1 juillet 2011

les oranges de Punaauia

La municipalité de Punaauia a organisé le week-end dernier, la fête de l’orange.
Comme chaque année depuis 1930, près de 200 porteurs d’oranges sont descendus des plateaux avec leurs fruits. C’est un parcours difficile. La récolte des orangers se fait de mai à juillet et reste une production artisanale et harassante. Les porteurs descendent à dos d’homme jusqu’à 50 kg de fruits chacun. Les fruits étaient à l’époque vendus dans des toto, des tresses de purau.
Le champion est pompier à Punaauia. Son record reste à battre : 112 kilos d’oranges redescendus du plateau. Au total, c'est plus de 3000 Kg d’oranges bien mûres redescendues par les 220 cueilleurs.


Le tavana (le maire) Rony Tumahai a insisté sur l’importance du plateau des orangers, patrimoine de la commune de Punaauia : "que serait Tahaa sans sa vanille, Moorea sans ses ananas et Punaauia sans ses oranges "
Ce plateau des orangers reste malgré tout un mystère.
Certains pensent que ce sont les Polynésiens, d’autres des colons, avec les graines qu’ils auraient apporté . “Celui qui n’a pas goûté aux oranges de la Punaruu, ne peut pas savoir ce qu’est une orange”. Ainsi parlait Teriierooiterai, ancien chef dit district de Punaauia. Cette fière devise reste celle des nombreux fidèles et désormais la cueillette des oranges des plateaux de la Punaruu est devenue un rite annuel.
La présence d’orangers sauvages en altitude au fond de la vallée de la Punaruu est une bénédiction les habitants de Punaauia, qui entretiennent le rite de la cueillette annuelle depuis plusieurs générations. Seuls les habitants de la commune ont en effet le droit d’aller cueillir le oranges.
Les plants d’orangers auraient été introduits en Polynésie par Cook lui-même, et sont vite disséminés sur l’archipel à tel point que Tahiti exportait ses oranges vers l’Amérique en 1860. Mais une maladie décima tous les arbres du littoral, n’épargnant que ceux situés en altitude.
L’isolement du cirque rocheux du haut de la vallée de la Punaruu constituant un endroit parfaitement préservé, les orangers sauvages continuèrent d’y proliférer.
Gauguin a réalisé "nature morte aux pommes et aux fleurs" pommes qui ne sont en fait que des oranges à la peau verte et jaune. Dans "Noa Noa", il évoque en 1891, une balade sur le Plateau de Tamanu, habité à l’ère pré-européenne par une population d’agriculteurs et plus récemment par les opposants farouches au protectorat français.
Récoltées sur plus d’une dizaine de petits plateaux de la vallée. les oranges présentent des qualités diverses. Les plus lourdes et sucrées proviennent du plateau Puharuru, au dessus du Rata, les plus amères se trouvent au Ti, les plus spongieuses mais sans jus viennent du Paru. Le Fataraa Potii Pataaroa produit les oranges les plus juteuses mais avec une peau très épaisse, ce qui en fait les plus lourdes et donc les plus difficiles à redescendre. Enfin, les plus rouges et les plus sucrées proviennent toujours du Maretia ; ce sont celles qui remportent presque chaque année le concours des meilleures oranges.
En balade à l‘autre bout de Tahiti, j’ai raté la fête de l’orange.
Cependant jeudi, sur la route de Punavai plaine à PK 13, deux cueilleurs vendaient leurs oranges.


Chaque glane (file) contient 20 oranges et pèse 5 kilos et c’est 3000 CFP (25 €). C’est pas cher. Pour des oranges sauvages totalement bio Tahiti. Génial, il m’en faut 2 chaque matin au petit déjeuner. Elles sont vraiment très sucrées et juteuses. Vitamines pur Tahiti.

5 commentaires:

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Quand mon père est venu en Polynésie la première fois en 1928 l'île entière de Tahiti était couverte d'orangers. On queuillait des oranges tout le long de la route du tour de l'île. A son retour en 1932 tous les orangers avaient disparu à cause d'une maladie sauf celles du Tamanu.
Ce serait les oiseaux qui auraient discéminé les orangers sur toute l'île de Tahiti d'aprés les anciens en rejettant les graines dans les déjections.
Peuvent queuillir les oranges ceux ayant des " tomite" ( titres de propriété de ces lieux )

Christian P Y P

Sylvie-Anne a dit…

Merci Christian de ton témoignage.
Pour les tomite c'est loin d'etre clair cependant.

Pierre a dit…

Je me souviens avoir mangé des oranges vertes avec mon ami Jacques Tixier car nous habitions PK 8.5. Je n'ai jamais plus ressenti ce même plaisir suave. Ce sont les meilleures.
Pierre Chevalier

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

Pour les "Tomite" c'était trés clair au départ et c'est encore clair pour beaucoup de familles aujourd'hui . Le problème cela a été les cafouillages dû à des notaires véreux et le mélange du droit français et du "droit" tahitien. Le système Polynésien fonctionnait autre fois trés bien. On parle plus des trains qui n'arrivent pas à l'heure que ceux qui arrivent à l'heure. ( dixit une amie qui a fait carrière aux affaires de terre). Sûr qu'il y a toujours trop de trains qui n'arrivent pas à l'heure.
J'allais oublier: il y a aussi quelques escrocs polynésiens bien connus qui foutent la pagaille à leur profit.


Christian P Y P

Anonyme a dit…

Sylvie-Anne

La couleur jaune des oranges du Tamanu vient du taux d'humidité de l'air au cours de la nuit. Les mêmes orangers du Tamanu donnent des oranges aussi sucrées mais de couleur verte le long du littoral, trés rarement jaune.
Par contre si on met un bruineur de nuit les oranges deviennent jaunes en mûrissant. A une époque plusieurs ont fait l'expérience du bruineur dont mes parents à Faa'a et les oranges sont devenues jaunes. Je trouve que la couleur jaune est plus belle.

Christian P Y P