4 juillet 2009

Le lac Vaihiria, avec Tahiti-Safari.

Depuis un mois, la route (ou plutôt la piste), qui traverse l’ïle de Tahiti a été ré-ouverte sur plus de 11 kilomètres.
Après le relais de la Maroto, de grands travaux de consolidation, avaient maintenu fermé ce tronçon pendant de longs mois.

La météo prévoit 34°C pour samedi 4 juillet. Alors vite un phone à Tahiti Safari, vendredi, et c’est bon pour une balade en montagne le samedi.
Certes je connais la première partie du voyage, pour l’avoir fait déjà 3 fois cette année, mais aller toujours plus loin et plus haut, quel suspense !
Pas très nombreux les touristes en cette période, un couple d’anglais, de retour du Canada et un couple de parisiens en vacances, partagent cette journée.
Eric, le puamotu, est le pilote de notre équipage.
Premier arrêt photo au col pour admirer la vue sur Papeete. Au loin la masse bleutée des montagnes de Moorea.
Il est 10 hs.
Nous pénétrons dans la vallée. La rivière Papenoo est très sage aujourd'hui . C’est toujours très agréable de s’y baigner.

Nous bavardons géologie et minéralogie devant toutes ces roches amoncelées. Basalte en grand nombre, mais aussi d’autres minéraux très curieux. Je consacrerais un article complet prochainement à ce sujet passionnant de la géologie et de la minéralogie de Tahiti.
Eric et moi bavardons en anglais avec le "canadien" '(ils ont vécu 2 ans à Vancouver), qui s'intéresse beaucoup à ce sujet.
Nous poursuivons notre voyage, sous le soleil.
C’est mon quatrième passage, mais je découvre toujours plein choses nouvelles. Ainsi cette belle plante verte géante nommée Oreille d’éléphants (alocasia odora).


Arrivée au relais de la Maroto, déjeuner à la terrasse. Il fait chaud et ma robe de plage, très légère, est de circonstance.

Après le déjeuner, c’est le suspense, irons nous jusqu’au lac Vaihiria ou pas ?
Car il y a eu des éboulements jeudi soir et le vendredi c’était barrière fermée (et cadenassée comme le 12 mai) pour interdire tout passage.
Eric se renseigne et est confiant. On va passer ! Super, je suis venue pour ces 11kms que je ne connaissais pas encore !


Hourra la barrière est ouverte ! Un peu plus loin nous voyons les traces de l’éboulement.
Nous grimpons, nous grimpons.

Nous nous rapprochons des crêtes et des cimes, qui se détachent nettement dans le bleu du ciel. C’est magnifique.


Par contre les a'pics sont à couper le souffle et me rappellent ceux des Marquises. La piste est bétonnée par endroits, mais c'est raidillon !

puis très caillouteuse.
Nous sommes chahutés dans le véhicule, mais si gais et si heureux d’être passés et de gravir les cimes de Tahiti.
Eric nous fait un arrêt « framboises ».
Depuis quelques semaines la nostalgie de mes framboises de Bretagne me titillait, comment est-ce possible que les framboises me poursuivent à ce point ?

Et si, des framboises, bien rouges, pas très sucrées (car gorgées d’eau), mais un goût, un parfum qui est bien celui de la framboise. Je me régale et je cueille à pleines mains !

Nul ne peut comprendre à quel point, retrouver et toucher des framboises, me remplit d’un grand bonheur. Eric fait ces quelques photos. Merci Eric.



Le silence de la montage verdoyante est très reposant. Nous grimpons à pieds sur une centaine de mètres et Eric nous suit avec le 4 x 4. Seuls, libres et heureux ! Le chemin devient très mauvais, on se dépêche de remonter dans notre bolide !
Quelques vinis (oiseaux), et des paille en queue, tournoient dans le bleu du ciel.


Nous stoppons pour admirer un u’upa, un pigeon vert. Cet oiseau d’un vert brillant est l’objet de beaucoup de légendes.
Le volatile s’est posé dans des arbres de la même couleur que son plumage, et mes photos ne donnent rien du tout ! dommage il est très beau cet oiseau vert !
Les choses se corsent, les pentes sont de plus en plus raides, et chacun se cramponne comme il peut dans le véhicule.
Nous arrivons au point de non retour, l’entrée du tunnel.
Une pancarte conseille le demi-tour ! Ah non surtout pas. !


Ce tunnel est à 887 mètres d’altitude et fait 111 mètres de longueur. Il traverse la crête.
Un arrêt pour admirer le paysage grandiose.
Au loin dans le creux des crêtes on voit la mer (côte Est). Nous sommes à plus de 30 kilomètres du littoral, dans le cœur de Tahiti !
Nous nous engageons dans ce tunnel empierré, très humide, décoré de fougères et lianes suspendues.
Au beau milieu du tunnel, la douche ! Une vraie passoire ce tunnel. !
Bien sûr, Eric ne nous avait pas prévenu et il se marre comme un gosse qui a fait sa farce.


Belle ambiance. Nous remettons chapeau et casquette illico presto.
La sortie du tunnel est encore plus secrète que l’entrée. Admirez ce camouflage végétal !


De l’autre côté nous sommes dans l’ubac (à l’ombre) c’est plus frisquet. Mais quel bonheur de l’avoir passé ce tunnel tant attendu !
Nous descendons désormais sur des sentiers caillouteux et dangereux. Ce genre de chemin serait interdit en métropole. Çà chahute vraiment dans le Ford 4x4, et je commence à avoir le dos en bouillie et ma voisine a des nausées, dues au mal des montagne. Moi j'ai les oreilles bouchées ! Altitude !
Dans la descente vers le lac, nous croisons un véhicule ! Obligés de reculer pour respecter la priorité montante.
Un 4x4 de rando (mato-nui), avec des marquisiens remonte du lac. Enfin nous ne sommes pas seuls sur ces cailloux et au milieu de Tahiti ! les deux chauffeurs bavardent gaiement en tahitien.

Nous nous approchons du but. L’arrivée au lac est éblouissante.
Sur la photo la mer paraît plus haute que le lac qui est pourtant à 473 mètres. (la mer c'est le petit fond de bleu dans le creux du V des cimes, en haut à droite, il y avait trop de lumière sur la photo !)


Effet d’optique saisissant. (je n’insisterais pas sur ce point, car l’optique et moi- ! je viens de perdre mes lunettes de vue cette semaine-) Ca y est, nous sommes arrivés. Nous cheminons à pied au bord du lac.

Le final valait vraiment de se rompre le dos en 4x4. Un pur bonheur !
Ce lac naturel, dans son écrin de végétation sauvage et silencieuse, est tout simplement un joyau admirable.
Grande leçon d'écologie et respect devant cette nature sauvage bien préservée.


Le soleil est au rendez-vous et pas toujours facile de prendre des photos! Dans beaucoup de photos, on se méfie des contre-jour,à Tahiti, mais parfois ils sont inévitables !
Les anguilles à oreille peuplent le lac. Elles peuvent atteindre 2 mètres de long et sont dotées d'une telle force qu'elles se propulsent sur le sol, sans difficulté.
J'en ai vu dans le lac du grand radier, mais ici, c'est pas facile de s'approcher.
Certes, elles sont comestibles, mais leur commercialisation est strictement interdite (dixit Eric) . Elles peuvent cependant être pêchées, mais juste pour une consommation personnelle. Dommage ! J'adore les anguilles ! J'en avais vu chez Yvonne à Nuku Hiva aux Marquises

Il est temps de rentrer. Nous reprenons la piste dans le sens inverse et repassons dans le tunnel. Zut on a oublié les casquettes et re-douche !
Pas pour moi qui suis à la place du co-pilote cette fois, pour ménager mon dos.
Nous retrouvons le grand soleil.

Voici la pancarte dans le sens de la descente à la sortie du tunnel :

No problème pour les radiers ce samedi 4 juillet, c'est bien différent du 14 mars 2009 !

Une heure de descente environ, et nous retrouvons les rivages de la côte est.

Les nuages roses annoncent la fin du jour. Nous longeons la côte.
Le soleil a déjà décliné sur Papeete et le boulevard Pomaré.

Quelle belle journée !
Vite faire quelques courses, rentrer pour trier les photos, rédiger l’article à chaud et vous faire partager ce beau samedi 4 juillet, presque in live !
Le 4 est un chiffre porte-bonheur pour moi, aujourd’hui ce fut encore le cas. Je m’en doutais !
Vivement que pour mon 5 ème voyage, je puisse descendre jusqu’à Mataeia, de l’autre côté de Tahiti, sur la côte Ouest.

Maruuru roa à Patrice le big boss de Tahiti-Safari, et à Eric son pilote très professionnel, car sans eux, pas de lac Vaihiria ce samedi 4 juillet et pas de framboises de Tahiti !
Je vous invite à découvrir la légende du lac Vaihiria en cliquant sur ce lien : le prince du lac Vahiria. Encore une belle histoire d'une princesse et d'une anguille, qui va plaire à mes petits tikis en vacances sur le littoral Atlantique.
Longue vie à Tahiti-Safari.com, car je leur dois mes plus belles émotions à Tahiti.
Nana
Encore deux ou trois articles en préparation et prévus cette semaine. A suivre donc !
Mauruuru .

3 juillet 2009

Framboises et cerises du jardin

Avec les fleurs du jardin, Flo m'a adressé la photo des framboises. De plus elle a fait un joli montage photos.Les tikis vont se regaler, car elle a fait huit pots de gelée.
Lundi soir, c'était le tour des cerises à l'eau de vie .

Quel plaisir de revoir les fruits de mon jardin sur mon écran à 18.000 kms ! à Tahiti.
J'ai planté les framboisiers, le cerisier, je les ai vu grandir et produire.
Je n'imaginais pas qu'un jour, de voir ces fruits en photo, me ferait autant plaisir.

Pour la fêtes des mères, j'ai reçu un joli sac en lin blanc avec des papillons et surtout l'inscription imprimée " Mamie -Tahiti à Papeete".
Flo n'a que des bonnes idées et a compris très vite le poids de "l'éloignement" et je la remercie de toutes ses gentilles attentions qui me rapproche de la Bretagne .

29 juin 2009

Lili, mon amie

Liliane c'est lili, ma meilleure amie de Tahiti.
Depuis novembre 2008, pas l'ombre d'un nuage entre nous.
Amitié sincère et très respectueuse.
Nos quotidiens sont différents, mais nous avons toujours un grand plaisir de nous retrouver toutes les deux, dès que c'est possible.
Lili part en France en juillet, elle va beaucoup me manquer.
Ce lundi nous avons partagé quelques heures ensemble avant son départ en métropole.

Et sans lunettes !
et devant la piscine.

Lili est une languedocienne, arrivée en Polynésie il y a plus de 30 ans !
Elle est douce et toujours souriante mon amie lili.
Merci Lili et bonnes vacances en métropole, mon amie l'institutrice.
Nana.

Des fleurs de France

Dimanche 28 juin, les petits tikis ont cueilli 2 kilos de framboises dans mon jardin d'Evran, pendant que leur papa tiki, passait 2 heures avec la tondeuse à gazon !

Maman tiki a cueilli quelques fleurs du jardin et m'a envoyé la photo illico-presto. Lundi, elle a eu chaud à faire les confitures !

Je reconnais les hortensias blancs (hydrangéas), le lilas double et les roses multicolores, que j'ai soignées pendant 15 ans.
Merci la famille tiki.
Merci pour ce magnifique bouquet.
Exellente idée, cette photo. Je tenais à la partager sur ce blog.
Mauruuru.

28 juin 2009

Miss Tahiti 2009

Le 26 juin, les élections de Miss Tahiti se sont déroulées à la maison de la culture place Toata à Papeete.
Choix difficile car toutes les candidates sélectionnées étaient magnifiquement belles.

Voici une photo de toutes les candidates (source : les nouvelles du 26 juin 2009)

Hélas je m'y suis prise un peu tard pour obtenir un billet d'entrée (complet), aussi j'ai du me contenter de la retransmission sur RFO. L'année prochaine je m'y prendrais plus en avance ! Je vous offre quelques images, un peu floues car trop zoomées.

Au premier passage, les miss étaient végétalisées, habillées que de fleurs ! Exceptionnel !


Elles sont belles les vahiné de Tahiti avec leurs superbes colliers de perles !

l'heureuse miss Tahiti 2009 est vraiment resplendissante :

Hymne à la beauté et au charme tahitien.

Attendons désormais l’élection du Tané 2009 ! C’est déjà fait pour la commune de Punaauia.
Nana.

Le soleil se couche à Tahiti à 17 h 30 le 28 juin 2009.

Il fait beau temps en métropole, tant mieux. A Tahiti aussi.
Le soleil vous quitte très tard et il fait jour jusqu’à 23 heures et plus à Brest et à Ouessant !
Ici c’est l’inverse, les jours raccourcissent de plus en plus au mois de juin.

Les grandes soirées dans mon jardin breton, en fin juin, me manquent beaucoup.
Les framboises, les cerises, les cassis, doivent faire rougir de honte ma jolie chaumière abandonnée aux oiseaux. Les merles doivent se régaler les bougres, et les roses doivent tapisser la pelouse et la terrasse. Faire les confitures me manque aussi beaucoup.
Poids de l'expatriement ou rançon ?

Enfin ! je me console avec les magnifiques couchers de soleil de Tahiti, qui en quelques minutes, plongent la montagne et la ville de Papeete dans le noir absolu et le silence pour une dizaine d'heures.
Bon, il va falloir que je m’y fasse, car ça va encore diminuer en juillet ! Pas facile !

En attendant, voici quelques photos prises après mon dernier bain ce dimanche 27 juin, après ma sortie du musée de Tahiti et des îles.

Je n'ai pas connu les rigueurs de l'hiver européen 2008-2009, alors les comptes sont justes ma foi !
Profitez bien, les farani de métropole, de vos belles soirées d'été.
A Tahiti, le jour long sera le 21 décembre !
Histoire d'hémisphère de l'autre côté de la terre !
Nana, Kenavo.

Exposition Mangareva au Musée de Tahiti et des îles

Du 3 février au 10 mai 2009, le musée du Quai Branly à Paris, a proposé une exposition exceptionnelle sur la culture et la civilisation de Mangareva avant 1830.

Mangareva est une île de l’archipel des Gambier à 1700 km de Tahiti. (pas de pluriel à Gambier car c’est un nom propre celui de l’amiral britanique Gambier)

Voici le drapeau de l'archipel des Gambier.
Cette exposition est présentée au musée de Tahiti et des îles, te fare lamanaha à Punaauia.

du 21 juin au 24 septembre prochain. Je l’ai visitée ce dimanche pendant plus de deux heures.

Voici la photo du programme. (entrée 600 XPF, soit 5 euros, vraiment pas cher du tout !) qui représente l'homme à 4 jambes. (année 1630 environ ).

Magnifique ! Je ne sais pas si j’ai tout compris, en tout cas j’ai tout lu, tout dévoré des yeux et visionné le film 3 fois. Et je compte y retourner au moins deux autres fois avant le 24 septembre 2009. C'est passionnant.

Il s’agit d’une douzaine de statues en bois (du miro principalement, -bois de rose). De taille allant de 20 cm pour la plus petite, à 1,50 m pour la plus grande, la majeure partie d'entre elles, date du XVIIe siècle.

Ces statues anthropomorphes ou non, ont été spécialement prêtées par les musées du Vatican, le British Museum, le Metropolitan Museum. Une statue vient du musée de Cahors.

On les appelle tiki, mais en fait elles sont très différentes des tikis marquisiens et ne portent aucune sculpture.
Ces statues ont échappé au grand bûcher organisé par les premiers missionnaires catholiques dans les années 1834-1836.
Elles n’avaient jamais été montrées au grand public et dormaient dans des réserves de musées étrangers. Elles sont revenues, de manière temporaire.
Les mangareviens et tous les polynésiens, sont fiers de retrouver les traces de leur lointain passé avant l’évangélisation et de découvrir ces statues.
Curieusement, ce sont les missionnaires eux-mêmes, qui ont conservé et expédié au Vatican, quelques exemplaires. Certainement, car ils avaient compris la richesse de ce patrimoine culturel, mais hélas, elles représentaient les dieux, les idoles, qu’ils étaient venus combattre.

Bien sûr, je n’ai pas eu le droit de prendre des photos. Aussi, je vous conseille le site suivant du musée du quai Branly, ou toutes les photos y sont et même une courte vidéo. (cliquez sur musée... Branly)

C’est une exposition émouvante, fort bien documentée, qui nous renvoie à la vie et l’œuvre du père Laval, un des tous premiers dans la christianisation des Gambier. Il a vécu plus de 30 ans à Mangareva.

Toute une époque, pendant laquelle, la culture et les traditions ancestrales de tout un peuple ont été massacrées, au nom de la foi chrétienne.

Cela donne à réfléchir sur l’influence, et souvent les méfaits, de la christianisation forcée, sur le patrimoine ancestral dans le monde et notamment dans le Pacifique sud, et plus généralement sur les guerres de religion, passées et actuelles, dans le monde.

Nul besoin d'aller à Paris, pour voir et comprendre. A tahiti, cette expo est encore plus touchante.
Je compte aller à Mangareva dans les prochains mois, pour découvrir le patrimoine culturel et religieux de ces îles si éloignées, et ses magnifiques plages de sable blanc.
Je n'irais pas en juillet car étant situées plus au sud austral que Tahiti, en juillet, le thermomètre peut descendre à 13 C ! Je vais attendre un peu !

Malgré les 34° C de ce dimanche, ce n’était pas la plongée dans le grand bleu, mais un retour quatre siècles en arrière dans les mystères mangaréviens.
Après ce bain de culture, je me suis baignée au coucher du soleil et je vais offrir quelques images……. dans un prochain article.
Merci de votre attention pour la culture mangarévienne.
A suivre.