4 mai 2010

1er mai : Le tour de l’île de Maupiti à vélo

La pension "chez Jeannine" est située sur un motu (pae'ao) au milieu de la "fausse passe".
Nelson (fils de Jeannine) en assure désormais la direction.
Très jolis fare*jardin, sur pilotis très bien aménagés au milieu des plantations de tiare. L'électricité est solaire.



C’est un motu privé et familial.
Comme à Fakarava, je ne fermerais jamais, ni porte ni fenêtres.
Il n’y a pas de rats d’hôtels dans une pension surtout sur un motu privé !

Juste avant le diner, j'ai savouré mon premier coucher de soleil à Maupiti.

les nuages roses se refletent dans l'eau comme dans un mirroir.

Vendredi soir, pour le dîner c'est du thazard, un poisson du large, délicieux.
Nous avons élaboré avec Nelson, le programme du week-end.
Pour ce samedi 1er mai c’est tour de Maupiti (10 kms) à vélo avec un guide.

Levée aux aurores, j’ai admiré les couleurs du magnifique paysage et pris un bain à 6 h 30 dans le lagon immobile.
Plaisir des îles de se balader en maillot de bain sur une plage déserte dès 6 h du mat’.

Dans les îles, je me réveille très tôt et commence toujours ma journée par un bain matinal.
Le petit dèj est copieux. Je retrouve les deux jeunes couples de farani arrivés hier.

9h top départ : Nelson nous fait traverser le lagon jusqu’au village principal Farauru.

Nous débarquons au petit port,

sur lequel on trouve cote à cote la mairie, la Socredo et le comptoir ATN.
3 magasins d'épicerie et 4 églises, (protestante, catholique, mormont, adventiste.).
Ici le temple protestant :

Albert, notre guide nous attend avec les 5 vélos.
Encore un engin à rétropédalage. Il n'y a que ces machines dans les iles, car les freins rouillent rouille trop vite.
Tous les magasins sont fermés ce 1er mai.
Il nous faut pourtant assurer notre picnic ?
Albert nous conduit à la seule marchande ouverte ce 1er mai.

Le choix est le suivant : gâteau au chocolat, gâteau rose (traduire couleur fraises), gâteau au manioc, et pamplemousse frais.
Zéro sandwich, il y a plus de pain disponible sur Maupiti !
Le déjeuner sera donc des plus simples !

Les parts de gâteaux sont embarquées dans les paniers du vélo.
Nous voilà partis avec Albert en tête pour les 10 km de route bétonnée.
Albert se prénomme le "prince de Maupiti". Il chante du Tino Rossi à merveille.
Né à Maupiti et cultivateur de pastèques, Albert a du se reconvertir après les désastres du cyclone Osea , qui a dévasté totalement Maupiti en 1997.
Il est devenu guide, conteur de légendes.
Il est polyglotte désormais car il appris plusieurs langues : allemand, japonais, italien, sans compter l’anglais et le français qu’il maîtrise à la perfection.
J’avais déjà remarqué ce goût pour les langues étrangères des tahitiens, mais Albert, c'est vraiment exceptionnel.

Ce grand rocher fait partie de la légende de Maupiti.

Nous visitons le marae principal de Vaiahu, où les 9 rois de Maupiti ont été intronisés.

Albert s’assied sur le trône royal

et nous indique le cocotier qu’il a planté et porte son nom.

Il est intarissable et connaît toutes les vraies légendes de Maupiti.
Nous l’écoutons bouche bée, pour notre plus grand bonheur.

Il nous fait découvrir le coffre à poissons.
Ces pierres en forme de poissons (XVIII eme siecle) étaient tournées vers l'océan pour garantir une bonne pêche.
Ouvert à tous les vents, le marae et ces pierres non scellées, n'ont jamais été dérobées car elles sont sacrées et respectées. Nous osons à peine les toucher, juste les photographier.

Nous reprenons nos montures et poursuivons la balade.
Zut une côte ! Albert avait prévenu : ça grimpe dur ! et je traîne ....

Arrivés au sommet de la colline, une obligation s’impose contempler et admirer ces superbes camaieus de bleu du lagon. Notre récompense:

Il est bientôt midi et nos estomacs crient famine .
Nous connaissons le menu !
Ma part de gâteau en chocolat est déjà pas mal liquéfiée dans le panier du vélo ! Reste un gros pamplemousse !
Albert nous précise qu’il faut que nous patientons jusqu’à la pointe terei’a varua (pointe des esprits).
Nous ignorons encore le magnifique décor, choisi par le prince Albert pour le déjeuner.
Personne n’ose contrarier Albert.
Nous continuons notre route bétonnée sur nos vélos, l’estomac dans les talons, et avec le soleil ardent qui nous brûle le dos et les cuisses.
-J’ai faim Albert !
-Pas de souci, Albert et le mana sont là et avant le corps, faut nourrir ton esprit, ton mana .
pédales, on est bientot arrivés.
-Ok dac alors, aita pea pea.

Régaler mes yeux, mais aussi mon estomac sont mes principales préoccupations dans les îles, car j'ai laissé mon stress et mes soucis à Papeete.

La suite dans un autre article, car elle trop magnifique pour la résumer en quelques lignes.
Je comptais ne faire que deux articles mais je m'aperçois que c'est impossible.
Maupiti se déguste tout doucement, au rythme des îles et du prince Albert de Maupiti.

A suivre donc
* NDRL : jamais de pluriel aux noms polynésiens

4 commentaires:

flo a dit…

merci pour ce bel article.

les photos sont superbes !

bizz

laurence a dit…

Un tres beau recit, les poissons pierres surprenants.Les enfants de ces iles , doivent-ils partir pour suivre leurs etudes ?
Laurence

Sylvie-Anne a dit…

Merci Flo. Certaines photos sont encore de travers cependant.

Laurence : Les enfants peuvent aller jusqu'en 5eme à Maupiti, après c'est l'internat obligatoire sur Raiatea ou Papeete.

Pierre a dit…

Le petroglyphe de la tortue est magnifique ! Albert Firuu est de la famille de Melissa Firuu qui tient la pension Terama sur le motu Tuanai, près de l'aéroport. A voir pour déguster sa cuisine !!! Son tane Marc est mon cousin.
Je me languis de les revoir...
merci pour ton blog et bon voyage vers la métropole malgré le nuage...