrive pour nous faire visiter le Rurutu sauvage, celui de la brousse, le vrai Rurutu, en lieu et place de notre guide défaillant.

A chaque arrêt, Gisèle nous raconte la légende de l’endroit.
Je connaissais les légendes de la forêt de Brocéliande, désormais je me passionne pour celles des iles de la Polynésie.

Impossible de tout retenir. Elle est intarissable. Je prends des notes dans le calepin.
Hélas, 8 jours après, impossible de retrouver les feuillets !

Alors c’est de mémoire, avec l’appui des photos.
Mais c'est encore si présent dans mon souvenir.

Nous découvrons les belles tarodières des vallées.


Rurutu est île d'abondance. Citrons, pamplemousses, mandarines, oranges, ananas, papayes, bananes, s'échangent entre voisins, car le fret pour Tahiti reste encore trop cher, pas ou mal organisé.
Alors ce sont les cochons qui se régalent avec les surplus.
Je connaissais les cochons de lait de Bretagne, ici ce sont les cochons nourris aux fruits tropicaux !
Vous reconnaissez le temple du village d’Auti (cote est) ?

C’est du tout neuf et au même endroit que l’ancien qui avait trop souffert aux derniers cyclones.

Nous passons devant le fare de la tante de Gisèle, Pare Walker, écrivain très connue aux Australes.

La piste caillouteuse s’enfonce dans les collines.
Gisèle stoppe devant cet arbre plein de succulents litchis.

Elle nous conduit vers les vestiges de ce marae ancestral, le premier de l'île.

Pas très loin , elle nous fait découvrir une plage de rêve.

La photo ne peut pas vraiment traduire le bleu vert lumineux de cette eau.

Dans les collines, des plantations de caféiers.

Nous avons goûté à ce café de Rurutu au parfum indescriptible.
Gisèle est une enseignante à la retraite et son mari est conteur.
Il nous faudrait des jours et des jours pour écouter tout ce qu'elle a à dire sur son île.
C'est une passionnée.
Le tour de l'île, se termine chez Gisèle devant un petit café .

Dans moins d'un an, sa pension avec snack (en construction) sera opérationnelle.
Alors avis aux voyageurs, allez donc chez Gisèle en 2010. ( 400 m de l'aéroport). J'ai déjà réservé !
Merci à Gisèle pour cette culture Rurutu de ce dimanche de novembre 2009.

A 15 h nous retrouvons l'aéroport, et les mama de Manihi, couronnées de fleurs et dans un vacarme sympathique et entrainant d'ukulélé. Quelle ambiance !
A croire que tous les Rurutu se sont donnés rendez vous à l'aéroport ce dimanche après-midi !

Le départ d'une île est toujours déchirant, mais celui de Rurutu m'a tiré des larmes.
Comme elle est belle cette île Australe !
J'espère aller voir ses soeurs (Tubuai, Rimatara, Raivavae et la mystérieuse Rapa).

C'est fini ! Vous avez tout de mon séjour à Rurutu, la belle Australe aux baleines à bosse.

Cet article est dédié à Gisèle Tavita, notre merveilleuse guide de Rurutu.
Nana.

12 novembre 2009

Tour de Rurutu, par l’océan

Samedi matin, après le petit dej, Marie, la prof d’anglais, remplaçante bénévole du gérant fantôme de notre hôtel, nous conduit en 4x4, au petit village d’Avera (côte ouest).
Auparavant, nous empruntons la route traversière pour Moerai, et embarquons avec nous Laure, une jeune prof du collège de Rurutu, copine de Marie, qui fera la balade en mer.

Pierre, le pêcheur nous attend au petit port, accompagné de sa fille.

Donc nos sommes huit à prendre le large dans le bonitier.
Jolie mais fatiguée la digue du port d'Avera !

Pierre nous prévient des chaos lors du passage du récif, car il n'y a pas vraiment de passe.
Ca remue en effet !

Nous allons faire le tour de l’île dans le sens inverse des aiguilles d'une montre.

L’océan est calme, mais après 15 minutes de mer,
Lili et Vanessa préfèrent s’allonger dans le bonitier car le mal de mer commence à se fait sentir.

Le soleil brille un max.
Nous sommes tous en maillot, sauf Pierre notre pilote qui a un bonnet de laine et un sweet à manches longues !
Nous croisons un pêcheur solitaire qui rentre au port.

Les côtes sont belles, magiques, désertes et sauvages.

Les vagues roulent à une vitesse impressionnante sur les plages et se brisent sur les falaises.

Vues magnifiques sur les grottes.

Ici le village d'Auti, avec le toit rouge de son temple tout neuf

Soudain Laure s’écrie "saut de baleine, droit devant"-"Ok vu ", mais même pas le temps de cliquer !
Rurutu c’est l’île aux baleines, mais c’est encore raté pour la photo !
Pas grave ! Je reviendrais !
Nous avons presque terminé notre tour.
Vous reconnaissez la route où nous avons pédalé, et la grotte rouge ?

Ici nous passons le village de Moerai

Voici la plage de notre hôtel, là même où nous nous sommes baignées hier.

Après une balade en mer de plus de 2 heures, assoiffées et affamées nous rentrons à Avera.

Le 4 x 4 nous attend sur le quai.

Marie nous dépose au snack chinois de Moerai, ou nous ferons un déjeuner sympa chez une ancienne élève de Lili qui l’a reconnue la veille.
Elle avait 8 ans et était en classe à Papeete, avec Madame Liliane. Aujourd’hui elle a en 28, est revenue vivre à Rurutu, a 2 enfants et tient le snack chinois de Moerai.
Lili est très émue de ces retrouvailles inopinées. Une photo s’impose.

Comme le temps et les années passent vite !
La Polynésie est une découverte permanente, même pour les polynésiens.
Nems délicieux, beignets de crabe et canard laqué EXTRA !
Marie revient nous chercher et nous reprendrons les vélos pour d'autres découvertes.
Un dernier article pour découvrir la piste par l'intérieur de l'île.
A suivre.

Les grottes de Rurutu

Impressionnantes, les hautes falaises grisâtres perforées de nombreuses cavités plus ou moins vastes. A Rurutu, chaque grotte a sa légende.

De jolies fleurs jaunes à l'entrée d'une grotte décorent ce lugubre décor.
Jolies fleurs pas exigeantes qui poussent dans la rocaille.

Depuis leur émersion, les anciens récifs coralliens ont subi l’érosion intense des pluies tropicales chargées d’acide d‘origine organique.

Au fil des millénaires, ces eaux acides se sont infiltrées, élargissant de petites fissures, creusant des gouffres, des galeries, où se sont formées de nombreuses concrétions de calcite, stalactites et stalagmites.
Si certaines grottes sont visibles sans difficulté et d’accès aisé, il en est d’autres qui sont bien cachées et que seul, un guide expérimenté peut faire découvrir.

Rurutu est un paradis pour les spéléologues.

À proximité de notre hôtel se trouve la grotteAna A’eo”, dite aussi grotte Mitterrand (qui y est venu en 1990).
C’est la plus grande et la plus spectaculaire avec une forêt de stalagmites et colonnes aux formes étranges.
Nous avons repris nos montures à pédales samedi après midi et avons visité cette immense grotte, toutes seules comme des grandes.
Pas évident les photos dans les grottes! C'est plus facile de photographier le grand bleu !
Magnifiques plantes, nommées oreilles d'éléphant à l'entrée.

Nous devions visiter le dimanche matin une autre grotte en bordure d’océan, mais là c’est guide obligatoire.
Hélas, notre guide a fait la bringue le samedi et ne s’est pas pointé au rendez-vous fixé.

Nous avons galèré pour trouver une locale qui nous fasse faire le tour de l’île en 4x4.
Nous avons trouvé Gisèle, une amoureuse de Rurutu.
Lorsque nous sommes arrivées à la hauteur de la fameuse grotte, la marée était trop haute et c’était dangereux voire impossible d’y pénétrer.

Je reviendrais à Rurutu plusieurs jours pour découvrir à la pointe Arei, la grotte de Peva, et à proximité du mont Manureva, la grotte de Hina, ogresse légendaire, et celle de Mo’o, lézard géant, sur le flanc de la montagne, face au plateau Tetuanui.

La balade avec Gisèle c’est un prochain article.
Puisque nous sommes samedi soir, voici notre 2eme coucher de soleil à Rurutu. Une apothéose !

Lorsque le soleil est tombé dans l'eau, avec Lili, nous avons vu le rayon vert, celui qui est impossible de prendre en photo, car il dure une micro seconde.

Hélas il n’y en aura pas 3, car demain le manureva (avion = oiseau : manu, reva : voyage), nous ramène à Tahiti - Décollage à 16 h 15.
Alors profitons en au maximum de ce soleil rouge des belles Australes .
A suivre.

11 novembre 2009

Moerai, le village calme de Rurutu

Le village principal de Moerai, 1089 habitants, situé au nord-est de l’île, face à une passe, aux fare blancs et bleus et aux jardins fleuris, comporte deux particularités :

- Le tiki, statue gigantesque du dieu A’a, copie dont l’original se trouve au British Museum de Londres, exposé dans une des salles de la mairie (fermée lors de notre passage).

- dans le cimetière proche,

la tombe du navigateur Eric de Bisschop (1891-1958) qui aimait beaucoup Rurutu.

C’est un village très calme et les jardins sont très propres et fleuris.
Ici de la monette rouge très rare (à Tahiti elle est jaune).

On retrouve les bâtiments habituels, dispensaire, gendarmerie, (4 gendarmes à 10 mètres de l'océan, on peut trouver pire comme emplacement !)

la mairie,

OPT, avec cette belle carte de l'île en façade,

le temple (90 % de protestants)

et l’église plus discrète, ainsi quelques magasins ou l’on trouve de tout.
Liliane a cassé ses tongs et moi j’ai besoin de piles pour l’appareil photos. On trouve tout cela facilement chez Marcel.


Il y a aussi cette quincaillerie improvisée du bord de mer. (photo prise dimanche, la marchandise ne reviendra que lundi matin sur les étals)

Il y a de l’animation ce week-end car une association de mama de Manihi (archipel des Tuamotu ) est venue en visite à Rurutu.
Vendredi soir et samedi soir, il y a un maa’a communautaire en plein air, suivi d’une bringue (la fête en Polynésie).
Des tentes sont également installées pour y exposer tous les produits de l’artisanat local.

Nous avions aussi visité la petite expo à l’aéroport, et essayé les magnifiques chapeaux.

Non décidement non, je n'ai pas une tête à chapeau !

Véritable savoir-faire des mama de Rurutu, le tressage donne vie à des nattes, chapeaux, paniers, à partir des feuilles de pandanus et autres petits accessoires de décoration, tels les coquillages. Tout le monde travaille même les jeunes .

Parfois il faut laisser l'ouvrage pour consoler le bébé.

La finesse des tressages est remarquable.
Les colliers marient graines et coquillages.

Moerai est aussi l’île de l’abondance. Dans de larges tarodières bien irriguées, poussent de délicieux taro rouges.

Voici quelques spécialités de Rurutu qu’il convient de connaître .

Le me (mé) : Introduit par les missionnaires protestants, le me est l’occasion pour l’église de recueillir des fonds. L’objectif chaque année est de recueillir davantage que l’année précédente. Curieusement, les dons ne sont pas anonymes. l‘ouverture des enveloppes contenant les dons se fait en public et le don est compté et annoncé haut et fort.

Le tere (téré) : Cette fête traditionnelle survient au début la première semaine de janvier.
Chaque village, l’un après l’autre, va recevoir tous ceux de l’île qui le veulent. Cela commence dans chaque village par la visite des maisons. Tout le monde est invité, mais vient qui veut.

Le lever de Pierre : Amora’a ofai : Le lever de pierre est peut-être l’activité la plus représentative de Rurutu. J’en ai parlé lors des fêtes du Heiva en juillet au musée des îles de Tahiti. (article du 18 juillet 2009)

Le maa du dimanche
Les familles de Rurutu respectent strictement l’absence de tout travail le dimanche comme le stipule leur religion. Du coup, chaque famille prépare le samedi le maa pour le lendemain. Il s’agit de préparer des mets traditionnels cuits au four tahitien.
Epluchage et cuisson des taros, préparation de la popoi, découpe du poulet, du cochon, enveloppe des poissons dans des feuilles,…. Puis tout est mis à cuire dans le four traditionnel.
Ainsi, le dimanche, on pourra se régaler sans avoir à préparer la cuisine. Quant à la vaisselle, elle sera limitée, la feuille de bananier servant le plus souvent d’assiette.
Enfin une religion qui reconnait que faire la cuisine est un vrai travail !

Nous ne croiserons que 4 touristes (qui sont au manotel) au snack chinois du village.
Les habitants sont très accueillants et calmes.

Comme la vie semble douce et paisible à Moerai dans l’île de Rurutu.

Le samedi c’est tour de l’île en bateau le matin, et grottes l’après midi. Beau programme.
A suivre.