14 avril 2012

Les chaussettes de Tahiti

Petit tour à la grande foire commerciale, place Toata. Comme d'habitude ce stand a du succès . Tahiti a froid aux pieds quand le thermomêtre descend à 19 °degrés, en juillet, dur hiver austral ! Pas vu un seul bikini ! Achetez vite vos stocks de chaussettes à la foire.

13 avril 2012

Grande journée de pêche sur le lagon d'Anaa

Samedi matin, nous sommes 7 avec Hio, à partir en pêche, Joël et sa fille Loveina, Tony, son épouse et leur fiston Manea âgé de 3 ans. Nous avons pris le parapluie Vini pour le soleil, mais en fait il va servir pour un bon grain de pluie. Nous longeons les feo (rochers) Nous débarquons à Otepipi où les vahine profitent de la baignade. Les tane sont à la pêche au filet.

Loveina vide les poissons et Manea vérifie la pêche. Joël peut commencer la grillade. Délicieux mulet dégusté dans une grande feuille de kahia !
Après déjeuner, nous reprenons notre navigation lagonaire. Joël et Loveina vont chercher des Bernard sur le motu. 5 minutes après ils sont déjà de retour. Il faut casser les coquilles et sortir les Bernard. Ils vont servir d’appât à la pêche à la ligne. C’est le tour des femmes de pêcher. La maman de Manea prend la canne et explique à son bout de chou très curieux, les techniques de pêche. Il pose plein de questions, veut tout voir tout savoir. Loveina lève une touche toutes les 2 minutes. C’est incroyable ! Ce sont des Vivaneaux. Manea sort un poisson mais hélas un bébé. Nous lui expliquons qu’il est trop jeune et qu’il faut le relâcher. Ce qu’il fait volontiers en lui disant de retourner chez sa maman. Il décide que nous ne pêcherons que les papy et les mamy. Et pourquoi ? Car ils ne font plus de bébés. C’est fou comme il est logique ce Manea !
Arrivés à la pension, Manea contrôle le lavage des poissons. Après diner il ne tardera à s’écrouler dans les bras de Morphée en rêvant de sa première pêche à Anaa. Dimanche soir, Loveina et les tane vont en pêche sur le récif vers 19 h. Ils reviennent avec une trentaine de superbes rougets. Loveina est très fière de sa pêche et elle le peut ! Manea doit rêver encore aux poissons bébés qui deviendront grands et qu’il saura désormais pêcher, pour avoir appris avec sa maman, un week end de Pâques à Anaa. Un joli coucher de soleil endort l'atolA suivre.

12 avril 2012

Balade au secteur et aux vieux villages d'Anaa

Vendredi matin, le lagon est calme et brillant. Hio et ses deux garçons, me conduisent dans leur potimara. Le premier arrêt sera pour Ogogo, ou le pito de Anaa. Dans le hoa, se trouve un grand trou de 5 m de diamètre dans la dalle de corail, au lieu dit Ogogo, c'est à dire Pito (Gogo est l'équivalent de pito dans le dialecte parata et signifie nombril). Ce lieu est appelé le nombril, car l'atoll a la forme d'une femme et ce trou se situerait à l'emplacement du nombril. Les pieds dans l'eau, on peut apercevoir le fond vers 10 m et l’entrée d’un lavatube, d’un tunnel sous marin (koko) qui communique avec l'océan en passant sous la plaque de corail. Il est perpendiculaire au rivage et se dirige droit vers l'océan. A marée descendante, l'eau du lagon s'y engouffre en créant un vortex (tourbillon) important. Une noix de coco serait aspirée et ressortirait du coté de l'océan pratiquement débourrée. A marée montante, le koko rejette l’eau de l’océan au rythme des vagues. Il y a deux autres koko (ogogo) à Anaa. Je ne reste pas longtemps à Ogogo, car le vertige me guette !

Nous filons sur ce magnifique lagon. Nous débarquons au premier village de Tematahoa. C'est un vieux village abandonné. Reste l’église Setephano Peato (Saint Etienne), un vieux puits en pierres de corail et le grand cimetière. Cette église, construite en 1856 a été consacrée par le Vicaire Apostolique en 1858. L’intérieur est encore très bien aménagé. Son curé, le Père Jean-Baptiste Hébert, quitte Anaa en 1858 et meurt à Mangareva le 20 mars 1859. Un jeune tahitien vient chaque semaine faire du coco au secteur. Son logement est simple, mais avec les deux petits panneaux solaires, il a au moins le jus pour sa radio et sa musique. Pendant qu’Hio me prépare le poisson et le uru grillé,

je m’offre une petite sieste dans le fare à l’abri des moustiques. Divin ! Ce Kahia est plein de verrues ! Il doit être bien vieux. Le lendemain nous irons dans un autre secteur du lagon et nous verrons le village de Otepipi. Son église est en cours de rénovation. Un timbre représentant l'église de Sainte-Anne de Otepipi a été émis le 11 décembre 1985 par l’OPT (n° 243 YT). Les vestiges d’un grand four à pain, démontrent de l’importance de ce village, il y a une centaine d’année.
Demain c’est journée pêche lagonnaire, pleine de belles surprises. A suivre.

11 avril 2012

Le souvenir des Cyclones à Anaa (1906 et 1983)

Dans cet atoll de 90 km2, et de 3771 hectares de terres émergées, la population a plusieurs fois été victime des cyclones. Les plus dramatiques se sont produits en 1878, 1906 et 1983.
En 1906, Anaa a ainsi été anéanti en quelques heures. Hommes, bêtes, végétation, tout a été balayé, entraîné soit dans le lagon, soit au large par le courant sortant. Le cyclone, à l'époque, avait fait 95 victimes.
De nouveau en 1983, l'atoll a été frappé par le cyclone Orama.

Anaa fut dévasté et son village détruit à 95 %. Le village de Tukuhora a été reconstruit, à la suite de ce cyclone, dans une zone plus protégée.
Orama a eu des effets particulièrement redoutables; car il s’est déplacé à très faible vitesse, faisant une large boucle sur tout le nord ouest de l‘archipel, sous forme d’une dépression tropicale, les 19, 20, 21 février, puis se transformant en cyclone les 22, 23, 24. Toutes les îles ont été affectées pendant presque une semaine par des vents cycloniques. Trois semaines après, à la mi-mars, le secteur subissait une attaque presque aussi violente par Reva, qui détruisait l'atoll de Mataiva et éprouvait à nouveau Anaa.

Enfin un mois après, Veena complète les deux ravages précédents : Tikehau, Mataiva, et Rangiroa sont touchés par des vents de 180/200 km/h et des houles cycloniques de plus de 9 mètres.
J’arrête là la liste des malheurs liés aux cyclones, tout en rappelant que le risque cyclonique n’a été pris en compte dans les plans de secours en Polynésie française, qu’à partir de 2008 seulement.
Les photos proviennent des archives de Pierre de Papenoo. Merci l'ami

10 avril 2012

Le film "l'ordre et la morale" a été tourné à Anaa

Alain Gerbault, le navigateur breton, est venu à Anaa. Voici ce qu’il a écrit «Un peu plus tard j'aperçus dans le sud un merveilleux reflet vert qui était la réflexion dans le ciel du peu profond lagon de l'atoll d’Anaa, le plus peuplé du groupe. » — (Alain Gerbault, À la poursuite du Soleil; t.1, de New-York à Tahiti, 1929)
Voici quelques photos de ce lagon vert : 2 photos par très grand soleil

et une autre, ou les nuages gris recouvraient le lagon. Celui-ci a vraiment pris sa couleur vert intense.


Ce vert s’est reflété sur les nuages de façon nette, mais au grand désespoir de tous les photographes, qui ont déjà tenté avant moi de capturer ces reflets verts, rien n’apparaît sur les photos ! Mystère des couleurs électriques insaisissables.
C’est sur l’atoll d’Anaa, que Mathieu Kassovitz a tourné plus de 70 % de son film "l’ordre et la morale",et notamment les scènes de grotte. Ce tournage qui s’est déroulé d’août à octobre 2010, a réuni plus de 200 figurants et plus de 50 kanaks sur l'atoll. Les habitants d’Anaa ne sont pas prêts d’oublier cet événement.
Joël m’emmène avec le nouvel infirmier, voir cette fameuse grotte.
Il s’agit de la grotte Opereue, qui se trouve derrière le village et qui sert de lieu de baignade aux jeunes depuis longtemps.


Elle est situé dans les rochers, les feo, et communique avec l’océan, situé à une centaine de mètres. Au fond de la grotte verticale, dans l'eau saumâtre, apparait un rocher en forme de siège. C'était le fauteuil royal dans cette grotte réservée aux chefs, qui se baignaient et s'asseyaient dans le fauteuil. Sur les accoudoirs du rocher servant de siège, se dressent deux stalagmites en forme de titi (sein) que l'on devait téter pour faire monter l'eau dans la grotte. En rentrant au village, nous faisons deux arrêts. Le premier pour admirer cette magnifique vigne ou les lourdes grappes pèsent sur la pergola. Le deuxième, pour photographier cette réplique d’un hélicoptère de l’armée française, que cet habitant a gardé jalousement auprès de son fare, tel un trésor. Il est en tôle et en balsa !
A suivre pour les balades lagon et la visite des anciens villages.

8 avril 2012

Anaa, l'atoll au lagon vert

Anaa est un atoll des Tuamotu, chef-lieu de la commune qui comprend 2 atolls habités, Anaa (460 hab), Faaite, (366 hab) à 66 km et deux atolls inhabités Tahanea (78 km) et Motutunga. Anaa est à 377 km à l'est de Tahiti. C'est un ovale de 28 km de long et 7 km de large pour une superficie de 38 km2 de terre émergées, composé de 11 petits motus qui bordent un lagon de 90 km2, avec un chenal creusé difficilement praticable et marqué par la présence de feo, (des blocs de corail qui émergent à 3 m de hauteur).
Vu du ciel, on distingue trois bassins qui forment ce merveilleux lagon original mais les anciens, en nommaient deux Anaa taku Tua et Anaa taku Aro. Le lagon se singularise par l'absence de véritable passe qui facilite les échanges avec l'océan, ceux-ci s'opèrent alors par l'intermédiaire de hoa, (chenal de faible profondeur praticable à pied). De même, l'absence d'ouverture dans la ceinture récifale, participe au comblement progressif du lagon, expliquant sa faible profondeur. Anaa aurait été aperçu pour la première fois par Pedro Fernandes de Queirós le 10 février 1606. Cependant c'est l'explorateur français Louis Antoine de Bougainville qui la découvre avec certitude en 1768. James Cook l'aborde en avril 1769. Les premiers explorateurs occidentaux l'appelèrent successivement Todos Los Santos, île du Prince de Galles (Walles) puis île de la chaîne.
Au XIXe siècle, Anaa devient un territoire français, le plus peuplé de l'archipel avec environ 2000 habitants, qui développe une grande production d'huile de coco. Berceau de la famille royale Pomare, Anaa avait acquis une solide réputation grâce à la vaillance de ses guerriers, allés jusqu'à envahir les atolls voisins et réussissant à imposer leur autorité jusqu'à Rangiroa.
Le principal village d'Anaa est Tukuhora, situé au Nord-Est de l'atoll. Il existait des villages anciens, aujourd'hui inhabités : Temarie, Otepipi, Mania, Tematahoa..
L'anneau corallien d'Anaa est, aujourd'hui encore, reconnu de loin par les marins polynésiens, grâce au vert intense de son lagon qui se réfracte dans les nuages surplombant l'île, signalant de très loin aux capitaines des goélettes la position de l'atoll. Anaa a été dévasté par le cyclone Orama en 1983, le village de Tukuhora a été complètement rasé par les flots, hormis l'église. Un nouveau village a été reconstruit à la hâte, à quelques centaines de mètres sur une zone plus élevée et mieux protégée
Le voyage aller, a duré 3 heures, car nous dépassons Anaa et allons plus loin, jusqu’à Hikueru., où nous faisons 15 minutes d’escale, pour ensuite revenir sur Anaa. Le pilote nous fait faire le tour de l’atoll, nous laissant le temps d’admirer les verts de ce beau lagon.
Joël, de la pension Toku Kaiga m’attend. Apres avoir déposé mon sac au bungalow dans le vieux village, nous allons déjeuner chez Romana, son épouse qui tient l’une des 3 épiceries du village.
Il y a beaucoup à voir et à découvrir à Anaa. Le programme va être dense. .... Belles Pâques. A suivre