27 août 2009

Ia ora na ne signifie pas bonjour

C’est parti pour les cours de tahitien. On est une bonne vingtaine (plutôt majorité étudiant)
Il faut vraiment être sur place pour mieux comprendre ce cours!
Tout change ! le nombre de lettres, la structuration d’une phrase. C’est compliqué mais c’est si chantant, que le cours ressemble plus à un concert musical qu’à un cours de langues !
Il n’y a aucune traduction littérale, car les formes de pensée sont différentes. Ainsi les phrases commencent toutes par le verbe en tahitien. My taylor is rich, est intraductible en tahitien ! Si vous voyez ce que je veux dire.
Io Ora na est assimilé à « bonjour » mais en fait cela veut dire « que toi vives » .
C’est un salut. Le mot bonjour n’existe pas . Aucun mot pour dire «bonsoir». Pas de jour pas de nuit, seule la vie compte, pourquoi pas ? La nuit n'est que la suite du jour !

Au premier cours : les voyelles, la phonétique, les structures de phrases et du vocabulaire.
C’est pas si compliqué que cela en fin de compte ! (première approche car le prof est excellent)
Le vocabulaire français est trop riche et compliqué, ici moins de mots mais plus de sons et de tonalités.
Ainsi le mot fare (maison) est très utile :
Fare ma’i = hôpital (en littéral maison des malades, ma'i = maladies)
Fare moni = banque (maison de l’argent). C'est bien vrai !
Fare toa = magasin
Fare ha’api’ira’a = école (maison des leçons)
Fare rau = pharmacie (maison des médicaments)
Fare oire = mairie (maison du maire). Pourquoi en français , "hôtel de ville"? tu peux louer une chambre à la mairie ? , alors pourquoi hôtel ?

Je trouve cela plus simple que le français !

Par contre, attention aux longueurs de phonétique et aux fâcheux contre sens car il y a aussi beaucoup d’homonymies. Tout est dans le prononcé !
Ainsi le mot pipi sans aucun accent veut dire haricots.Mais si on l’écrit (et surtout le prononce) avec des barres sur les points des i , cela devient le verbe arranger !

Alors là, cela se complique ! A l’école primaire j’étais pénalisée pour une absence de virgule dans une phrase de dictée, alors maintenant s’il faut encore mettre un trait sur certaines voyelles ! Hou là là ! C’est pas pour tout de suite mon blog en tahitien !

Beaucoup de tahitiens et de tahitiennes, ayant des liens avec des familles chinoises, apprennent le mandarin !
C’est le cas de Chantal, la sœur de Damien (le tahitien de Faaone qui va quitter le fenua pour Bruxelles dans quelques jours) et qui m’a reçue dans son fare chinois à Papara samedi dernier.

Déjà mon anglais et mes souvenirs d’espagnol sont limites !
Tahiti c’est la France pourtant ! On a un sacré retard dans les langues régionales !
Je n’ai jamais pris de cours de breton, car cela faisait trop folklore, ici j’ai besoin du tahitien pour mieux comprendre la structuration de la pensée et les mentalités polynésiennes.
La langue n'est que la traduction de la pensée.

En plus, j’ai des devoirs du soir à faire, et lundi c’est dans 3 jours, alors je vous quitte pour réviser ma leçon.
Nana

21 août 2009

Le maramu

Le maramu est un vent de Sud Est puissant. Il souffle sur Tahiti depuis quelques semaines et rafraîchit de beaucoup l’atmosphère. On le ressent d’avantage la nuit que le jour.
Le thermomètre fait de courtes pointes à 30 cependant, quelques heures sous le soleil dans la journée, mais à la tombée de la nuit le temps fraîchit vraiment.
Ce soir à 21 h, que 22 ° sur le balcon, et j’ai la chair de poule. brrrr
Pour la première fois en 9 mois, j’ai du fermer les fenêtres de l’appart la nuit dernière !
C’est cela l’hiver austral en Polynésie. !
Florence m’a envoyé un joli boléro de laine blanche crochetée qui couvre désormais mes épaules tous les soirs. Il est arrivé à point nommé !
Pas de quoi encore changer de garde robe, toujours dos nu et tongs. Ce léger refroidissement provoque rhumes et grippes saisonnières et n’arrange pas la chose pour la propagation de la fameuse pandémie H1N1.
Plan blanc à l’hôpital de Papeete, et afflux de grippés.
Ainsi l’opération neuro-chirurgicale de ma pensionnaire et amie Moï, est repoussée à 3 semaines. Elle va ainsi pouvoir mieux se préparer à cette lourde intervention qu’elle n’avait pas imaginé devoir subir et qui lui fait très peur.
Demain samedi, plage comme d’hab, mais je ne baignerais pas, car l’eau est vraiment trop froide.
Vivement l’été (dans quelques semaines) !

Enfance aux Marquises

L'enfance de Moï se découvre en trois périodes.
1 - Moï est née (en 1965) dans la maison de ses arrières grands-parents dans la vallée de la Puamau au nord-est de l’île d’Hiva Oa. Là se trouve la plus belle plage de l’île.


La maison se trouvait à 2 jours de cheval de Atunoa, la ville principale. Tefa Brown, l'arrière grand-père travaillait sans cesse, culture, chasse et pêche.

2 - Toujours avec son arrière grand père Tefa, devenu veuf, elle a ensuite grandi à Motuua (1 jour de cheval) et allait à l’école primaire du village de Nahoe.
Elle se rendait à l’école à cheval. L’école c’était classe unique qui rassemblait maternelle et primaire. Plus tard, elle a poursuivi son primaire à l’école des sœurs, l’école Notre Dame à Atunoa.
Elle a connu sœur Rose, Jacques Brel. Madly donnait des cours de danse à l’école.
Jacques organisait des séances publiques et gratuites de cinéma dans la cour ou la cantine de l'école, les vendredi et samedi soirs. Elle se souvient du film en noir et blanc "les oiseaux" de Hitchcock et de "Tarzan".
Parfois il chantait ses chansons, mais le public n'appréciait pas du tout car trop tristes et pas assez rythmées. "Sur le port d'Amsterdam..", on s'endormait me dit Moï.
La chanson "Aux marquises" qu'il a chanté aux habitants d'Atunoa en primeur, à capella juste avec sa guitare, a par contre été très applaudie.
Les gens aimaient beaucoup JB pour sa simplicité. Il se promenait souvent, seul ou avec Madly sur la plage, toujours avec sa guitare.
Il transportait les habitants gratuitement d'une ïle à l'autre avec son avion Jojo. La tante de Moï a été longtemps femme de ménage dans sa maison.
Moï, petite fille est allée dans la grande maison, de JB, meublée simplement. Elle les a vus souvent à la messe du dimanche matin. A 43 ans Moï va toujours à la messe du dimanche ( de 7h30 à 9 h à Atunoa).

Dans la maison familiale de Moï à Motuua, pas d’électricité, ni d’eau courante, juste un groupe électrogène et la rivière pour la toilette, la vaisselle et la lessive.
Son grand père élevait beaucoup d’animaux : chèvres, cochons, vaches, chevaux, moutons, ânes, poules et lapins.
Il y avait tous les légumes dans le potager (faaapu) taro, pommes de terre, choux, carottes, salade, patates douces, melons, tomates, manioc, oignons, ail… etc. Sous ces latitudes, plusieurs récoltes par an et des tomates toute l'année. Bien sur il y avait des ruches et du miel et les chèvres donnaient beaucoup de lait, que Moï préfère au lait de vache.
De très nombreux arbres fruitiers, oranges, citrons, ananas, mangues, pamplemousses, avocats, cocos, bananiers, mandariniers, pastèques, uru, corosoles, caramboles….et j'en oublie. Aucun fruits français me dit elle, pas de pommes, ni poires.
Il y avait aussi une culture de plants de caféier. Elle se souvient de la cueillette des grains de café et du séchage du café l'après midi après l'école, qui avait lieu que le matin de 8 h à 12 h , 5 jours par semaine.
Il y avait aussi un four à pain dans la maison, dans lequel son arrière grand-père faisait cuire le pain et de délicieuses brioches.
Tous les mois un cochon était tué, et l'arriere grand-père Tefa faisait de bonnes terrines. Par contre il ne faisait pas de saucisse, ni boudin, ni andouille comme en Bretagne. Les morceaux de viande étaient salées et stockés dans tes touques métalliques rangées dans un cabanon ombragé. Bien sur pas de Frigidaire ! en 1975 ! Les réfrigérateurs et congélateurs ne sont arrivés aux Marquises, dans les familles modestes qu'au début des années 1980.

La famille vivait en autarcie. Juste besoin d'acheter, le riz, la farine, le sucre, le sel, le poivre, le savon, le carburant pour le groupe électrogène et le pétrole pour les lampes.. La cuisine se faisait avec la graisse de porc.
Pas de beurre, ni laitage, juste du fromage de chèvre. Les enfants trayaient les chêvres avant de partir à l'école, et la grand-mère trayait les vaches.
La vie était douce et paisible, rythmée par les cérémonies, maa en commun, mariage, baptême.

Dès l'âge de 6 ans, elle se rendait à l'école avec son cheval, une jument mommée Taina. Soit elle l'accrochait à un arbre sur la plage dans un coin d'ombre, ou la lâchait dans les coteaux. A 12 h, elle rappelait son cheval qui revenait la chercher, tranquillement.
Elle montait à cru et chemin faisant, elle faisait des courses avec les autres enfants. Quand le cheval de l'une s'était un peu éloigné de l'école, elles montaient à trois ou quatre sur le même cheval. Quelques chûtes parfois, provoquaient la colère des parents à l'arrivée. Personne ne mangeait de viande de cheval, car trop respecté, comme l'unique moyen de locomotion.

Après le déjeuner, elle allait dans les champs de café, où elle devait parfois porter sur le dos de lourds sacs pleins de grains verts. Elle n'avait jamais connu un cartable et les devoirs à la maison. Aucun controle des connaissances, jamais de notes, ni de classement entre les élèves. Moï préférait les champs à l'école.

3 - A l'âge de neuf ans elle est allée vivre chez sa grand-mère sur l'île de Nuku Hiva. Plus de cheval. ! A Taihoe, il y avait quelques voitures. Ses grands parents tenait un restaurant, le premier de tout l'archipel des Marquises, nommé "fae Kohe" (maison de bambou), à cause du décor composé de bambous.
En tout 10 enfants et 3 petits enfants étaient élevés par la grand-mère restauratrice et le grand père sculpteur. (des meubles, peu de tikis)
La clientelle du restaurant était essentiellement les équipages des bâteaux militaires et de commerce français qui faisaient escale à Nuku Hiva avant de rejoindre le port de Papeete, 1500 kms plus au Sud.
Elle y restera de 9 à 14 ans (1974 à 1979). Il n'y avait pas de liaisons aériennes régulières, et elle se souvient avoir voyagé sur le bateau militaire "l'ouragan", qui mettait 4 jours pour rejoindre Papeete, où elle venait avec sa grand-mère faire les ravitaillements.
Elle se rappelle d'autres bateaux, tels le Trieux, le EDIC et le Kon tiki. Il y avait aussi des paquebots parfois qui amenaient des touristes français et américains.
Parfois des écrivains célèbres. Sa grand mère avait des albums complets de photos dédicacés, conservés dans la famille religieusement.
La famille voyageait souvent gratuitement et en cabine, en échange de repas gratuits au restaurant. Sa grand mère Koua Nui (douceur et humilité) était un buissness woman et une grande travailleuse. Moï lui doit son amour pour le travail et son goût pour la bonne cuisine marquisienne.

Quelles heures délicieuses a écouter Moï raconter ses jeunes années aux Marquises. A 15 ans elle a suivi sa grand-mère à Tahiti où elle vécut à Paea de 15 à 17 ans pour ensuite revenir à Hiva Oa. Elle ne conserve aucun bon souvenir de ces 2 ans à Tahiti. Il lui tarde aujourd'hui de retourner dans son île.

Malgré l'absence de photos, j'espère que ce récit fidèle et authentique vous a plu.
Nana.


17 août 2009

Madou en France en 1986

Madeleine a suivi un marin de Brest en France à l’été 1986. Elle avait 21 ans. Elle quittait sa grand mère de Faaa avec un grand déchirement et surtout sa fille Tim (9 mois) restée à Atuona chez ses parents. Sacrifices de l'amour !

Dès l’arrivée, les amoureux convolent en juste noces bretonnes et habitent un appartement à Brest. Femme de marin, Moï, dénommée Madeleine ou Madou, par les bretons, se retrouve très vite seule pendant les campagnes de mer de son marin.

Voici une anecdote qui a marqué son arrivée et qu’elle m’a racontée avec beaucoup de précision et surtout beaucoup d’émotion.

Brest capitale de la Rose ? : Un soir Madou attend son époux, depuis 3 mois en mer. Pour l’occasion elle veut fleurir l’appartement. Elle a repéré en bas de chez elle, un giratoire avec un parterre couvert de roses.
Elle attend la nuit et descend avec sécateur et sac plastique et malgré les regards inquiets des automobilistes, elle a coupé toutes les roses du parterre, sans oublier de fleurir ses longs cheveux !
Elle arrange toutes les roses dans l’appartement en de très nombreux bouquets et pétales arrangés délicatement.
Soudain, coup de sonnette. Non ce n’est pas encore son mari, mais la gendarmerie. ! Docile elle obtempère et les suit fleur à l’oreille au commissariat.
Quand elle décline son identité et son origine « îles Marquises », les gendarmes rigolent et comprennent mieux la situation. Pendant ce temps Le marin a trouvé l’appartement couvert de fleurs mais sans la sienne adorée.
Suite à l’appel de la gendarmerie, il s’y précipite très inquiet.
Tout s’arrange à merveille et Madou a compris que la France n’était pas la Polynésie, que les fleurs des lieux publics n’étaient pas à tout le monde comme à Tahiti ! Cependant les gendarmes (sous le charme sans doute) lui ont laissé les fleurs et pas mis d’amende.
Le lendemain Madou a distribué ses roses dans toute la famille qui a bien rit !
Madou en rit encore ! 23 ans après ! Ici les fleurs sont à tout le monde !
Brest n’était pas Tahiti !
Demain d’autres histoires de Madou en Bretagne !
Pas de photos de l'époque, ni de liens, mais des rires aux larmes à Santa Anna ce lundi 17 août avec mon amie Moï, qui ne veut plus jamais qu'on l'appelle Madou, car désormais sa vie c'est Hiva Oa.
Nana.

Complément du 10 septembre 2009 :
J'ai déniché cette pancarte dans le parterre d'un bâtiment administratif de Papeete.

L'envie de se mettre une feuille à l'oreille est parfois si forte ..... Hélas c'est tabu désormais !

Madeleine, marquisienne de Hiva Oa

Kaoha, (bonjour en marquisien),

Vendredi à 13 hs, mon amie Téhina m’appelle de Atuona (île d’Hiva Oa aux Marquises)
Elle me demande si je peux accueillirsa jeune sieur, samedi à 17 h à l’aéroport.
Elle s’appelle Moï (francisé en Madeleine).Elle vient en évasan (évacuation sanitaire) car elle a une intervention chirurgicale à prévoir après quelques examens au CHPf.
Tim (Timery), la fille aînée de Moï, a 23 ans et habite à Mataeia avec son ami Raihei. (couronne de ciel). Mataeia est à 50 kms de Papeete au sud de Tahiti.
Elle désire aller la voir avant son opération, mais elle n’a pas de moyen de locomotion.
Bonjour les trucs le 15 août à 18 hs !
C’est Ok j’irais accueillir Moï à 17 h30 à l’aéroport de Faaa.

Elle dormira à Papeete et nous irons à Mataeia dimanche pour la journée, chez sa fille Tim.
Dimanche soir, elle rentrera avec moi à Papeete, car elle a des rendez-vous médicaux dès le lundi matin très tôt..

Je découvre une belle marquisienne de 43 ans, maman de 6 enfants, hyper sympa. Nous faisons rapidement connaissance.
Elle connaît très bien la Bretagne et la Corse pour avoir vécu de longues années à Concarneau, Le Mans, et Porto-Vecchio. Elle est revenue à Hiva Oa son île natale, en 2001.

Le vrai prénom de Moï, (celui de sa carte d’identité ) est le suivant : Moipiiaoputio. Moi voulant dire femme en marquisien, et putio guerrier de la vallée de Motuua (celle où habite sa famille). L’ensemble pouvant vouloir dire «femme du guerrier de la vallée». Et il vrai que c’est une femme très volontaire et déterminée.
Pendant plus de 24 heures nous ne ne quittons plus ! Elle me raconte sa vie et celle de ses origines. Une famille de milliardaire anglais Sir Georges Brown Peterson et son épouse Emma Leyton, venus faire du négoce en Polynésie dans les années 1850 et qui y ont fait souche.
Une très belle histoire que je vous raconterais dans le blog prochainement.
Moï m’ a apporté du miel de la vallée de Hanapaaoa. (île de Hiva Oa) produit par son oncle Yen Fat (chinois marquisien), des délicieux citrons des Marquises très parfumés, et du poisson.

Nous voici au happy howers du Beach Comber le dimanche soir vers 18 heures.

Samedi matin j’avais fait du grand ménage. ! Je ne serais pas seule les prochains jours! Ca va me changer de ma petite routine!
Je suis très heureuse de recevoir une amie marquisienne et de lui rendre service.
Le week-end s’annonce très bien !
Après mes huit jours d’isolement pour raison de grippe, c’est une nouvelle amie qui me tombe du ciel, non d’Hiva Oa !
Ce lundi soir j’écris l’arrivée. Nous sommes devenues très complices et la cohabitation se passe à merveille. Demain je vous raconterais le dimanche et la suite. Moï me fait apprendre le marquisien et le prononcé. Je fais des progrès fulgurants avec une prof à domicile !
A pae (ou nana ou kenavo ..... )

13 août 2009

Ils ont vécus en Polynésie - 1er épisode -

Certes Paul Gauguin et Jacques Brel, enterrés à Hiva Oa, aux Marquises, tout le monde connaît. Mais il y en a tellement d’autres !
Ils sont venus, et ont beaucoup aimé, écrit sur la Polynésie française. Certains y ont vécu de très longues années.
Voici un petit recensement que j’ai élaboré au fil de l’eau depuis quelques mois au hasard de mes lectures et surfs sur le Net.
C’est rempli de liens pour vous permettre de voyager dans le passé et mieux connaître ces occidentaux qui se sont passionnés pour la Polynésie française.
Comme ils sont nombreux, on va procéder à petites doses, 4 par 4. Voici l'épisode n° 1

Bien sûr pas de photos, à vous d’aller surfer sur les liens !
Soyez curieux vous ne serez pas déçus !

Les grands voyages commencent souvent par un superbe livre dans un fauteuil et maintenant devant un ordi ! Un voyage commence toujours par un rêve !
Moi c’est la philatélie qui m’a fait voyager et rêver dès l’âge de 8 ans !
Le hasard de la vie me permet aujourd’hui de nommer ce rêve : la Polynésie .

Bernard Moitessier (1925-1994) : Célèbre navigateur hors normes, il a vécu à Ahe (archipel des Tuamotu) et plusieurs années à Mooréa. Il a écrit une dizaine de bouquins que tous les voileux connaissent.

Paul Emile Victor (1907-1995) Cet explorateur polaire très connu, a vécu 25 années à Bora Bora sur un motu. Il y a terminé ses jours à l’âge de 88 ans

Georges Simenon (1903-1989) grand écrivain que j’affectionne, il a séjourné à Tahiti en 1935. Il décrit parfaitement les mentalités tahitiennes de l’époque dans un super roman "Touriste de bananes". Un livre à lire absolument.

André Japy (1904 - ?)( les machines à écrire ) : Industriel richissime, il a vécut à Papeari dans les années 1930. Passionné d’aviation, il a fait construire une piste d’atterrissage sur le plateau de Taravao. Surprenant et peu connu des tahitiens et du Net !

Quelles belles aventures humaines ! moi je me régale à les découvrir, les lire et relire.
Pas de souci cependant, la bretonnitude me colle à la peau pour toujours,; mais c'est fou comme 24 heures d'avion peuvent changer une vie à tout jamais ! Je me Tahitianise chaque jour de plus en plus.

J'aurais voulu apprendre le breton et voilà que dans 8 jours je vais me retrouver en cours de réo-tahitien ! La vie est pleine de surprises insolites mais jamais incongrues.

Merci de m'aider dans ce recensement. Surfez bien les amis !

La suite dans l’épisode N° 2 bientôt.
Bientôt 8000 visites sur le blog, mauruuru roa pour votre fidélité.

Nana

11 août 2009

Soeur Rose

Après la découverte par les premiers navigateurs occidentaux, d’autres arrivées, celles des missionnaires, n’ont cessées de marquer profondément et à tout jamais, la Polynésie française.

J’ai découvert l’histoire de sœur Rose dans un superbe bouquin «Te Fenua Enata, la terre des hommes, Chroniques des îles Marquises » de Patrick Chastel aux Editions du vent des îles.
Sans plagier l’auteur de cette histoire vraie, je voudrais vous la faire connaître, car c’est une très belle histoire. N’hésitez pas à visiter les liens.

Sœur Rose avait 21 ans en décembre 1946, lorsqu’elle débarque à Atuona dans l’île d’Hiva Oa, dans l’archipel des Marquises. Cette jeune sœur de la communauté de Saint Joseph de Cluny, vient comme enseignante.
Elle restera 32 ans (de 1947 à 1979) dans l’école Sainte Anne, dont elle sera la directrice et qu’elle fera sans cesse progresser. Elle reviendra en 1981 à Raiatea cette fois, où elle restera 9 ans.
A plus de 60 ans, elle revient aux Marquises.
Sœur Rose a connu le grand Jacques.
Elle a rejoint Tahiti le 12 juillet 2008. (voir les liens pour les photos )

Toute une vie de femme consacrée aux enfants des Marquises. Cette histoire m’inspire respect et admiration.
Dans toutes mes lectures, je découvre de très belles histoires de vie en Polynésie qui me passionnent et que je souhaite partager avec vous, via ce blog.

Ces terres isolées en plein milieu du Pacifique sud, possèdent un magnétisme certain.
Quand on a la chance d’y vivre un jour, on redoute le déchirement du départ. Pourquoi ?
Mon amie Marie-Anne de Faaone, désormais à Bruxelles, ne dira pas le contraire !

Je te dédie cet article MAK. Ici on pense à toi.
Nana.

Les mangues sont de retour

Certains lecteurs assidus, du côté de la mer du Nord, m'ont demandé des recettes, polynésiennes. Alors en voici une : Salade de blancs de poulet aux mangues et piments.

J’ai testé et arrangé cette recette à ma manière, il y a quelque temps, mais je ne l’avais pas mise dans le blog. Je vous la donne (sans photo, histoire de vous laisser imaginer ! )

Pour 2 ou 3 personnes, il faut :
-1 belle mangue pas trop mûre, 2 échalotes, 2 petits piments doux, 2 blancs de poulet, salade verte (laitue),
-1 g de gingembre, 50 g de cacahuètes hachées, 2 petits citrons verts, 2 cuillerées à soupe de nuoc mam, 1 cuiller d’huile d’arachide, quelques feuilles de menthe, un peu d’huile d’olive.

C'est simple et pas cher !
Préparation : 10 minutes suffisent :
-1- Peler la mangue et la râpée,
-2- Émincer les blancs de poulets en lamelles,
-3- Faire revenir les blancs à l’huile à feu vif (sel, poivre),
-4- Ajouter tout ensemble le nuoc mam, le jus de citron, les râpés de mangue, le gingembre, les échalotes hachées, et les cacahuètes,
-5- Verser la préparation sur les feuilles de salade dressées dans un plat,
-6- Décorer avec les piments et les feuilles de menthe ciselées,
-7- Vérifier l’assaisonnement avec un trait d’huile d’arachide.

Les variantes : cubes d'ananas à la place du râpé de mangue, petits dés de tomates à la place des piments. Le nuoc mam peut se remplacer par un vinaigre balsamique, mieux encore, par un vinaigre de vin de mangue, mais là vous allez avoir du mal à en trouver !

Un bon vin blanc ou un Saumur accompagneront très bien cette composition fraîcheur.
C’est rapide à faire et il y a toujours des mangues dans les étals des magasins de métropole.

Ta maa metai : Bon appétit - Dites moi le résultat.
Nana

8 août 2009

Nanou ma belle mariée

7 heures du matin samedi 8 aout à Tahiti. Le soleil chauffe déjà, le ciel est bleu et sans nuage.
Je téléphone en France. Nadège et Mickaël sont mariés depuis quelques heures.
Ils me remercient pour les fleurs.
Frédéric me rassure. Tout se passe bien à Dinan.
Un peu de son mais pas encore d’images !
C’est vraiment dur pour moi de ne pas être auprès d’elle en ce si beau jour ! .

21 heures (à Tahiti) je reçois les premières photos.


Elle est belle ma Nadège dans sa robe de mariée
Belle à pleurer !

Le téléphone et le Net sont précieux, mais ne supprimeront pas l’éloignement
Au milieu du Pacifique sud, ce samedi 8 août, Tahiti n’avait plus la saveur du paradis.

De Tahiti et de toute la Polynésie, j’ai réservé toutes les fleurs


Pour offrir aux mariés tous mes voeux de bonheur.

Sois heureuse ma puce, ma princesse, mon cœur .
Ta maman

Repas breton à Tahiti

Vendredi 7 août 17 heures, je fonce avec Pistache, au Carrefour de Punaauia pour quelques ravitaillements.
En bonne bretonne, je ne peux m’empêcher de faire un arrêt au stand poissonnerie.
Surprise du jour ! Il y a des araignées, des bulots, des étrilles, fraîchement arrivés de France ce matin. Je n’en crois pas mes yeux !

Les étrilles et les araignées sont sous la glace, mais elles ont air pas mal. Après un rapide coup d’œil aux étiquettes de prix, car c'est pas cadeau, je craque.
Dans mon panier : Palourdes de Nouvelle Zélande, 12 bulots, 3 étrilles et une belle araignée.
Je phone à Yves, mon voisin et ami de Santa-Anna.
Il est OK On dîne ensemble, si je fais une mayonnaise maison. No problème !
Yves me prête une cocotte minute pour y cuire l’araignée qui ne rentre pas dans mon unique casserole !

Du beurre aux cristaux de sel, une bouteille de Bourgogne aligoté et ces délicieux fruits de mer de Bretagne !

On s’est régalé comme des fous ! Fantastique !
Pour accompagner notre dîner, la chaîne TV Tempo diffusait le festival inter celtique de Lorient !


Nous avons dîné au son des cornemuses et de binious.! Ca nous change du Heiva et du langoureux tamuré ! Zut j'ai raté le bagad de Lann Bihoué !
Étrange coïncidence cependant, car toutes mes pensées étaient concentrées sur Léhon et Plouer sur Rance et les Côtes d’Armor.
Ma façon à moi d’être présente au mariage de ma fille Nanou en France, ce samedi 8 août
C’était le hasard, le mana de Tahiti.
C'est pour ton mariage ma puce, que mon rêve d'étrilles et d'araignée s'est réalisé!
A Tahiti ou à Dinan je n’ai qu’un seul cœur, celui d’une maman.
Oui je reviendrais voir ma Bretagne un jour et mes enfants, avec dans mon cœur le soleil de Tahiti à tout jamais.
Nana